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Le Masque (Lattès)

Éditions du Masque est une maison d'édition française fondée en 1927 par Albert Pigasse et spécialisée dans les romans policiers.

Appartient au éditions Lattès.

 


Le Manoir des sortilèges, Serge Brussolo

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 09 Octobre 2014. , dans Le Masque (Lattès), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Manoir des sortilèges, Le Masque poche, mai 2014, 405 pages, 6,90 € . Ecrivain(s): Serge Brussolo Edition: Le Masque (Lattès)

 

Le Manoir des sortilèges nous entraîne dans un Moyen Âge tourmenté, violent et voué à des puissances occultes. Serge Brussolo installe avec talent cette ambiance sombre et magique et se plaît à en déconstruire un à un chaque élément. Lorsque le lecteur, suivant les traces de Gilles l’écuyer, finit par céder à l’une de ces croyances, l’auteur fait surgir le rationnel là où on ne l’attendait plus. Cependant le doute continue de planer, laissant une impression vague de crainte non élucidée et donnant au récit toute sa saveur.

Suite à un tournoi qui aura dégénéré en bain de sang, Gilles se retrouve privé de son maître vieillissant. Selon la coutume, le voilà devenu la propriété du vainqueur, un mystérieux jouteur à l’armure rouillée, souillée de sang. Ce chevalier peu loquace se nomme Foulques de Braz. Sa légende n’est pas usurpée : cet homme est un véritable maître de guerre, jamais repu de mort et de combats. Mais son passé par trop sanglant l’a voué à une malédiction ignoble : à chaque pleine lune, le noble guerrier doit assouvir sa faim dévorante, qu’il aura refoulée jusqu’à l’apparition de l’astre nocturne. Braz dévore les enfants ; et pour ce faire, il égorge, étripaille tout et tous ceux qui se trouvent sur son chemin. Son écuyer assiste, impuissant, à ses scènes atroces.

Le violoniste, Mechtild Borrmann

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 03 Octobre 2014. , dans Le Masque (Lattès), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Roman, La rentrée littéraire

Le violoniste, traduit de l’allemand par Sylvie Roussel, août 2014, 248 pages, 19 € . Ecrivain(s): Mechtild Borrmann Edition: Le Masque (Lattès)

« Il pensait à Galina, à ses fils, puis à Mechenov. Il entendait ses paroles : “Il y a des rumeurs… Il paraît que les musiciens qui se rendent souvent à l’étranger sont suspectés de contacts avec l’ennemi ou d’agitation antisoviétique”. C’est alors que lui est revenu ce qu’il cherchait. Il s’agissait d’un mot. “Malentendu”. Un mot étrange, étranger même, dépourvu de sens désormais. Il l’avait décomposé. Mal-entendu. Mal compris. Incompréhensible. Irrationnel. Erreur ».

Mai 1948, Ilia Vassilievitch Grenko est arrêté par les agents du MVD, le Ministère de l’Intérieur, on l’accuse de vouloir fuir avec sa famille l’avenir radieux, d’être en contact avec l’ennemi extérieur, de posséder une partition de Bach dont les annotations manuscrites le condamnent : « grimpant à l’assaut d’une montagne raide, suivre en courant et en sautillant un ruisseau qui gazouille, dansant libre », l’appareil stalinien de destruction massive et particulière est en marche, direction un camp de travail forcé. Sa femme Galina subira le même sort. Soixante ans plus tard, leur petit-fils Sacha répondant à l’appel de sa sœur Vika va ouvrir le dossier sanglant de sa famille, et partir à la recherche des bourreaux et du Stradivarius d’Ilia. Mechtild Borrmann entrecroise ces récits de cris, de fureurs et de douleurs avec une rare force tellurique qui vous saisit et vous renverse, tout y est net, précis et glacé. Question de style et d’oreille, pour bien écrire, il faut bien entendre ce que l’on veut raconter.

L’heure du chacal, Bernhard Jaumann

Ecrit par Victoire NGuyen , le Jeudi, 17 Octobre 2013. , dans Le Masque (Lattès), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Roman

L’heure du chacal, traduit de l’allemand par Céline Maurice, 281 pages, mai 2013, 20,90€ . Ecrivain(s): Bernhard Jaumann Edition: Le Masque (Lattès)

 

Le passé n’est jamais mort


Sous une chaleur écrasante d’un mois de janvier, la mort approche et encercle la riche demeure d’un ancien membre actif des services secrets sud-africain. En effet, un homme qui n’a plus rien à perdre, sort son l’AK-47 et abat la victime sous les yeux de sa fille. D’autres meurtres vont suivre et obéissent au même rituel. L’inspectrice chargée de l’enquête est Clémencia Garrise. Elle vient d’un township. Elle est noire. Dans un monde post apartheid et machiste, elle doit s’imposer et mène son enquête en usant de son intelligence. Ses investigations l’amènent vers la piste d’un vieux crime politique, l’assassinat d’une figure légendaire, Anton Lubowski. Sa tâche va devenir complexe d’autant plus que ces pistes sont dangereuses à exploiter car personne n’a envie de déterrer un passé lourd de conséquences…

Les cages flottantes et Chéri-Bibi et Cecily, Gaston Leroux

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 09 Septembre 2011. , dans Le Masque (Lattès), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Fantastique

Les Cages flottantes et Chéri-Bibi et Cécily, Le Masque, « Labyrinthes », 2011, 285 et 318 pages, 7,50€ chacun. . Ecrivain(s): Gaston Leroux Edition: Le Masque (Lattès)

 

Voici la réédition des aventures du célèbre Chéri-Bibi, forçat de son état, innocent devenu grand maître du crime, matricule 3216. Saluons cette excellente initiative des éditions du Masque qui permet d’offrir cette saga infernale à de nouveaux lecteurs en livre de poche.

Délaissant Rouletabille, Gaston Leroux donne naissance en 1913 à un personnage mythique et à sa célèbre formule Fatalitas ! Chéri-Bibi est un nouveau Jean Valjean poursuivi par son Javert, Costaud ! Car il est bel et bien un héros tragique comme il le souligne lui-même dans le second volet en établissant un parallèle entre sa personne et Œdipe, jouet d’un destin impitoyable. En effet les crimes commis par Chéri-Bibi découlent d’une injustice qui révulse le lecteur. Ce dernier frémit alors, non des méfaits du forçat, mais des délais apportés à la résolution de cette méprise première.


Une enquête philosophique, Philip Kerr

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 10 Juillet 2011. , dans Le Masque (Lattès), Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Iles britanniques

Une enquête philosophique. Trad. De l’anglais par Claude Demanuelli. 390 p. 22 € . Ecrivain(s): Philip Kerr Edition: Le Masque (Lattès)

Toute traque policière d’un serial killer a forcément quelque chose d’un dédale pour l’esprit : indices volontaires ou accidentels au long de la piste, déductions psychologiques, profilage, anticipation… Il faut avouer néanmoins que la traque de « Ludwig Wittgenstein », assassin de « Descartes », « Hegel » et quelques autres dans le cadre d’un programme d’ « encadrement » de tueurs en série dénommé « Cesare Lombroso », ça n’arrive pas tous les jours dans la carrière d’un flic. Même si ce flic est une grande flic, « Jake » Jacowicz, séduisante quadra et limier hors pair.

Philip Kerr, l’auteur de « La Trilogie Berlinoise », lue par des millions de lecteurs dans le monde entier, nous emmène cette fois sur un surprenant toboggan logique ou les énoncés du « tractatus logico-philosophicus » du vrai Wittgenstein orchestrent en permanence le rythme du roman. Jeu d’échanges et de défis entre un tueur particulièrement érudit et malin et une enquêtrice tenace, audacieuse et intelligente. Le duel est fascinant, de bout en bout, établissant, comme c’est souvent le cas dans ces chasses au serial, une relation étrange de haine/fascination entre le « gibier » (qui est-ce ?) et le « chasseur » (même question). Une sorte de respect mutuel qui s’instaure dans la violence des échanges, l’obstination à vaincre, comme dans une sorte de partie d’échecs entre deux grands maîtres.