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Langue allemande

Stefan Zweig en La Pléiade Gallimard

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 16 Mai 2013. , dans Langue allemande, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Nouvelles, Récits, La Pléiade Gallimard

Stefan Zweig, Romans, nouvelles et récits. Avril 2013. 2 tomes. Prix de lancement 116 € (130 € après le 31 août 2013) . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: La Pléiade Gallimard

 

L’arrivée en La Pléiade d’une œuvre est en soi, toujours, un événement. Pour le lecteur français, francophone, c’est une sorte de consécration éditoriale suprême d’un auteur et de ses œuvres. La publication de Stefan Zweig constitue donc un événement, et à plus d’un titre. Toute l’œuvre est là, bien sûr, mais aussi et surtout, dans son cas, la dernière demeure en fin de compte de celui qui n’en avait plus vraiment depuis l’exil et qui, en choisissant la disparition physique, disait au monde que son œuvre était son dernier refuge. Ecoutons à ce propos Jean-Pierre Lefebvre dans sa superbe préface :

« Il n’avait pas déserté le monde, (…) Il avait seulement fait « sécession », lui aussi. Non pas dans la rumeur dorée d’une architecture nouvelle fortement imprégnée de ses héritages, ni dans un repli religieux, mais dans le jardin d’un monde de demain, pour mettre un terme à la fuite infinie, et se replier avec armes et bagages dans la seule vie de ce qu’il avait écrit. »

Lila, Goethe

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 03 Avril 2013. , dans Langue allemande, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre

Lila, La Cause des Livres (2013), Edition bilingue (allemand/français), trad. de l’allemand Annemarie Neffgen, préface Maud Duval, postface Pierre Bourdariat, 123 p. 16 € . Ecrivain(s): Goethe

 

Lila apprend par une lettre anonyme la mort de son mari le baron Sternthal. Elle tombe sans connaissance pour se réveiller folle, état qui empire lorsqu’on lui annonce que la nouvelle était dénuée de vérité et qu’elle voit réapparaître le baron. Elle le prend pour un spectre, assimile tous les membres de sa famille à des fantômes, et fuit dans les bois où elle erre en peine et en rond, épouvantée par toute tentative d’approche de la part de sa parentèle, plongée dans les ténèbres de nulle part (en donnant à son personnage le nom de Lila, Goethe savait probablement que ce mot, en arabe, désigne la nuit).

Pendant dix semaines se succèdent au château des charlatans qui lui appliquent sans succès les traitements courants à la fin du 18ème siècle (saignées, lavements, et autres thérapies bien plus douloureuses).

« Je frémis quand je pense aux cures que l’on a essayées sur elle, et je tremble à la pensée des autres cruautés qu’on voulait lui infliger avec mon accord », se lamente le baron, alors qu’on vient lui présenter un nouveau guérisseur, le médecin Verazio.

Visage de feu, Marius von Mayenburg

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 07 Mars 2013. , dans Langue allemande, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre, L'Arche éditeur

Visage de feu, traduction de l’allemand par M. Blezinger, L. Muhleisen et G. Milin, 63 p. 14 € . Ecrivain(s): Marius von Mayenburg Edition: L'Arche éditeur

 

Feuergesicht, le titre allemand de la pièce de Marius von Mayenburg plus encore que sa traduction en français, Visage de feu, dit dans son mot unique la puissance de ce qui brûle Kurt, le jeune adolescent en pleine puberté, personnage central de l’œuvre : frère incestueux, fils pyromane, lecteur incendiaire du grec Héraclite.

Pourtant la pièce semble nous installer dans une logique de peinture sociale. La middle class allemande constitue la liste des personnages. Le père, Hans est ingénieur, sa femme sans nom reste au foyer pour s’occuper de leurs deux enfants : Kurt donc et sa sœur Olga. Cette dernière a un petit-ami, Paul, amateur de moto, en conflit avec son propre père pour de sombres histoires d’argent. Les voici attablés prenant leur repas comme l’indique la première didascalie du texte (p.9) de même p.39. Ils devisent tous les quatre sur un quotidien dérisoire. Nous retrouvons les parents dans leur chambre à coucher, Hans lisant les faits divers dans son journal. Mais assez vite, la respectabilité bourgeoise vole en éclats. Dans la salle de bain, la mère fait sa toilette intime sous les yeux de son fils indigné de cette impudeur. Peu à peu, d’ailleurs, les parents et les enfants vont s’éloigner les uns des autres. Tout n’est qu’apparence au fond. Le texte de la pièce est une ouverture au sens musical du terme. Il s’agit du cri organique de la naissance poussé par Olga et Kurt :

Perplexe, Marius von Mayenburg

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 28 Février 2013. , dans Langue allemande, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre, L'Arche éditeur

Perplexe, trad. de l’allemand Hélène Mauler et René Zahnd, 2012, 78 p. 14 € . Ecrivain(s): Marius von Mayenburg Edition: L'Arche éditeur

A l’occasion de la création en France de la pièce à Lyon en mars 2013 au Théâtre des Ateliers

 

Perplexe /Perplex paraît en 2010 en Allemagne. La même année, son auteur Marius von Mayenburg monte sa propre pièce à Berlin à la Schaubühne. Cette double entreprise relève sans nul doute de la perplexité du théâtre interrogé par Mayenburg. L’étymologie du mot perplexe (perplexus en latin) met en lumière « l’enchevêtrement » qui sous-tend le texte qui jamais n’établit de coupures, de pauses. Le texte est tout au contraire un flot, un glissement de réplique l’une sur l’autre. Au début s’entremêlent des didascalies et des répliques d’un duo (figure d’un couple revenant de vacances). Ces didascalies portent surtout sur la mobilité des corps tandis que le texte s’englue dans la redite par la reprise d’un mot : courrier-Robert-courant-usine électrique-interrupteur… Premier effet de décalage comique. Certains pourraient penser aux deux couples anglais de La cantatrice chauve, les Smith et les Martin : Eva et Robert puis Judith et Sebastian. Le premier couple rentre dans son appartement après des vacances à l’étranger. Il est question du courrier arrivé pendant leur absence, de la facture d’électricité restée impayée. Leurs amis, Judith et Sebastian ont eu la charge de s’occuper de leur domicile. Leur conversation relève de la banalité absurde :

Oeuvres complètes. L'unique et sa propriété et autres textes, Max Stirner

Ecrit par Frédéric Saenen , le Mercredi, 20 Février 2013. , dans Langue allemande, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, L'Âge d'Homme

Œuvres complètes. L’Unique et sa propriété et autres textes, 440 p., 29 € . Ecrivain(s): Max Stirner Edition: L'Âge d'Homme

 

Stirner le Souverain

 

Autre reprint chez L’Âge d’homme, concomitant avec celui de Sexe et Caractère d’Otto Weininger, celui des œuvres complètes de Max Stirner dont, là non plus, pas un iota n’a été modifié depuis sa première version en 1988.

De son vrai nom Johann Kaspar Schmidt (1806-1856), Max Stirner fut le dynamiteur de l’humanisme bourgeois, avec un texte dont la radicalité n’a pas pris une ride : L’Unique et sa propriété, paru en 1844. Surgeon de l’hégélianisme de gauche et du courant dit de la « critique pure », Stirner rejeta en matière de philosophie tout ce qui lui apparaissait de l’ordre du simulacre. La religion tout comme le libéralisme, sous leurs prétendues vocations à émanciper l’âme ou à favoriser la circulation des biens, sont des formes supérieures d’oppression, qu’il s’agit de mettre à bas.