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Langue allemande

L’heure du chacal, Bernhard Jaumann

Ecrit par Victoire NGuyen , le Jeudi, 17 Octobre 2013. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Le Masque (Lattès)

L’heure du chacal, traduit de l’allemand par Céline Maurice, 281 pages, mai 2013, 20,90€ . Ecrivain(s): Bernhard Jaumann Edition: Le Masque (Lattès)

 

Le passé n’est jamais mort


Sous une chaleur écrasante d’un mois de janvier, la mort approche et encercle la riche demeure d’un ancien membre actif des services secrets sud-africain. En effet, un homme qui n’a plus rien à perdre, sort son l’AK-47 et abat la victime sous les yeux de sa fille. D’autres meurtres vont suivre et obéissent au même rituel. L’inspectrice chargée de l’enquête est Clémencia Garrise. Elle vient d’un township. Elle est noire. Dans un monde post apartheid et machiste, elle doit s’imposer et mène son enquête en usant de son intelligence. Ses investigations l’amènent vers la piste d’un vieux crime politique, l’assassinat d’une figure légendaire, Anton Lubowski. Sa tâche va devenir complexe d’autant plus que ces pistes sont dangereuses à exploiter car personne n’a envie de déterrer un passé lourd de conséquences…

Fin du monde, Jakob van Hoddis

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 12 Octobre 2013. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Arfuyen

Fin du monde, trad. (Allemand) J.-F. Eynard, septembre 2013 . Ecrivain(s): Jakob van Hoddis Edition: Arfuyen

 

Jakob van Hoddis

Le montage symbolique

 

Comme il faut souvent se garder de l’anecdote pour expliquer en quoi un texte est fort ou touchant, et que cependant on ne peut pas détacher la lecture d’un faisceau de faits, d’autres lectures en cours et tout simplement de la connaissance des arts, je vais essayer de trouver un juste milieu. Le dernier livre de la collection Neige chez Arfuyen est exemplaire à ce sujet car il est le témoignage vif et presque neuf d’un poète peu connu ici, d’expression allemande, et que l’on peut rapporter sans trop d’erreur, à mon sens, au mouvement de l’expressionnisme du début du siècle. Ce livre donc a pris sa compagnie auprès de moi au milieu de la découverte du premier film d’Eisenstein, et de la proximité de cet art majeur du cinéma russe de l’entre-deux guerres, dont je m’expliquerai tout à l’heure.

Le joueur d'échecs, Stefan Zweig

Ecrit par David Campisi , le Lundi, 30 Septembre 2013. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Le Livre de Poche

Le Joueur d’échecs, 2013, 125 pages, 3,50 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Le Livre de Poche

 

Le champion du monde d’échecs est là. Sur le paquebot au départ de New-York en direction de Buenos-Aires. Il marche avec désinvolture, certains le reconnaissent, beaucoup l’ignorent. Son aura, toutefois, est partout. Sa présence se ressent comme un fardeau. Son jeu est comparé à ceux des boxeurs : il recule, avance, se prépare, envoie des coups, en reçoit. Son jeu est une guerre, un combat qu’il ne perd pas.

Mirko Czentovic est le numéro un. Le joueur d’échecs, c’est d’abord lui, le grand taiseux, étrange gaillard au regard perçant. C’est avant tout son histoire à lui que nous découvrons : comment, parce qu’il était différent, il attirait l’attention autour de lui lorsqu’il était petit. Trop idiot pour être comme les autres, trop intelligent aussi. Sa propension pour les chiffres, les schémas mentaux. Bientôt, on lui découvre un talent hors-normes. On l’essaie aux échecs. On lui laisse une chance et c’est le monde qu’il dévore avec son regard un peu vide. On se moque de lui, il se moque du monde.

Le Juif Süss, Lion Feuchtwanger

Ecrit par Frédéric Saenen , le Lundi, 15 Juillet 2013. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Le Livre de Poche

Le Juif Süss, Le Livre de Poche, Biblio roman n°32053, 697 pp., 8 €. . Ecrivain(s): Lion Feuchtwanger Edition: Le Livre de Poche

Si on lance une recherche à la mention « Le Juif Süss » sur Google, il faut attendre pas moins de quatre-vingt références avant de tomber sur une maigre notice Wikipédia consacrée au roman que Lion Feuchtwanger publia sous ce titre en 1925. À croire que l’autodafé des nazis à l’encontre de ce chef-d’œuvre se poursuit par malentendu interposé, dans  la mesure où l’unique information qui focalise l’attention à son sujet, c’est le film de propagande, supervisé par Goebbels, qu’en tira le réalisateur Veit Harlan en 1940. Or, voici qu’en décembre dernier reparaissait, dans sa version intégrale, ce texte superbe qu’il n’y a plus désormais aucune excuse à ignorer.

« Version intégrale », la chose mérite d’être soulignée. En effet, les rares à s’être plongés dans la précédente traduction française, due à Maurice Rémon, n’eurent accès qu’au pâle reflet des sept cents pages originales ; à un ersatz, amputé de maints passages et rendu par une langue autrement surveillée. La présente mouture se base sur l’édition Aufbau-Verlag de 1959 et, en la matière, la belle ouvrage de Serge Niémetz est à saluer sans réserve, car il aura su restituer à la prose de Feuchtwanger son ampleur, sa souplesse, sa richesse lexicale et expressive, bref son énergie. Du noir et blanc manichéen du film antisémite qui en fut tiré, la palette se rehausse pour le coup de toutes les nuances du fresquiste hors pair qu’était le romancier.

Hannah Arendt et Martin Heidegger, histoire d'un amour, Antonia Grunenberg

Ecrit par Sophie Galabru , le Mardi, 02 Juillet 2013. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Récits, Payot Rivages

Hannah Arendt et Martin Heidegger, histoire d'un amour. trad de l'allemand par Cédric Cohen Skalli. 491 p. 28 € . Ecrivain(s): Antonia Grunenberg Edition: Payot Rivages

 

 

Précieux par la richesse de ses sources et la diversité des témoignages recueillis, le livre d'Antonia Grunenberg offre une appréciation juste et sans faux pas de cette relation si complexe qui débuta vers 1924 entre Hannah Arendt et Martin Heidegger. Il ne faudrait pas s'attendre à découvrir un roman historique ou une série de correspondances, c'est au contraire une étude précise qui tente de reconstituer les circonstances qui entourèrent la rencontre de deux éminents penseurs du XX siècle. Car comprendre une telle relation, c'est comprendre d'où ils viennent, d'où ils pensent, avec qui ils pensent, et contre qui. L'idée qui gouverne l'écriture de ce livre est en effet que l'amour de ces deux intellectuels ne peut s'édifier que sur fond de compréhension du monde intellectuel et historique dans lequel ils firent leur entrée; l'auteur fait donc le choix de présenter l'atmosphère culturelle et politique du début du XX siècle en Allemagne avant et après guerre, mais aussi celle des Etats-Unis ou émigre Hannah Arendt.