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Langue allemande

La petite différence et ses grandes conséquences, Alice Schwarzer (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mardi, 09 Janvier 2024. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

La petite différence et ses grandes conséquences, Alice Schwarzer, éditions Des femmes Antoinette Fouque, octobre 2023, trad. allemand, Marthe Wendt, Leslie Gaspar, nouvelle préface traduite en allemand, Anne-Charlotte Chasset, 298 pages, 9 € Edition: Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

 

Article 16. Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution. La constitution est nulle si la majorité des individus qui composent la Nation n’a pas coopéré à sa rédaction (Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenneté, 1791).

 

Contraintes et résignation du rôle féminin

La petite différence et ses grandes conséquences d’Alice Schwarzer (née en 1942 à Wuppertal, journaliste, l’une des féministes allemandes les plus reconnues) est un texte militant. L’ouvrage, réédité, fut un best-seller dans les années 1970 et traduit en plusieurs langues.

Automne allemand, Stig Dagerman (par Jacques Desrosiers)

Ecrit par Jacques Desrosiers , le Jeudi, 12 Octobre 2023. , dans Langue allemande, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Babel (Actes Sud)

Automne allemand, Stig Dagerman, Actes Sud (1980), Coll. Babel, 2004, trad. suédois, Philippe Bouquet, 176 pages, 7,10 €


Il faut avoir l’estomac solide pour passer à travers cet Automne allemand de l’écrivain suédois, connu surtout pour Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, court monologue très émouvant qu’il a écrit six ans plus tard. Dagerman y écartera, l’une après l’autre, toutes les consolations qui s’offrent à notre solitude et à notre difficulté de vivre, mais n’apportent qu’un réconfort passager quand elles sont authentiques (comme une âme sœur, une promenade, un animal bien vivant à côté de nous), ou conduisent au désespoir quand elles sont fausses (les plaisirs tous azimuts). À la fin, toutes nos croyances s’écroulent, mais le doute lui-même semble prétentieux car il est « lui aussi, entouré de ténèbres ». Reste le « silence vivant », le désir de vivre, de ne pas se laisser écraser par le nombre. Pas le genre enjoué vraiment, mais la personne parfaite pour aller faire un reportage, à l’âge de 23 ans, sur ce qui se passait chez les Allemands dans « cet automne triste, froid et humide » de 1946.

La Mort à Venise (Der Tod in Venedig, 1912), Thomas Mann (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 07 Juin 2023. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Le Livre de Poche, En Vitrine, Cette semaine

La Mort à Venise (Der Tod in Venedig, 1912), Thomas Mann, Le Livre de Poche, trad. allemand, Félix Bertaux, Charles Sigwalt, Axel Nesme, 138 pages . Ecrivain(s): Thomas Mann Edition: Le Livre de Poche

 

Roman d’un déclin inéluctable inscrit dans une Venise glauque, écrasée de soleil et de puanteurs, assaillie par une épidémie de choléra, La Mort à Venise est un thrène dédié à la vieillesse et à la déchéance d’un homme. Loin, très loin des clichés de la Venise des fêtes et des touristes de la Place Saint-Marc, cette novella nous invite à entendre les derniers élans, la dernière passion, les derniers doutes, le dernier désespoir, le dernier souffle de Gustav Aschenbach, un écrivain quinquagénaire, venu à Venise pour nourrir son amour des arts et échapper un temps à sa ville d’origine, Munich, qui le déprime.

C’est un Ange qui va l’accompagner dans ce dernier chemin. Un Ange droit sorti d’un tableau de Léonard, aux traits fins, presque féminins, aux cheveux longs et ondulés. Tadzio. Dans les lignes qui suivent, surgit le Saint Jean-Baptiste de maître Leonardo, et Mann place l’image réelle au-dessus de celle de l’artiste.

Les Enfants Oppermann, Lion Feuchtwanger (par Guy Donikian)

Ecrit par Guy Donikian , le Mercredi, 31 Mai 2023. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié, En Vitrine

Les Enfants Oppermann, Lion Feuchtwanger, Editions Métailié, février 2023, 400 pages, 23 € . Ecrivain(s): Lion Feuchtwanger Edition: Métailié


1933, 2023, quatre vingt dix ans séparent la première publication de ce roman de sa présente seconde édition chez Métailié. Une réédition donc qui intervient dans un contexte fragile pour nos démocraties, une réédition qui elle aussi veut nous alerter de certains dangers, et c’est tant mieux, mais qui s’adresse aussi et surtout à des lecteurs de prime abord acquis à la cause démocratique, en tout cas pour la plupart. C’est toute l’ambivalence de ces publications dont on vante mérite et bienfaits, mais dont on se cache qu’elle ne sera sans doute pas lue par ceux qu’elle vise… Sans doute le ton du livre est-il à l’œuvre dans l’expression pessimiste ici écrite. Et pourtant…

En 1933, l’auteur a fui l’Allemagne pour se réfugier en France, à Sanary, qui lui aura servi pour des descriptions de notre midi méditerranéen, alors que le personnage central a quitté l’Allemagne nazie pour les environs de Toulon. Mais nous nous situons là à la presque fin du roman (sans pour autant en dévoiler la toute fin).

Ainsi parlait, Stefan Zweig, Dits et maximes de vie choisis et traduits de l’allemand par Gérard Pfister (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Lundi, 06 Février 2023. , dans Langue allemande, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Arfuyen

Ainsi parlait, Stefan Zweig, Arfuyen, janvier 2023, Dits et maximes de vie choisis et traduits de l’allemand par Gérard Pfister, Edition bilingue, 192 pages, 14 €

 

Zweig l’a lui-même remarqué : son œuvre plaît toujours et partout parce qu’il n’en garde, en la composant, que le mouvement essentiel. Il préfère « élaguer » un développement pourtant réussi, sacrifier tout ce qui ne serait que bien écrit pour que le lecteur, devinant un auteur en sachant méthodiquement plus qu’il n’en dit, ne quitte jamais des yeux le secret qu’avec art on lui porte plus loin et dérobe. Mais il n’a pu, bien sûr, élaguer le (formidable) succès même qu’il en obtint (la renommée n’est pas une intrigue qu’on puisse rendre plus agile et sobre !), et son vœu constant de limiter strictement son influence propre à celle de son œuvre n’a pu s’exaucer que dans toutes les tragiques – persécutoires – dernières années où l’anonymat personnel l’attendit aux divers lieux où l’exil le jetait (il n’y était plus le visage identifiable de son nom).

« Même l’exil – je l’ai appris à suffisance – n’est pas si difficile à vivre que la solitude dans sa patrie » (§.203).