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Langue allemande

Die Giraffe auf dem Rhein, La girafe sur le Rhin, Ronja Erb et Laura Martin

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Mercredi, 07 Septembre 2016. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

Die Giraffe auf dem Rhein, La girafe sur le Rhin, Ronja Erb, Laura Martin illustration et adaptation du texte français, Éditions Les ateliers de Fara, 48 p. 12,50 € . Ecrivain(s): Ronja Erb et Laura Martin

 

 

Fara la girafe vit au zoo de Rotterdam. Elle a sept ans et n’a jamais connu d’autre lieu. Un matin, son soigneur vient à elle avec une longue lettre qu’il lui lit. Fara aime beaucoup son soigneur qui le lui rend bien, mais il lui annonce qu’elle va devoir faire un long voyage pour rejoindre deux de ses cousines dans un zoo en Suisse. Le lendemain, elle découvre donc le port de Rotterdam et embarque pour un voyage sur le Rhin, en compagnie d’un chat.

La vallée du Rhin l’émerveille. Vignes et châteaux. Deux d’entre eux s’appellent même « Chat » et « Souris », ce que le compagnon de Fara ne manque pas de lui faire remarquer, lui qui n’est certes pas un  lion comme ceux qu’elle pourrait croiser dans la jungle. Le périple continue doucement jusqu’à Strasbourg et Kehl. Le chat s’improvise guide et Fara décide d’arpenter les deux rives, pour enfin découvrir le monde. Tout lui semble  merveilleux.

Oui, Thomas Bernhard

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Vendredi, 02 Septembre 2016. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Folio (Gallimard)

Oui, trad. allemand, Jean-Claude Hémery, 176 pages, 6,50 € . Ecrivain(s): Thomas Bernhard Edition: Folio (Gallimard)

 

Oui, le pire est possible

Quel indécrottable boute-en-train, ce Thomas Bernhard, né en 1931 aux Pays-Bas mais autrichien jusqu’au bout de la gâchette. Intituler « Oui » l’un des romans les plus sombres du vingtième siècle dénote d’une acide malice, d’une ironie perfide mais aussi du recul consistant qu’il était capable de concevoir à l’égard de son œuvre.

Ce titre laconique, romantique et accort, contraste avec la longueur interminable de la phrase bernhardienne (la première de ce livre fait plus d’une page), mais tranche surtout avec le nihilisme tourmenté et contempteur que l’écrivain autrichien déverse inlassablement dans ses textes telle une pluie glaciale s’abattant sur l’esprit du lecteur.

« Oui », comme la déclaration émue et teintée d’angélisme que prononcent les deux amoureux devant l’édile… et qui présage tellement de futurs désenchantements et de « non » péremptoires et agressifs ?

Du Bonheur d’être Morphinomane, Hans Fallada

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 04 Juillet 2016. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Denoël

Du Bonheur d’être Morphinomane, novembre 2015, trad. allemand Laurence Courtois, 352 pages, 22 € . Ecrivain(s): Hans Fallada Edition: Denoël

 

 

Depuis 2007, les Editions Denoël et la traductrice Laurence Courtois se sont lancées dans une entreprise plus qu’honorable : porter à la connaissance du public francophone l’œuvre de l’Allemand Hans Fallada (1893-1947). Pour l’heure, ce ne sont que trois romans (Quoi de Neuf, Petit Homme ?, 1932, Le Buveur, 1950, et son chef-d’œuvre absolu, Seul dans Berlin, 1947) parmi la grosse vingtaine d’ouvrages publiés de son vivant ou de façon posthume ; autant dire qu’il y a encore du pain sur la planche. Pour le présent volume, Du Bonheur d’être Morphinomane, Laurence Courtois a selon ses dires sélectionné des textes « choisis parmi deux recueils réunissant une quarantaine de nouvelles et une vingtaine d’histoires pour enfants » ; en français, ceci est donc le premier recueil de nouvelles signées Hans Fallada, et c’est l’opportunité de prendre connaissance des multiples formes que prend son talent littéraire à l’inspiration multiple.

Lettres sur la littérature (1937-1940), Walter Benjamin (2ème article)

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 25 Mai 2016. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Editions Zoe

Lettres sur la littérature (1937-1940), traduit de l'allemand par Lukas Bärfuss mars 2016, 160 pages, CHF 24 . Ecrivain(s): Walter Benjamin Edition: Editions Zoe

« Le poids des morts grandit plus vite que la fierté des vainqueurs. Le tas des morts monte plus vite que le trophée. La victoire a beau grandir, elle ne réussit plus à rattraper les morts », Jules Romains.

Cette phrase de Jules Romains prend, en exergue de cette chronique consacrée à Walter Benjamin, toute sa signification si l’on songe que l’auteur des Hommes de bonne volonté « s’est très activement employé en faveur des intellectuels dans les camps » et qu’il a même intercédé en faveur de Walter Benjamin alors qu’il était enfermé, en juin 1940, au camp de Vernuche près de Nevers.

Walter Benjamin, né à Berlin en 1892, proche de Bertolt Brecht, Gershom Scholem et de Theodor Adorno, est à la fois écrivain, traducteur, critique littéraire et critique d’art et philosophe allemand, et a été l’une des figures principales de l’Institut de Recherche sociale (école de Francfort) sans jamais en avoir été membre, et a traduit notamment les œuvres de Balzac, Perse, Baudelaire et Proust. Il a émigré à Paris en 1933. Fuyant la persécution nazie contre les Juifs, il souhaite quitter la France pour les Etats-Unis en 1940, mais il mettra fin à ses jours à Port-Bou :

Le Monde d’Hier, Stefan Zweig

Ecrit par Didier Smal , le Samedi, 30 Avril 2016. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Folio (Gallimard)

Le Monde d’Hier, avril 2016, trad. allemand Dominique Tassel, 592 pages, 7,70 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Folio (Gallimard)

 

 

Exilé au Brésil, à la veille de son suicide, Stefan Zweig (1881-1941) envoie à son éditeur un manuscrit qui ne contient pas tant ses mémoires que son témoignage sur les changements qu’a connus l’Europe depuis la fin du XIXe siècle, témoignage doublé d’une réflexion aiguë et pertinente sur ces changements : Le Monde d’Hier. Incidemment, ce livre peut aussi être lu comme un testament personnel à l’intention de tous (ce que Zweig veut laisser comme vision d’une Autriche et d’une Europe défuntes à un monde alors plongé en plein dans l’horreur de la Deuxième Guerre mondiale) et comme une explication à ce terrible geste ultime (Zweig, en tant que Juif désormais stigmatisé comme tel et apatride, ne trouve plus sa place, lui qui a dû abandonner plusieurs vies derrière lui, toutes celles qu’il a menées et celles qu’il a côtoyées).