Identification

Océanie

Un jour, Morris Gleitzman

Ecrit par Pauline Fouillet , le Vendredi, 27 Février 2015. , dans Océanie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Folio (Gallimard), Jeunesse

Un jour, novembre 2014, traduction de l'anglais (Australie) Valérie Le Plouhinec, 364 pages 7,20 € . Ecrivain(s): Morris Gleitzman Edition: Folio (Gallimard)

 

Je cherche un mot en vain. Le mot qui peut qualifier ce roman, cette histoire qui malheureusement aurait pu être vraie et qui est basée sur des réalités historiques.

Alors, pour vous exprimer ce que je ressens, je vais reprendre deux expressions phares des personnages principaux :

Tout d’abord, « Oh ». Et en effet, comment exprimer autrement toutes ces tragédies, ces monstruosités qui ont fait la Seconde Guerre Mondiale. Quoi en dire d’autre ?…

Ensuite, « T’es bête ou quoi ? » dixit une fillette de 6 ans que la vie rendra bien plus délurée que la moyenne et qui pourrait parfaitement être dit à ce Hitler, personnage absent physiquement mais pourtant omniprésent dans l’histoire.

Une rançon, David Malouf

Ecrit par Virginie Neufville , le Mardi, 01 Octobre 2013. , dans Océanie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Albin Michel

Une rançon (A ramson), traduit de l’anglais (Australie) par Nadine Gassie, août 2013, 224 p. 17,50 € . Ecrivain(s): David Malouf Edition: Albin Michel

 

L’Iliade d’Homère ne raconte pas que la colère d’Achille contre Agamemnon. Elle narre aussi la reprise au combat du héros grec, motivée par le désir de tuer Hector, le prince troyen, meurtrier de son cher et tendre ami Patrocle.

Au bord de l’eau, savourant la quiétude des berges, invoquant sa mère la nymphe Thétis, le Péléide sait très bien qu’il ne pourra rester inactif éternellement :

« Une telle vie est mortelle pour l’esprit du guerrier. Qui, s’il veut se maintenir au plus haut degré, a besoin de l’action, du fracas des armes qui règle promptement un conflit et renvoie l’homme, l’esprit rafraîchi, à sa vie de bon paysan ».

Patrocle est mort, tué par Hector. Ce dernier doit donc mourir.

« Il avait pleuré la mort de Patrocle. L’avait pleuré sans frein. Assis en tailleur par terre, se balançant d’avant en arrière sous le coup de l’angoisse, se versant à pleines poignées de la poussière sur la tête ».

Qui chante pour Lu ?, Alan Duff

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 10 Septembre 2013. , dans Océanie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Actes Sud

Qui chante pour Lu ?, traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Pierre Furlan Mai 2013, 380 pages, 23 € . Ecrivain(s): Alan Duff Edition: Actes Sud

 

Lu est belle, très belle. Mais elle ne veut pas le croire. Au contraire, elle se trouve laide, repoussante. Et cela parce que son oncle n’a pas cessé de lui répéter qu’elle était moche. Son oncle qui, toute son enfance, a sexuellement abusé d’elle.

« La culpabilité l’accompagnait comme un camarade non désiré et revenait dans ses rêves nocturnes. Chaque nuit. Dans ses rêves, Lu était punie de n’être qu’une fille ordinaire de Wooloo : on l’exhibait devant tout le lycée ou dans sa rue parce que, braillait le cœur nocturne : “TU COUCHES AVEC TON ONCLE !” Le jour, elle se baladait comme anesthésie, avec son unique compagne, la culpabilité ».

Lu travaille comme serveuse dans un kebab. Un jour, elle rencontre Rocky. Une armoire à glace d’une force redoutable. Ils deviennent amis. Lu l’apprécie d’autant plus qu’il « n’essayait jamais de fourrer sa bite, sa langue ou son doigt dans [s]es orifices ». Elle en vient à le considérer comme un grand frère. Mais bientôt, il se retrouve mêlé à une bagarre et va en prison.

Après le feu, un murmure doux et léger, Evie Wylde

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 30 Août 2013. , dans Océanie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Actes Sud

Après le feu, un murmure doux et léger, traduit de l’anglais (Australie) en 2013 par Mireille Vignol, mai 2013, 380 pages, 23 € . Ecrivain(s): Evie Wylde Edition: Actes Sud

 

Le titre l’annonce et il n’y a pas de tromperie sur la marchandise : c’est un mélo. Tous les ingrédients y sont ou presque.

Ingrédient n°1 : un personnage avec un passé chargé.

Il est ainsi question d’un certain Frank qui, après une dispute, une de trop, avec Lucy, quitte Canberra pour s’installer sur la côte nord-est australienne. Mais que s’est-il vraiment passé entre eux ?

Ingrédient n°2 : Franck est sujet à des troubles du comportement. C’est beaucoup mieux quand le héros a des failles.

« Il referma le frigo, reprit sa liste et, juste pour se rappeler quel connard fini il était, il se poignarda violemment la paume avec le stylo qui se brisa dans le creux de sa main baignée de violet ».

Ingrédient n°3 : un décor pittoresque.

Shirker, Chad Taylor

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 12 Juillet 2013. , dans Océanie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Christian Bourgois

Shirker, traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff, 2000, Christian Bourgois 2002 pour la traduction française, 359 pages, 23 € (repris en 10/18, 2005, 364 pages, 9 €) . Ecrivain(s): Chad Taylor Edition: Christian Bourgois

 

« – Qu’est-ce donc cet homme sur lequel tu enquêtes, Ellie ? Qu’est-ce que tu fabriques avec ce portefeuille ? A quoi rime tout ça ?

– Je n’en sais rien. Et c’est ce que je cherche à élucider ».

Cet échange décrit bien l’atmosphère de Shriker, le premier roman du néo-zélandais Chad Taylor. Il sera ainsi question d’un crime à élucider, mais aussi d’un enquêteur (qui n’est pas un enquêteur) qui cherche aussi à comprendre ce qui le motive à endosser un rôle qui n’est pas le sien.

Alors qu’il passe devant une scène de crime, Ellerslie Penrose, le narrateur, ramasse un portefeuille par terre. Celui de la victime ? Peut-être. Il tente de le remettre aux agents de police, mais ceux-ci le prennent pour un détective et l’invitent à aller voir de plus près le cadavre d’un homme qui vient d’être retrouvé dans un conteneur en verre. Les causes de sa mort : il s’est lentement vidé de son sang par le biais de multiples coupures.