Thème sobre et essentiel, qu’on attendrait d’une tragédie antique : la vie, le risque, la loyauté, la mort, éclairés par la lumière méditerranéenne, celle qui arrose tout, même la peur des hommes.
C’est un livre écrit en Hébreu – on se plaît à penser que cette langue si forte lui va bien. Action située en Israël, de nos jours, mais on peut sans difficulté l’imaginer en Amérique Latine, dans les pays de l’écriture d’un Alejo Carpentier, et, tiens, pourquoi pas en Espagne ; parfums de la Guerre Civile, parfois… un film comme La guerre est finie, et ses lassitudes d’anciens baroudeurs, passe quand on lit.
« La rue baignait dans ce calme qui gagne les villes pendant les grandes vacances, les chats escaladaient les bennes à ordures pour en tirer leur pitance, deux jeunes garçons marchaient sur l’avenue bordée de tamaris, en direction de la plage, avec aux lèvres des rires légers … au téléphone, elle m’avait dit qu’elle habitait au troisième étage ». Lui – on ne sait pas son nom – c’est un membre actif, un technicien, de ces réseaux de renseignement – ceux qui « interrogent », au service de l’État d’Israël ; elle, la belle Dafna, est l’amie d’un poète de Gaza, qu’il faut exfiltrer, car, son fils « se baladait du Yemen au Soudan, là où des gens comme lui allaient chercher leurs directives, lever des fonds, s’entraîner ».