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Langue allemande

Toi, Zoran Drvenkar

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 12 Janvier 2013. , dans Langue allemande, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, Sonatine

Toi, traduit de l’allemand par Corinna Gepner, octobre 2012, 567 p. 22 € . Ecrivain(s): Zoran Drvenkar Edition: Sonatine

 

Un serial-killer insaisissable, cinq adolescentes aux prises avec des mafieux pas commodes, une fuite vers la Norvège, des scènes de bagarre tarantinesques, des meurtres en pagaille et de la drogue comme Mac Guffin. Voilà déjà réunis les ingrédients d’un bon thriller, tout à fait dans les règles de l’art. Un parmi d’autres, vous direz-vous. Certes, mais voilà un thriller de choix, un roman très noir pour les amateurs de grande littérature. Toi a du style, de l’élégance et surtout une composition des plus incroyables.

Zoran Drvenkar installe son lecteur dans le récit palpitant fait par le Voyageur, de ses premiers crimes ; un premier niveau de lecture déjà prenant, bien vite mis de côté pour confronter le lecteur à une série de personnages adolescents hauts en couleur. Un groupe de filles vraiment bien vu où se dévoile chaque personnalité dans un chapitre dédié, deux garçons liés d’amitié et au monde du crime de différente façon.

Lettres de 1897 à 1949, Robert Walser

Ecrit par Olivier Bleuez , le Jeudi, 03 Janvier 2013. , dans Langue allemande, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Zoe, Correspondance

Lettres de 1897 à 1949, (lettres choisies et présentées par Marion Graf et Peter Utz) trad. Allemand Marion Graf. 28 € . Ecrivain(s): Robert Walser Edition: Zoe

 

Robert Walser fait partie des écrivains qui ont, à un moment de leur vie, décidé de cesser de publier. Et ce que Robert Walser a publié avant 1933, date à laquelle il s’est à peu près retiré du monde littéraire, est simplement puissant. Romans, poèmes, feuilletons et surtout « proses courtes » avec ce mélange brillant d’originalité dans la langue et de naïveté qui se densifie subtilement, cristallise et donne une beauté extraordinaire. On en trouve de sublimes traces dans ces lettres ; par exemple dans la lettre 25, adressée au poète Christian Morgenstern :

« Comme si, lorsqu’on travaille, la vie et l’art ne se tenaient pas perfidement ensemble aux aguets, comme sur la pointe d’une aiguille ».

Un choix a été fait dans la correspondance disponible. Les six parties du livre résument géographiquement la vie de Robert Walser et chaque partie commence par un texte de Marion Graf permettant une compréhension détaillée des différentes lettres.

Knulp, Hermann Hesse

Ecrit par Lionel Bedin , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans Langue allemande, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Le Livre de Poche

Knulp, Hermann Hesse, traduit de l’allemand par Hervé du Cheyron de Beaumont, Calmann-Lévy, 1972, Le Livre de poche . Ecrivain(s): Hermann Hesse Edition: Le Livre de Poche

 

« La route s’enfonçait, toute droite, dans le bleu tendre du ciel, où le monde semblait prendre fin ». Knulp est un vagabond. Il n’a « aucune disposition pour le travail ». Il mène une existence de chômeur qui le voue à l’illégalité et au mépris. Toléré par les gendarmes qui respectent « sa supériorité intellectuelle, et à l’occasion, le sérieux », Knulp erre de par le monde. « On le laissait aller » ainsi qu’un chat qui partage la maison et la vie de ses maîtres. Chaque soir avant de s’endormir il tire « quelques feuillets de sa bibliothèque de route » qui se compose de « poésies et de maximes qu’il avait recopiées et d’une liasse de coupures de journaux ». Le sud de l’Allemagne est le territoire d’attache de ce nomade (si l’on peut dire…) Il y revient toujours. « Amour de la terre natale » ? ou « inquiétude singulière » de mourir éloigné de cette terre ?

Le roman commence alors que Knulp sort de l’hôpital et revient dans le village de son enfance. Il est malade et fatigué. Comme épuisé par des années d’errance. Mais on se presse pour l’accueillir.

Scènes de la vie d'un propre à rien, Joseph von Eichendorff

Ecrit par Lionel Bedin , le Lundi, 19 Novembre 2012. , dans Langue allemande, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Phébus

Scènes de la vie d’un propre à rien, texte français de Madeleine Laval et Robert Sctrick . Ecrivain(s): Joseph von Eichendorff Edition: Phébus

 

Le voyage et l’amour : tels sont les deux sujets de ces Scènes de la vie d’un propre à rien, récit de Joseph von Eichendorff. Pour faire simple : Un « propre à rien » qui se dore au soleil pendant que son père s’épuise au moulin finit par partir sur les routes. Pour voir. Il devient jardinier, puis receveur dans un château viennois. Il tombe amoureux d’une femme qu’il pense inaccessible. Pour fuir l’amour, un seul remède : la route. Vers l’Italie. Après diverses aventures il revient à Vienne. Il apprend alors que rien ne s’oppose à ce qu’il retrouve la femme aimée.

Joseph von Eichendorff (1788-1857) est l’un des « romantiques allemands ». Il a mené une existence quasi insignifiante. Il a fait quelques voyages à travers l’Europe, mais a toujours rêvé de visiter l’Italie, pourtant décrite dans ces Scènes. Ce besoin de partir, de voyager, sera également transposé dans ses autres récits et ses poèmes, essentiellement centrés sur le vagabondage  et l’aventure, et qui ont servi à construire le mythe du Wanderer, ce voyageur lancé sur les « improbables chemins du monde ». Un ton léger, voire ironique, caractérise ce « désenchanté discret », frère de Nerval.

Quand la lumière décline, Eugen Ruge

Ecrit par Etienne Orsini , le Samedi, 27 Octobre 2012. , dans Langue allemande, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Les Escales

Quand la lumière décline, trad. de l’allemand Pierre Deshusses, août 2012, 423 p. 22,95 € . Ecrivain(s): Eugen Ruge Edition: Les Escales

 

Bien souvent les sous-titres en disent plus que les titres. Tel est le cas du roman d’Eugen Ruge qui porte ce chapeau éloquent : roman d’une famille.

Il pourrait bien, de fait, n’y avoir qu’un seul personnage dans ce livre : la famille Umnitzer avec ses avatars, membres à part entière ou pièces rapportées.

La tribu naît avec la révolution spartakiste, lorsque Wilhelm, avec autant de conviction que d’opportunisme, adhère au parti communiste allemand. De période antérieure, il n’est pas question.

Dans un parallélisme remarquable, l’année 2001 sonne le glas du clan. Le lendemain de l’effondrement des deux tours, quand le livre s’achève, Kurt et Alexander, les fils et petits-fils de Wilhelm semblent bien mal en point. Et ce n’est pas Markus, le dernier né de la lignée, qui, entre deux séances de dope, reprendra le flambeau. D’ailleurs, est-il encore de la famille lui qui traite son père de sale con et son arrière-grand-père de ptérodactyle ?