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Babel (Actes Sud)

La Nuit aux étoiles, Shobhaa Dé

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 30 Août 2016. , dans Babel (Actes Sud), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Asie, Roman

La Nuit aux étoiles, juin 2016, trad. anglais (Inde) Sophie Bastide-Foltz, 397 pages, 9,70 € . Ecrivain(s): Shobhaa Dé Edition: Babel (Actes Sud)

 

Bollywood, la poubelle aux étoiles…

Tout est d’équerre dans ce livre faussement simple, du titre quasi Hollywoodien des années 30, au sujet, l’univers du Bollywood de l’Inde contemporaine, la trace d’une gamine pauvre propulsée dans ces terreaux mi-glauques, mi-paillettes. Jusqu’à la manière – marquée, assumée, du récit-type il était une fois – qui suit sa progression d’homme influent en parrain friqué – titre de chaque chapitre – tous, ses amants-barreaux d’échelle, bien sûr…

La nuit aux étoiles peut passer à première vue comme un « roman de gare », parfaitement réussi : celui qu’on achète en prenant le train, qu’on dévore, que les « tchou-tchou » et le babillage des autres voyageurs ne gênent en rien dans cette lecture, foisonnante, passionnante. Lire comme ça, soit dit en passant – train, ou pas – vaut lettres de noblesse en littérature aussi, qu’on ne s’y trompe pas ! D’autant – on s’en doute dès la couverture, colorée pétante et rose faux bonbon – que le livre de Shobhaa Dé, en-dessous d’une surface glamour à consonance dramatique, veut nous donner à palper l’Inde d’aujourd’hui et ses miroirs, faux et aveuglants, au carrefour de ses multiples modernités en gestation, avec en ligne de mire cette question lancinante : où en est la femme indienne ?

Vodka, pirojki et caviar, Monica Kristensen

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Mardi, 22 Mars 2016. , dans Babel (Actes Sud), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman

Vodka, pirojki et caviar, Actes Sud Babel noir, janvier 2016, trad. norvégien Loup-Maëlle Besançon, 390 pages, 8,90 € . Ecrivain(s): Monica Kristensen Edition: Babel (Actes Sud)

 

 

C’est le troisième roman de Monica Kristensen publié par Gaïa, puis par Babel noir. Celui-ci comme les autres se déroule dans le Svalbard. Rappelons, parce que c’est un élément essentiel de ce livre, que ce dernier est un archipel situé à la limite de l’océan Arctique et de l’océan Atlantique. Il s’agit d’un territoire norvégien autonome et démilitarisé dont le statut de neutralité permet à n’importe quel pays d’exploiter librement les ressources locales. C’est ainsi que sur l’île de Spitzberg, la seule habitable, dans la ville nommée Barentsburg, existe une petite enclave russe où l’on exploite une mine de charbon.

L’Ombre de l’eunuque, Jaume Cabré

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 11 Mars 2016. , dans Babel (Actes Sud), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Ombre de l’eunuque, trad. catalan Bernard Lesfargues, 480 pages, 9,70 € . Ecrivain(s): Jaume Cabré Edition: Babel (Actes Sud)

 

Confessions d’un enfant du siècle

Julia, une jeune journaliste, invite Miquel Gensana dans un restaurant pour un dîner d’affaire. En effet, ils sont censés parler des circonstances imprécises de la mort de Bolos, un ami de Miquel. Cependant, la conversation dévie et se focalise sur la vie de Miquel Gensana ; ce dernier, surpris de se retrouver dans un restaurant qui fut jadis la maison familiale des Gensana, une famille bourgeoise qui était très en vue et qui s’est enrichie grâce à l’essor de l’industrie du textile au 19ème siècle avant de tomber dans l’oubli à la fin de la guerre civile.

Confronté à cette trouvaille de ce lieu de son enfance, Miquel Gensana se laisse aller et taquine sa mémoire afin que resurgisse l’odyssée familiale et ses vicissitudes liées à l’Histoire de l’Espagne et particulièrement la Catalogne. Bolos devient un prétexte, une palissade pour Miquel pour évoquer ses luttes politiques, ses amours déçues et sa vie sans gloire.

Ma dernière création est un piège à taupes : Kalachnikov, sa vie, son œuvre, Oliver Rohe

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Lundi, 24 Août 2015. , dans Babel (Actes Sud), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Ma dernière création est un piège à taupes : Kalachnikov, sa vie, son œuvre, août 2015, 96 pages, 6,70 € . Ecrivain(s): Olivier Rohe Edition: Babel (Actes Sud)

 

Ma dernière création est un piège à taupes : Kalachnikov, sa vie, son œuvre est un court et dense récit balayant quasiment un siècle d’histoire mondiale à compter de la naissance de l’Union soviétique. Un récit abordé sous l’angle original de la célèbre Kalachnikov, fusil d’assaut ayant pris le nom de son inventeur, le fils d’une famille de koulaks déportée en Sibérie, qui découvrit sur le front Est le « calibre révolutionnaire » utilisé par l’infanterie de la Wehrmacht et le perfectionna en 1947.

Oliver Rohe alterne habilement le récit de la vie de Mikhaïl Kalachnikov et l’histoire de son invention, de son perfectionnement incessant et de sa diffusion. Deux récits entremêlant l’individuel et le collectif, eux-mêmes ponctués d’informations de notre époque, d’images marquantes de reportages télévisés ou de vidéos d’amateurs, que l’auteur se contente de transcrire. L’écriture, simple, prend parfois dans le premier récit le ton faussement naïf du conte pour enfants et, du contraste entre la puissance infernale de cette arme et l’apparente bonhomie de son créateur, comme du paradoxe de cet AK-47 dévoyé se retournant contre le pays qui l’a « mythifié », surgit une profonde dérision de l’absurde.

Survivants, Russell Banks

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 01 Juin 2015. , dans Babel (Actes Sud), Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Survivants, traduit de l’américain par Pierre Furlan, 256 pages, 7,70 € . Ecrivain(s): Russel Banks Edition: Babel (Actes Sud)

 

En 1975, Russell Banks (1940) voit quelques-unes de ses nouvelles réunies sous un très beau titre : Searching for Survivors, Survivants en français (une nuance est perdue, mais elle n’est pas essentielle) ; il n’est pas encore l’auteur majeur de Continents à la Dérive, De Beaux Lendemains ou encore American Darling, mais la qualité de ces romans incite l’amateur à se pencher avec bienveillance sur ces œuvres de jeunesse. Cet amateur est récompensé de sa curiosité : Banks, alors trentenaire, affiche une claire maîtrise de l’art narratif, même lorsqu’il fait ses gammes.

Une caractéristique que possède déjà Banks au plus haut point, c’est l’empathie envers ses personnages : peu importent leurs faiblesses, leurs défauts, la façon dont ils ont mené leur existence, aucun jugement n’est posé sur eux. Banks décrit des agissements, des comportements, rapporte des paroles, mais ne s’institue pas en petit comptable de l’existence de ses personnages ; cet art, il le portera à la perfection avec le Bob Dubois de Continents à la Dérive, mais c’est littéralement une autre histoire.