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La Boucherie Littéraire


Les éditions lBoucherie littéraire ont été créé en 2015 dans le Lubéron.

Elles publient des auteurs contemporains de langue française, offrant exclusivement à lire de la poésie.

Les publications relèvent forcément de ma sensibilité. Je recherche une poésie à fleur de peau... Celle de l'intime, du difficile, de l'introspectif, celle de la respiration.

Mais celle qui sait aussi être incisive, avec du saisissant, qui nous remue, qui nous fouille...

La forme poétique privilégiée est le retour à la ligne lié à un travail de réflexion sur l'écriture et la forme du poème.

Le nombre de pages, de signes ne sont pas un critère de choix.

Les éditions sont menées avec  exigence que se soit dans l'accompagnement de l'auteur et son texte ou encore dans les choix  de papiers de création que de l'impression des livres.

Par ailleurs, elles accompagnent le livre pour qu'il puisse rencontre son lecteur. Aussi dans un soucis constant de diffusion du livre, la Boucherie littéraire privilégie la vente en librairie.

Les éditions la Boucherie littéraire ont le désir  d'offrir au lecteur une poésie qui les accompagnera tout au long de leur vie.

Éditer est un acte de création à part entière.

Je souhaite des destinations où je pourrais partager avec vous de nouvelles sensibilités et de belles rencontres humaines et littéraires.  Je ferais escale là où les mots et les blancs de la page distillent l'essence de poésie qui nous irrigue.

Antoine Gallardo



Cent lignes à un amant, Laure Anders (par Cathy Garcia)

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 05 Décembre 2018. , dans La Boucherie Littéraire, Critiques, La Une Livres, Poésie

Cent lignes à un amant, juillet 2018, 72 pages, 10 € . Ecrivain(s): Laure Anders Edition: La Boucherie Littéraire

 

« Il lui a dit :

Tes baisers, tu m’en feras cent lignes.

Voici ce qu’elle lui a répondu : »

Le contexte est posé : deux amants, l’un exige, l’autre obéit. Punition détournée de nos vieux souvenirs d’écoliers du XXesiècle, la contrainte ici favorise la création de la même façon qu’elle peut dans certains types de relations décupler les sensations, aviver le plaisir. C’est un jeu entre adultes consentants. Le sujet est à la mode mais il est rare de voir la poésie s’en emparer sans tomber dans l’ouvrage de genre.

Le résultat donne un texte troublant et de toute beauté, entre dévotion et insolence, dont on ne saura jamais la part de réel et de fantasmagorie.

Ce qu’on vaut de poussière, Felip Costaglioli

Ecrit par Estelle Fenzy , le Lundi, 02 Juillet 2018. , dans La Boucherie Littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Ce qu’on vaut de poussière, juin 2018, 86 pages, 18 € . Ecrivain(s): Felip Costaglioli Edition: La Boucherie Littéraire

 

Entrer dans le dernier recueil de Felip Costaglioli, c’est entrer dans une maison de poèmes, peuplée de « chambres fraîches de l’absence » et de « chaussures d’enfants perdus ». Modestie comme maître mot : chaque texte s’égrène sur la page, « cailloux », « billes » et « poussières ». Une simplicité de matériau pour une recherche infinie : apprendre « le métier d’être ». Sa conscience aussi : « N’est-ce pas cela aussi s’appartenir ? ». Une quête dont la noblesse n’a d’égale que l’humilité : « Je ne fais pas le poids », « C’est toujours bien de garder quelques preuves / de l’oubli joyeux de soi ».

Avec une grâce d’elfe, une profondeur joyeuse, Felip Costaglioli construit son domaine de mots : « arche », « fondations », « murs ». Nous voici conviés à sa table, « hôte irrévocable » de son talent, et de sa sensualité pure et audacieuse : « Tu me caresses me parles et m’ouvres / et moi je veux que tu embrasses / embrasse ma vacance ! ».

Maison. Poésies domestiques, Emanuel Campo

Ecrit par Sanda Voïca , le Mercredi, 13 Juin 2018. , dans La Boucherie Littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Maison. Poésies domestiques, Emanuel Campo, réédition revue & augmentée, 2016, 68 pages, 12 € Edition: La Boucherie Littéraire

 

« Rester sur le seuil sans besoin d’habiter

car seule est maison celle d’enfance

et de ces chants qui sont seuls les vrais »

France Burghelle Rey, Après la foudre

 

Poésies domestiques. Oui – qui tournent autour de la maison. Domptées ? Nous les avons perçues surtout comme des poésies… sauvages. Pas du tout sages et douces : prêtes à nous sauter au visage, au cou. S’attaquer à nous doucement, malgré tout, pour nous faire voir, penser, rire. Nous émoustiller.

Lame de fond, Marlène Tissot

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 18 Avril 2018. , dans La Boucherie Littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Lame de fond, 74 pages, 12 € . Ecrivain(s): Marlène Tissot Edition: La Boucherie Littéraire

 

« Rien ne dure éternellement, mais tout continue à continuer »

 

Lame de fond a quelque chose du carnet intime que l’on emporte partout avec soi pour y noter nos météos intérieures, sauf que dans Lame de fond, le besoin d’écrire est motivé par un évènement précis : la perte. La perte et l’absence définitive d’un être cher et ce besoin soudain, cette urgence de tout plaquer, pour aller le retrouver sur les lieux qui rallumeront la mémoire. Partir les mains vides avec cette part de soi plus ou moins enfouie que la douleur vient raviver.

Ici l’être cher – mais l’auteur ne le dit pas, on le devine au fil des pages – c’est un grand-père, un grand-père vieux loup des mers adoré, un homme des grands espaces, un homme libre.

« Avec toi, tout est permis. Avec toi, on chahute l’apparence des choses ordinaires, on colorie le monde ».

Lame de fond, Marlène Tissot

Ecrit par Thierry Radière , le Vendredi, 01 Avril 2016. , dans La Boucherie Littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Récits

Lame de fond, mars 2016, 71 pages, 12 € . Ecrivain(s): Marlène Tissot Edition: La Boucherie Littéraire

 

Lame de fond est un récit poétique composé de textes courts. Cette forme laisse ainsi la part belle – dans la section inférieure de chaque page – à des blancs plus ou moins importants, en fonction de la longueur de chacun des textes. C’est une manière esthétique de traduire l’absence physique et le vide qu’il laisse. Car il s’agit essentiellement ici d’un récit sur la disparition d’un vieil homme lié à la mer, mort subitement, d’après la narratrice. Elle y était très attachée et son décès est un prétexte littéraire à un hommage qu’elle lui rend mais aussi un moyen pour elle de savoir qui elle est au fond :

« Partir à ta recherche ou peut-être à la mienne ».

Afin de parvenir à ses fins, la narratrice s’impose une contrainte d’écriture. Elle est obnubilée par la justesse et l’exactitude de son expression. Certainement par souci de fidélité à ce vieillard décédé à « cinq heures trente du matin » dans une chambre d’hôpital :

« Je voudrais t’écrire mieux et ne surtout pas faire de toi un mythe… »