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Zulma

Zulma est une maison d'édition principalement dédiée à la littérature contemporaine, française et internationale, fondée en 1991 par Laure Leroy et Serge Safran.


C'est un poème de Tristan Corbière qui a donné à Zulma son nom, et a présidé également à la naissance de ses premières collections, dont les noms étaient issus de poèmes des Amours jaunes.

Zulma est diffusé par Le Seuil et distribué par Volumen.

 

( Source Wikipédia)


Apulée #4, Traduire le monde, Revue de littérature et de réflexion, Collectif (par Nathalie de Courson)

Ecrit par Nathalie de Courson , le Mercredi, 15 Mai 2019. , dans Zulma, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Revues

Apulée #4, Traduire le monde, Revue de littérature et de réflexion, Collectif, Editions Zulma, mars 2019, 415 pages, 28 €

 

 

« Espace d’accueil, don de mémoire inépuisable et promesse de liberté, elle ouvre toutes les geôles de l’intérieur »… Ce que dit ici Hubert Haddad de la langue peut s’appliquer à la revue annuelle Apulée dont il est le rédacteur en chef. Ce quatrième numéro, Traduire le monde, tient les promesses de son titre avec plus de cent contributions : articles, entretiens, récits, poèmes du monde entier traduits en une ou plusieurs langues. Quatre importants dossiers constituent les piliers de l’ensemble : « Québec à l’âge des premiers jours du monde » ; « Avot Yeshurun, quand l’exil devient parole » ; et deux dossiers consacrés aux grandes figures de la traduction que sont Claude Couffon et Henri Meschonnic. D’autres contributions s’ajoutent à ces dossiers comme les colonnes et les ornements d’une joyeuse tour de Babel.

Le Monde des hommes, Pramoedya Ananta Toer (par Charles Duttine)

Ecrit par Charles Duttine , le Mardi, 05 Février 2019. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Asie, Roman

Le Monde des hommes, octobre 2018, trad. indonésien Dominique Vitalyos, 528 pages. 10,50 € . Ecrivain(s): Pramoedya Ananta Toer Edition: Zulma

 

La littérature de Java, l’île lointaine.

Dans une époque qui privilégie le court, la rapidité et l’injonction d’être bref, il y a un plaisir indéniable à se plonger dans un œuvre longue et qui impose sa lenteur. Il existe de ces ouvrages de longue haleine et qui ont en eux un « souffle », comme l’on dit. C’est le cas du récit de Pramoedya Ananta Toer, Le Monde des hommes, paru aux éditions Zulma. L’ouvrage est le premier tome d’une somme romanesque Buru Quartet paru initialement en 1980 et qui avait déjà connu une première traduction en français. Les éditions Zulma proposent une traduction renouvelée de D. Vitalyos.

Pramoedya Ananta Toer, dit Pram (1925-2006) est l’écrivain majeur de l’Indonésie dont la renommée est trop confidentielle en France. Il a subi une persécution en raison de son engagement par les autorités coloniales néerlandaises et ensuite lorsque Sukarno et Suharto furent au pouvoir. Il a été emprisonné près de dix-sept années. Et l’on a souvent parlé de lui comme un nobélisable, tant son œuvre monumentale atteint une forme d’universalité.

Le Livre d’Amray, Yahia Belaskri (par Mona)

Ecrit par Mona , le Lundi, 14 Janvier 2019. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Roman, Maghreb, Cette semaine

Le Livre d’Amray, mai 2018, 144 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Yahia Belaskri Edition: Zulma

 

Le Livre d’Amray c’est la profession de foi d’un poète « depuis deux mille ans en quête d’amour », blessé par des « voleurs de rêves », qui cherche en vain sa place dans la cité. Yahia Belaskri met en forme « rien d’autre qu’une tragédie sans fin ni mesure ».

L’auteur plante le décor dans une terre des temps immémoriaux qu’il choisit de ne jamais nommer, et la majuscule au mot Livre dans le titre inscrit l’histoire du poète « amoureux du monde et de ses mystères » dans un registre sacré et intemporel qu’il faut garder en mémoire (« rappelez-vous de moi »).

Et pourtant, le drame du poète n’a rien d’abstrait : il subit la terreur dans sa chair et on reconnaît bien l’Algérie dans cette terre mutilée à travers les siècles. Le narrateur, né comme l’auteur avec la guerre d’Algérie (« Je suis né et le monde a basculé dans la terreur ») doit porter en terre le corps de sa femme massacrée par les terroristes islamistes lors de la décennie noire. Ce nœud dramatique bouleverse la structure même du récit et fait éclater le point de vue narratif : l’ami, Ansar, prend alors le relais d’Amray le narrateur.

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu, Zora Neale Hurston (par Fanny Guyomard)

Ecrit par Fanny Guyomard , le Vendredi, 02 Novembre 2018. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu, septembre 2018, trad. américain Sika Fakambi, 336 pages, 21 € . Ecrivain(s): Zora Neale Hurston Edition: Zulma

 

« L’amour ! C’est juste ça qui nous fait toutes à tirer à traîner à suer à trimer de peut pas voir au matin jusqu’à peut pas voir au soir. C’est de par ça que les anciens d’avant y disent que d’être un imbécile ça va pas jamais tuer personne. Ça va juste de faire à suer » (p.45).

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est un roman d’apprentissage, celui d’une femme métisse dans la Floride du début de siècle, qui doit s’affirmer face aux attentes sociales d’autant plus contraignantes lorsqu’on est femme, de couleur, femme du maire par exemple ou approchant d’un certain âge. Janie apprend aussi l’amour, à travers trois mariages lui faisant traverser une palette d’états : de la résignation innocente à la désillusion, de la colère contenue au désespoir, de la jalousie inquiète à l’euphorie.

Ce roman est une réflexion sur la liberté, le libre arbitre n’étant possible qu’avec une dose de curiosité et de courage. A cet égard, Zora Neale Hurston construit un personnage fort, qui brave les croyances et le regard pesant de la société cherchant à lui dicter sa conduite.

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu, Zora Neale Hurston (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 21 Septembre 2018. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu (Their Eyes Were Watching God, 1937), septembre 2018, trad. Sika Fakambi, 320 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Zora Neale Hurston Edition: Zulma

Les premières phrases de Mais leurs yeux dardaient sur Dieu de Zora Neale Hurston, écrit durant la ségrégation raciale, mettent en lumière le rapport différencié hommes/femmes, et la création des grands mythes. Les hommes voguent sur on ne sait quelle mer et les femmes, plus pragmatiques, reviennent à la terre pour honorer les rites funéraires. Comme une prophétie, l’une de ces femmes se distingue. En s’en approchant, on découvre une créature très belle, objet de tous les désirs, un peu inquiétante, dont la présence ouvre la voix aux sans-voix. Zora Neale Hurston puise dans le sociolecte de celles et de ceux acculés dans les bas-fonds de la société américaine blanche, y exhume leurs fables, leurs échecs, leurs facéties. Par un procédé stylistique très compliqué, la narration s’imbrique au passé, et de la mémoire de l’héroïne principale, Janie Mae Crawford, surgissent les péripéties d’une population esclavagisée, devenue amnésique de ses origines africaines. À la place, les sinistres points de repère de la doxa littéraire américaine balisent le roman : les chiens lâchés contre l’homme noir, le lynchage d’innocents, la haine, la faim, les logements indécents, la misère, l’ostracisme incessant. L’intérêt du récit fait que cette condition intenable s’évoque par le biais d’une sorte de rescapée sans famille et va droit au but, sans les détours pudiques d’un Faulkner, par exemple.