S’il y a des quatrièmes de couverture édifiantes, c’est bien celles des éditions de Minuit. « Madame Rebernak ne veut pas revoir son cousin Freddy à sa sortie de prison. Elle craint qu’il ne s’en prenne à sa fille Clémence. C’est pourquoi elle décide d’en parler à maître Montussaint, le notaire qui lui a déjà rendu bien des services ». Ici, inutile de manier les mots mystère, inquiétude, énigme, ce serait aussitôt les saborder.
Comme l’absurde de l’excès s’était insidieusement et progressivement invité dans les pages de Monparnasse reçoit – un précédent livre d’Yves Ravey dont les scènes restent des années en mémoire – c’est le cousin de Madame Rebernak, Freddy, donc, qui s’invite chez cette dernière à sa sortie de prison. Inutile de dire que cette visite ne fait pas plaisir à Madame Rebernak, qui voit en ce cousin plutôt le gros moustique que le sang commun.
Pourtant, Freddy a purgé ses quinze ans de prison pour le viol de la petite Sonia ; pourtant, il suscite la sympathie des gendarmes ; pourtant, il semble passer ses journées à pêcher tranquillement au bord de la rivière. Rien à faire : Madame Rebernak, qui est sa seule famille, refusera de l’héberger. Elle craint, à bon droit, pour sa fille Clémence.