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Editions Zoe

Les Éditions Zoé sont créées en 1975 par Michèle Zurcher, Arlette Avidor, Sabina Engel et Marlyse Pietri à Carouge (canton de Genève). En 1982, Marlyse Pietri se retrouve seule et jusqu'en février 2011, les Éditions Zoé seront dirigées par elle. En 1982, les Éditions Zoé signent un contrat de diffusion en France avec Harmonia Mundi. Les Éditions Zoé font paraître des romans et des récits d’écrivains de Suisse romande, de France, de Suisse allemande, d’Afrique et d’Asie. Elles recherchent des auteurs qui révèlent une attitude radicale envers l’écriture et savent créer un univers littéraire. Elles ont aussi à leur catalogue des livres de poches et une collection de petits livres au format de cartes postales (79 titres pour connaître la littérature suisse).

L’Etang et Félix, Robert Walser

Ecrit par Didier Smal , le Mercredi, 27 Septembre 2017. , dans Editions Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Récits

L’Etang et Félix, juin 2016, trad. suisse allemand et allemand Gibert Musy, 96 pages, 8,50 € . Ecrivain(s): Robert Walser Edition: Editions Zoe

 

Débutons, une fois n’est pas coutume, par la célébration d’un métier en voie de disparition, comme tous ceux qui font intervenir de l’humain dans le commerce, voire font passer l’humain avant le commerce : bouquiniste. Dans la vie de tout lecteur, il y a un bouquiniste au moins, parce qu’on cherche un livre rare, épuisé, ou parce qu’on est sans le sou, et ce bouquiniste, par son manque total de lien à l’actualité (peu lui chaut la dernière sortie à la mode journalistique, de toute façon, il ne l’a pas en rayon), s’avère un véritable amoureux de la chose écrite, et un précieux conseiller en défrichage et en visite de sentiers peu battus. A titre personnel, j’ai connu deux bouquinistes de cet acabit : le lecteur que je suis devenu leur est redevable de beaucoup.

Un des deux, aujourd’hui décédé, a un jour attiré mon attention sur Robert Walser (1878-1956), en me citant la première phrase de son roman L’Institut Benjamenta (1909) : « Nous apprenons très peu ici, on manque de personnel enseignant, et nous autres, garçons de l’Institut Benjamenta, nous n’arriverons à rien, c’est-à-dire que nous serons tous plus tard des gens humbles et subalternes ».

Trois saisons à Venise, Matthias Zschokke

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 02 Mai 2017. , dans Editions Zoe, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Langue allemande, Récits, Voyages

Trois saisons à Venise, novembre 2016, trad. allemand Isabelle Rüf, 380 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Matthias Zschokke Edition: Editions Zoe

« Je veux devenir comme ça : m’opposer au monde jusqu’à ce qu’il m’ait complètement laminé », Matthias Zchokke

 

L’escale de l’écrivain

Un exemple de l’impossibilité d’aller contre envieux et jaloux nous est apporté par l’écrivain suisse allemand, Matthias Zschokke. Dès l’ouverture de son dernier livre, Trois saisons à Venise, ceci : « Il n’avait pas de famille. Des amis, il ne lui en restait pas beaucoup non plus depuis que le bruit s’était répandu que la chance le favorisait d’une manière inquiétante. Il craignait que cette invitation à Venise soit considérée comme une preuve supplémentaire de cette chance supposée, ce qui inciterait ses dernières connaissances à rompre tout contact avec lui – “à se détourner de lui avec horreur” ». On reconnaît, dans cette « chance supposée », l’impossibilité d’admettre qu’il y eût à son origine quelques efforts, un peu de travail, voire un soupçon de talent. Bien des écrivains jamais invités à Venise se verront quelques points de ressemblance avec l’auteur de l’exceptionnel roman Max (voir ci-après), et le propos doit être brièvement développé.

L’Homme au lion, Henrietta Rose-Innes

Ecrit par Anne Morin , le Samedi, 01 Avril 2017. , dans Editions Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman

L’Homme au lion, trad. anglais Elisabeth Gilles, 315 pages, 21 € . Ecrivain(s): Henrietta Rose-Innes Edition: Editions Zoe

 

Curieux roman que celui d’Henrietta Rose-Innes. Elle nous avait surpris avec son Ninive, qui traitait d’une invasion insidieuse d’insectes destructeurs, dé-bâtissant, grignotant les fondations mêmes érigées par l’homme. Cette fois encore, l’histoire se déroule en Afrique du Sud, au Cap, territoire des derniers lions géants à crinière noire. Que s’est-il exactement passé entre Mark, l’homme-gardien-soigneur (?) et Dmitri, le grand lion mâle, pour que celui-ci l’agresse et le mutile ?

Appelé par Margaret, la mère de Mark, Stan, son ami d’adolescence – disponible à tous les sens du terme – prend sans qu’il n’y paraisse ni qu’il lui paraisse, la place de Mark, qu’il n’a pas revu depuis des années, séparé de lui par un drame, auprès de Sekhmet, la lionne solitaire depuis que Dmitri a été abattu. Mark et Stan, interchangeables que tout, pourtant, sépare et séparait déjà du temps de leur adolescence : Stan, négatif de Mark qui, pour plaire à Mark s’était inventé une vie aventurière et un courage et des défis qu’il n’aurait pu tenir jusqu’au bout, jusqu’au but.

Trois saisons à Venise, Matthias Zschokke

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 20 Février 2017. , dans Editions Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Récits

Trois saisons à Venise, novembre 2016, trad. allemand Isabelle Rüf, 384 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Matthias Zschokke Edition: Editions Zoe

 

Matthias Zschokke est invité en 2012 à Venise par une fondation qui met à sa disposition un appartement en plein cœur de Venise. Ce sont trois saisons qu’il va mettre à profit pour « travailler », c’est en tout cas son désir, et l’idée de se retrouver en plein cœur de la Sérénissime ne peut, pense-t-il, que faciliter ce travail, sauf que, une fois sur place, il va partager son bonheur en écrivant des courriels à son frère, à sa tante, à son éditeur et à certains de ses amis et à des relations professionnelles.

Dans les réponses qu’il adresse à « l’ami de Cologne », il décrit un quotidien ordinaire à Venise : « Sous mes fenêtres glissent des gondoles, des bateaux-cargos avec des pianos, de temps en temps des pompiers, des ambulances, des bateaux-taxis, avec au fond un Dottore ou un Onorevole, qui rentre chez lui ou va au théâtre… ». On imagine sans peine ce que le lecteur à Cologne peut ressentir à la lecture de ce courriel.

Lettres sur la littérature (1937-1940), Walter Benjamin (2ème article)

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 25 Mai 2016. , dans Editions Zoe, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Langue allemande

Lettres sur la littérature (1937-1940), traduit de l'allemand par Lukas Bärfuss mars 2016, 160 pages, CHF 24 . Ecrivain(s): Walter Benjamin Edition: Editions Zoe

« Le poids des morts grandit plus vite que la fierté des vainqueurs. Le tas des morts monte plus vite que le trophée. La victoire a beau grandir, elle ne réussit plus à rattraper les morts », Jules Romains.

Cette phrase de Jules Romains prend, en exergue de cette chronique consacrée à Walter Benjamin, toute sa signification si l’on songe que l’auteur des Hommes de bonne volonté « s’est très activement employé en faveur des intellectuels dans les camps » et qu’il a même intercédé en faveur de Walter Benjamin alors qu’il était enfermé, en juin 1940, au camp de Vernuche près de Nevers.

Walter Benjamin, né à Berlin en 1892, proche de Bertolt Brecht, Gershom Scholem et de Theodor Adorno, est à la fois écrivain, traducteur, critique littéraire et critique d’art et philosophe allemand, et a été l’une des figures principales de l’Institut de Recherche sociale (école de Francfort) sans jamais en avoir été membre, et a traduit notamment les œuvres de Balzac, Perse, Baudelaire et Proust. Il a émigré à Paris en 1933. Fuyant la persécution nazie contre les Juifs, il souhaite quitter la France pour les Etats-Unis en 1940, mais il mettra fin à ses jours à Port-Bou :