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L'Harmattan

Les Éditions L'Harmattan sont une maison d'édition française, créée et dirigée par Denis Pryen depuis 1975, et qui tire son nom du vent l'Harmattan.


Les mains pleines de bruits, Mireille Boluda

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 06 Janvier 2017. , dans L'Harmattan, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles

Les mains pleines de bruits, août 2016, 106 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Mireille Boluda Edition: L'Harmattan

 

« Je ne suis rien de ce que j’avais rêvé d’être » nous annonce Mireille Boluda dans Qu’importe, sa première nouvelle brève. Son recueil Les mains pleines de bruit en comporte vingt huit. Il suffit qu’un désir s’éveille et s’avive pour que les doigts et l’esprit de l’écrivain se mettent en chemin et que le récit naisse, l’âge ne fait rien à l’affaire. Vingt-huit courtes nouvelles qui sont des éclats de vie, des éclats de sensations, des éclats de rire, des éclats de tristesse, qui déferlent sur la page blanche, des bribes de petits riens qui font tout le charme, la singularité et l’épaisseur d’une existence.

Mais dans ses brèves, ce qui est mis en évidence chez ces personnes simples que l’auteur nous permet d’approcher, c’est leur fragilité, en effet chez chacun, une pièce manque au puzzle, l’inachèvement de ces destins miniatures lève une béance, une faille qui évite toute mièvrerie superficielle. L’auteur porte un infini respect à chacun de ses personnages qui ont une présence sous l’écorce parfois ingrate d’existences définitivement tronquées. Dans Le tacot de Jules, la lucidité l’emporte « C’était comme s’il recevait des inconnues s’agitant comme des éphémères. Soudain une étrange tristesse l’envahit. Il avait l’impression de voir un vieux film muet, dont il ne reconnaissait pas les acteurs et dont il aurait oublié l’histoire ».

Quatre saisons plus une, Alain Hoareau

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Lundi, 28 Novembre 2016. , dans L'Harmattan, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Quatre saisons plus une, septembre 2016, 108 pages, 13 € . Ecrivain(s): Alain Hoareau Edition: L'Harmattan

 

« Il sera déjà trop tard pour les larmes/ en dedans/ lieu de ta présence ». C’est l’évènement de la perte qui va motiver Alain Hoareau à oser la publication de ce recueil de poèmes, Quatre saisons plus une, lui qui pose ses mots depuis si longtemps sur la page. Ce livre est un hommage au temps qui passe au fil des saisons où l’ordre chronologique est bousculé. La mort du père, qui est pour chaque homme un moment inaugural, va conduire le poète à déployer ses ailes pour nous offrir cet envol vers des pays disparus.

L’auteur va tisser, pour un auditoire d’inconnus, une toile ténue et resserrée de sensations et de sentiments pour tenter, du bout des doigts, du bout de sa lyre, de nous permettre d’approcher au plus près de l’émotion et ainsi atteindre le cœur des évènements les plus infimes, les plus anodins, les plus essentiels.

Dans un murmure fragile, dans une traversée risquée, le poète esquisse des moments éphémères dans un cheminement intérieur, qui se dévoile au fil de l’eau, au fil de sa marche en alerte, au fil de sa flânerie, au fil de son parcours intérieur, au fil de ses Rêveries d’un promeneur solitaire. Toute assurance délaissée, il s’acharne à traquer l’ineffable pour suivre la lumière et le vent, les forêts d’ombres, le parfum des saisons.

Hunger for writing - On Séverine Danflous’ "Écrire la faim"

Ecrit par Sjoerd van Hoorn , le Samedi, 09 Janvier 2016. , dans L'Harmattan, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Écrire la faim : Franz Kafka, Primo Levi, Paul Auster, 216 pp., 22 € . Ecrivain(s): Séverine Danflous Edition: L'Harmattan

Écrire la faim : Franz Kafka, Primo Levi, Paul Auster, Séverine Danflous, L’Harmattan, Paris, 2014, 216 pp., 22 €

 

A Dutch advocate of some fame in his own country, Max Moskowicz, survived Auschwitz. He once talked about the hunger he suffered from in the camp. « Let me tell you », he said, « that sexual desire is as nothing if compared to real hunger ». Primo Levi went through a comparable experience in the same place. In Se questo è un uomo he describes how the inmates of the camp were consumed by hunger, how it devoured their souls as well as marking their bodies.

Hunger has also been a literary motif, not least in the twentieth century. Before Levi wrote up his suffering in the concentration camp, Franz Kafka depicted a hunger artist (ein Hungerkünstler) in his eponymous story. The hunger artist is a man locked up in a cage, exhibited to the public who gape at a man who performs is abstention from food. The hunger artist goes without food for weeks, showing off his protruding ribs and hollowed-out cheeks, almost as trophies of an accomplishment. Kafka’s story has been read as  satire on the writer’s condition. The hunger artist is the poor writer who suffers voluntarily, isn’t noticed and dies. There is some reason in this reading, as the story first sentence testifies « In den letzten Jahrzehnten ist das Interesse an Hungerkünstlern sehr zurückgegangen » [1]

La guerre de l’once et du serpent, Patrice Montagu-Williams

Ecrit par Stéphane Bret , le Samedi, 31 Octobre 2015. , dans L'Harmattan, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La guerre de l’once et du serpent, avril 2015, 209 pages, 20 € . Ecrivain(s): Patrice Montagu-Williams Edition: L'Harmattan

 

Le Brésil est un pays qui engendre des rêves : en tant que contrée rattachée au continent américain d’abord, par son immensité et la diversité de ses populations et de ses régions, ensuite. Patrice Montagu-Williams, auteur du roman La guerre de l’once et du serpent, qui a pour cadre le Brésil des années 30, nous introduit bien dans cet univers.

L’action se déroule dans le Nordeste brésilien, le long du fleuve São Francisco, dans la région du sertão, terre imprégnée de légendes, de superstitions les plus diverses faisant bon ménage avec le catholicisme dominant. Cette région passe aussi pour être peuplée de bandits, de prophètes – faux ? – et de saints à la légende non confirmée.

C’est la veille de la seconde guerre mondiale ; le Brésil est dirigé alors d’une main de fer par Getulio Vargas, un dictateur, qui a installé un état fort, autoritaire, l’Estado Novo, et n’a pas choisi son camp entre les Nazis et les Alliés occidentaux. Peu de temps auparavant, Lampiào, l’un des plus célèbres des cangaçeiros, sorte de bandes assimilées à des « bandits d’honneur », et ses compagnons ont été abattus, décimés par les troupes du régime, ce dernier ne pouvant accepter de laisser une région entière sous le contrôle de bandes armées défiant son autorité.

Le Cahier, Le chant sémantique, Éric Dubois

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Jeudi, 23 Avril 2015. , dans L'Harmattan, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Le Cahier, Le chant sémantique, mars 2015, 169 pages, 17 € . Ecrivain(s): Eric Dubois Edition: L'Harmattan

 

Le Cahier, sous-titré Le chant sémantique, est constitué d’un choix de textes du poète Éric Dubois, écrits de 2004 à 2009. L’Harmattan publie ce corpus dans sa collection Accent tonique dirigée par Nicole Barrière, dédiée à la poésie et « destinée à intensifier et donner force au ton des poètes pour les inscrire dans l’histoire ».

Les poèmes ici publiés ont été extraits de L’âme du peintre (2004), Poussières de plaintes et poèmes d’automne (2007), Robe de jour au bout du pavé (2008), Allée de la voûte (2008), Les mains de la lune (2009), Estuaires (2006) – dont l’édition originale est parue aux éditions Encres Vives dirigées par Michel Cosem et aux éditions Hélices pour Estuaires.

La citation en exergue de Louis Aragon indique d’emblée la place réservée par le poète à la poésie et au genre qu’il pratique : « C’est à la poésie que tend l’homme ; il n’y a de poésie que du concret » (Le paysan de Paris).