Identification

Les éditions de Minuit

Les Éditions de Minuit sont une maison d'édition française, fondée par Jean Bruller et Pierre de Lescure en 1941, pendant l'Occupation allemande de la France. En février 1942 est publié le premier ouvrage, Le Silence de la mer de Vercors (pseudonyme de Bruller).


Pouvoirs de l’imposture, Maxime Decout (par Olivia Hadori)

Ecrit par Olivia Hadori , le Jeudi, 28 Mars 2019. , dans Les éditions de Minuit, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Pouvoirs de l’imposture, octobre 2018, 192 pages, 19 € . Ecrivain(s): Maxime Decout Edition: Les éditions de Minuit

 

Avec Pouvoirs de l’imposture, Maxime Decout publie, après En toute mauvaise foi (Minuit, 2015) et Qui a peur de l’imitation ? (Minuit, 2017), le troisième volume d’une trilogie consacrée au resquillage littéraire. Le sujet est plus que jamais d’actualité : le complotisme, les fake news et l’ère de la contre-vérité sont des composantes majeures de notre société. L’essayiste nous invite pourtant à nous en détourner un instant pour considérer l’imposture à la lumière de la littérature. Ce recul n’a rien d’un congé donné à notre présent : il permet d’envisager autrement cette attitude que tout nous invite à dévaloriser. Maxime Decout rappelle ainsi que, très tôt, la littérature a été séduite par les imposteurs, au premier rang desquels Ulysse, capables de changer d’identité comme on change de veste. Elle ne les a pas couverts d’opprobre mais, au contraire, a reconnu en eux une puissance inégalée pour devenir autre et ne jamais se satisfaire de soi.

Les Paradoxes de la postérité, Benjamin Hoffmann (par Jean-Paul Gavard-Perret)

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Lundi, 11 Mars 2019. , dans Les éditions de Minuit, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Les Paradoxes de la postérité, janvier 2019, 243 pages, 29 € . Ecrivain(s): Benjamin Hoffmann Edition: Les éditions de Minuit

 

Les postérités, de l’illusion à l’immortalité artistique.

Nul ne peut se démettre de la « maladie de la mort » (Duras). Elle est là de toujours. Hoffmann rappelle que puisque « au commencement est la mort » chacun se débrouille avec cette idée quasi immédiate de la conscience. Dès trois ans nous saurions déjà à quoi nous sommes voués ou réduits. Cette révélation est pour tout être humain un scandale. Dès lors chacun lutte comme il peut selon ses armes et ses appétits. Certains – les plus sensés – se contentent de peu en assurant la survie de l’espèce par la procréation (assistée ou non).

D’autres plus insatisfaits et impécunieux cherchent d’autres solutions personnelles au problème de la mortalité. Les plus riches laissent leur fortune pour ravir leurs enfants et – au delà – le monde. D’autres espèrent l’héroïsme et d’autres encore – moins matérialistes et plus démunis ou faibles – estiment que seule la partie spirituelle de notre personne nous survivra. Ils font de la littérature la grande affaire de leur vie.

La vérité sur “Dix petits nègres”, Pierre Bayard (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mercredi, 06 Mars 2019. , dans Les éditions de Minuit, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

La vérité sur “Dix petits nègres”, janvier 2019, 176 pages, 16 € . Ecrivain(s): Pierre Bayard Edition: Les éditions de Minuit

Ligne à ligne, chapitre après chapitre, Pierre Bayard décortique l’un des chefs-d’œuvre de la littérature policière, Dix petits nègres, rédigé par l’un des maîtres du genre, Agatha Christie, en revenant sur la solution trouvée par l’auteure – et acceptée sans broncher par tous les lecteurs depuis la parution du livre en 1939 – et en proposant une nouvelle interprétation et un nouveau meurtrier.

Ce n’est pas son premier essai. Bayard s’est déjà penché sur d’autres textes d’Agatha Christie ou de sir Arthur Conan Doyle qui représentent des prouesses en matière de roman policier, comme Le meurtre de Roger Ackroyd, où le récit en « je » est narré par le criminel, sans qu’on connaisse avant la fin sa responsabilité dans les assassinats, ou encore Le chien des Baskerville, dans lequel un chien monstrueux est le supposé auteur de meurtres familiaux sur la lande anglaise.

Le « délire d’interprétation » est ici porté à son comble puisque Bayard, sans réécrire le roman, en propose, par le truchement de son « nouveau » criminel, une relecture correctrice que la plasticité de la fiction autorise. Bayard se glisse dans les interstices de la diégèse, explore les zones d’ombre de la narration et modifie la donne ou plutôt les relations de causalité qui mènent à la culpabilité du personnage, en choisissant un coupable différent de celui de l’auteur d’origine, et en justifiant ce choix.

La Maladie de la mort, Marguerite Duras (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Lundi, 18 Février 2019. , dans Les éditions de Minuit, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Théâtre, Cette semaine

La Maladie de la mort, 64 pages, 7 € . Ecrivain(s): Marguerite Duras Edition: Les éditions de Minuit


Marguerite Duras (1914-1998)

Peu d’écrivains ont marqué autant leur temps que Duras au vingtième siècle, à la fois par leur parcours personnel et par leur œuvre. Enfant du colonialisme français en Indochine qui littérairement inaugura sa bibliographie en 1950 avec Un Barrage contre le Pacifique, témoin actif de la Résistance et de la déportation (celle de R. Anselme), ou encore commentatrice contestée de l’affaire Grégory, Duras n’a pas cessé d’entrecroiser vivre et écrire. Elle n’est d’ailleurs pas prisonnière d’un seul genre littéraire ni d’un mode d’expression unique. Elle a écrit des romans, des récits, des pièces de théâtre, des adaptations de certaines de ses œuvres. Elle a aussi filmé.

La plupart de ses textes sont publiées aux éditions de minuit.

Les Paradoxes de la postérité, Benjamin Hoffmann (par Didier Bazy)

Ecrit par Didier Bazy , le Jeudi, 07 Février 2019. , dans Les éditions de Minuit, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Les Paradoxes de la postérité, janvier 2019, 243 pages, 29 € . Ecrivain(s): Benjamin Hoffmann Edition: Les éditions de Minuit


De qui se souvient-on ? De ses proches, de ceux que l’on a croisés. Dans le meilleur des cas. Pour le meilleur ou pour le pire. Chacun ses panthéons. Chacun ses enfers. Parfois les uns croisent les autres, en compensation ou contamination.

Plus précisément, que reste-t-il (de nos amours) des êtres morts que l’on a connus ? Chacun ses réponses.

Encore plus précisément : que reste-il de nos lectures et de nos non-lectures ?

Encore plus plus précisément : de quelle œuvre passée, de quel auteur (mort) se souvient-on ?

Encore plus plus plus précisément : qu’est-ce qui fait que telle œuvre, tel titre, tel auteur, telle autrice passe à la postérité ? et de quelle postérité s’agit-il ?