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Fantastique

La légende de Sleepy Hollow/The Legend of Sleepy Hollow, Washington Irving, bilingue

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 12 Février 2015. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Folio (Gallimard), Contes

La légende de Sleepy Hollow (The Legend of Sleepy Hollow) suivie de Rip van Winkle + Le Lilas de Rip van Winkle d’Herman Melville, Traduction de l’américain Philippe Jaworski, 240 p. 7 € . Ecrivain(s): Washington Irving Edition: Folio (Gallimard)

Formidable collection bilingue de folio qui nous offre ici trois des plus beaux textes de la littérature américaine du XIXème siècle. Ce bijou littéraire entre les mains, vous pouvez vous caler dans un fauteuil et partir dans l’univers merveilleux de Washington Irving. Merveilleux, pas fantastique, et c’est là le premier trait des récits de ce recueil. La nuance est d’importance. Nous sommes loin de Poe, de Hawthorne ou de Maupassant, dont l’art sublime est de glisser le surnaturel dans les failles du réel ordinaire, comme une irruption. Rien de tel avec Irving. Ses contes – et les deux contes majeurs de ce volume – prennent place dans des univers en soi merveilleux, propices au rêve, au surnaturel, à l’irrationnel.

La célèbre « légende de Sleepy Hollow » (La Légende du Val Dormant), de même que le deuxième conte de ce volume, le célèbre « Rip van Winkle », se situent ainsi en un pays de la vallée de l’Hudson baigné d’une atmosphère étrange, brumeuse, et aux couleurs du rêve. Là, point n’est besoin de s’évader du réel pour être dans le merveilleux. Un monde inquiétant parfois, irrationnel souvent, mais jamais terrorisant. Nous sommes loin, avec Irving, de l’adaptation cinématographique issue de ce conte qui cause de vraies frayeurs.

Contes et légendes inachevés, Intégrale, J.R.R. Tolkien

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 11 Décembre 2014. , dans Fantastique, Les Livres, La Une Livres, Iles britanniques, La rentrée littéraire, Contes, Pocket

Contes et légendes inachevés, Intégrale, mai 2014, traduction de l'anglais de Christopher Tolkien, 527 pages, 8,80 € . Ecrivain(s): J. R. R. Tolkien Edition: Pocket

 

Histoire vient du grec historia, le récit. Il s’agissait d’abord d’une narration fictive puis Hérodote décida au Ve siècle avant Jésus-Christ que l’histoire raconterait ce qui était arrivé réellement aux hommes pour que le souvenir ne s’en perde pas.

Qui mieux que Tolkien a joué sur cette marge étymologique ? Son lecteur sait pertinemment que tout ce qu’il raconte est né de son imagination mais l’imbrication complexe des événements et la foule de détails réalistes sont troublantes. Le titre Contes et légendes inachevés ne laisse pourtant planer aucun doute sur le degré de fiction des textes qui y sont rassemblés, même si en remontant au passé de la Terre du Milieu, bien connue par les amateurs de la trilogie Le Seigneur des anneaux, Tolkien feint d’être l’historien des trois Âges. Un doute serait pourtant presque permis quand sous le narrateur Tolkien sévissent le généalogiste, le cartographe et le philologue. N’est-il pas le premier auteur de fiction, et en cela un précurseur, à dresser un arbre généalogique, tracer à la main les cartes du lieu où se déroule l’action ou indiquer en note l’étymologie des mots qu’il a inventés ? Simbelmynë, fleurs égayant les tertres funéraires dans la langue des Rohirrim : le rêve commence.

Nous sommes tous morts, Salomon de Izarra

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 06 Mai 2014. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Rivages

Nous sommes tous morts, 7 mai 2014, 120 p. 15€ . Ecrivain(s): Salomon de Izarra Edition: Rivages

 

Si vous adorez les frissons nocturnes, les grandes peurs venues du fond de l’enfance et qui, toujours, nous poursuivent de leurs frissons délicieux, n’hésitez pas un instant, précipitez-vous sur le livre de Salomon de Izarra ! On jurerait par moment que ce n’est pas un livre de notre temps, on le dirait sorti tout droit du XIXème siècle, voire du XVIIIème siècle baroque. Les lectures de l’auteur sont là, sans cesse présentes, traversant en fulgurances régulières le récit haletant et terrifiant : Melville, Poe, Maupassant, Lovecraft et d’autres encore.

Le thème aussi est récurrent dans la littérature fantastique : le bateau maudit, hanté, fantôme. Et le jeune Izarra n’hésite pas, il fonce tête baissée avec un talent, un culot inouïs, sur les traces de ses fantômes littéraires ! Ses maîtres. Et le culot ici trouve toute sa récompense.

« Nous sommes tous morts » est une réussite parfaite. Âmes sensibles s’abstenir ! On a droit à toute les formes de l’horreur fictionnelle, les ombres, le froid glacial, le brouillard, les meurtres, les suicides, le cannibalisme enfin, parce qu’il faut bien survivre ! Vous serez avertis, ne vous plaignez pas au critique, il vous dit là que ce livre n’est pas fréquentable. Enfin, tellement fréquentable veut-il dire : un vrai bonheur d’horreur !

Nosfera2, Joe Hill

Ecrit par Virginie Neufville , le Samedi, 01 Février 2014. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Jean-Claude Lattès

Nosfera2, janvier 2014, trad. anglais (USA) Antoine Chainas, 621 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Joe Hill Edition: Jean-Claude Lattès

« Vic dormit.

Ses rêves se résumèrent à un défilé d’images incohérentes : un masque à gaz sur le sol en béton, un chien mort la tête écrasée sur le côté de la route, un massif de pins immenses auxquels étaient pendus des anges blancs et aveugles ».

Victoria, Vic, petite fille de huit ans, a ses nuits peuplées de cauchemars étranges dont les significations lui échappent. De plus, depuis qu’elle a acquis son vélo cross, un Raleigh, elle possède la faculté de traverser le pays par le Raccourci, matérialisé par un vieux pont couvert. Ce passage n’est pas anodin : à chaque fois qu’elle l’utilise, une migraine effroyable la gagne, et elle perd des forces.

En grandissant, Vic utilise de moins en moins le Raccourci. Mais, un jour, elle se retrouve devant une maison abandonnée. Poussée par la curiosité, elle décide de l’explorer. Elle trouve, garée sagement dans le garage, une Roll Royce Wraith de 1938, immatriculée NOSFERA2. Tout a l’air tranquille, sauf que, soudain, Vic se rend compte qu’un enfant est enfermé à l’intérieur du véhicule… Poursuivie par le propriétaire, un certain Charlie Manx, et le petit garçon, elle ne doit sa vie qu’à l’incendie qu’elle a déclenché sur les lieux, mais aussi au courage de ceux qui l’ont recueillie dans la station essence voisine.

Docteur Sleep, Stephen King

Ecrit par Virginie Neufville , le Vendredi, 06 Décembre 2013. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Albin Michel

Docteur Sleep, traduit de l’anglais (USA) par Nadine Gassie, novembre 2013, 600 pages, 25 € . Ecrivain(s): Stephen King Edition: Albin Michel

 

Danny Torrance a bien grandi, ses démons aussi.

« L’esprit est un tableau noir. L’alcool, la brosse à effacer ».

Le père du petit Dan, Jack Torrance, buvait pour oublier sa lâcheté et son incapacité à écrire. Danny, devenu adulte, boit pour faire taire les voix dans sa tête. En effet, le Don ne s’est pas éteint. Son cerveau est comparable à une radio captant toutes les pensées des gens. L’alcool permet de baisser le volume à défaut de l’éteindre complètement. Et oui, ayant grandi dans une famille dysfonctionnelle, Danny reproduit le schéma familial : son grand-père buvait, son père buvait, alors pourquoi pas lui. Sauf que les raisons ne sont pas les mêmes et qu’il déteste la loque qu’il est en train de devenir.

Pourtant, le cuisinier de l’Overlook lui avait montré la voie, lui avait appris comment gérer le don et refouler, sans boire, les images choquantes et horrifiantes. Le cerveau est un placard, il faut juste enfermer ce qui nous gêne dans un tiroir, et le laisser dormir au fond. Or, tout n’est pas si simple. Danny n’y arrive pas complètement.