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Fantastique

Camisole, Salomon de Izarra

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 22 Juin 2016. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Rivages

Camisole, janvier 2016, 107 pages, 16 € . Ecrivain(s): Salomon de Izarra Edition: Rivages

 

Edgar Griffith, expert comptable, reçoit mission d’enquêter sur les comptes d’un établissement d’internement de malades mentaux.

Accueilli par le directeur Oswald Barker, qu’il trouve d’emblée « professionnellement inquiétant », Edgar découvre un univers concentrationnaire angoissant dont les cloisons vont se refermer violemment sur lui à l’occasion d’un orage terrifiant qui détruit le circuit électrique de l’asile.

Les bâtiments à l’étrange architecture mouvante se trouvant eux-mêmes isolés dans une région à la nature hostile, l’action se déroulant dans un lieu clos d’où l’acteur principal ne peut a priori s’échapper, les personnages qui y sont pensionnaires ayant des comportements incohérents, agressifs, de plus en plus violents, l’orage qui fait rage, la nuit sans autre lumière que celle des éclairs : l’auteur met rapidement en œuvre les ingrédients classiques du récit fantastique dans la lignée de Poe, lui aussi prénommé Edgar (coïncidence ?).

La légende de Sleepy Hollow/The Legend of Sleepy Hollow, Washington Irving, bilingue

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 12 Février 2015. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Folio (Gallimard), Contes

La légende de Sleepy Hollow (The Legend of Sleepy Hollow) suivie de Rip van Winkle + Le Lilas de Rip van Winkle d’Herman Melville, Traduction de l’américain Philippe Jaworski, 240 p. 7 € . Ecrivain(s): Washington Irving Edition: Folio (Gallimard)

Formidable collection bilingue de folio qui nous offre ici trois des plus beaux textes de la littérature américaine du XIXème siècle. Ce bijou littéraire entre les mains, vous pouvez vous caler dans un fauteuil et partir dans l’univers merveilleux de Washington Irving. Merveilleux, pas fantastique, et c’est là le premier trait des récits de ce recueil. La nuance est d’importance. Nous sommes loin de Poe, de Hawthorne ou de Maupassant, dont l’art sublime est de glisser le surnaturel dans les failles du réel ordinaire, comme une irruption. Rien de tel avec Irving. Ses contes – et les deux contes majeurs de ce volume – prennent place dans des univers en soi merveilleux, propices au rêve, au surnaturel, à l’irrationnel.

La célèbre « légende de Sleepy Hollow » (La Légende du Val Dormant), de même que le deuxième conte de ce volume, le célèbre « Rip van Winkle », se situent ainsi en un pays de la vallée de l’Hudson baigné d’une atmosphère étrange, brumeuse, et aux couleurs du rêve. Là, point n’est besoin de s’évader du réel pour être dans le merveilleux. Un monde inquiétant parfois, irrationnel souvent, mais jamais terrorisant. Nous sommes loin, avec Irving, de l’adaptation cinématographique issue de ce conte qui cause de vraies frayeurs.

Contes et légendes inachevés, Intégrale, J.R.R. Tolkien

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 11 Décembre 2014. , dans Fantastique, Les Livres, La Une Livres, Iles britanniques, La rentrée littéraire, Contes, Pocket

Contes et légendes inachevés, Intégrale, mai 2014, traduction de l'anglais de Christopher Tolkien, 527 pages, 8,80 € . Ecrivain(s): J. R. R. Tolkien Edition: Pocket

 

Histoire vient du grec historia, le récit. Il s’agissait d’abord d’une narration fictive puis Hérodote décida au Ve siècle avant Jésus-Christ que l’histoire raconterait ce qui était arrivé réellement aux hommes pour que le souvenir ne s’en perde pas.

Qui mieux que Tolkien a joué sur cette marge étymologique ? Son lecteur sait pertinemment que tout ce qu’il raconte est né de son imagination mais l’imbrication complexe des événements et la foule de détails réalistes sont troublantes. Le titre Contes et légendes inachevés ne laisse pourtant planer aucun doute sur le degré de fiction des textes qui y sont rassemblés, même si en remontant au passé de la Terre du Milieu, bien connue par les amateurs de la trilogie Le Seigneur des anneaux, Tolkien feint d’être l’historien des trois Âges. Un doute serait pourtant presque permis quand sous le narrateur Tolkien sévissent le généalogiste, le cartographe et le philologue. N’est-il pas le premier auteur de fiction, et en cela un précurseur, à dresser un arbre généalogique, tracer à la main les cartes du lieu où se déroule l’action ou indiquer en note l’étymologie des mots qu’il a inventés ? Simbelmynë, fleurs égayant les tertres funéraires dans la langue des Rohirrim : le rêve commence.

Nous sommes tous morts, Salomon de Izarra

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 06 Mai 2014. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Rivages

Nous sommes tous morts, 7 mai 2014, 120 p. 15€ . Ecrivain(s): Salomon de Izarra Edition: Rivages

 

Si vous adorez les frissons nocturnes, les grandes peurs venues du fond de l’enfance et qui, toujours, nous poursuivent de leurs frissons délicieux, n’hésitez pas un instant, précipitez-vous sur le livre de Salomon de Izarra ! On jurerait par moment que ce n’est pas un livre de notre temps, on le dirait sorti tout droit du XIXème siècle, voire du XVIIIème siècle baroque. Les lectures de l’auteur sont là, sans cesse présentes, traversant en fulgurances régulières le récit haletant et terrifiant : Melville, Poe, Maupassant, Lovecraft et d’autres encore.

Le thème aussi est récurrent dans la littérature fantastique : le bateau maudit, hanté, fantôme. Et le jeune Izarra n’hésite pas, il fonce tête baissée avec un talent, un culot inouïs, sur les traces de ses fantômes littéraires ! Ses maîtres. Et le culot ici trouve toute sa récompense.

« Nous sommes tous morts » est une réussite parfaite. Âmes sensibles s’abstenir ! On a droit à toute les formes de l’horreur fictionnelle, les ombres, le froid glacial, le brouillard, les meurtres, les suicides, le cannibalisme enfin, parce qu’il faut bien survivre ! Vous serez avertis, ne vous plaignez pas au critique, il vous dit là que ce livre n’est pas fréquentable. Enfin, tellement fréquentable veut-il dire : un vrai bonheur d’horreur !

Nosfera2, Joe Hill

Ecrit par Virginie Neufville , le Samedi, 01 Février 2014. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Jean-Claude Lattès

Nosfera2, janvier 2014, trad. anglais (USA) Antoine Chainas, 621 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Joe Hill Edition: Jean-Claude Lattès

« Vic dormit.

Ses rêves se résumèrent à un défilé d’images incohérentes : un masque à gaz sur le sol en béton, un chien mort la tête écrasée sur le côté de la route, un massif de pins immenses auxquels étaient pendus des anges blancs et aveugles ».

Victoria, Vic, petite fille de huit ans, a ses nuits peuplées de cauchemars étranges dont les significations lui échappent. De plus, depuis qu’elle a acquis son vélo cross, un Raleigh, elle possède la faculté de traverser le pays par le Raccourci, matérialisé par un vieux pont couvert. Ce passage n’est pas anodin : à chaque fois qu’elle l’utilise, une migraine effroyable la gagne, et elle perd des forces.

En grandissant, Vic utilise de moins en moins le Raccourci. Mais, un jour, elle se retrouve devant une maison abandonnée. Poussée par la curiosité, elle décide de l’explorer. Elle trouve, garée sagement dans le garage, une Roll Royce Wraith de 1938, immatriculée NOSFERA2. Tout a l’air tranquille, sauf que, soudain, Vic se rend compte qu’un enfant est enfermé à l’intérieur du véhicule… Poursuivie par le propriétaire, un certain Charlie Manx, et le petit garçon, elle ne doit sa vie qu’à l’incendie qu’elle a déclenché sur les lieux, mais aussi au courage de ceux qui l’ont recueillie dans la station essence voisine.