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Le Pédalo Ivre

 

Maison d'édition dirigée par Jean-Marc Luquet. Adresse : Maison des Passages, 44 rue Saint-Georges 69005 Lyon

 

Le Citronnier, Samantha Barendson

Ecrit par Vincent Motard-Avargues , le Jeudi, 05 Février 2015. , dans Le Pédalo Ivre, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Le Citronnier, 2014, 80 pages, 10 € . Ecrivain(s): Samantha Barendson Edition: Le Pédalo Ivre

 

Le père. L’absence du père. Ou plutôt, la présence de l’absence du père. Cette recherche incessante, cet espoir de savoir qui il était, comment il vivait, quand il vivait, loin de l’auteure, au moment où, trop jeune, elle n’a pu happer l’importance de chaque respiration, paroles, gestes de celui qui reste présent, malgré tout.

Présent, oui. Il vit avec elle, à côté, ou presque. Elle lui parle, en plusieurs langues, celle de l’héritage paternel, ou celle de l’expérience personnelle… mais avec les mêmes mots : je t’aime papatu fais chier papa… ces mêmes cris d’amour !

Présent, encore… à travers quelques photos fatiguées, deux trois babioles indispensables… et surtout certaines paroles, mots, silences intenses des proches, ceux qui l’ont connu, fréquenté, aimé… mais pas de tous ceux qui l’ont aimé… beaucoup ont disparu… comme lui… desaparecido… ce mot qui, comme l’écrit si bien l’auteure, n’a pas de double sens, concernant son père ; même si italien de naissance, il a vécu en Argentine, avant de migrer en Espagne puis a fini sa vie en Argentine, au temps de la dictature… mais de mort accidentelle… pas desaparecido, comme les torturés, assassinés… disparu comme celui qui n’a laissé pratiquement aucune trace.

C’est gentil d’être passé, Hélène Dassavray

Ecrit par Vincent Motard-Avargues , le Samedi, 01 Novembre 2014. , dans Le Pédalo Ivre, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

C’est gentil d’être passé, 2013, 46 pages, 8 € . Ecrivain(s): Hélène Dassavray Edition: Le Pédalo Ivre

 

Certains poètes possèdent ce talent rare et donc surprenant, de savoir parler deux langues. La langue double du poème, avec ses codes, références, us et coutumes ; et la langue brute de décoffrage du quotidien, avec sa franchise, sa gouaille, sa sincérité, son immédiateté.

Quelle personne, après avoir été aimée, ne se promet-elle pas de ne plus jamais tomber dans le piège sadique des sentiments ? Quelle femme, amoureuse de son homme, ne regrette pas le sexe de celui-ci, autant que les attributs de l’amour ?

Mais quelle personne parmi celles-ci a les mots pour le dire, de telle sorte que le poème devient un miroir pour les lecteurs – miroir sans tain, peut-être ? Et quelle femme sait parler de son désir, de son amour, toujours vif, sans jamais l’exhiber comme une vérité intime, mais l’exprimer à la manière d’un code commun à toutes et tous, à un moment ou un autre de l’existence ?