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publie.net

publie.net est une maison d'édition consacrée au numérique créee par François Bon


Village, Joachim Séné (par Ahmed Slama)

Ecrit par Ahmed Slama , le Lundi, 23 Septembre 2019. , dans publie.net, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Village, août 2018, 264 pages, 20 € . Ecrivain(s): Joachim Séné Edition: publie.net

 

Auteur d’une œuvre singulière et qui commence à prendre de l’épaisseur, Joachim Séné revient, toujours aux éditions Publie.net, avec Village, son roman le plus abouti à mon sens et où se déploie toute sa virtuosité scripturale.

Avec Village, nous ne sommes pas loin de Claude Simon, écrivain qui semble nourrir cette prose faite de description sensible et fine. Mais avant de pousser plus avant, arrêtons-nous quelques instants sur ce titre, village ; aucun déterminant ne précède le nom, rien ne vient cerner en quelque sorte ce titre, Village, qui se trouve être le personnage central du roman. Non pas ce village vu par le filtre d’un ou plusieurs personnages, mais la vie même de Village lui-même prétexte à un déploiement virtuose.

 

Village-réseau

30 ans dans une heure, Sarah Roubato (par Cathy Garcia)

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 14 Janvier 2019. , dans publie.net, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

30 ans dans une heure, septembre 2018, 142 pages, 14 € . Ecrivain(s): Sarah Roubato Edition: publie.net

 

30 ans dans une heure : qu’est-ce qui relie les paroles de ces presque trentenaires d’ici et d’ailleurs ? Un âge qui marque une étape importante dans la vie, l’âge où la pression sociale se fait plus forte et où on commence à prendre conscience du temps qui passe.

Toutes ces voix rassemblées dans ce roman forment une polyphonie dont la note commune est un questionnement sur le sens, une quête de sens, de liberté et d’authenticité. Tout ne coule pas de source, et dans le monde qui se présente à elles, elles n’ont plus forcément envie de perpétuer des habitudes, des modes de vie et de pensée sans en interroger véritablement le sens. C’est une sorte de crise qui se traduit plus fortement pour ces personnes – pour cette génération ? – par un besoin pressant et vital de cohérence.

« C’est une espèce de courbature à l’âme. Comme un muscle qui tire chaque fois qu’on triche ».

Certains ont déjà fait le pas, le pas de côté.

Les Classiques connectés, Olivier Ertzscheid

Ecrit par Ahmed Slama , le Lundi, 03 Avril 2017. , dans publie.net, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Les Classiques connectés, septembre 2016, 113 pages, 4,99 € . Ecrivain(s): Olivier Ertzscheid Edition: publie.net

 

L’éternel retour littéraire ?

Dès la lecture de la quatrième de couverture, enfin du synopsis, l’intérêt est aiguisé, « et si Baudelaire avait écrit un hymne aux algorithmes au lieu de son hymne à la beauté ? », une question pourtant, un Baudelaire à l’heure numérique, parlerait-on encore de Baudelaire ?

Cette question dissipée, on s’empresse de débuter la lecture de ces Classiques connectés, en ayant à l’esprit que ces Classiques connectés sont l’œuvre d’Olivier Ertzscheid, auteur du captivant blog Affordance. Il s’est amusé au fil de ce blog à reproduire cette tradition, aujourd’hui un peu désuète, favorite des rhétoriciens en tout genre, celle d’écrire dans le style de… Mais nous ne sommes pas vraiment dans l’exercice du pastiche tant les textes d’Olivier Ertzscheid épousent parfaitement les contours de ceux qu’il imite, et dès les premières pages nous sommes immergés dans une sorte de dystopie (à mes yeux tout du moins comme chacun le sait, l’utopie des uns est la dystopie des autres) car « Le fantasme de la bibliothèque universelle de Borges est réalisé.

L’Être Urbain, Raymond Bozier

Ecrit par Germain Tramier , le Mardi, 14 Mars 2017. , dans publie.net, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

L’Être Urbain, 73 pages, 4,99 € . Ecrivain(s): Raymond Bozier Edition: publie.net

 

Variations d’une musique cinétique

Dire la ville : être uniforme, immense et dépersonnalisé ? tirer de cette foule d’image et d’objet de quoi l’arracher à la fadeur ? battre l’uniformisation des comportements au fer glacé. Une évocation de l’urbain par la machinerie des mots.

 

Après son recueil Roseaux, qui portait le sous-titre Appréhension spatiale du contemporain, Raymond Bozier continue son exploration de l’espace quotidien, prolongeant son intérêt poétique urbain et ses décors artificiels.

Choses vues d’une ville en sédimentation

Dans la zone d’activité, Éric Chevillard

Ecrit par Ahmed Slama , le Vendredi, 10 Février 2017. , dans publie.net, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Récits

Dans la zone d’activité, Éric Chevillard, publie.net, 65 pages, 2,99 € . Ecrivain(s): Éric Chevillard Edition: publie.net

 

Zone littérairement ludique

Chevillard ? On le connaît Éric, depuis le temps qu’il sévit, chez Minuit essentiellement, une quinzaine de romans, toujours cette langue, ce style, enroulement langagier, et puis cet imaginaire, le Chevillard est une espèce rare qu’il faudrait protéger, on sait jamais avec les braconniers littéraires qui pullulent aujourd’hui, ici ou là, qui n’ont rien su comprendre, j’en plains les tristesses lectorales, sans en évoquer la fadeur stylistique. Et quand Éric, auteur d’un excellent blog, L’Autofictif, nous gratifie d’une œuvre numérique, chez Publie.net, on s’y penche, nous chez LitteWeb, on s’y penche c’est forcé, avec ce risque, toujours chez Chevillard, celui d’une chute, un abîme.

Dans la zone d’activité, c’est une trentaine d’histoires courtes, celle d’une zone commerciale ; on les voit, dès la table des matières, les boutiques réparties, y a qu’à laisser son curseur, son index vous guider, « Mon imagination est une colle » qu’il disait Chevillard, paraphrasant Léon Bloy, dans son sublime L’Auteur et Moi, une assertion qui encore se confirme dans cette Zone d’activité, dès les premières lignes, lire, et se laisser cheviller par la langue d’Éric.