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Phébus

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Éditions Phébus
54, rue Michel-Ange
75016 PARIS

A l'enseigne de Phébus, astre débonnaire inspirateur des poètes, une maison d'édition publie depuis 1976 des livres qui s'ingénient à éclairer des sentiers peu frayés

Un chien sur la route, Pavel Vilikovsky (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mardi, 09 Juillet 2019. , dans Phébus, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Roman

Un chien sur la route, mars 2019, trad. slovaque Peter Brabenec, 224 pages, 19 € . Ecrivain(s): Pavel Vilikovsky Edition: Phébus

 

Remettre à l’honneur la Slovaquie, sa capitale Bratislava et sa littérature, Livre Paris l’a fait en mars 2019 avec ce roman de Pavel Vilikovsky, à la fois récit d’un exil et de la reconnaissance de son pays et de son identité de Slovaque. En voyage de promotion culturelle de la littérature slovaque après la chute des régimes communistes, dans des pays voisins comme l’Autriche, la Pologne, la Hongrie, l’Allemagne, le narrateur, écrivain slovaque retraité, y cherche des points de convergence et des points de divergence d’avec son peuple. Il remarque que les Slovaques ont tendance à transgresser les règles dans leur pays, mais s’adaptent aisément à la vie en pays étranger. L’Europe demeure un espoir pour lui.

S’il y a un peu du Voyage sentimental à travers la France et l’Italie (1768), écrit et publié à la fin de la vie de l’écrivain irlandais Laurence Sterne, c’est Thomas Bernhard que Vilikovsky prend pour modèle, auteur autrichien internationalement célébré, qui dénigre son pays. Le narrateur est accompagné de Gabo et Dusan, poètes et écrivains slovaques avec lesquels il entretient des conversations littéraires et se livre joyeusement à la boisson.

Le Singe sous la montagne, Aodren Buart (par Cathy Garcia)

Ecrit par Cathy Garcia , le Jeudi, 04 Juillet 2019. , dans Phébus, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Contes

Le Singe sous la montagne, mars 2019, 128 pages, 13 € . Ecrivain(s): Aodren Buart Edition: Phébus

 

Nous ressentons à travers ce conte très directement inspiré d’un grand classique chinois : la deuxième partie de la très populaire légende du Roi Singe, l’attrait qu’a exercé la culture ancienne chinoise sur l’auteur lors de son voyage en solo en Chine. Cette quête l’aura poussé vers l’Est, mais donc ici, comme dans la seconde partie de la légende du Roi Singe – le Voyage vers l’Occident –, c’est vers l’Ouest que le moine Sanzang est envoyé par l’Empereur pour aller chercher au-delà de bien des montagnes et sur des chemins parfois dangereux les sutras du Bouddha. « La route, jusqu’au Grand Bouddha de l’Ouest, ne sera pas un simple sentier battu menant sereinement aux confins du monde. Et si je l’ai pensé, c’est par stupidité ou candeur ». L’Ouest étant, dans la légende originelle, l’Inde. On reconnaîtra donc dans ce texte divers éléments du Bouddhisme qui figurent dans la légende, mais aussi des références à la poésie et la peinture traditionnelle chinoises taoïstes, si bien que l’on a parfois la sensation de traverser des tableaux.

Trois concerts, Lola Gruber (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 24 Mai 2019. , dans Phébus, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Trois concerts, Lola Gruber, Phébus, janvier 2019, 592 pages, 24 €

 

Lorsqu’on est soi-même musicien, l’on peut mesurer qu’il n’y a pas une fausse note dans ce roman sur la musique. Et applaudir (c’est si rare). Est-ce parce que Lola Gruber est musicienne ? Pascale Roze affirme dans son émouvante Lettre d’été : « Dire la vérité, rien que la vérité, celle qui porte le sceau du vécu. Pas s’autoriser à écrire autre chose. Pas agrémenter. Parfois, je pense que c’est la seule issue, que devant la pléthore des textes, devant les ramures infinies des formes, toutes explorées, toutes fatiguées, il ne reste qu’un seul appui, une seule légitimité à l’écrit : l’expérience, qu’un seul enjeu : sa transcription dans un langage nu comme les chiffres ».

En réalité, Lola Gruber, pour l’écriture de Trois concerts, quitte à faire mentir Pascale Roze, s’est appuyée – et c’est en cela qu’elle a pu retranscrire et communiquer dans toute sa verdeur au millier de nuances l’expérience d’une musicienne – sur un long travail de documentation.

Celui qui dut courir après les mots, Gil Jouanard (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mercredi, 20 Février 2019. , dans Phébus, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Biographie

Celui qui dit courir après les mots, novembre 2018, 208 pages, 18 € . Ecrivain(s): Gil Jouanard Edition: Phébus

 

Signaler en épigraphe qu’on a aimé et qu’on aime, dans le désordre, Montaigne, Calet, Follain, Fargue et Supervielle, c’est enjoindre son lecteur à lire ce livre sous la bannière heureuse de ces dénicheurs d’enfance, si j’ose ainsi appeler ces poètes et prosateurs qui ont dû nourrir durablement notre Gil.

Bien sûr, passant du « il » au « je », sans en faire un jeu factice, Jouanard, avec ce long titre, tire de sa vie mission à comprendre, au-delà de ses propres signes, celle des autres, et loin, derrière, dans une volonté anthropologique de saisie des éléments (à l’aune de Bachelard), celle des ancêtres qui découvrirent pas à pas chasse, outils, langage, expression artistique.

De quoi une vie, pour celui qui la commente à l’âge respectable de plus de quatre-vingts printemps, est-elle tissée ? Du bois des ancêtres ? De cette insigne conquête des mots ? D’une timidité combattue à force de solitude et d’âpre lutte ? Ou encore de cette science personnelle qui pousse un être à se deviner très tôt, dans la forge des mots ?

L’origine du monde, Vie du modèle, Claude Schopp (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 31 Janvier 2019. , dans Phébus, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

L’origine du monde, Vie du modèle, octobre 2018, 160 pages, 15 € . Ecrivain(s): Claude Schopp Edition: Phébus

Ne manque pas de saveur l’histoire de L’Origine du monde de Courbet, depuis sa brève possession par son commanditaire Khalil-Bey, de 1866 à 1868, jusqu’à son arrivée au musée d’Orsay en 1995.

« Les circonstances de la commande à un artiste célèbre et controversé, la personnalité du commanditaire, le sujet du tableau, ses étranges aventures, ses disparitions, tout concourt à construire une légende », remarque Sylvie Aubenas, directrice du département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France.

En 1864, Courbet peint un tableau refusé au Salon pour son sujet scabreux : Vénus poursuivant Psyché de sa jalousie (tableau dont on a perdu la trace lors de la Seconde Guerre mondiale). « Au début de l’été 1866, Khalil-Bey en entend parler par Sainte-Beuve dans le fameux salon de Mme de Tourbey. Sa curiosité est piquée, il désire le voir. Il s’aventure chez Courbet, 32, rue Hautefeuille, loin des quartiers élégants de la rive droite, et offre d’acquérir la toile. Courbet vient de la vendre à un amateur. “Faites m’en un pareil”, dit le prince. “Non, je vous ferai la suite” répondit Courbet ». Ces prémices sont rapportés par Jules Troubat, alors secrétaire de Sainte-Beuve. L’Origine du monde fait partie de la transaction conclue entre le peintre et le collectionneur. Et le tableau est réalisé par Courbet rapidement, durant le même été 1866.