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Passage du Nord Ouest

 

Les éditions Passage du Nord-ouest ont été fondées en 2002 près d’Albi. Elles sont animées par Ingrid Pelletier et Pierre-Olivier Sanchez.

On Air, Manuel Vilas

Ecrit par Benoit Laureau , le Lundi, 23 Juillet 2012. , dans Passage du Nord Ouest, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Espagne

On Air, (Aire Nuestro), trad. de l’espagnol par Catherine Vasseur, Mars 2012, 261 p. 18 € . Ecrivain(s): Manuel Vilas Edition: Passage du Nord Ouest

 

L’art, complexe, de la décontextualisation sur fond de Blue moon

Il y a toujours « un être immortel pour écrire la douce histoire de notre monde, de notre air ». Dans son premier roman traduit en français, On Air, Manuel Vilas exploite cette mémoire intemporelle et se réapproprie « notre air » pour produire la programmation délirante des onze canaux de la chaîne de télévision On Air. « Voici la télévision du futur, celle qui ne parle ni du présent, ni du passé, mais du seul temps possible : Le Temps Sans Limite »

 

Partant du principe selon lequel « l’histoire est fiction », Manuel Vilas oppose à la téléréalité contemporaine, une téléfiction empreinte de « mysticisme gonzo » qui articule une série de reportages « hyperréalistes ». Il reconstruit ainsi notre histoire culturelle, sous forme de micro fiction, dans laquelle la mort disparaît au profit de réincarnations téléfictionnelles révélant la porosité du temps et de la mémoire.

Providence, Juan Francisco Ferré

Ecrit par Thierry Guinhut , le Lundi, 13 Février 2012. , dans Passage du Nord Ouest, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Espagne

Providence, trad. de l’espagnol François Monti, 640 p, 25 € . Ecrivain(s): Juan Francisco Ferré Edition: Passage du Nord Ouest

Juan Francisco Ferré : la Providence du lecteur ?

Comment faire son Grand Roman ? Sinon en projetant sur la trajectoire d’un alter ego nombre d’images du monde et de fantasmes universels. La recette paraît simple ; au risque du narcissisme et de l’explosion désordonnés des thèmes et des strates culturelles. Nous avons cru ainsi nommer la tentative esthétique de Juan Francisco Ferré.

Providence est très vite un livre intrigant, bavard autant que riche, comme une sorte de météore de poids, plutôt bien ficelé. Car ce ne sont pas les ficelles qui manquent : allusions souterraines à un grand écrivain culte et occulte – Lovecraft pour ne pas le nommer – histoire de se donner un parrainage édifiant, ironie haute en couleurs envers les « vertus du capitalisme béni » histoire de se poser en trop facile moraliste économique, mythe faustien pour la caution profondément philosophique, et satire du cinéma hollywoodien pour l’inscription mode dans l’air du temps, sans compter les épices érotico-pornographiques pour se la jouer coquin et transgressiste… On hésite alors entre le défi au Grand Roman Américain brillamment relevé par un écrivain espagnol et la pantalonnade bourrée de clichés mis en scène avec art. Le fourre-tout paraît parfois somptueusement réussi, parfois aussi flapi qu’un collage qui se décolle…