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Zulma

Zulma est une maison d'édition principalement dédiée à la littérature contemporaine, française et internationale, fondée en 1991 par Laure Leroy et Serge Safran.


C'est un poème de Tristan Corbière qui a donné à Zulma son nom, et a présidé également à la naissance de ses premières collections, dont les noms étaient issus de poèmes des Amours jaunes.

Zulma est diffusé par Le Seuil et distribué par Volumen.

 

( Source Wikipédia)


L’authentique Pearline Portious, Kei Miller

Ecrit par Claire Mazaleyrat , le Lundi, 06 Juin 2016. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Roman

L’authentique Pearline Portious, avril 2016, trad. anglais (Jamaïque) Nathalie Carré, 317 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Kei Miller Edition: Zulma

 

Cause supposée de la folie : originaire des Caraïbes

Les questions de la folie et de l’origine obscure s’enlacent au cœur d’un récit flamboyant comme les imprécations de la « Crieuse de vérité ». Née dans une léproserie plus ou moins imaginaire, affublée du nom de sa mère par erreur, et dépossédée dès lors du sien, prêtresse revivaliste exilée en Angleterre et doublement aliénée par l’exil et le traitement qu’elle subit, Adamine Bustamante donne vie à l’histoire et au « Gratte-Papyé » qui la retranscrit. La femme qui se compare à une « mangouste » coursant le serpent des belles paroles pour rétablir la vérité, la femme sans grâce affublée de couleurs exubérantes qui débarque comme une foule à l’aéroport, la ressusciteuse de morts, la fille de père inconnu, la mère de père inconnu, la violente Adamine « souffle au gré du vent » un récit entrecoupé des couleurs de l’arc-en-ciel, de créolismes jubilatoires et de paraboles à caractère magique pour ouvrir les yeux et les oreilles du lecteur.

Popa Singer, René Depestre

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mardi, 31 Mai 2016. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Popa Singer, février 2016, 155 pages, 16,50€ . Ecrivain(s): René Depestre Edition: Zulma

 

Avec Popa Singer, les éditions Zulma nous font découvrir un texte ancien mais pas encore publié de l’un des doyens de la littérature haïtienne, René Depestre (1926). L’auteur reconnaît par ailleurs qu’il s’agit d’un texte un peu particulier au point qu’un « mode d’emploi » a été ajouté à la fin du récit dans lequel René Depestre explique : « J’avais alors adressé le manuscrit à l’éditeur sans l’accompagner d’un mode d’emploi. (…) Le récit, écrit dans la tradition du réel-merveilleux haïtien, sans clefs de lecture, était impubliable. Il allait rester de nombreuses années dans les ténèbres d’un tiroir ».

Même aujourd’hui, le récit et surtout l’écriture ont encore de quoi surprendre, de quoi dérouter le lecteur, pour son bonheur sans doute, mais de le dérouter. Ecriture foisonnante, regorgeant d’images, de métaphores, de rythmes qui semblent relever autant d’une transe vaudou que d’une exubérance poétique flamboyante, abreuvée du lyrisme des Caraïbes.

L’Odeur du café, Dany Laferrière

Ecrit par Marc Ossorguine , le Lundi, 16 Mai 2016. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

L’Odeur du café, mai 2016, 240 pages, 9,95 € . Ecrivain(s): Dany Laferrière Edition: Zulma

 

 

L’odeur du café de Da ! Ce café qu’elle offre à tout ceux qui passent et parlent un moment avec elle, son petit-fils − l’auteur lui-même alors âgé de 10 ans − est devenu un puissant marqueur du temps qui passe et que les mots rattrapent au vol. Livre de souvenirs pleins d’images et de récits d’enfance, sorte de Petit Nicolas haïtien dont la meilleure « justification » – mais a-t-on besoin de justifier la mémoire et la nostalgie de ce qui fut – est donnée par l’auteur lui-même à la clôture de cet album.

J’ai écrit ce livre pour toutes sortes de raisons.

Pour faire l’éloge de ce café (le café des Palmes) que Da aime tant et pour parler de Da que j’aime tant.

Pour ne jamais oublier cette libellule couverte de fourmis.

L’Ombre animale, Makenzy Orcel

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 23 Mars 2016. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Ombre animale, janvier 2016, 352 pages, 20 € . Ecrivain(s): Makenzy Orcel Edition: Zulma

 

Ceci n’est pas « une » histoire

Entrer dans le monde de Makenzy Orcel, cela suppose de renoncer à nos repères habituels : au partage clair et rassurant entre profane et sacré, entre quotidien et rituel, entre culpabilité et innocence, entre amour et haine, entre vie et mort, entre présent et passé… car on ne cesse de franchir les limites de l’un et de l’autre, en permanence en équilibre dans un monde qui nous semble parfois incompréhensible et improbable, à la fois fascinant et chaotique, confus et terriblement cohérent. Bien trop cohérent dans ce qu’il nous renvoie du monde, de celui de « là-bas » comme de celui « d’ici » (où que soit cet « ici »).

C’est qu’il y a à la fois beaucoup de violence et d’innocence, d’arbitraire et de fatalité dans le récit de misère qui se livre page après page, figure après figure, personnage après personnage… Car ce « récit » est d’abord un récit de personnages. Ces personnages pour nous étrangement nommés (Makenzy, Orcel, Toi…) dont les voix se font écho, croisant leurs rythmes, leurs ombres, leurs douleurs et leurs rêves. Il y a d’abord la narratrice, morte et sans nom, qui s’est suicidée et en profite pour libérer la parole que chacun tient recluse ou fait exploser.

Kabuliwallah, Rabindranath Tagore

Ecrit par Ivanne Rialland , le Lundi, 29 Février 2016. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Asie, Nouvelles

Kabuliwallah, février 2016, trad. bengali (Inde), présentées par Bee Formentelli, 400 pages, 22 € . Ecrivain(s): Rabindranath Tagore Edition: Zulma

 

Petites vies, petits chagrins

Petites histoires de malheur,

D’une linéarité, d’une banalité radicales ;

Des milliers de larmes versées chaque jour,

Si peu sauvées de l’oubli […]

À jamais inachevées,

Les innombrables histoires du monde :

Boutons arrachés avant maturité,

Gloire en poussière avant d’avoir été chantée,

L’amour, l’effroi, l’injustice

De milliers de vies obscures.