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Zulma

Zulma est une maison d'édition principalement dédiée à la littérature contemporaine, française et internationale, fondée en 1991 par Laure Leroy et Serge Safran.


C'est un poème de Tristan Corbière qui a donné à Zulma son nom, et a présidé également à la naissance de ses premières collections, dont les noms étaient issus de poèmes des Amours jaunes.

Zulma est diffusé par Le Seuil et distribué par Volumen.

 

( Source Wikipédia)


Théorie de la vilaine petite fille, Hubert Haddad

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mardi, 04 Mars 2014. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Théorie de la vilaine petite fille, janvier 2014, 400 pages, 20 € . Ecrivain(s): Hubert Haddad Edition: Zulma

 

Hydesville, comté de Monroe, mars 1848.

« Le soleil du crépuscule illuminait l’escalier à travers les fenêtres de l’étage. Assise sur une marche de bois cru, Kate observait la poussière. Celle-ci voletait à l’intérieur d’une lance de cristal comme suspendue au travers de la maison. Fascinée elle retenait son souffle. Chaque grain avait l’air de suivre une trajectoire bien à lui, dans la compagnie dansante de ses infimes voisins et il y en avait des milliers, des millions, davantage que d’étoiles fixes ou filantes par les nuits sans lune ».

Kate Fox a onze ans, l’âge des rêves et des histoires que l’on se raconte le soir pour jouer à se faire peur, pour oublier pêle-mêle le décès d’un jeune frère, celui de sa vieille chienne, la maison délabrée où l’on vient d’emménager et qui a la réputation chez les fermiers alentour d’être hantée. Kate est somnambule, dialogue avec Mister Splitfoot, l’esprit « frappeur » de la maison, convainc sa sœur Maggie de son existence, ainsi que sa mère et enfin sa sœur Leah, de vingt ans plus âgée, qui va flairer rapidement tout le potentiel commercial d’un don surnaturel.

Lucia Antonia, funambule, Daniel Morvan

Ecrit par Virginie Neufville , le Samedi, 30 Novembre 2013. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Lucia Antonia, funambule, août 2013, 144 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Daniel Morvan Edition: Zulma

 

Lucia Antonia, funambule et artiste dans le cirque fondé par son grand-père Alcibiade qui rêvait d’un cirque antique à la romaine, a tout « laché » depuis la chute de son amie et jumelle de spectacle Arthénice. Nées le même jour, corps accordés de la même façon aux dangers du cirque, elles incarnaient « les jumelles funambules », et évoluaient sur le fil tendu de quatorze millimètres avec grâce et complicité.

Mais en ce 14 juillet funeste, le père de Lucia, directeur de ce cirque sans animaux, a décidé qu’Arthénice, sans Lucia malade, traverserait seule l’abîme de Bramadiau. Depuis, la vie de Lucia est entre parenthèses.

« Quel que soit le lieu, le secret des funambules est le même : du danger, de l’espace, du silence ».

Toute petite, son père la posait sur un fil pour la calmer, mais depuis la disparition d’Arthénice, rien ne calme la douleur de Lucia. Alors, écartée du cirque, elle s’est installée sur la presqu’île de Lysangée, lieu de leur première rencontre, lieu de sel, de vent, et de pauvreté :

Épépé, Ferenc Karinthy

Ecrit par Ivanne Rialland , le Vendredi, 29 Novembre 2013. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Roman

Épépé, traduit du hongrois par Judith et Pierre Karinthy et présenté par Emmanuel Carrère, septembre 2013, 285 pages, 9,95 € . Ecrivain(s): Ferenc Karenthy Edition: Zulma

 

 

En route pour un congrès de linguistique se tenant à Helsinki, un linguiste hongrois se retrouve, sans savoir comment, dans une ville tout à fait inconnue, dont les habitants parlent une langue hermétique à cet érudit polyglotte.

Ce roman, publié en Hongrie en 1970, pourrait en somme amuser, décrivant les tribulations d’un Huron hongrois dans une contrée inconnue. Il pourrait aussi paraître banal comme le souligne Emmanuel Carrère dans sa préface, dénonciation, parmi d’autres, des perversions de la métropole moderne, en une sorte de dystopie évoquant l’ancien bloc de l’Est, et plus directement encore Budapest – l’intervention d’une armée étrangère dans la répression d’une révolte fait signe de façon évidente vers l’insurrection hongroise de 1956.

Contrebande, Enrique Serpa

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mercredi, 20 Novembre 2013. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Roman

Contrebande, traduit de l’espagnol (Cuba) par Claude Fell, septembre 2013, 288 pages, 9,95 € . Ecrivain(s): Enrique Serpa Edition: Zulma

Contrebande est le premier roman majeur de l’écrivain journaliste cubain Enrique Serpa, après le texte Felisa y yo, écrit à l’âge de 25 ans et publié en 1925. L’action du roman se situe à Cuba dans les années 20 au moment où la prohibition est promulguée aux Etats-Unis qui dans le même temps établissent des restrictions migratoires. La situation économique de l’île est catastrophique pour les paysans avec la chute du cours du sucre et pour les pêcheurs confrontés à une concurrence nord-américaine implacable. Le narrateur, propriétaire et armateur de trois bateaux de pêche, voit sa vie basculer dans l’illégalité, lorsque son capitaine de bord, surnommé Requin, patron de la goélette La Buena Ventura, tente de le convaincre d’abandonner son activité suite à l’effondrement du cours du mérou, pour se lancer dans un business beaucoup plus lucratif, la contrebande d’alcool en direction de l’Amérique.

Roman d’aventures ? pas vraiment… Sur une trame romanesque qui aurait pu verser dans l’exotisme, l’auteur prend délibérément le parti, tout au long des 288 pages, au gré d’un monologue intérieur ponctué de dialogues criants de vérité, de disséquer l’ambivalence de son héros et narrateur, d’en faire la pierre angulaire d’un récit d’hommes pétris de contradictions qui vont se jauger, s’affronter, pactiser ou se mépriser dans l’ambiance délétère d’une île où règnent et se côtoient misère sordide et scandaleuse richesse.

Singe savant tabassé par deux clowns, Georges-Olivier Châteaureynaud

Ecrit par Virginie Neufville , le Vendredi, 08 Novembre 2013. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles

Singe savant tabassé par deux clowns, octobre 2013, 265 p. 9,95 € . Ecrivain(s): Georges-Olivier Châteaureynaud Edition: Zulma

Parfois, bien que lecteur soit curieux et ouvert à la découverte d’un auteur ou d’un genre, on passe à côté d’un écrivain, pourtant primé, à la bibliographie impressionnante, mais peu médiatisé.

C’est le cas avec Georges-Olivier Châteaureynaud. Je ne suis pas sûre que tous les lecteurs chevronnés connaissent cet auteur et son œuvre. Humblement, c’est par ce recueil de nouvelles qui a obtenu la Bourse Goncourt en 2005 que je découvre un des plus talentueux auteurs français du genre.

Singe Savant tabassé par deux clowns (titre éponyme d’un récit) réunit onze nouvelles dont le fil d’Ariane est le climat étrange voire fantastique qui s’en dégage. Dès la première histoire, Seule mortelle, le ton est donné. En effet, la nature humaine côtoie l’immortalité et la jeunesse éternelle dans les montagnes difficiles d’accès.

Chez Châteureynaud, chaque lieu présenté est différent et semblable à la fois, normal en apparence, mais refuge de l’étrange en profondeur. Ces lieux peuvent être un cirque, un sanatorium, une rue, une montagne, Tanger, Eparvay-Sur-Mer, ou Ecorcheville qui, comme son nom l’indique, a placé à disposition de la population des stands de « machines à fusiller » rendant ainsi plus facile la démarche suicidaire.