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Phébus

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A l'enseigne de Phébus, astre débonnaire inspirateur des poètes, une maison d'édition publie depuis 1976 des livres qui s'ingénient à éclairer des sentiers peu frayés

J’aimerai André Breton, Serge Filippini (par Robert Sctrick)

Ecrit par Robert Sctrick , le Vendredi, 12 Octobre 2018. , dans Phébus, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

J’aimerai André Breton, août 2018, 185 pages, 17 € . Ecrivain(s): Serge Filippini Edition: Phébus

 

Si vous avez longtemps cru comme moi que le surréalisme est bon pour les musées et que son pape, André Breton, a régné sur une Église éphémère, engloutie dans un Atlantide où se côtoient tant de gloires à la fois, ô miracle, prolifiques et oubliées, ce livre est pour vous. La magie de Filippini fera que vous ne serez pas détrompé, mais coupable. Attention, coupable est positif, sous ma plume : même si vous vous en voulez, vous éprouvez une grande jouissance à vous mordre les lèvres de ne pas avoir découvert la cristallisation avant Stendhal ou la madeleine avant Marcel. Jusqu’à ce que vous trouviez de quoi il est capable, cet escamoteur de Filippini : de vous éblouir par un travail de références sous-jacentes, une archéologie tout terrain, qui vous apprend ce que vous ne saviez pas, c’est son côté romancier, chez Eugène Sue il y a bien Mme Pipelette. Elle sait tout, sans ADN et sans indices. Mais il a une autre facette : il vous parle de vous, le bougre. Le surréalisme c’est comme la Révolution, finalement. On croit qu’il faut la faire (sinon, infortuné lecteur, n’ouvre pas ce livre), alors qu’il faut l’être, et si je n’avais pas honte, j’écrirais : qu’il faut lettre.

L’Heure de l’ange, Karel Schoeman (par Stéphane Bret)

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 07 Septembre 2018. , dans Phébus, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman, La rentrée littéraire

L’Heure de l’ange, août 2018, trad. Pierre-Marie Finkelstein, 488 pages, 24 € . Ecrivain(s): Karel Schoeman Edition: Phébus

 

Karel Schoeman est un auteur sud-africain capital pour la compréhension de son pays, l’Afrique du Sud. Dans trois ouvrages consacrés plus spécialement aux voix, aux souvenirs, Cette VieDes voix parmi les ombresL’Heure de l’ange, cet auteur fait revivre ce pays, en utilisant ces filtres précieux, trompeurs, mais indispensables que sont les souvenirs, les traces laissées par les personnes, leur impact sur notre propre accès au souvenir. Cependant, comme dans Des voix parmi les ombres, l’accès à ces souvenirs, à cette mémoire sud-africaine, vu du côté des européens, et plus spécialement des Afrikaans, ces descendants de colons néerlandais, est bien laborieux, confus, incertain. C’est ce qu’évoque Karel Schoeman dans ce roman.

Le prétexte, car c’en est un, nous le verrons à la lecture du livre, c’est le retour d’un producteur de télévision de Johannesburg dans la petite ville de son enfance. Cet homme recherche des éléments biographiques d’un berger nommé Danie Steenkamp à qui serait apparu un ange au début du XIXe siècle.

Et ne reste que des cendres, Oya Baydar

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 21 Février 2017. , dans Phébus, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman

Et ne reste que des cendres, trad. turc Valérie Gay-Aksoy, 557 pages, 25 € . Ecrivain(s): Oya Baydar Edition: Phébus

 

Le voile des illusions

Ülkü se rend au commissariat de police pour reconnaître le corps de son ancien amant devenu diplomate. Celui-ci a été assassiné. La vue du corps refait surgir des événements douloureux et traumatisants pour cette femme, journaliste, militante communiste, ex-prisonnière dans une geôle turque où enceinte, elle a subi la torture. Vingt ans plus tard, bien que revenue sur ses idéaux et déçue par des promesses (vaines) des lendemains qui chantent, elle doit faire face à une terrible épreuve : la mort de son fils, assassiné, lui aussi par une police à la botte du régime.

Et ne reste que des cendres est un roman-fleuve qui retrace le combat d’une femme qui a cru fermement à un rêve, celui de voir un jour les hommes et les femmes de son pays jouir de la démocratie et du bonheur d’être libre. Mais Oya Baydar n’est pas une écrivaine naïve, endoctrinée par une idéologie politique quelle qu’elle soit (le marxisme léninisme, régime de dictature actuelle ou lors du coup d’Etat de 1971). C’est pourquoi, en tant qu’intellectuelle engagée et éclairée, elle fait subir à son personnage des mutations qui ne vont pas sans douleur psychique, morale, intellectuelle et idéologique :

Hommage à la revue Caravanes (Phébus, 1989-2003)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 13 Décembre 2014. , dans Phébus, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Revues

Edition: Phébus

 

 

Caravanes fut, de 1989 à 2003, une « revue annuelle de littérature » dirigée par André Velter et Jean-Pierre Sicre. Elle se définissait ainsi : « Une fois l’an, Caravanes donne rendez-vous à ses lecteurs pour un tour du monde de textes écrits par quelques “marcheurs de l’esprit”. Des écrivains de tous les continents, uniquement d’essence vagabonde, célèbres ou non, contemporains ou antiques, composent une mosaïque de récits, nouvelles, poèmes, à chaque fois inédits ».

Une fois l’an, c’est beaucoup dire, puisqu’il y eut 8 numéros en tout. Et lorsque l’on veut mieux comprendre quelle fut la substance de Caravanes, c’est vers ces lignes qu’il faut se tourner : « Rien de plus vaste que le mystère du monde. Rien de plus violent que le goût de l’inconnu. Un cœur vivant est un cœur en partance. Caravanes se veut un lieu d’universelle rencontre qui accueille les récits, les blasphèmes et les chants. Il est la stèle de ceux qui passent avec le sable, avec le vent ».

Des voix parmi les ombres, Karel Schoeman

Ecrit par Victoire NGuyen , le Jeudi, 28 Août 2014. , dans Phébus, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman, La rentrée littéraire

Des voix parmi les ombres, traduit de l’afrikaans par Pierre-Marie Finkelstein, aout 2014, 311 p. 22 € . Ecrivain(s): Karel Schoeman Edition: Phébus

 

Réminiscence

Nous sommes à l’époque actuelle, quelque part en Afrique du Sud au moment où débute le roman. Sous un soleil de plomb, un photographe et un écrivain-explorateur arpentent le pays en voiture à la recherche d’une ville perdue du nom de Fouriesfontein. Le but de nos deux personnages est de réaliser des photographies pour la constitution d’un livre portant sur les événements de 1901 où les Boers ont occupé la ville et ont massacré un métis du nom d’Adam Balie.

Ce que le lecteur sait, c’est qu’il s’agit d’une ville florissante à la fin du 19° siècle. Elle a été peuplée de colons anglais et hollandais. Fouriesfontein était une ville rattachée au Cap et son nom provient d’une puissante famille, les Fourie :

« En 1883, lorsque l’on décida de fonder une paroisse et de construire un temple, Herklaas Fourie avait suffisamment d’influence pour obtenir que cela se fasse sur ses terres, et il était suffisamment fortuné pour prendre à sa charge l’érection du modeste bâtiment au toit de chaume. Il eut été difficile, dans ces conditions, de donner un autre nom que le sien au village que l’on aménagea tout autour du temple, aussi l’appela-t-on Fouriesfontein, la Source-de-Fourie (…) ».