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Verticales

 

Les éditions Verticales sont une maison d'édition française du groupe Gallimard, fondée par Bernard Wallet en 1997. Yves Pagès, auteur dont il a publié le premier roman en 1990 (La Police des sentiments, Denoël) rejoint la maison en 1998. Les deux premiers titres du catalogue sont d'ailleurs Prière d'exhumer (Yves Pagès) et Livre XIX (Claro). Jeanne Guyon les rejoint ensuite en 2000. Les éditions Verticales ont d'abord été administrées par Slatkine (éditeur suisse) jusqu'en novembre 1999, date à laquelle Le Seuil a racheté la maison. Depuis le 1er décembre 2005, elles appartiennent au groupe Gallimard et conservent la même liberté éditoriale. Depuis juin 2009, l'équipe éditoriale est animée par Yves Pagès et Jeanne Guyon.


Réparer les vivants, Maylis de Kerangal

Ecrit par Adrien Battini , le Mercredi, 29 Janvier 2014. , dans Verticales, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Réparer les vivants, janvier 2014, 288 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Maylis de Kerangal Edition: Verticales

 

L’événement littéraire de l’année 2014 n’aura pas mis longtemps à poindre le bout de son nez. Il en aura en effet fallu moins d’un jour pour que sorte le nouveau cru de Maylis de Kerangal au nom puissamment évocateur. Après diverses nouvelles, contributions ou autres projets de résidence, Réparer les vivants annonce en grandes pompes le retour au genre romanesque de l’auteure depuis son déjà particulièrement abouti Naissance d’un pont, paru à l’automne 2010. Restait donc à découvrir comment cette plume singulière avait pu mûrir.

Quelques chapitres suffisent à se rassurer sur la teneur littéraire des pages avalées. Un enthousiasmant parfum de familiarité s’en dégage et confirme toutes les promesses entrevues dans Naissance d’un pont. Dans la lignée de ce dernier, Réparer les vivants ne brille pas tant par sa thématique que par sa construction formelle. En somme l’intrigue se résume à la genèse d’une greffe de cœur quand un jeune homme de 21 ans meurt dans un hôpital du Havre.

Mon Prochain, Gaëlle Obiégly

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 22 Janvier 2014. , dans Verticales, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Roman, Récits

Mon Prochain, septembre 2013, 185 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Gaelle Obiégly Edition: Verticales

 

Difficile de résumer Mon Prochain qui n’est pas plus un récit autobiographique, ni même à proprement parler un journal intime, qu’un roman, même si la narratrice, « écrivaine » se dédoublant parfois avec « [son] amie Gaëlle », semble l’alter ego de l’auteure.

Gaëlle Obiégly, s’affranchissant des genres littéraires comme de la chronologie, a construit en effet un étrange texte éclaté procédant par associations, ricochant d’un fragment à l’autre, dans lequel elle entremêle de multiples petites expériences prétextes à des ébauches de fictions possibles dont une seule, l’histoire de pinceloup, sera vraiment développée sur plusieurs chapitres mais de manière aléatoire et désordonnée. Des expériences faisant aussi surgir des souvenirs et naître des réflexions.

Gaëlle Obiégly explore notre monde au travers des perceptions de sa narratrice qui l’observe sans a priori, avec l’attention ingénue d’un enfant et une totale disponibilité. Elle se laisse ainsi dériver, s’abandonnant à ses sensations, à l’écoute de ce que lui dictent les choses, et des idées qui se forment sur son chemin. Une errance qui, au gré de son imagination, la conduit de Paris à Los Angeles, à Dublin ou en Turquie, et la fait divaguer dans l’espace mais aussi dans le temps.

La lune dans le puits, François Beaune

Ecrit par Adrien Battini , le Jeudi, 10 Octobre 2013. , dans Verticales, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

La lune dans le puits, septembre 2013, 514 pages, 20 € . Ecrivain(s): François Beaune Edition: Verticales

Il est de ces livres dont l’ambition transcende notre condition de lecteur ordinaire et vous transporte au-delà de l’éternel horizon qui se présente à notre regard. On aimerait que La Lune dans le puits, vendu comme une audacieuse réinterprétation de l’Odyssée, nous emmène par-delà les flots dans cet épique voyage à la rencontre des peuples de la Méditerranée. Hélas, trois fois hélas, trop de promesses sont trahies au fur et à mesure que le texte se dévoile, pour que l’on soit satisfait de ce produit littéraire. Avant de plonger dans les quelques 500 pages de cet épais volume, il faut revenir sur la genèse de ce projet titanesque.

L’idée d’envoyer François Beaune dans les ports méditerranéens, jeune étoile montante des éditions Verticales, naît lors de la manifestation littéraire des Correspondances de Manosque en 2011. L’objectif paraît à la fois simple et ambitieux : récolter des histoires vraies sur tout le pourtour de la Méditerranée afin de saisir les moments marquants des milliers de héros anonymes et, in fine, élaborer une forme de destin collectif qui unirait l’ensemble de ces hommes et femmes. Egalement soutenu par Marseille Provence 2013, l’épopée de l’écrivain ne se comprend pas sans son caractère multimédia, puisque plus de 1300 histoires ont été collectées sur un site internet sous les formes les plus diverses (sons, écrits, vidéo) et qui rejoindront la collection permanente du MUCEM.

D'autres vies, Imane Humaydane

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 19 Octobre 2012. , dans Verticales, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Pays arabes, La rentrée littéraire, Moyen Orient

D’autres vies, trad. arabe Nathalie Bontemps, septembre 2012, 189 p. 18,50 € . Ecrivain(s): Imane Humaydane Edition: Verticales

 

C’est un livre-vie-voyage, un peu comme Le garçon qui voulait dormir d’Aharon Appelfeld, auquel on pense tout du long.

Il en va de souffrances fondatrices qui, chez l’un, le tenaient dans un sommeil écran, et chez elle – Myriam – la bloquent dans un avion qui va d’un point à l’autre, comme si se poser quelque part était impossible. C’est du reste un aéroport qui illustre la couverture de ce beau livre attachant, qui, comme celui de l’écrivain israélien, décline lieu, mémoire et identité.

Une superbe chanson de Maxime Le Forestier disait : « être né quelque part, pour celui qui est né, c’est toujours un hasard… Y’a des oiseaux de basse-cour et des oiseaux de passage, ils savent où sont leurs nids, qu’ils rentrent de voyage, ou qu’ils restent chez eux, ils savent où sont leurs œufs… ».

C’est bien de tout ça dont il est question, quand on est Beyrouthaise – vieille famille druze de la Montagne à cèdres – qu’on est parti, en pleine guerre, quand les bombes tuaient les frères, rendaient fous les pères, et muettes les mères ; quand les paysages, le soleil et même la Méditerranée explosaient.

We are l'Europe, Jean-Charles Massera

Ecrit par Marie du Crest , le Dimanche, 23 Septembre 2012. , dans Verticales, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

We are l’Europe, octobre 2009, 242 p. 20 € . Ecrivain(s): Jean-Charles Massera Edition: Verticales

Notre époque aime à rendre opaque la réalité en produisant à foison des discours « d’expertises économiques, financières, sociologiques », des verbiages de professionnels de la communication et d’autres encore. Jean-Charles Massera puise dans ces eaux troubles du langage manipulé et manipulateur pour modeler un langage dramatique qui lui soit propre. C’est dans cette logique qu’il faut comprendre sa pièce WE are l’Europe.

WE are l’Europe (le projet Wale) fait écho à We are la France. En 2008 donc, il réalise un montage de plusieurs de ses textes extraits de Amour, gloire et CAC 40, France, guide de l’utilisateur, Jean de La Ciotat, la légende. Benoît Lambert assure la mise en scène. Ils donnent à voir et à entendre les voix de caissières de Mâcon ou de cadres de la région parisienne qui se débattent pour vivre ou survivre dans la société française en crise.

WE are l’Europe se présente comme un texte plus unifié, dense, aux typographies multiples (caractères gras ; italiques ; lettres capitales), aux formes littéraires hétérogènes (dialogues accompagnés de tirets ; réécriture de versets ; articles juridiques numérotés, paroles de chansons existantes ou forgées). Cette esthétique de la bigarrure apparaît dès le titre mi-français, mi-anglais, signature stylistique de plusieurs œuvres de l’auteur (United emmerdements of New order chez POL).