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Babel (Actes Sud)

Ma dernière création est un piège à taupes : Kalachnikov, sa vie, son œuvre, Oliver Rohe

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Lundi, 24 Août 2015. , dans Babel (Actes Sud), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Ma dernière création est un piège à taupes : Kalachnikov, sa vie, son œuvre, août 2015, 96 pages, 6,70 € . Ecrivain(s): Olivier Rohe Edition: Babel (Actes Sud)

 

Ma dernière création est un piège à taupes : Kalachnikov, sa vie, son œuvre est un court et dense récit balayant quasiment un siècle d’histoire mondiale à compter de la naissance de l’Union soviétique. Un récit abordé sous l’angle original de la célèbre Kalachnikov, fusil d’assaut ayant pris le nom de son inventeur, le fils d’une famille de koulaks déportée en Sibérie, qui découvrit sur le front Est le « calibre révolutionnaire » utilisé par l’infanterie de la Wehrmacht et le perfectionna en 1947.

Oliver Rohe alterne habilement le récit de la vie de Mikhaïl Kalachnikov et l’histoire de son invention, de son perfectionnement incessant et de sa diffusion. Deux récits entremêlant l’individuel et le collectif, eux-mêmes ponctués d’informations de notre époque, d’images marquantes de reportages télévisés ou de vidéos d’amateurs, que l’auteur se contente de transcrire. L’écriture, simple, prend parfois dans le premier récit le ton faussement naïf du conte pour enfants et, du contraste entre la puissance infernale de cette arme et l’apparente bonhomie de son créateur, comme du paradoxe de cet AK-47 dévoyé se retournant contre le pays qui l’a « mythifié », surgit une profonde dérision de l’absurde.

Survivants, Russell Banks

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 01 Juin 2015. , dans Babel (Actes Sud), Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Survivants, traduit de l’américain par Pierre Furlan, 256 pages, 7,70 € . Ecrivain(s): Russel Banks Edition: Babel (Actes Sud)

 

En 1975, Russell Banks (1940) voit quelques-unes de ses nouvelles réunies sous un très beau titre : Searching for Survivors, Survivants en français (une nuance est perdue, mais elle n’est pas essentielle) ; il n’est pas encore l’auteur majeur de Continents à la Dérive, De Beaux Lendemains ou encore American Darling, mais la qualité de ces romans incite l’amateur à se pencher avec bienveillance sur ces œuvres de jeunesse. Cet amateur est récompensé de sa curiosité : Banks, alors trentenaire, affiche une claire maîtrise de l’art narratif, même lorsqu’il fait ses gammes.

Une caractéristique que possède déjà Banks au plus haut point, c’est l’empathie envers ses personnages : peu importent leurs faiblesses, leurs défauts, la façon dont ils ont mené leur existence, aucun jugement n’est posé sur eux. Banks décrit des agissements, des comportements, rapporte des paroles, mais ne s’institue pas en petit comptable de l’existence de ses personnages ; cet art, il le portera à la perfection avec le Bob Dubois de Continents à la Dérive, mais c’est littéralement une autre histoire.

L’appât, José Carlos Somoza

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 13 Mai 2015. , dans Babel (Actes Sud), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Espagne

L’appât, octobre 2014, traduit de l’Espagnol par Marianne Million, 533 pages, 9,80 € . Ecrivain(s): José Carlos Somoza Edition: Babel (Actes Sud)

 

Visage, Sentiment, Masque


Nous sommes à Madrid. Un tueur sévit dans la ville. Il retient des victimes et les tue selon un rituel bien précis. La police madrilène enquête et lâche dans la nuit des appâts, qui sont des agents profileurs d’un genre nouveau, afin de l’attirer et le neutraliser en vain. Des victimes continuent de disparaître. C’est ainsi que Diane, un appât expert, prêt à décrocher pour une vie « normale », entre en scène. Elle a du mal à attirer le criminel dans son piège d’autant plus que sa hiérarchie la surveille jour et nuit car Diane constitue une menace pour l’institution. En pleine enquête, sa sœur, appât elle aussi mais inexpérimentée, disparaît. Diane est plus que jamais déterminée à arrêter le coupable en employant les moyens les moins orthodoxes. La vérité va cependant éclater et Diane est à son tour prise au piège…

Silo, Hugh Howey (2ème critique)

Ecrit par Cathy Garcia , le Jeudi, 26 Mars 2015. , dans Babel (Actes Sud), Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Silo, novembre 2014, traduit de l’anglais (USA) par Yoann Gentric et Laure Manceau, 622 pages, 9,90 € . Ecrivain(s): Hugh Howey Edition: Babel (Actes Sud)

Silo est un roman d’anticipation (le premier tome d’une trilogie déjà publiée par Actes Sud dans la collection Exofictions en 2013-2014 et qui passe donc là en version poche). C’est aussi au départ une autoédition via amazon qui a fait donc blockbuster comme on dit en jargon outre-Atlantique, mais il n’est pas difficile d’admettre que quand on est entré dans Silo, on ne peut plus en sortir. Les plus de 600 pages nous tiennent en haleine, si bien qu’on ne focalise pas sur quelques défauts qui pourraient venir se glisser dans la trame. A vrai dire, on peut chipoter, trouver quelques facilités, incongruités, mais l’ensemble est juste vraiment prenant et le principal moteur ici pour poursuivre la lecture et le plaisir quasi enfantin, au sens noble sens du terme, qu’on y prend.

Le silo semble être le dernier lieu habité de la Terre, dont l’atmosphère suite à on ne sait quelle apocalypse est devenue totalement irrespirable. Dans ce silo immense, des générations se sont succédé, en totale autonomie énergétique et très organisées. Chacun y a sa fonction mais ça ne semble pas contraignant au premier abord. La procréation y est sous contrôle, tout est sous contrôle, sous la supervision d’un maire, un shérif et son adjoint. 130 étages, un seul escalier central en acier et des mines encore plus bas, le tout enterré.

Persona, Erik Axl Sund

Ecrit par Pauline Fouillet , le Vendredi, 13 Mars 2015. , dans Babel (Actes Sud), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman

Persona, novembre 2014, 477 pages, 8,90 € . Ecrivain(s): Erik Axl Sund Edition: Babel (Actes Sud)

 

Présenté par la maison d’édition comme le nouveau Millénium, le lecteur peut se trouver quelque peu déçu par un manque de noirceur. Loin d’être un roman à grand suspense ab initio, comme l’est le premier, Persona est un roman noir très psychologique.

En l’espèce, Jeanette Kihlberg, flic de talent, mal payée et peu heureuse en ménage, se trouve en charge d’une enquête concernant des meurtres de jeunes garçons étrangers, qui visiblement n’ont ni famille, ni lien avec le pays. Enquête complexe, elle doit faire face à toute l’horreur humaine face à des corps mutilés et même momifiés.

Très vite Jeanette sera sous pression et devra stopper ses investigations, l’argent du contribuable devant être mieux utilisé… Mais cette dernière, entêtée, persiste !