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Langue allemande

Le Temps des immortelles, Karsten Dümmel

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 17 Novembre 2017. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Quidam Editeur

Le Temps des immortelles, mars 2017, trad. allemand et notes, Martine Rémon, 16,50 € . Ecrivain(s): Karsten Dümmel Edition: Quidam Editeur

 

« Ils ne viendraient pas. A quoi bon, d’ailleurs ? Il n’y avait rien à découvrir. Il n’avait cessé d’entendre les rumeurs les plus absurdes. Des récits différents selon chacun. A moitié vrais, en partie inventés de toute pièce : des policiers brutaux et des informateurs aux écoutes occuperaient des appartements vides ».

« Le but est d’atteindre un degré d’insécurité provoquant chez la cible l’impression qu’elle ne contrôle plus sa vie ».

Le Temps des immortelles est un roman glacial venu de l’Est figé de Berlin. Roman de surveillance et de désintégration d’Arno K. Le roman de l’Avenir Radieux sans masque. Arno K travaille à l’usine et écrit, quand il le pouvait encore, il voyageait, et ramenait de ses escapades quelques livres, autant de preuves accablantes : Chamalov, Kopelev, Kundera, Orwell, Pasternak, toute une littérature de renégats.

Les Insatiables, Gila Lustiger

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 04 Octobre 2017. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Actes Sud

Les Insatiables (Die Schuld der Anderen, 2015, Berlin Verlag), trad. allemand Isabelle Liber, . Ecrivain(s): Gila Lustiger Edition: Actes Sud

 

Cet Insatiables n’est pas annoncé pas son éditeur comme un roman noir ou policier, et pourtant il y est question de crime, de corruption et d’investigation. Ce n’est certainement pas un essai et pourtant on y trouve de vraies réflexions et hypothèses sur plusieurs aspects de la société française. Cela se passe en France, à Paris, en Normandie et en Auvergne, mais l’auteure est allemande et écrit en allemand. Ce n’est pas un premier roman mais c’est un premier polar qui n’en est pas un… Cela commence à faire bien des raisons de s’intéresser de près à cet objet littéraire un peu atypique. Nous pourrions encore ajouter que l’auteure est journaliste et installée en France depuis 30 ans mais que Les Insatiables est un vrai roman, et que si c’est quand même un peu un polar, les policiers sont plutôt des personnages « secondaires » qui ne s’occupent pas vraiment de l’affaire ou qui ont pris leur retraite. Ajoutons avant d’aller plus loin que sa lecture a empêché le poly-lecteur que je suis de se tourner vers un seul autre titre avant de l’avoir achevé (ce qui est plutôt rare).

L’Etang et Félix, Robert Walser

Ecrit par Didier Smal , le Mercredi, 27 Septembre 2017. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Editions Zoe

L’Etang et Félix, juin 2016, trad. suisse allemand et allemand Gibert Musy, 96 pages, 8,50 € . Ecrivain(s): Robert Walser Edition: Editions Zoe

 

Débutons, une fois n’est pas coutume, par la célébration d’un métier en voie de disparition, comme tous ceux qui font intervenir de l’humain dans le commerce, voire font passer l’humain avant le commerce : bouquiniste. Dans la vie de tout lecteur, il y a un bouquiniste au moins, parce qu’on cherche un livre rare, épuisé, ou parce qu’on est sans le sou, et ce bouquiniste, par son manque total de lien à l’actualité (peu lui chaut la dernière sortie à la mode journalistique, de toute façon, il ne l’a pas en rayon), s’avère un véritable amoureux de la chose écrite, et un précieux conseiller en défrichage et en visite de sentiers peu battus. A titre personnel, j’ai connu deux bouquinistes de cet acabit : le lecteur que je suis devenu leur est redevable de beaucoup.

Un des deux, aujourd’hui décédé, a un jour attiré mon attention sur Robert Walser (1878-1956), en me citant la première phrase de son roman L’Institut Benjamenta (1909) : « Nous apprenons très peu ici, on manque de personnel enseignant, et nous autres, garçons de l’Institut Benjamenta, nous n’arriverons à rien, c’est-à-dire que nous serons tous plus tard des gens humbles et subalternes ».

3000 €, Thomas Melle

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 04 Septembre 2017. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

3000 €, mars 2017, trad. allemand Mathilde Julia Sobottke, 190 pages, 18 € . Ecrivain(s): Thomas Melle Edition: Métailié

 

Anton a eu ce qu’on pourrait appeler un accident de parcours, brillant étudiant en droit, il a comme on dit décroché, ses tentatives pour se rattraper en conduisant un taxi ont à peine ralenti la chute, une pente glissante bien arrosée à l’alcool. Denise est caissière, mère sexy et célibataire d’une fillette qui semble avoir quelques soucis de développement. 3000 € c’est le montant de la dette d’Anton pour laquelle il est sur le point de passer en procès, intenté par les banques. Dette qui roule amasse beaucoup, moins il peut payer et plus le montant enfle. 3000 € c’est le paiement que Denise attend pour avoir tourné un film porno diffusé sur le net. Anton et Denise. Ils n’ont pas grand-chose à voir l’un avec l’autre, si ce n’est que chacun dit non à sa façon. Chez Anton, cela prend la forme de renoncements, d’une fuite en avant dans les rêves. Hébergé dans un foyer, il préfère dormir carrément dehors.

Il a laissé faire. Laisser faire les choses, dans le cas d’Anton, ça équivaut à présent à une décision.

Pour Denise, c’est lutter contre sa parano qui la fait paniquer et voir des regards lubriques qui savent, qui l’ont vue, à chaque client qui passe à sa caisse. Et l’argent qui n’arrive pas…

Le wagon plombé, suivi de « Voyage en Russie » et de « Sur Maxime Gorki », Stefan Zweig

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 08 Juillet 2017. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Petite bibliothèque Payot, Voyages

Le wagon plombé, suivi de « Voyage en Russie » et de « Sur Maxime Gorki », mars 2017, trad. allemand Olivier Mannoni, Préface Sabine Dullin, 167 pages, 6,80 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Petite bibliothèque Payot

 

 

La publication, à intervalles réguliers, en format poche, d’une réédition de tranches choisies de l’œuvre de Stefan Zweig dans les collections de grandes maisons, ne peut manquer d’intéresser les lecteurs amateurs d’un auteur dont tout texte est à lire. Après Amok, Etait-ce lui ?, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, et Découverte inopinée d’un vrai métier, chez Gallimard, c’est au tour de Payot, avec Le wagon plombé qui vient de sortir dans sa Petite Bibliothèque, de nous offrir la belle opportunité de lire pour La Cause Littéraire d’autres pièces de Zweig.

Les trois textes recueillis dans cet ouvrage reflètent l’attraction voire la fascination exercée sur l’auteur, comme sur nombre d’écrivains, artistes et intellectuels, par la Révolution d’Octobre 1917 et les premières décennies du régime soviétique.