C'est le thème central du roman, écrit avant l'affaire Merah : Alban Joseph, fils et demi-frère bien aimé d'une famille bourgeoise, doctorant en chimie, "mécréant parmi les mécréants", "adversaire de toutes les religions, de tous les extrêmes, [voyant] l'obscurantisme partout", devient Abdelkrim Yousef, musulman radicalisé "du jour au lendemain". Lorsque sa sœur Alix est prévenue par un ami commun, Ostend, elle tente de comprendre, elle veut lui parler avant qu'il ne soit définitivement trop tard. Son "demi" comme elle l'appelle, c'est aussi un peu son fils. En effet, ses parents, gérants d'une agence de voyages, n'ont jamais eu de temps à leur consacrer: "Ils se reposaient sur moi, la grande fille responsable, je les remplaçais auprès des profs, de l'administration, je les excusais, je prenais en charge mon demi." De ce fait, une relation quasi fusionnelle s'est installée entre Alban et Alix, et cette histoire de conversion est d'autant plus troublante qu'il n'en a jamais parlé...
Alix dérange tout le monde : ses parents d'une part, qui ne comprennent pas ou refusent de comprendre le danger, les "nouveaux amis" d'Alban d'autre part, qui voient en elle un danger potentiel à leurs projets. Elle ne lâche rien, bâcle même son travail minutieux de restauratrice pour localiser et revoir son demi. Quand la rencontre se fait enfin, ce n'est pas Alban qui se présente à elle, mais bien Abdelkrim :