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Métailié

 

Les Éditions Métailié ont été fondées en 1979, avec un capital permettant de financer la fabrication de trois livres. Les dix premières années ont été pour Anne Marie Métailié, sa fondatrice, des années de formation sur le tas et de construction des structures d'un catalogue qui, d'abord orienté vers les sciences sociales avec les collections Traversées, dirigée par Pascal Dibie, et Leçons de Choses, dirigée par Michael Pollak et Luc Boltanski, s'est tourné progressivement vers la littérature étrangère avec pour commencer le Brésil, Machado de Assis et Carlos Drummond de Andrade, et le Portugal avec Antonio Lobo Antunes, José Saramago et Lídia Jorge.

Au terme de ces années d'apprentissage, l'entrée de la maison dans le système de diffusion du Seuil et la publication d'un inconnu dont le bouche à oreille fera un best-seller - Luis Sepúlveda, Le Vieux qui lisait des romans d'amour - créent les conditions d'une meilleure présence en librairie et une stabilisation de la maison qui lui permet de s'ouvrir à de nouvelles découvertes et de nouveaux paris.

 

Théorie générale de l’oubli, José Eduardo Agualusa

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 11 Avril 2014. , dans Métailié, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue portugaise, Roman

Théorie générale de l’oubli, traduit du Portugais (Angola) Geneviève Leibrich, février 2014, 171 pages, 17 € . Ecrivain(s): José Eduardo Agualusa Edition: Métailié

 

Il y a la littérature portugaise métropolitaine, magnifique de lumière et de mystère – de « saudade », aussi ; et puis il y a la littérature portugaise africaine – celle des anciennes colonies ; presque une autre langue, une autre lumière, des mystères et de la magie – encore plus. Les deux, une littérature sublime.

Cet Agualusa là – la jeune garde lusitano-africaine – est justement de ce tonneau : éclatant de lumière, larmes et rires, touillant merveilleusement les vieux mythes, les contes, la guerre civile, les coups d’Etat, la peur dans le ciel aveuglant de l’Angola au bord de son indépendance. D’autres y avaient mis la plume, et avec quel talent !

Le cul de Judas de Lobo Antunes nous avait laissé l’impression que la page était tournée pour la littérature, sur le conflit postcolonial. Et revoilà, pourtant, l’Angola, ses rues poussiéreuses, les milices cubaines, la fuite des colons… la guerre, mais autrement, et pas moins réussi.

le cercle des douze, Pablo de Santis

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 09 Avril 2014. , dans Métailié, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Roman

Le Cercle des douze (El enigma de París), traduit (Argentine) par René Solis, mars 2014, 270 pages, 10 € . Ecrivain(s): Pablo de Santis Edition: Métailié

 

Les éditions Métailié rééditent ce roman publié en traduction en 2009, salué par la critique et récompensé par le Prix Planeta-Casa de America en 2007. Dans une ambiance fin-de-siècle savamment reconstituée, l’auteur nous fait pénétrer dans le Cercle des Douze, une association réunissant les plus célèbres des détectives de l’époque.

A l’appel de Craig le plus doué d’entre eux, ils se retrouvent à Paris lors de l’Exposition universelle afin de présenter au monde leurs méthodes et leur art. Comment le jeune Sigmundo Salvatrio, fils de cordonnier argentin, parvient-il à rejoindre la fameuse assemblée ? Une série de coïncidences troublantes ou sa légendaire ténacité l’ont projeté dans cet univers dont il rêve depuis son enfance, en tant qu’assistant et porte-parole de Craig lui-même. Ce dernier est cloué à l’hôpital, mis en cause dans la mort du jeune homme doué qui aurait dû être son futur assistant. Salvatrio recueille les aveux du détective qui le charge de raconter son histoire à son alter ego en France Arzaky et de lui remettre sa canne pour l’Exposition.

Ce qui n’est pas écrit, Rafaël Reig

Ecrit par Virginie Neufville , le Samedi, 05 Avril 2014. , dans Métailié, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Espagne

Ce qui n’est pas écrit, traduit de l’espagnol par Myriam Chirousse, janvier 2014, 238 pages, 18 € . Ecrivain(s): Rafael Reig Edition: Métailié

 

Carmen, éditrice, a quitté le père de son enfant Jorge, un certain Carlos Mendoza. Ce dernier a depuis refait sa vie avec une première conquête, de loin sa cadette, mais il n’a toujours pas digéré la rupture. Homme faible et influençable, violent, en proie parfois à des pulsions perverses, il noie ses difficultés de communications dans le whisky.

A défaut de résoudre ses problèmes avec les femmes de sa vie, il décide de faire de son adolescent de garçon l’homme qu’il n’a jamais été. Or, Jorge n’a pas le physique de l’emploi : il est en surpoids, toujours dans les jupes de sa mère, et c’est un peureux, surtout lorsqu’il se retrouve seul avec son père :

« Peur. Elle était toujours là. A presque quinze ans. Jorge avait déjà perdu l’espoir mais il avait encore peur. Son père n’allait pas changer, il n’y avait rien à faire, et en sa présence Jorge se sentait terrifié, le cœur à l’affût, il ne voyait pas non plus de solution à ça ».

Prières nocturnes, Santiago Gamboa

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Jeudi, 27 Mars 2014. , dans Métailié, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Roman

Prières nocturnes, traduit de l’espagnol (Colombie) par François Gaudry, janvier 2014, 312 p. 20 € . Ecrivain(s): Santiago Gamboa Edition: Métailié

 

« Le temps, parfois, est un problème de lumière. Avec les années, certaines formes acquièrent une brillance ou, au contraire, se couvrent d’une étrange opacité. Ce sont les mêmes formes, mais elles apparaissent plus vivantes et parfois, parfois seulement, on parvient à les comprendre ».

Le temps a passé… et le Consul-écrivain se remémore dans une chambre de l’hôtel Oriental, à Bangkok, l’histoire de Manuel Manrique et de sa sœur aînée Juana, deux jeunes compatriotes colombiens qui ont définitivement marqué sa propre existence.

Deux jeunes gens, issus d’une famille de la classe moyenne « limite » de Bogotá, et dont les parents sont acquis, comme nombre de colombiens en 2002, aux idées du Président Álvaro Uribe. Deux jeunes gens écœurés par la médiocrité de leurs géniteurs, par la déliquescence de l’intelligentsia colombienne, par l’atmosphère étouffante d’une société scindée artificiellement entre patriotes et terroristes, par la corruption, par la violence et la répression sanglante des ennemis vrais ou inventés d’un pays lancé dans une politique de « sécurité démocratique », dans la guerre contre les FARC et le trafic de stupéfiants. En ces temps de « redressement patriotique », les familles se déchirent, les générations s’opposent, les amitiés se délitent, les libertés individuelles et l’espoir tendent à disparaître.

Après l’orage, Selva Almada

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 22 Mars 2014. , dans Métailié, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Roman

Après l’orage, traduit de l’espagnol (Argentine) par Laura Alcoba, mars 2014, 134 pages, 16 € . Ecrivain(s): Selva Almada Edition: Métailié

 

A la croisée des chemins


En route vers la demeure de son ami pour lui rendre visite, la voiture du pasteur Pearson tombe en panne au milieu de nulle part. Il est alors obligé de s’arrêter avec sa fille, Leni, dans un garage de fortune. Là, il attend patiemment que El Gringo Brauer, le garagiste, un homme taciturne et malade, répare le moteur de son véhicule. Entre la mauvaise humeur de sa fille et la chaleur insoutenable, le pasteur est attiré par la candeur de Tapioca, l’assistant et fils de El Gringo. Il va tout faire pour convertir cet enfant et faire de lui un prêcheur, un guide tel qu’il aurait voulu être : « Tapioca, José, n’allait pas être son successeur : il allait devenir ce que lui-même n’avait pas réussi à être ». S’ensuit alors un bras de fer entre les deux hommes, l’homme de Dieu et le garagiste, père adoptif de Tapioca, pour savoir lequel des deux gardera avec lui l’adolescent.