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Le Buveur d'encre

 

Fondées en 2001 par des auteurs et des illustrateurs “jeunesse”, les éditions Le buveur d’encre proposent des albums pour les enfants.

La démarche éditoriale de la maison d’édition s’articule autour de deux pôles, un catalogue “classique” qui aborde des thématiques variées et un autre plus “pédagogique”.

Pour le catalogue “classique”, la maison d’édition privilégie des textes (histoires, contes) où le sens, le contenu priment.

Le buveur d’encre revendique son choix de textes littéraires avec des histoires qui proposent différents niveaux de lecture, avec un langage parfois soutenu, parce qu’il lui semble essentiel de familiariser les enfants à un vocabulaire différent de celui du langage parlé et d’amorcer avec eux un dialogue autour de sujets pluriels.

D’un point de vue graphique, la maison d’édition est sensible à l’adéquation entre l’image et le texte, et veille à ce que des images viennent enrichir l’histoire.

Pour le catalogue “pédagogique”, il s’agit de livres sur mesure que la maison d’édition réalise en collaboration avec d’autres partenaires. Ainsi ont été conçus : “Falikou”, ”Artogenos”, “Cerise et ses amis, au rythme de saisons”.

Aujourd’hui, la maison d’édition poursuit sa démarche pas à pas, livre après livre.

 

 

Un papillon, Grégoire Reizac et Marion Arbona

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 18 Février 2015. , dans Le Buveur d'encre, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

Un papillon, juin 2014, 28 pages, 15 € . Ecrivain(s): Grégoire Reizac et Marion Arbona Edition: Le Buveur d'encre

 

Un album en grand format sur lequel s’impose, royale, gracile et puissante, une aile de papillon géante, jaune, auréolée de rouge et gravée de noir : un coup d’ailes aux effets incroyables. Serait-ce ce fameux battement d’ailes pouvant déclencher des événements à l’autre bout du monde ? Plongeons dans l’ouvrage pour le découvrir.

Dans un monde en noir et blanc, un papillon, un seul, sur une pierre. Seule trace de vie et de couleur dans un paysage grisé et désert. Le même dans un plan plus large donnant la pleine mesure de sa petitesse, de sa solitude. Et au sol un grain de poussière.

Le papillon s’envole dans une démesure de couleurs chatoyantes. « Ses ailes en s’agitant font tourbillonner l’air, bientôt le soupir d’ailes caresse la poussière ». Déplacé de quelques pas, le grain de poussière repose sur la terre ; le brin d’air a virevolté ; le ciel  s’emplit de nuages et de pluie. Et le miracle advient. « La poussière a germé, la vie a éclaté ».

Un poisson en avril, Eric Sanvoisin et Sayaka Abe

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 15 Avril 2013. , dans Le Buveur d'encre, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

Un poisson en avril, mars 2013, 30 pages, 12 € . Ecrivain(s): Eric Sanvoisin et Sayaka Abe Edition: Le Buveur d'encre

 

En avril ne te découvre pas d’un fil ; en avril les hirondelles annoncent le printemps mais ne font pas le bonheur ; mais en avril surtout, il y a des poissons. Des poissons qui parent le dos des passants, des poissons qui font pouffer les enfants et sourire d’un air entendu les adultes. Chaque année le rituel est le même : préparation et joie de la conspiration, rires des blagueurs et des « empoissonnés » réunis, passage du poisson de papier vers un autre destinataire. C’est l’un de ces voyages que raconte cet album nostalgique et réjouissant, aux pages sépia un peu passées, au format carré maniable et englobant qui sera saisi à pleines mains par les plus jeunes lecteurs.

Voici donc comment Sam a préparé son poisson. La tête de Sam est « un aquarium plein de poissons » et il en choisit un qu’il dessine puis façonne le mieux possible. Voilà le poisson collé dans le dos de la grande sœur qui s’en débarrasse aussi sec. La mère puis le père jouent le jeu et font à leur tour la blague à un autre… jusqu’à ce que le poisson finisse sur le dos de… Sam !

Le messager du clair de lune, Jean-Marie Robillard et Marie Desbons

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 22 Mars 2012. , dans Le Buveur d'encre, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Contes, Jeunesse

Le Messager du clair de lune, 12/2011, 44 p. 18 € . Ecrivain(s): Jean-Marie Robillard et Marie Desbons Edition: Le Buveur d'encre

Le vieux poète Sastrawane Mandia se rend auprès de son maître le Rajah. Il s’en va lui raconter une histoire, comme à son habitude. Mais aujourd’hui, le sage est inquiet car il offre au monarque un livre insolite, un livre aux feuilles restées blanches, et il sait qu’il risque de déchaîner le courroux du Rajah, avide de ses contes fabuleux. Sastrawane Mandia se met alors à raconter l’histoire d’un autre sage, d’un autre rajah et d’un arbre aux feuilles miraculeuses, couleur de lune, qui révélera le secret de ce livre singulier, la puissance de l’imagination. Le Messager du clair de lune déroule l’une des plus belles odes à la création, un récit des origines des contes, peuplé d’êtres magiques, inspiré par les dieux eux-mêmes.

Dans ce conte tout empli de sagesse, mélange de force et de légèreté, le lecteur s’abandonne à la magie des images de Marie Desbons et au phrasé envoutant de Jean-Marie Robillard. Le temps suspendu, les bruits envolés, on plonge tout entier dans cet album fascinant, on se gorge de couleurs chaudes et de fondus vaporeux, on répète les noms qui sonnent comme de petits poèmes, on se susurre les secrets de Tengkek le martin-pêcheur ou de Déwi Andgine la déesse du vent. La nature recèle de véritables féeries, la magie naît de petites choses. Assurément ce texte mérite une mise en voix.