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Editions Omnibus

Les éditions Omnibus est une maison d'édition parisienne fondée en 1988 et spécialisée dans la réédition des livres classiques de la littérature française et étrangère sous forme de sommes et d'intégrales. Omnibus fait partie du groupe des éditions Belfond. Ces éditions ont en particulier réédité l'œuvre complète de Georges Simenon.

 

Qui a tué Jeanne d’Arc ?, Bernard Michal

Ecrit par Vincent Robin , le Jeudi, 15 Mai 2014. , dans Editions Omnibus, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Histoire

Qui a tué Jeanne d’Arc ?, mars 2014, 200 p. 9 € . Ecrivain(s): Bernard Michal Edition: Editions Omnibus

Sur le bûcher dressé place du Vieux-Marché à Rouen en ce matin du 30 mai 1430, un écriteau stipule : « Jehanne qui s’est fait nommer la Pucelle, menteresse, pernicieuse, abuseresse du peuple, devineresse, superstitieuse, blasphémeresse de Dieu, présomptueuse, malcréante de la foi de Jésus-Christ, vanteresse, idolâtre, cruelle, dissolue, invocatrice de diables, apostate, schismatique et hérétique ». Il est environ 9 heures quand, « revêtue de la robe de deuil que l’Inquisition réserve à ses condamnés », juchée debout sur une charrette escortée par huit cents soldats anglais, apparaît à la foule, massivement rassemblée là, celle qui s’en va connaître le sort des flammes. Jean Massieu, l’huissier chargé des mouvements de l’inculpée, Martin Ladvenu, le frère dominicain également voué à l’entourer dans ces instants particuliers, l’ont informée auparavant. Pour elle, Jeanne d’Arc, le moment est venu où elle doit périr par le feu. Un tel déroulement tragique s’inscrit en réalité en application immédiate de la sentence officielle qui a été prononcée peu de temps avant contre la jeune femme.

Au regard du débat judiciaire de quatre mois qui se refermait ainsi, mais au long duquel l’accusée avait toujours semblé pouvoir légitimement défendre sa cause, un tel dénouement ne semblait devoir se confondre avec celui d’une exécution sommaire, quand bien même la liste additive des griefs accusateurs pesa d’un seul coup pour suggérer qu’une raison autre et supérieure se dissimulât tout derrière elle…

Vivre à Paris, Philippe Mellot

Ecrit par Odile Alleguede , le Jeudi, 11 Juillet 2013. , dans Editions Omnibus, Les Livres, La Une Livres, Récits, Histoire

Vivre à Paris. De la Restauration à la Belle Epoque, 288 pages, 500 illustrations, octobre 2012, 39 € . Ecrivain(s): Philippe Mellot Edition: Editions Omnibus

 

Vivre à Paris ! En voilà un programme que, nonobstant d’opportuns caprices bien de saison, plus d’une personne censée serait mal en peine de décliner ! Mais le Paris dont il est question dans ce très bel ouvrage illustré (paru aux éditions Omnibus, les bien nommées) n’est pas le Paris des vélib’, des couloirs de bus, des kebabs mangés sur le pouce, de Paris Plages, des halles en rénovation et de la Samaritaine toujours fermée. Non…

Ce Paris piquant, ce Paname tantôt étincelant, tantôt misérable, c’est celui des trotteuses et des piqueurs, de la Mouffe et de la Bièvre. Des mercelots. Des rapins. Du pain à chant du menu peuple et de l’oquelle du microcosme. Des hippomobiles. Des parrains de Pigalle et du village montmartrois. Des antiques masières, insalubres et charmantes, d’avant Haussmann. Enfin de l’argot comme pense-bête à tout-va dont Marcel Schwob disait qu’il est « une langue artificielle, destinée à n’être pas comprise par une certaine classe de gens ».

Oeuvres complètes et Lettres retrouvées, Raymond Radiguet

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 01 Mai 2013. , dans Editions Omnibus, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Théâtre, Correspondance

Œuvres complètes, édition établie par Chloé Radiguet et Julien Cendres, 883 p., 25 €, et Lettres retrouvées, édition établie par Chloé Radiguet et Julien Cendres, 445 p., 21 € . Ecrivain(s): Raymond Radiguet Edition: Editions Omnibus

 

L’œuvre éblouie d’un météore : Raymond Radiguet

 

Œuvres non complètes, à l’annotation redondante, parfois inutile, parfois hasardeuse, ce qui étonne de Julien Cendres. Je ne reviendrai pas là-dessus. Cela a été démontré suffisamment et avec suffisamment de brio par Jean-Jacques Lefrère dans La Quinzaine littéraire (voir « Radiguet de plus en plus complet », La Quinzaine littéraire, n° 1070, 16-31 octobre 2012, p. 12-14).

La profusion des annotations rend un manque dont pâtit cette édition encore plus cuisant : celui d’un index, indispensable pour une édition de cette ampleur (et surtout, du reste, pour ce qui est du volume de la correspondance).

Mais l’essentiel se situe ailleurs.

Fumisteries. Naissance de l'humour moderne 1870-1914

Ecrit par Frédéric Saenen , le Lundi, 12 Septembre 2011. , dans Editions Omnibus, Les Livres, Critiques, Anthologie

Fumisteries. Naissance de l’humour moderne 1870-1914, Anthologie 2011 1007 p. 29 €. . Ecrivain(s): Daniel Grojnowski et Bernard Sarrazin Edition: Editions Omnibus

« Le fumisme est incomparablement supérieur à l’esprit. […] L’esprit dure un moment, comme une fusée, et l’ineptie est éternelle. » Ainsi s’exprimait, sous la plume de Félicien Champsaur, le personnage de Sapeck, excentrique qui dans les années 1880 écrivit peu mais sut ponctuer son existence de facéties scandaleuses et absurdes, à l’image d’un humour qui commençait alors à être en vogue.

Dadaïste, surréaliste, voire situationniste avant la lettre, le « fumisme » ne fut pas à proprement parler un mouvement structuré, mais plutôt un non sense à la française, qui par certains aspects s’articula aussi bien au symbolisme le plus hermétique qu’à la veine pamphlétaire. Voilà pourquoi, dans l’excellente anthologie qu’en proposent Daniel Grojnowski et Bernard Sarrazin, Mallarmé jouxte Bloy, Laforgue flanque le pas à Tailhade, Huysmans se tient non loin de Rictus…

C’est que l’humour fumiste, au-delà d’un simple tour de force ludique avec les ressources de la langue ou de la prosodie, comporte une irréductible part de subversion. Le rire qu’il provoque n’est pas celui de la grosse farce qui amène à se claquer sur la cuisse ou à s’étrangler au-dessus de son assiette. Les mâchoires grincent, les commissures des lèvres se retroussent en demeurant bien pincées, les yeux s’arrondissent devant les énormités que l’on est en train de lire… C’est qu’au pays des Hydropathes, des Zutiques et autres Incohérents, la Raillerie est reine, toute de jaune vêtue, et son Fou a des allures de croque-mort.