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J'ai lu (Flammarion)

J'ai lu est une maison d'édition française à Paris créée en 1958 par Frédéric Ditis à la demande d'Henri Flammarion.

Sa ligne éditoriale est très variée : romans de littérature générale, science-fictionfantastiquefantasybande dessinéemanga (abandonné), roman policier,roman d'amour. Elle publie essentiellement en format poche, mais a aussi édité la collection Millénaires (53 titres, maintenant arrêtée) au format 130 x 200 et en grand format le cycle de La Tour sombre de Stephen King ainsi que la collection Nouveaux Millénaires initiée en 2011.

Depuis 2004, elle fait partie du groupe Flammarion.


(Source Wikipédia)

L’enfant-mouche, Philippe Pollet-Villard (par Lionel Bedin)

Ecrit par Lionel Bedin , le Vendredi, 14 Septembre 2018. , dans J'ai lu (Flammarion), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’enfant-mouche, août 2018, 480 pages, 8 € . Ecrivain(s): Philippe Pollet-Villard Edition: J'ai lu (Flammarion)

 

L’enfant-mouche est l’histoire de Marie, une petite fille livrée à elle-même, sans attaches (orpheline aux origines troubles) qui va devoir survivre dans un monde compliqué : le monde des adultes dans une campagne sinistre en temps de guerre.

Mais le premier personnage que l’on rencontre est Anne-Angèle, infirmière militaire dans un dispensaire à Casablanca. Elle a 60 ans, ne croit ni en Dieu, ni au Diable, qui dit que « être inquiète, réfléchir, ça ne sert à rien » et « seule la réalité compte ». Elle sera la tutrice de Marie tout au long de cette histoire. Marie, dont le lecteur fait la connaissance à Paris à l’été 1944, a 12 ans. Elle est renfermée, instable. Sa mère est-elle vraiment cette Faustina, stripteaseuse dans un cabaret louche ? Après divers événements, Anne-Angèle et Marie sont contraintes d’aller vivre dans un village de la Marne.

La Survivance, Claudie Huntzinger

Ecrit par Christian Massé , le Lundi, 25 Juin 2018. , dans J'ai lu (Flammarion), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La Survivance, 251 pages, 7,10 € . Ecrivain(s): Claudie Huntzinger Edition: J'ai lu (Flammarion)

 

Sils et Jenny dénichent les bons livres, plus qu’ils n’en vendent. Déclarés en faillite, ils font de leurs cartons de livres, des barricades. Les livres sont pour eux des orphelins abandonnés, qui se suivent, ne se ressemblent pas, ne se quittent pas.

Achetée par le couple quarante ans plus tôt, La Survivance est une ancienne métairie, en pleine montagne de Merveille, près de Colmar. La Survivance devient pour eux deux l’Eldorado de leur exil – exil au sens premier, où il va falloir tout réapprendre, survivre. Une éternelle fuite en avant, avec Brecht, Kafka, Cadou, Ponge, Corti, et aussi une chèvre, une ânesse et la tête dans les étoiles. Ni eau, ni électricité. Autour, les loups du monde entier rôdent – des gens qui n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux. Jusqu’aux jours où les Autorités les prient de quitter ce zade pour un autre refuge. Nous sommes nés pour ne rien posséder, constate calmement Sils.

Marguerite n’aime pas ses fesses, Erwan Larher

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 10 Avril 2018. , dans J'ai lu (Flammarion), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Marguerite n’aime pas ses fesses, avril 2018, 260 pages, 7,40 € . Ecrivain(s): Erwan Larher Edition: J'ai lu (Flammarion)

 

Marguerite n’aime pas ses fesses est une fable caustique et ludique à l’ironie mordante qui se mue en thriller rocambolesque pour nous dépeindre un monde en trompe-l’œil dans lequel l’image et le virtuel accroissent leur empire de manière inquiétante, une société immature, narcissique et exhibitionniste. Refusant de voir dans cette planète malade le meilleur des mondes possibles, Erwan Larher y propulse un nouveau Candide sous les traits d’une attachante Marguerite, une trentenaire hors normes à qui sera offerte l’occasion d’un sursaut la révélant à elle-même.

Marguerite « se pense nulle dans plein de domaines, des fesses à l’écriture ».

Incapable de s’affirmer, exploitée par ses proches et totalement dépourvue de libido, elle s’évade dans ses rêves. Alors qu’elle vit en couple avec Jonas, un mec « ni mieux ni pire qu’un autre », et effectue de menus travaux littéraires pour une maison d’édition, elle s’imagine ainsi en mère comblée à la tête d’une joyeuse famille et en romancière à succès. Jusqu’au jour où sa vorace éditrice la charge d’aider un ancien Président de la République, Aymeric Delaroche de Montjoie, à écrire ses mémoires.

Extension du domaine de la lutte, Michel Houellebecq

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Lundi, 10 Juillet 2017. , dans J'ai lu (Flammarion), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Extension du domaine de la lutte, 155 pages, 5,20 € . Ecrivain(s): Michel Houellebecq Edition: J'ai lu (Flammarion)

 

Houellebecq, la flaccidité corrosive

Le travail est un divertissement comme un autre, certes institutionnalisé, ennobli, sacralisé. Il distrait l’homme de sa condition de mortel et adoucit l’amertume de sa médiocrité. Par son utilité professionnelle, l’homme s’érige en artifice, dépasse sa nature, prend de la hauteur et s’expose par là-même à la possibilité d’une chute. C’est la menace qui pèse sur le narrateur cafardeux d’Extension du domaine de la lutte, premier des six romans écrits par Michel Houellebecq et publié en 1994.

Le narrateur, un cadre informaticien de 30 ans, est parvenu à gagner son titre de rouage dans l’appareil économique, à décrocher un rôle dans la vaste comédie humaine. Il a cependant conscience d’une anomalie. Comme s’il flottait dans un costume trop grand pour lui. Il sent que quelque chose cloche dans son existence bien léchée, morne et solitaire : « Généralement, le week-end, je ne vois personne. Je reste chez moi, je fais un peu de rangement ; je déprime gentiment ».

Petite Philosophie de l’Amour, Alain de Botton

Ecrit par Didier Smal , le Jeudi, 06 Avril 2017. , dans J'ai lu (Flammarion), Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Petite Philosophie de l’Amour, trad. anglais Raymond Las Vergnas, 318 pages, 7,10 € . Ecrivain(s): Alain de Botton Edition: J'ai lu (Flammarion)

A l’heure des réseaux sociaux, il est réjouissant de relire la Petite Philosophie de l’Amour (1993), premier roman de l’Anglais Alain de Botton (1969) : c’est comme s’offrir un bain de jouvence moderne dans une romance d’une époque qui semble à la fois tellement proche et tellement éloignée. Proche par certaines de ses préoccupations, par le mode de vie du narrateur et son aimée, Chloé ; éloignée par le temps et la façon dont il s’écoule, par la possibilité encore offerte de ne pas vivre dans l’instantanéité. Un roman serait à écrire sur l’amour au temps des communications fusant dans l’éther à toute vitesse ; ce n’est pas encore le cas pour cette histoire-ci.

Cette histoire-ci est donc narrée par un jeune homme moderne, qui prend l’avion pour se rendre de Paris à Londres et, contre toute probabilité (le calcul est effectué : une chance sur 5840,82), rencontre une jeune femme pour laquelle il a le coup de foudre. De cette rencontre inopinée naît une romance, racontée à la première personne en vingt-quatre chapitres aux titres programmatiques, puisque l’on va « Du Fatalisme Romantique » aux « Leçons de l’Amour » en passant par « De l’Authenticité », « Du Marxisme » (Groucho, pas Karl) ou encore « De la Peur du Bonheur ». Comme le montre l’intitulé de ces chapitres, cette romance est l’occasion pour Alain de Botton de poser quelques réflexions sur l’amour, sur le couple, sur l’attachement que l’on éprouve envers autrui.