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Langue allemande

Roman du temps nerveux, Reinhard Jirgl (par Yann Suty)

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 09 Mars 2011. , dans Langue allemande, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Quidam Editeur

Reinhard Jirgl – Renégat, roman du temps nerveux (Quidam Editeur, 540 pages) 25 € . Ecrivain(s): Reinhard Jirgl Edition: Quidam Editeur

A première vue, il faut s’armer de pas mal de courage pour s’attaquer à ce pavé de plus de 500 pages, écriture serrée, plein de jeux typographiques : italiques, majuscules, renvois de textes, tels des signets Internet. De quoi faire entrer Reinhard Jirgl, lauréat du Prix Georg-Büchner 2010, la plus haute distinction littéraire du monde germanophone, dans la catégorie des « post-moderne », aux côtés d’auteurs comme Thomas Pynchon ou William H. Gass. Catégorie un peu vaine qui a surtout pour utilité de dire qu’on a à faire à un bouquin un peu étrange, tendance OLNI, ouvrage littéraire non identifié, qu’on ne sait pas trop dans quelle catégorie caser. Et d’ailleurs quel intérêt de le caser quelque part… si ce n’est dans sa bibliothèque ?

Deux destins se croisent dans le Berlin des années 2000.

Un journaliste free-lance se sépare de sa femme après douze ans de mariage. Alcoolique, il tente de se soigner auprès d’une thérapeute dont il tombe amoureux. Il abandonne une dépendance pour une autre et quitte Hambourg pour la rejoindre à Berlin.

Lettres en provenance de la nuit, Nelly Sachs (par Anne Morin)

Ecrit par Anne Morin , le Mardi, 08 Mars 2011. , dans Langue allemande, Les Livres, Recensions, Allia

Lettres en provenance de la nuit Ed. Allia, 86 pages. 6€,10 . Ecrivain(s): Nelly Sachs Edition: Allia

 

C'est un tout petit livre, étroit comme la porte de Gide, et on en sort éclaté, transfiguré. Imprégnation et fulgurance. Rarement ici, souvent là-bas, c'est-à-dire autrefois, jadis, dans des temps immémoriaux, bibliques, et aussi plus loin, plus haut, par-delà, au-delà de l'échelle, dans le monde de l'âme, en tant que poète, bien sûr, mais aussi en tant qu'espérante, aspirante. Nelly SACHS… Et toujours dans le feu, apprendre, comme Marina TSETAIEVA, qu'il est lumière avant d'être brasier. Eclair (ant), jamais consumant.

On en ressort dépouillé, on a fait don de sa peau d'homme - de femme -.

Mais Nelly SACHS n'est pas qu'un esprit, mais si près de basculer qu'elle a fait des séjours "internés". On ne sauve (garde) pas la flamme, les mots qu'elle jette au-devant d'elle pour trouver, comme dans les contes russes, au bout, l'issue, le bout de la quête, l'extrême, jamais la vengeance, jamais l'amertume, la "nostalgie de la mort", comme passage, révélation, retrouvailles.