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Verticales

 

Les éditions Verticales sont une maison d'édition française du groupe Gallimard, fondée par Bernard Wallet en 1997. Yves Pagès, auteur dont il a publié le premier roman en 1990 (La Police des sentiments, Denoël) rejoint la maison en 1998. Les deux premiers titres du catalogue sont d'ailleurs Prière d'exhumer (Yves Pagès) et Livre XIX (Claro). Jeanne Guyon les rejoint ensuite en 2000. Les éditions Verticales ont d'abord été administrées par Slatkine (éditeur suisse) jusqu'en novembre 1999, date à laquelle Le Seuil a racheté la maison. Depuis le 1er décembre 2005, elles appartiennent au groupe Gallimard et conservent la même liberté éditoriale. Depuis juin 2009, l'équipe éditoriale est animée par Yves Pagès et Jeanne Guyon.


L’enfance politique, Noémi Lefebvre

Ecrit par Theo Ananissoh , le Vendredi, 27 Mars 2015. , dans Verticales, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’enfance politique, février 2015, 170 pages, 19 € . Ecrivain(s): Noémi Lefebvre Edition: Verticales

 

Noémi Lefebvre réussit dans ce roman un beau paradoxe. Une narration romanesque – pas l’histoire contée mais le récit en tant que suite de mots, de phrases (mais comment séparer les deux) – est nécessairement une communication… sensée ; un propos qui vise au partage. L’éditeur ne le proposerait sûrement pas au public sinon. Or Martine qui raconte, qui décrit et se décrit dans L’enfance politique souffre de « troubles mentaux » selon ses propres mots. Et ce n’est pas du tout une pose ni une histoire passée, finie, du genre : récit de mon année de dépression. Non, Martine est pour ainsi dire en prise directe ; elle vit son « désordre mental » tout en nous le racontant en narratrice apte.

Réfugiée chez sa mère, allongée toute la sainte journée sur le lit de celle-ci – qui est ainsi obligée de passer ses nuits sur un Clic-Clac installé dans la cuisine – à regarder des séries à la télévision, Martine multiplie les tentatives de suicide, et se retrouve logiquement en hôpital psychiatrique. Après un certain temps – comme elle refuse obstinément de coopérer avec les personnes habilitées à comprendre son état –, elle est gentiment rendue à sa pauvre mère, accompagnée de ce qui est plus une vague hypothèse qu’un diagnostic. Il convient de laisser le lecteur découvrir avec un mélange d’amusement et de perplexité les mots et les expressions que l’on tente de mettre sur ce dont souffre Martine.

Dancing with myself, Ismaël Jude

Ecrit par Jeanne de Bascher , le Samedi, 18 Octobre 2014. , dans Verticales, Les Livres, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Dancing with myself, août 2014, 154 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Ismaël Jude Edition: Verticales

 

On a tous déjà cité quelqu’un en disant « ah ouais lui c’est un gros pervers, un voyeur, il mate toutes les meufs, ça fait peur. Pourtant il a l’air mignon à première vue, il cache bien son jeu ». Vous, vous avez lu Dancing with myself mais vous ne le savez pas encore ! Le premier roman d’Ismaël Jude raconte l’histoire d’un homme de l’enfance à l’âge adulte, dont l’obsession est l’art délicat d’épier les courbes féminines.

Une vie d’errance et de désespoir que l’odeur d’une petite culotte ou la vue d’une bretelle de soutien-gorge suffit à raviver. Le personnage principal est un romantique obsédé sexuel loufoque voyeur mais jamais voyou. Tout jeune, il découvre les bas résille de Bella Gigi, la strip-teaseuse employée à la discothèque de ses parents, le Cow Boy Club. Ça dégaine ! C’est ce qui s’appelle être à la bonne école. L’école du désir, du langage, des formes féminines et des vêtements qui tombent. Récit d’un apprentissage où tous les sens sont en éveil. Le roman, jamais vulgaire, décrit malicieusement les corps en exhibition.

Mécanismes de survie en milieu hostile, Olivia Rosenthal

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Jeudi, 16 Octobre 2014. , dans Verticales, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Mécanismes de survie en milieu hostile, octobre 2014, 192 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Olivia Rosenthal Edition: Verticales

 

 

Si vous cherchez un livre qui vous apporte le confort et l’oubli des contraintes du jour, un livre reposant, qui vous offre le plaisir de l’instant, avec une intrigue linéaire qui se dévoile peu à peu et vous conduise pas à pas vers une fin paisible et prévisible, avec un narrateur omniscient qui agite des personnages comme un marionnettiste qui a tout pouvoir, qui connaît d’avance chaque mouvement des corps et des esprits, alors ne vous précipitez pas d’acheter le dernier roman d’Olivia Rosenthal, Mécanismes de survie en milieu hostile, paru en août de cette année. Vous n’y trouverez pas du tout ce que vous cherchez.

Par contre, si vous n’avez pas peur d’être bousculé, chahuté, alors, n’hésitez pas un instant, vous serez comblés. Au fil des pages, vous basculerez dans les méandres de vos mémoires refoulées, de vos sentiments les plus intimes et les plus inavouables, dans vos terreurs les plus archaïques.

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal

Ecrit par Adrien Battini , le Mercredi, 29 Janvier 2014. , dans Verticales, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Réparer les vivants, janvier 2014, 288 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Maylis de Kerangal Edition: Verticales

 

L’événement littéraire de l’année 2014 n’aura pas mis longtemps à poindre le bout de son nez. Il en aura en effet fallu moins d’un jour pour que sorte le nouveau cru de Maylis de Kerangal au nom puissamment évocateur. Après diverses nouvelles, contributions ou autres projets de résidence, Réparer les vivants annonce en grandes pompes le retour au genre romanesque de l’auteure depuis son déjà particulièrement abouti Naissance d’un pont, paru à l’automne 2010. Restait donc à découvrir comment cette plume singulière avait pu mûrir.

Quelques chapitres suffisent à se rassurer sur la teneur littéraire des pages avalées. Un enthousiasmant parfum de familiarité s’en dégage et confirme toutes les promesses entrevues dans Naissance d’un pont. Dans la lignée de ce dernier, Réparer les vivants ne brille pas tant par sa thématique que par sa construction formelle. En somme l’intrigue se résume à la genèse d’une greffe de cœur quand un jeune homme de 21 ans meurt dans un hôpital du Havre.

Mon Prochain, Gaëlle Obiégly

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 22 Janvier 2014. , dans Verticales, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Roman, Récits

Mon Prochain, septembre 2013, 185 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Gaelle Obiégly Edition: Verticales

 

Difficile de résumer Mon Prochain qui n’est pas plus un récit autobiographique, ni même à proprement parler un journal intime, qu’un roman, même si la narratrice, « écrivaine » se dédoublant parfois avec « [son] amie Gaëlle », semble l’alter ego de l’auteure.

Gaëlle Obiégly, s’affranchissant des genres littéraires comme de la chronologie, a construit en effet un étrange texte éclaté procédant par associations, ricochant d’un fragment à l’autre, dans lequel elle entremêle de multiples petites expériences prétextes à des ébauches de fictions possibles dont une seule, l’histoire de pinceloup, sera vraiment développée sur plusieurs chapitres mais de manière aléatoire et désordonnée. Des expériences faisant aussi surgir des souvenirs et naître des réflexions.

Gaëlle Obiégly explore notre monde au travers des perceptions de sa narratrice qui l’observe sans a priori, avec l’attention ingénue d’un enfant et une totale disponibilité. Elle se laisse ainsi dériver, s’abandonnant à ses sensations, à l’écoute de ce que lui dictent les choses, et des idées qui se forment sur son chemin. Une errance qui, au gré de son imagination, la conduit de Paris à Los Angeles, à Dublin ou en Turquie, et la fait divaguer dans l’espace mais aussi dans le temps.