Identification

Zulma

Zulma est une maison d'édition principalement dédiée à la littérature contemporaine, française et internationale, fondée en 1991 par Laure Leroy et Serge Safran.


C'est un poème de Tristan Corbière qui a donné à Zulma son nom, et a présidé également à la naissance de ses premières collections, dont les noms étaient issus de poèmes des Amours jaunes.

Zulma est diffusé par Le Seuil et distribué par Volumen.

 

( Source Wikipédia)


Le peintre d'éventail, Hubert Haddad

Ecrit par Christine Bini , le Vendredi, 11 Janvier 2013. , dans Zulma, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le Peintre d’éventail, 3 janvier 2013, 192 pages, 17 € . Ecrivain(s): Hubert Haddad Edition: Zulma

 

Peindre des éventails. Entretenir un jardin. Faire du jardin une œuvre parfaite d’équilibre zen, et sur les éventails, calligraphier les haïkus dans le paysage représenté – ou anticipé. Dans son roman, Le Peintre d’éventail, Hubert Haddad nous emmène au Japon, nous y emmène par la main. Nous y sommes. Pas d’exotisme de pacotille, pas de vocabulaire spécifique et plaqué, simplement le Japon, comme une terre de tremblements et de sérénité, de philosophie et de passion, éternel et contemporain. Le roman nous conte une histoire de transmission : Hi-Han, qui ouvre le texte à la première personne, est le disciple de Matabei Reien, lui-même disciple « d’un maître local encore plus humble que lui », Osaki Tanako. Dans le district d’Atôra, au bord de la mer et près des montagnes, une auberge tenue par une ancienne courtisane, Dame Hison, accueille les trois hommes. Ils sont ses employés, Hi-Han commis aux cuisines, Matabei chargé de l’entretien du jardin après la disparition d’Osaki. Dans l’auberge, quelques clients sont des habitués, un couple illégitime, une vieille fille qui parle aux fantômes, un négociant en thé ignorant les bonnes manières.

Les Immortelles, Makenzy Orcel

Ecrit par Christine Bini , le Vendredi, 31 Août 2012. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Les Immortelles, août 2012, 144 p., 16,50 € . Ecrivain(s): Makenzy Orcel Edition: Zulma

 

Elle avait choisi, pour travailler dans la rue, le nom de Shakira. Elle, une pute de Port-au-Prince. Et puis la chose s’est produite. Dans le roman de Makenzy Orcel, la chose, c’est le tremblement de terre. Haïti. On s’en souvient, ces images, ce désastre. Dans Les Immortelles, on  mesure les conséquences du séisme sous l’angle des prostituées de la Grand-Rue. Mais cet angle-là est un sacré angle d’attaque… Un écrivain écrit. Il écrit parce qu’une prostituée rescapée de la chose le lui demande, le lui propose, comme une transaction, un arrangement : « Marché conclu. Je devais juste d’abord écrire et ensuite la sauter. Ça me plaisait bien cette idée. […] Éditer à compte de sexe ». Il sera question de sexe, bien entendu, dans le roman de Makenzy Orcel. Il sera question de sexe cru, sans ambages. Il sera question de prostitution. Mais il sera question aussi, de religion, et surtout, de littérature.

Le personnage principal du texte est donc Shakira, c’est son histoire que la prostituée raconte à l’écrivain. Mais on en verra d’autres, au fil des pages, d’autres « immortelles ». Dans la misère des pays pauvres, les putes sont en première ligne pour le malheur.

L'embellie, Auður Ava Ólafsdóttir

Ecrit par Christine Bini , le Mardi, 28 Août 2012. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, La rentrée littéraire

L’Embellie, (Rigning í nóvember) trad. de l’islandais Catherine Eyjólfsson, août 2012, 400 p. 22 € . Ecrivain(s): Auður Ava Ólafsdóttir Edition: Zulma

En islandais, le roman s’intitule Pluie de novembre ; en français, L’Embellie. Les deux titres conviennent parfaitement, l’un comme l’autre. Dans le deuxième roman d’Auður Ava Ólafsdóttir (publié en Islande avant Rosa Candida mais paraissant à cette rentrée en France), l’Islande est sous la pluie, subit des inondations, il fait chaud pour la saison : « La lande est d’habitude impraticable à cette époque de l’année à cause de la neige, mais rien n’est plus comme avant » note la narratrice. L’embellie du titre français est à chercher plus loin, à la fin du roman, lors du jour le plus court de l’année : « Juste avant midi, le monde soulève sa noire couverture et le soleil fait son entrée horizontale par la fenêtre, une mince strie rose, comme la ligne ténue entre les paupières d’une femme ensommeillée ». La narratrice est une jeune femme de trente-trois ans, polyglotte, traductrice, correctrice. Mariée et/mais libre : son amant et son mari lui annoncent le même jour qu’ils la quittent. Le premier parce qu’il voudrait qu’elle reste avec lui, le second parce que sa maîtresse va lui donner un enfant, ce qu’elle lui a toujours refusé, elle. Tout s’enchaîne très vite sur cette situation de départ : la jeune femme se retrouve sans l’avoir voulu à garder le fils de sa meilleure amie, mère célibataire enceinte. Et elle part, avec l’enfant, sur la Nationale 1, la route qui fait le tour de l’île. Cap à l’est, sous la pluie, en voiture.

Grand-père avait un éléphant, Vaikom Muhammad Basheer

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 04 Juillet 2012. , dans Zulma, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Asie, Roman

Grand-père avait un éléphant, trad. du malayalam par Dominique Vitalyos, 2005, 136 p. . Ecrivain(s): Vaikom Muhammad Basheer Edition: Zulma

Comment est le monde selon Kounnioupattouma, la fille de la fille chérie d’Anamakkar ?

Kounnioupattouma voit tout en rose, y compris les éléphants, surtout celui de son grand-père.

En effet, lui répète-t-on à longueur de jour, son grand-père avait un éléphant ! Et pas un petit, un maigre, un efflanqué ! Non, le plus grand, le plus fort et le plus beau des éléphants : un mâle gigantesque avec de grandes défenses, qui avait tué pas moins de quatre de ses cornacs, des kafir, évidemment.

Kounnioupattouma, enfant de sucre, ornée des plus précieux bijoux, grandit sur un piédestal, symbole vivant de la réussite sociale de ses parents, au milieu de sa maison, qu’elle ne quitte quasiment jamais, parée dans l’attente du mariage que ses parents arrangeront pour elle avec un jeune homme de son rang et de sa communauté avant d’accomplir leur pèlerinage du Hadj.

Toutes les femmes qui étaient déjà venues l’examiner croulaient sous l’or. Toutes des maîtresses de grandes maisons… Certaines lui avaient ouvert la bouche pour regarder à l’intérieur si elle avait toutes ses dents…

Kounnioupattouma n’avait pas une seule dent gâtée…

Ici comme ailleurs, Lee Seung-U

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 18 Juin 2012. , dans Zulma, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Asie, Roman

Ici comme ailleurs, 2012, trad. du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet, 220 p. 21 € . Ecrivain(s): Lee Seung-U Edition: Zulma

 

Kafkaïen est le premier qualificatif qui vient à l’esprit en lisant ce roman, pour l’univers dans lequel il se déroule et l’absurdité qui émane du parcours du personnage principal. Yu est muté par sa boite, le Gangsan Complex Resort, à Sori, une ville perdue entre un lac et des montagnes à l’Ouest du pays. « Lorsque, dans son guide, il a lu que “la petite ville de Sori, du fait de sa topologie particulière avait servi de lieu de bannissement”, son cœur s’est de nouveau mis à balancer ».

L’histoire démarre sur ses mots qui donnent d’emblée le ton :

« Le vent a des hurlements de bête féroce. Au moment de quitter sa voiture, Yu a l’impression qu’un molosse enragé se jette sur lui. Il a un mouvement de recul. Le long des rues, papiers sales et sacs plastique tourbillonnent sous la bourrasque. Quelques véhicules cahotent sur la chaussée éventrée en soulevant des nuages de poussière ocre. Les rares passants, silencieux, font la gueule ».

Ici comme ailleurs est un roman hybride, indéfinissable. Il tient du polar, du roman noir, psychologique, métaphysique, à la limite du fantastique, et on pense à des films de cet extrêmement riche cinéma sud-coréen, en particulier ceux de Kim Ki-Duk, qui de même échappent à toute définition.