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publie.net

publie.net est une maison d'édition consacrée au numérique créee par François Bon


Mais qui lira le dernier poème ?, Eric Dubois

Ecrit par Etienne Ruhaud , le Lundi, 06 Janvier 2014. , dans publie.net, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Mais qui lira le dernier poème ? 52 p. 2,99€ (Ebook) . Ecrivain(s): Eric Dubois Edition: publie.net

 

Blogueur, homme de radio, fondateur et animateur de la revue en ligne Le Capital des mots, Eric Dubois semble opposé à toute forme d’hermétisme, tant dans ses choix de publication que dans sa propre production littéraire. Déployant une langue à la fois sobre et néanmoins souple, harmonieuse, Mais qui lira le dernier poème ? évoque la vie quotidienne, au risque d’un certain prosaïsme, parfois, une sorte de simplicité volontaire, ascèse stylistique, qui n’est pas sans rappeler, par moments, Bukowski ou Houellebecq :

Le temps s’étire comme un chewing-gum/La bite perdue dans les poils et les plis/du pantalon/Dans la poussière/et les temps morts.

Editeur du recueil sous forme numérique, François Bon parle lui d’écriture concrète. Poésie de l’actuel, de l’immédiat, les vers brefs et précis d’Éric Dubois évoquent la cité d’aujourd’hui, son décor froid, inamical mais familier :

Encore l’œil électronique/de désirs fantasmés/Par l’unité centrale/La caméra et l’écran/dans la nuit du commerce.

La tendresse, Jacques Ancet

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 25 Juin 2013. , dans publie.net, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Poésie, Roman

La Tendresse, publie.net, collection Temps Réel, janvier 2011, 120 pages, 3,49 € . Ecrivain(s): Jacques Ancet Edition: publie.net

 

Voyez le pianiste Nelson Freire, lorsqu’il joue : ses mains à chaque instant font comme – exactement comme – si elles dessinaient, sans tremblement, sans même l’esquisse d’un vacillement, un cercle parfait.

Et Nelson Freire, quand il se met au piano, transforme chaque morceau en une seule phrase musicale, avec ses différents tempi, faisant ressentir à quel point l’ampleur du mouvement (mouvement de vie, mouvement d’eau, mouvement de lumière) donné à la partition par ses mains, et l’extraordinaire précision dans cette ampleur confèrent à chacun des accords confiés à l’ivoire, aux cordes et au bois du piano son identité indivisible. Sa particularité secrète. Qui irradie en nous. Soudain. Cet accord, dans cette irradiation par quoi il paraît totalement, de toute son unicité, se voyant renvoyé au monde duquel il ne peut s’extraire et qui est constitué de la totalité des accords (et du silence, sans quoi rien ne peut se dire, d’une musique qui, pour ne rien vouloir dire, signifie tout, suivant l’adage steinerien). Au monde qui loin de nier sa singularité la façonne de bout en bout.

Ma mère est une fiction, Chris Simon

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 12 Décembre 2012. , dans publie.net, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits

Ma mère est une fiction, 2012. 52 p. 1,99 € . Ecrivain(s): Chris Simon Edition: publie.net

 

Chris Simon, son écriture aboutie, professionnelle, ses sujets fous, juste pour elle – un sur mesure, en somme d’imagination désaxée. A La Cause Littéraire, on connaît, et on aime ! Souvenez-vous Le baiser de la mouche, un de ses premiers opus, un pur bonheur.

Ici – format numérique défilant vite, avec son lot de surprises en chaîne, convenant parfaitement à l’écriture et au sujet –, elle nous offre, un peu cadeau de Noël, avant l’heure, une grosse nouvelle, un petit roman-écrin, au titre accrocheur : Ma mère est une fiction, qu’on a évidemment envie d’aller voir. Il s’agit de voyages ; on ne regrette pas.

Difficile, et peut-être inutile de dire « ça parle de… ». Chez Chris Simon, les contraintes de temps, d’espace, sont depuis longtemps parties dans l’intersidéral, et plus loin encore. Personnages – dont le principal, la femme qui dit « je » – naviguent entre un présent que tout le monde ne connaît pas – est-ce même un présent ? un passé à deux pas, sage, plat, sous les pins des Landes, et – s’il n’y avait que ça ! – un tour chez les dieux, grecs, tant qu’à faire… Chez Simon, se laisser embarquer a des allures follement angoissantes de grand manège ; ceux qui font tellement peur et plaisir à la fois.

Du toucher, essai sur Guyotat, Antoine Boute

Ecrit par Sophie Galabru , le Mercredi, 05 Septembre 2012. , dans publie.net, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Du toucher, essai sur Guyotat, 3,49 € . Ecrivain(s): Antoine Boute Edition: publie.net

 

Si Antoine Boute est un écrivain et poète dont la pratique repose sur l’exploration des formes de langage, de ses détournements, de sa sonorité et ses rythmes, il n’est pas étonnant alors qu’il se soit consacré à faire parler la langue de Pierre Guyotat. Langue parlée-écrite, expérimentant ses limites, refusant sa simple fonction de représentation du réel ou de communication d’un sens ; chez Guyotat on peut bien dire que la langue ne parle pas de quelque chose, mais que quelque chose parle en elle. Cette écriture au lieu de figurer défigure, ne livrant aucun un sens, car en réalité elle se préoccupe des sens, et essentiellement de celui du tact. D’ailleurs, dans cet essai, Antoine Boute ne veut s’intéresser à l’écriture de Guyotat que sous la perspective d’une écriture qui refuse toute forme ou tout esprit pour être pure matière, pur toucher.

Si vous n’avez pas lu Guyotat, l’ouvrage en offre une introduction qui sait mêler évènements biographiques et conséquences littéraires. Hanté par la présence de la guerre, de l’esclavage prostitutionnel et du viol durant la guerre d’Algérie à laquelle il fut appelé, Pierre Guyotat ne cessa d’élaborer un langage nouveau en rupture avec les traditions, détourné de sa faculté représentative, bref un langage prostitutionnel et corporel.

Le vieil homme et la mer, Ernest Hemingway (trad. François Bon)

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 16 Mai 2012. , dans publie.net, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Aventures

Indisponible. Trad USA François Bon. 2012 . Ecrivain(s): Ernest Hemingway Edition: publie.net

 

Évoquer un ouvrage indisponible (sauf pour quelques petits futés, geeks espiègles, militants du libre, partageurs insouciants ou farouches partisans, gentils, disposés à défendre et à illustrer, justement, la cause littéraire) ne relève pas de la gageure mais d’un engagement bien concret à transmettre quelques informations à celles et ceux qui voudront bien se prêter à un jeu dont la légalité rivalise avec la moralité.

La morale rejoint ici le droit en cet appel à la lecture quasi-impossible de la nouvelle traduction de François Bon. Traduire est moins trahir que lire et relire, de près, égrainer pour rassembler, planter pour faire pousser.

« Traduire c’est reprendre un texte comme du gravier, lentement. Par rapport aux autres textes d’Hemingway, presque un travail de statuaire : si peu de mots, et le tournoiement de leurs répétitions, des didascalies qui détourent les phrases comme un vitrail. Le jeu précis de miroitements entre les paroles que le vieil homme dit à haute voix pour le ciel, le poisson ou lui-même, et son monologue intérieur. Le travail comme sur du marbre entre homme et animal, et l’égalité terrible devant mort et destin ».