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L'Harmattan

Les Éditions L'Harmattan sont une maison d'édition française, créée et dirigée par Denis Pryen depuis 1975, et qui tire son nom du vent l'Harmattan.


Il fait chaud à Tanger au printemps, Françoise Cohen (par Mona)

Ecrit par Mona , le Mardi, 15 Septembre 2026. , dans L'Harmattan, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Cette semaine

Il fait chaud à Tanger au printemps, Françoise Cohen, Editions L’Harmattan, avril 2026, 96 pages, 13 € Edition: L'Harmattan

 

Françoise Cohen écrit des histoires d’ombres et d’âmes tourmentées et son dernier petit recueil de nouvelles possède une veine intimiste à caractère autobiographique. Le titre, Il fait chaud à Tanger au printemps, vient d’une phrase anodine prononcée par sa défunte mère. La narratrice, Francesca, porte le deuil d’une mère « passeuse d’histoires ». Hantée par une mystérieuse photo de sa famille maternelle prise à Tanger dans les années 40, elle décide de se faire conteuse à son tour. La transmission apparaît l’enjeu majeur du récit : s’inscrire dans la filiation « d’une famille de mémorialistes ou chroniqueurs de vie intime » et « offrir sa traversée du temps à ses descendants ».

Le « voile de tristesse » qui recouvre les cinq personnages présents sur le cliché sert d’élément déclencheur au récit. Cette « mélancolie couleur sépia » infuse délicatement tout le recueil rythmé par le leitmotiv de la perte. Le livre s’ouvre sous le signe de l’absence : « elle n’est plus ». Il manque la mère et, sur la photo, il manque aussi sa petite sœur morte en bas âge. L’expérience, à la fois familière et étrange, du deuil maternel renvoie à d’autres deuils jamais accomplis. Une faille mélancolique lézarde le bel édifice familial et la narratrice raconte ses tentatives pour retrouver les pièces manquantes du puzzle familial non sans un léger suspense (« un drame à venir et un drame passé sont ici en jeu. Le drame à venir, il n’est pas encore temps de le révéler »).

Nouvelle Donne, Mauvais cotons ou comment ne pas filer droit, Collectif (par Olivia Guérin)

Ecrit par Olivia Guérin , le Lundi, 08 Septembre 2025. , dans L'Harmattan, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles

Nouvelle Donne, Mauvais cotons ou comment ne pas filer droit, 168 pages, L’Harmattan, 2023, 17,50 euros Edition: L'Harmattan

Mauvais cotons ou comment ne pas filer droit est un recueil de nouvelles collectif de 168 pages, publié chez L’Harmattan en février 2023, réunissant neuf auteurs autour de vingt nouvelles, et dont la couverture est illustrée par l’une d’entre eux, Corine Sylvia Congiu. Tous les auteurs font partie du collectif « Nouvelle Donne », dont l’objectif est de promouvoir et de diffuser la nouvelle francophone, d’abord par le biais d’une revue papier jusqu’en 2004, et aujourd’hui via le site nouvelle-donne.net. Les auteurs sont aussi pour la plupart des nouvellistes confirmés, comme en témoignent leurs publications respectives.

Ce groupe d’auteurs n’en est pas à son coup d’essai en termes de recueils collectifs, puisqu’il avait déjà publié en 2020 Le chien attaché au poteau électrique, aux éditions La chambre d'échos. En se lançant dans une seconde aventure collective, le groupe de nouvellistes approfondit des pistes déjà présentes dans le premier recueil, en particulier la dénonciation des multiples conformismes de notre monde contemporain. Entre la parution des deux ouvrages, l’une des membres du collectif, Nathalie Barrié, a disparu : ce second ouvrage lui est dédié.

Libre, Sylvia Beretvas (par Mona)

Ecrit par Mona , le Jeudi, 06 Février 2025. , dans L'Harmattan, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Libre, Sylvia Beretvas, Editions l’Harmattan, janvier 2025, 224 pages, 23 €

 

Le récit Libre, comme son sous-titre l’indique (« Quand un soldat de la Wehrmacht et son prisonnier deviennent frères »), fait revivre une histoire extraordinaire survenue lors de la deuxième guerre mondiale. La narratrice et auteure, Sylvia Beretvas, retrace la formidable odyssée de l’officier allemand homosexuel, Richard Abel, qui aida son père, Luigi, et quatre de ses jeunes compagnons juifs, à échapper à la mort à Tunis pendant l’occupation allemande en 1942. À l’arrivée des Alliés, le héros traqué vécut caché chez les parents du jeune juif qui l’adoptèrent comme leur fils. Mais prisonnier au Maroc, aux États-Unis, puis en Angleterre, il dût ironiquement payer les exactions commises par les nazis. C’est grâce à la dent en or donnée par sa mère adoptive juive et cousue au fond de sa doublure, qu’il fut sauvé de la mort dans un camp de travaux forcés. Il ne put retrouver l’Allemagne qu’en 1948 et demeura jusqu’à sa mort, en 2011 à l’âge de 95 ans, frère de cœur du Juif qu’il avait sauvé. L’histoire figure au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem où Richard Abel reçut le titre de « Justes parmi les nations », la plus haute distinction honorifique délivrée par l’État d’Israël et décernée à plus de vingt mille personnes depuis 1953.

Aurores, Résonance avec ma rivière, Françoise Sérandour (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Jeudi, 12 Septembre 2024. , dans L'Harmattan, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Aurores, Résonance avec ma rivière, Françoise Sérandour, L’Harmattan, juin 2024, 86 pages, 12 € Edition: L'Harmattan

 

Hommage à la beauté du monde, baume sur la souffrance des vivants, voilà ce qui transparaît dès les premières pages de ce recueil, à travers « la coulée de lumière » des mots dans leur « trame bleue ».

« Les ailes de l’aigrette blanche / si faites de pigments naturels / reflètent naturellement la lumière / par la magie du Ciel ».

Cette vision esthétique, contemplative de la nature est, semble-t-il, un refuge, une échappatoire à la douleur indicible de la perte des êtres chers.

L’auteure compare la « Parole poétique, abandonnée aux dieux, mais révélée hors du silence », à la Parole d’Eurydice retrouvée qu’Orphée tente de remonter des Enfers grâce au pouvoir de son chant.

Dans le cas de la poète, il semblerait qu’il s’agisse, non de remonter une femme des Enfers, mais de ressusciter le souvenir d’un être cher, en l’occurrence sa mère, avec, comme « madeleine de Proust », le parfum des violettes de l’enfance.

Saison nocturne, Journal poétique sur l’écriture créative, Manon Aline (par Marjorie Rafécas-Poeydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Mardi, 02 Juillet 2024. , dans L'Harmattan, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Poésie

Saison nocturne, Journal poétique sur l’écriture créative, Aline Manon, L’Harmattan, mars 2024, 88 pages, 13 € Edition: L'Harmattan

« Breuvage

Il n’y a rien de tel que le goût retrouvé

De la créativité

Petit poison sucré

D’un invincible désir »

Et si vous décidiez dès demain de vous offrir un carnet Moleskine ou ceux en trompe-l’œil avec des titres de romans célèbres pour créer un journal intime poétique et renouer avec votre soi créatif. Ecrire juste pour vous, pour vous surprendre, recréer un espace intime du « goût retrouvé ». C’est ce que propose Manon Aline dans sa Saison nocturne, un voyage court mais précieux sur l’art de recréer sa vie avec la poésie. N’est-ce pas le plus beau voyage que l’on peut offrir à son âme d’enfant ?