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Langue allemande

3000 €, Thomas Melle

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 04 Septembre 2017. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

3000 €, mars 2017, trad. allemand Mathilde Julia Sobottke, 190 pages, 18 € . Ecrivain(s): Thomas Melle Edition: Métailié

 

Anton a eu ce qu’on pourrait appeler un accident de parcours, brillant étudiant en droit, il a comme on dit décroché, ses tentatives pour se rattraper en conduisant un taxi ont à peine ralenti la chute, une pente glissante bien arrosée à l’alcool. Denise est caissière, mère sexy et célibataire d’une fillette qui semble avoir quelques soucis de développement. 3000 € c’est le montant de la dette d’Anton pour laquelle il est sur le point de passer en procès, intenté par les banques. Dette qui roule amasse beaucoup, moins il peut payer et plus le montant enfle. 3000 € c’est le paiement que Denise attend pour avoir tourné un film porno diffusé sur le net. Anton et Denise. Ils n’ont pas grand-chose à voir l’un avec l’autre, si ce n’est que chacun dit non à sa façon. Chez Anton, cela prend la forme de renoncements, d’une fuite en avant dans les rêves. Hébergé dans un foyer, il préfère dormir carrément dehors.

Il a laissé faire. Laisser faire les choses, dans le cas d’Anton, ça équivaut à présent à une décision.

Pour Denise, c’est lutter contre sa parano qui la fait paniquer et voir des regards lubriques qui savent, qui l’ont vue, à chaque client qui passe à sa caisse. Et l’argent qui n’arrive pas…

Le wagon plombé, suivi de « Voyage en Russie » et de « Sur Maxime Gorki », Stefan Zweig

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 08 Juillet 2017. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Petite bibliothèque Payot, Voyages

Le wagon plombé, suivi de « Voyage en Russie » et de « Sur Maxime Gorki », mars 2017, trad. allemand Olivier Mannoni, Préface Sabine Dullin, 167 pages, 6,80 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Petite bibliothèque Payot

 

 

La publication, à intervalles réguliers, en format poche, d’une réédition de tranches choisies de l’œuvre de Stefan Zweig dans les collections de grandes maisons, ne peut manquer d’intéresser les lecteurs amateurs d’un auteur dont tout texte est à lire. Après Amok, Etait-ce lui ?, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, et Découverte inopinée d’un vrai métier, chez Gallimard, c’est au tour de Payot, avec Le wagon plombé qui vient de sortir dans sa Petite Bibliothèque, de nous offrir la belle opportunité de lire pour La Cause Littéraire d’autres pièces de Zweig.

Les trois textes recueillis dans cet ouvrage reflètent l’attraction voire la fascination exercée sur l’auteur, comme sur nombre d’écrivains, artistes et intellectuels, par la Révolution d’Octobre 1917 et les premières décennies du régime soviétique.

Trois saisons à Venise, Matthias Zschokke

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 02 Mai 2017. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Récits, Editions Zoe, Voyages

Trois saisons à Venise, novembre 2016, trad. allemand Isabelle Rüf, 380 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Matthias Zschokke Edition: Editions Zoe

« Je veux devenir comme ça : m’opposer au monde jusqu’à ce qu’il m’ait complètement laminé », Matthias Zchokke

 

L’escale de l’écrivain

Un exemple de l’impossibilité d’aller contre envieux et jaloux nous est apporté par l’écrivain suisse allemand, Matthias Zschokke. Dès l’ouverture de son dernier livre, Trois saisons à Venise, ceci : « Il n’avait pas de famille. Des amis, il ne lui en restait pas beaucoup non plus depuis que le bruit s’était répandu que la chance le favorisait d’une manière inquiétante. Il craignait que cette invitation à Venise soit considérée comme une preuve supplémentaire de cette chance supposée, ce qui inciterait ses dernières connaissances à rompre tout contact avec lui – “à se détourner de lui avec horreur” ». On reconnaît, dans cette « chance supposée », l’impossibilité d’admettre qu’il y eût à son origine quelques efforts, un peu de travail, voire un soupçon de talent. Bien des écrivains jamais invités à Venise se verront quelques points de ressemblance avec l’auteur de l’exceptionnel roman Max (voir ci-après), et le propos doit être brièvement développé.

Ainsi parlait Novalis, Dits et maximes de vie

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 25 Mars 2017. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Poésie, Anthologie, Arfuyen

Ainsi parlait Novalis (Also sprach Novalis), Dits et maximes de vie choisis et traduits de l’allemand par Jean et Marie Moncelon, Edition bilingue, novembre 2016, 150 pages, 13 € Edition: Arfuyen

 

Que voici une précieuse anthologie d’extraits choisis de l’œuvre de Novalis, dans cette belle collection qu’enrichissent régulièrement les Editions Arfuyen pour nous faire partager les dits de Sénèque, de Maître Eckhart, de Shakespeare, de Paracelse, de Lulle, d’Emily Dickinson !

Novalis fut poète et philosophe. L’un de ses leitmotiv fut de proclamer l’indissociabilité de la poésie et de la philosophie, toutes deux incarnées par son égérie, son icône au prénom signifiant, Sophie von Kühn, morte à l’âge de quinze ans.

La poésie, dans son rapport intrinsèque avec la philosophie, est donc naturellement l’un des sujets récurrents de ce recueil bilingue. La poésie pour Novalis est à la fois pour l’homme le principe littéraire, le principe vital, le principe moral, le principe existentiel, le principe religieux et l’expression mystique, le principe cosmique, le principe mathématique, le principe universel et le principe divin, le principe créateur, le principe thérapeutique… et, intégrant tout ce qui précède, le principe philosophique.

L’héritage du commandant, Rainer Höss

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Samedi, 25 Février 2017. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Histoire

L’héritage du commandant, éd. Notes de nuit, novembre 2016, trad. allemand Elisabeth Willenz, préface Bernhard Gotto, 250 pages, 20 € . Ecrivain(s): Rainer Höss

 

Fabian Gastellier est devenue éditrice pour que le passé revienne comme une onde, et plus particulièrement afin que demeure la mémoire des victimes de la Shoah, et dans le but de tirer le monde loin de la barbarie. Celle-ci assiège toujours le présent. Il faut donc rameuter un temps qui fut vécu par certains au-delà de toute conscience. Le livre de Rainer Höss le prouve. Petit-fils de Rudolf Höss, commandant du camp d’extermination d’Auschwitz, sa famille vécut en toute quiétude à deux pas de l’horreur. Né bien après l’Holocauste, l’enfant doit se sou­mettre au silence imposé par sa famille afin de préserver l’image de son aïeul. Mais il semble assommé par un tel poids. Refusant la torpeur programmée, il réveille ce passé tant celui-ci le consume. Il voue son travail et sa vie au com­bat contre la dis­cri­mi­na­tion, mul­ti­plie les inter­ven­tions publiques en évoquant non les vic­times mais ceux qui furent au plus près de leur extermina­tion.