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Philippe Rey

 

 

Tout jeune éditeur, les Éditions Philippe Rey proposent un catalogue varié, tout particulièrement en ce qui concerne la littérature et les documents. Elles publient notamment les plus récents romans de Joyce Carol Oates,

 

La petite conformiste, Ingrid Seyman (par Christelle d'Hérart- Brocard)

Ecrit par Christelle d’Herart-Brocard , le Mercredi, 26 Février 2020. , dans Philippe Rey, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La petite conformiste, Ingrid Seyman, Editions : Philippe Rey 22 août 2019, 192 pages, 17 € Edition: Philippe Rey

 

Esther, la narratrice, évoque son enfance, marquée par les fortes contradictions d’une famille bigarrée, où chacun cherche à faire entendre sa voix. Son récit de vie privilégie tantôt l’humour et la tendresse, tantôt la férocité ou la sévérité, selon l’instance d’énonciation prédominante : la petite fille précoce ou l’adulte et son point de vue rétrospectif.

Née à Marseille, de parents soixante-huitards, adeptes du fameux précepte il est interdit d’interdire, la fillette n’a d’autre choix que celui de composer avec la vie débridée qui règne à l’intérieur du cocon familial. Unis par la règle de la nudité dans leur trois-pièces, les individualités coexistent sans trop de heurts, grâce à de petits et gros mensonges, de petites et grandes concessions. Avec la complicité de ses deux enfants, Babeth, la mère résolument athée, échafaude de savants subterfuges pour réfréner les sautes d’humeur de son mari, et se ragaillardit en compagnie de ses deux bons amis, Gilles le chevelu et Suzanne la lesbienne.

Les temps de la cruauté, Gary Victor

Ecrit par Michel Tagne Foko , le Vendredi, 09 Juin 2017. , dans Philippe Rey, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les temps de la cruauté, février 2017, 192 pages, 16 € . Ecrivain(s): Gary Victor Edition: Philippe Rey

 

C’est un vrai bonheur de lire cet excellent auteur.

Dans ce nouveau Gary Victor, le réel, que l’on peut aussi appeler le concret, se mêle à la superstition, surnaturel ou surréalisme. Ça dépendra de chacun. À chacun de comprendre comme il peut.

Le livre s’ouvre avec les mots de Carl Vausier. Il nous livre son histoire du début à la fin. C’est une personne qui a fait des études. Il écrit des livres. Il vit à Port-Au-Prince, capitale politique d’Haïti. Il parle. Il nous parle. Avec ses mots. Oui, avec ses verbes et sa singularité. Il nous parle tout simplement, comme monsieur tout le monde. Il est certes écrivain, mais là, il n’est pas en train d’écrire un livre. Non, du tout. Il parle de ce qu’il a vécu et de ce qu’il vit. Ce qu’il dit est là. Il le dit. Subitement, le lecteur, celui-là qui lit ce qui est écrit, voit. Voit l’image de ces scènes qui sont là. Posé là avec un niveau de compréhension accessible à tous. Il parle tout simplement comme dans la vraie vie. Et c’est beau. Que c’est bon !

Camille mon envolée, Sophie Daull

Ecrit par Mélanie Talcott , le Mercredi, 02 Décembre 2015. , dans Philippe Rey, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Camille mon envolée, août 2015, 192 pages, 16 € . Ecrivain(s): Sophie Daull Edition: Philippe Rey

 

Écrire la douleur pour ne pas se laisser entraîner dans son cyclone destructeur, pour conjurer cette envie d’anéantissement qui habille chaque cri, chaque sanglot, quand la réalité vous ramène dans cet interstice d’un temps qui semble désormais s’être figé pour l’éternité entre l’avant et l’après. Écrire pour ne plus sentir dans sa chair ce lent écorchement à vif né du sillon de l’indicible. Écrire pour donner un semblant de continuité à ce qui ne peut plus en avoir. Écrire pour étoffer une vie qui a cessé et pour ne pas qu’elle soit oubliée. Écrire pour exorciser la perte, pour conjurer la mort, celle de son enfant qui vous laisse les entrailles vides, désertes et désertées.

C’est à cet exercice thérapeutique que se livre Sophie Daull dans Camille mon envolée. Un récit élégiaque en hommage à sa fille de seize ans emportée quelques jours avant Noël par la fulgurance mortifère d’une maladie pathétiquement mal diagnostiquée, quasi une erreur médicale par indifférence professionnelle. Les préparatifs du 25 décembre s’entrecroisent dès lors avec ceux de l’enterrement. Les joyeux Noëls font écho aux condoléances. La disparition de la jeune fille en tire d’autres de leur néant.

Folie, aller simple. Journée ordinaire d’une infirmière, Gisèle Pineau

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Jeudi, 03 Avril 2014. , dans Philippe Rey, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Folie, aller simple. Journée ordinaire d’une infirmière, avril 2014, 208 pages, 8,50 € . Ecrivain(s): Gisèle Pineau Edition: Philippe Rey

 

Gisèle Pineau, infirmière dans un service de psychiatrie depuis l’âge de vingt ans, se raconte avec distance, décrit l’ordinaire, les rituels, les délires de ces hommes et femmes qui semble-t-il « ne sortent pas de l’hôpital par hasard » : DCD (décédé) / TS (tentative de suicide) / IMV (ingestion médicamenteuse volontaire)…

Ce livre profondément humain est un parcours introspectif, comme le dit un vieil infirmier à Gisèle Pineau : « Quand on soigne les fous, c’est nous-mêmes qu’on soigne, qu’on aide, qu’on réconforte. Tous ces grands malades sont des reflets de nous-mêmes dans le miroir ».

Itinéraire croisé entre un quotidien où la douleur, la folie s’exposent sans fard et où l’auteur nous interroge sur nos propres dépressions, paranoïas, résiliences… La ponctuation n’est pas utilisée par hasard, l’auteur semble focaliser l’attention du temps avec des signes répétitifs : « ? » et « … » ; comme un dialogue entre les vies errantes sans réponses, le corps médical, celle de l’auteur « Suis-je arrivée là par hasard ? ». Et vous même lecteur ?

Vous ne connaitrez ni le jour, ni l'heure, Pierre Béguin

Ecrit par Laurent Bettoni , le Lundi, 08 Avril 2013. , dans Philippe Rey, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Récits

Vous ne connaîtrez ni le jour ni l’heure, 2013, 188 p., 17 € . Ecrivain(s): Pierre Béguin Edition: Philippe Rey

 

 

À quoi ressembleront les derniers instants que nous passerons avec nos proches, en particulier avec nos parents ? C’est une question à laquelle il est difficile de répondre quand on ne connaît justement ni le jour ni l’heure à l’avance. Pierre Béguin essaie pourtant d’apporter une réponse dans ce roman consacré à l’euthanasie. Car il le peut, puisque l’action se déroule en Suisse, où cette pratique est autorisée.

Les parents du narrateur décident de planifier le moment de leur mort, afin d’échapper l’un et l’autre à la lente déchéance que subit leur corps. Trois semaines avant la date fatidique, ils informent leur fils de leur volonté de mettre fin à leurs souffrances. Trois longues semaines durant lesquelles celui-ci apprend à se familiariser avec cette idée, à l’apprivoiser, à l’accepter.