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Editions Viviane Hamy

 

Les éditions Viviane Hamy sont une maison d'édition française fondée en 1990 par Viviane Hamy.

Installées dans le 11e arrondissement de Paris, elles publient une douzaine de nouveautés par an, sans compter les rééditions en format semi-poche (Bis). Elles éditent notamment Léon Werth, François Vallejo, Magda Szabó, Gonçalo M. Tavares, Fred Vargas, Dominique Sylvain, Antonin Varenne, Goliarda Sapienza, Cécile Coulon.

 

Fleur et sang, François Vallejo

Ecrit par Laurence Biava , le Mardi, 02 Décembre 2014. , dans Editions Viviane Hamy, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Fleur et sang, août 2014, 282 pages, 19 € . Ecrivain(s): François Vallejo Edition: Editions Viviane Hamy

 

François Vallejo a écrit un grand roman sur l’espace et sur le temps. C’est une forme d’empressement, une sorte d’invasion du temps objectif (mesurable) dans le temps subjectif (celui que nous vivons). Ainsi, l’auteur se dépossède-t-il de ses sujets dans leur rapport au temps en suggérant une conception spatialisée, linéaire de ce dernier. Toute la lecture se passe ainsi : entrecoupée de variantes au rapport au temps, en imposant au lecteur un arrêt, et de chapitre en chapitre, on change d’époque, on chemine du temps révolu au temps actuel. Construction tout à fait originale et séduisante parce que maîtrisée.

François Vallejo entrelace les destins d’un jeune cardiologue du XXIe siècle et d’un apprenti médecin apothicaire fasciné par le temps au XVIIe siècle. C’est ce binôme qui a donné naissance à Fleur et Sang, passerelle construite entre deux temps et entre deux destins intimement liés et mêlés. Les deux trajectoires se déploient sensiblement et sensuellement et elles se cognent aussi l’une à l’autre, achevant de se réunir. La tension, palpable à chaque instant annonce le drame de la première. Pour finir, les deux protagonistes portent le même nom : Delatour.

La Main de Joseph Castorp, Joao Ricardo Pedro

Ecrit par Adrien Battini , le Jeudi, 03 Octobre 2013. , dans Editions Viviane Hamy, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue portugaise, Roman, La rentrée littéraire

La Main de Joseph Castorp, traduit du portugais par Elisabeth Monteiro Rodrigues, septembre 2013, 229 p. 19 € . Ecrivain(s): Joao Ricardo Pedro Edition: Editions Viviane Hamy

Antonio Lobo Antunes, Gonçalo M. Tavares, Joao Ricardo Pedro, la preuve par trois que la littérature portugaise ne cesse de se renouveler dans l’excellence. Les éditions Viviane Hamy, particulièrement actives dans l’érection de cet édifice littéraire, publient du dernier nommé La Main de Joseph Castorp, premier roman qui empoigne avec maestria le relais tendu par ses illustres prédécesseurs.

Difficile pour tout écrivain portugais de faire abstraction du régime salazariste qui aura dominé le pays pendant la majeure partie du XXème siècle. Non pas que la dictature soit un passage obligé ou un gage de solennité thématique, mais tout texte empruntant au genre de la saga ne peut faire l’économie de ce contexte qui aura pénétré l’intimité de l’ensemble des foyers lusitaniens. Il en va de la sorte avec La Main de Joseph Castorp, dont la première scène est une évocation de la Révolution des Œillets. Un moyen comme un autre de passer le seuil de la famille Mendes, actrice principale de la pièce composée par Pedro. Succession de tableaux non-linéaires où l’on sautille entre les personnages, les époques, les moments, les impressions et les anecdotes, le roman n’en possède pas moins son centre de gravité autour du jeune (puis du moins jeune) Duarte. Prodige du piano, l’enfant côtoie les figures paternelles et grand-paternelles, observe mais aussi écoute pour recueillir une mémoire familiale encore cachetée.

Métamorphoses, François Vallejo

Ecrit par Virginie Neufville , le Vendredi, 21 Septembre 2012. , dans Editions Viviane Hamy, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Métamorphoses, août 2012, 330 pages, 21 € . Ecrivain(s): François Vallejo Edition: Editions Viviane Hamy

 

C'est le thème central du roman, écrit avant l'affaire Merah : Alban Joseph, fils et demi-frère bien aimé d'une famille bourgeoise, doctorant en chimie, "mécréant parmi les mécréants", "adversaire de toutes les religions, de tous les extrêmes, [voyant] l'obscurantisme partout", devient Abdelkrim Yousef, musulman radicalisé "du jour au lendemain". Lorsque sa sœur Alix est prévenue par un ami commun, Ostend, elle tente de comprendre, elle veut lui parler avant qu'il ne soit définitivement trop tard. Son "demi" comme elle l'appelle, c'est aussi un peu son fils. En effet, ses parents, gérants d'une agence de voyages, n'ont jamais eu de temps à leur consacrer: "Ils se reposaient sur moi, la grande fille responsable, je les remplaçais auprès des profs, de l'administration, je les excusais, je prenais en charge mon demi." De ce fait, une relation quasi fusionnelle s'est installée entre Alban et  Alix,  et cette histoire de conversion est d'autant plus troublante qu'il n'en a jamais parlé...

Alix dérange tout le monde : ses parents d'une part, qui ne comprennent pas ou refusent de comprendre le danger, les "nouveaux amis" d'Alban d'autre part, qui voient en elle un danger potentiel à leurs projets. Elle ne lâche rien, bâcle même son travail minutieux de restauratrice pour localiser et revoir son demi. Quand la rencontre se fait enfin, ce n'est pas Alban qui se présente à elle, mais bien Abdelkrim :

Arab Jazz, Karim Miské

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 11 Avril 2012. , dans Editions Viviane Hamy, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Arab Jazz. 300 p. 18 €. Mars 2012 . Ecrivain(s): Karim Miské Edition: Editions Viviane Hamy

Ahmed Taroudant, en arrêt-maladie pour une dépression chronique, vit cloîtré dans son studio du 19ème arrondissement de Paris, entouré d’une muraille de polars bas de gamme par le biais desquels il s’évade à longueur de journée. Jusqu’au jour où Laura, sa voisine du dessus, la seule personne avec laquelle il a encore quelques liens, est assassinée et mutilée. Comprenant qu’il fait un suspect idéal et sentant que bien des gens dans le quartier aimeraient lui faire porter le chapeau, animé aussi par un profond désir de vengeance, Ahmed va peu à peu se libérer des chaînes de sa maladie pour retrouver le coupable aux trousses duquel sont aussi deux enquêteurs atypiques.


De cette ouverture on ne peut plus classique (un homme va chercher à venger la femme qu’il aime ou, en l’occurrence, aurait pu aimer, tout en prouvant son innocence), on a tôt fait de basculer par ailleurs dans une situation plus complexe. D’abord parce que, de fait, Ahmed est très vite disculpé par les policiers. Ensuite parce que Miské nous présente un quartier, le 19ème arrondissement, où les barrières entre les communautés demeurent perméables malgré la montée des fondamentalismes qu’ils soient juifs ou musulmans.