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Fantastique

Shâhra, Les Masques d’Azr’Khila, Charlotte Bousquet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 03 Septembre 2018. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Aventures

Shâhra, Les Masques d’Azr’Khila, éd. Mnémos, juin 2018, 336 pages, 20 € . Ecrivain(s): Charlotte Bousquet

 

C’est avec beaucoup de curiosité que s’est amorcée la lecture de ce premier volet du nouveau diptyque de fantasy de Charlotte Bousquet. Nombre de ses ouvrages recèlent un grand talent de conteuse et une plume solide, élégante, protéiforme, tout en proposant des univers variés, explorant le roman historique comme le fantastique, la BD pour ados ou le récit d’aventures. Son imaginaire n’a pas de bornes et son regard témoigne de ses engagements.

Dans Shâhra, nous retrouvons l’écriture soignée, fouillée, mêlant lettres, contes, poèmes ou extraits de prophéties aux quatre récits qui suivent chacune des héroïnes de ce monde des sables. Nous retrouvons également la magie, la divination, les êtres surnaturels, les divinités dans un ensemble de croyances rappelant celles des peuples premiers, donnant foi et parole aux visions et aux signes de la nature, aux soins des guérisseurs et chamans, reposant sur un fragile Equilibre des mondes, visible et invisible. Nous retrouvons la cruauté humaine sous toutes ses formes, notamment celle d’un terrifiant mage buveur d’énergie vitale, des personnages féminins ayant à trouver quelle est leur nature profonde et quelle est leur valeur, le lien avec l’animal et les totems, « nehlîl », la splendeur de la nature même la plus aride.

Petite sœur la mort, William Gay

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 02 Mars 2017. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Seuil

Petite sœur la mort (Little Sister Death), trad. américain Jean-Paul Gratias, mars 2017, 270 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): William Gay Edition: Seuil

Et l’arbre couleur de feuilles de mille couleurs différentes

Parla, et toutes les feuilles voltigèrent en l’air

Et tournoyèrent autour du tronc ; et l’arbre était un

Vieillard à la barbe blanche resplendissante comme

Une cuirasse d’argent, et les feuilles étaient des oiseaux.

« Que dis-tu, bon saint François ?

Petite Sœur la Mort » dit le bon saint François

William Faulkner, Mayday

(Extrait de l’épigraphe du roman)

 

Le titre français, et le titre original (Little Sister Death), sont donc une référence à un texte peu connu de Faulkner.

Le cocher, Selma Lagerlöf

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 07 Décembre 2016. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Récits, Babel (Actes Sud)

Le cocher (Körkalen, 1912), trad. suédois Marc de Gouvenain, Lena Grumbach, 152 pages . Ecrivain(s): Selma Lagerlöf Edition: Babel (Actes Sud)

 

 

Ce récit publié peu avant la « grande guerre » est sans doute de ceux qui témoignent des derniers éclats du romantisme et du post-romantisme avant la grande bascule. Il peut aujourd’hui nous sembler vraiment appartenir à un autre temps qui serait si révolu qu’il en deviendrait pour nous exotique, quasiment incompréhensible. C’est qu’il y a quelque chose dans ce récit des danses macabres, celles mises en images par nombres de peintres au cours des siècles (de Jérôme Bosch à Holbein, pour n’en citer que deux), par des musiciens au cours des grandes années du romantisme (Saint-Saëns ou Franz Liszt, par exemple). S’y ajoute la touche moraliste propre à cette époque, que l’on peut aussi trouver désuète et bien mélodramatique, et qui n’est pas sans rappeler le ton d’une autre grande plume scandinave, celle d’Andersen.

Camisole, Salomon de Izarra

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 22 Juin 2016. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Rivages

Camisole, janvier 2016, 107 pages, 16 € . Ecrivain(s): Salomon de Izarra Edition: Rivages

 

Edgar Griffith, expert comptable, reçoit mission d’enquêter sur les comptes d’un établissement d’internement de malades mentaux.

Accueilli par le directeur Oswald Barker, qu’il trouve d’emblée « professionnellement inquiétant », Edgar découvre un univers concentrationnaire angoissant dont les cloisons vont se refermer violemment sur lui à l’occasion d’un orage terrifiant qui détruit le circuit électrique de l’asile.

Les bâtiments à l’étrange architecture mouvante se trouvant eux-mêmes isolés dans une région à la nature hostile, l’action se déroulant dans un lieu clos d’où l’acteur principal ne peut a priori s’échapper, les personnages qui y sont pensionnaires ayant des comportements incohérents, agressifs, de plus en plus violents, l’orage qui fait rage, la nuit sans autre lumière que celle des éclairs : l’auteur met rapidement en œuvre les ingrédients classiques du récit fantastique dans la lignée de Poe, lui aussi prénommé Edgar (coïncidence ?).

La légende de Sleepy Hollow/The Legend of Sleepy Hollow, Washington Irving, bilingue

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 12 Février 2015. , dans Fantastique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Folio (Gallimard), Contes

La légende de Sleepy Hollow (The Legend of Sleepy Hollow) suivie de Rip van Winkle + Le Lilas de Rip van Winkle d’Herman Melville, Traduction de l’américain Philippe Jaworski, 240 p. 7 € . Ecrivain(s): Washington Irving Edition: Folio (Gallimard)

Formidable collection bilingue de folio qui nous offre ici trois des plus beaux textes de la littérature américaine du XIXème siècle. Ce bijou littéraire entre les mains, vous pouvez vous caler dans un fauteuil et partir dans l’univers merveilleux de Washington Irving. Merveilleux, pas fantastique, et c’est là le premier trait des récits de ce recueil. La nuance est d’importance. Nous sommes loin de Poe, de Hawthorne ou de Maupassant, dont l’art sublime est de glisser le surnaturel dans les failles du réel ordinaire, comme une irruption. Rien de tel avec Irving. Ses contes – et les deux contes majeurs de ce volume – prennent place dans des univers en soi merveilleux, propices au rêve, au surnaturel, à l’irrationnel.

La célèbre « légende de Sleepy Hollow » (La Légende du Val Dormant), de même que le deuxième conte de ce volume, le célèbre « Rip van Winkle », se situent ainsi en un pays de la vallée de l’Hudson baigné d’une atmosphère étrange, brumeuse, et aux couleurs du rêve. Là, point n’est besoin de s’évader du réel pour être dans le merveilleux. Un monde inquiétant parfois, irrationnel souvent, mais jamais terrorisant. Nous sommes loin, avec Irving, de l’adaptation cinématographique issue de ce conte qui cause de vraies frayeurs.