Les grands détectives de chez 10/18, on croit les connaître. Si on nous demandait d’en citer quelques-uns, tout à trac, on citerait le chat de Lilian Jackson Braun, Louis Denfert de Brigitte Aubert, Nicolas Le Floch de Jean-François Parot, et bien d’autres, tant d’autres. Dans cette collection, on balaie les époques, les professions et les pays : il y en a pour tous les goûts. On se croyait blasé, et voilà que l’on découvre tout à coup les romans de Fabrice Bourland, qui, avec ses deux héros Andrew Singleton et James Trelawney, comblera à coup sûr les amateurs d’étrange et de littérature.
Nous sommes à Paris, en 1934. Andrew Singleton, le narrateur, part enquêter sur la mort de Nerval, rien que ça. Suicidé ? Assassiné ? La mort de Nerval ! 1855 ! La rue de la Vieille Lanterne ! Dès le quatrième paragraphe du premier chapitre, on se dit que l’on ne lâchera pas le roman, que ce thème, on avait envie qu’il soit traité ainsi, sur le mode du roman de détective. Et puis… on bifurque. La mort de Nerval, on y reviendra en toute fin d’enquête, mais ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est plutôt du côté de Breton qu’il faut aller le chercher. Breton, oui oui, André Breton, le pape du surréalisme himself. Il est un des personnages du livre. On ne jubile plus, on exulte.