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Jean-Claude Lattès

Les éditions Jean-Claude Lattès (JC Lattès) sont une maison d'édition française appartenant au groupe Hachette Livre et dont le siège social se situe au 17 rue Jacob à Paris (6e).

 


Le sang des papillons, Vivian Lofiego

Ecrit par Stéphane Bret , le Mercredi, 16 Avril 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le sang des papillons, mars 2014, 284 pages, 20 € . Ecrivain(s): Vivian Lofiego Edition: Jean-Claude Lattès

 

Peut-on évoquer les horreurs de l’histoire récente de son pays par le biais romanesque ? C’est le choix fait par Vivian Lofiego dans son premier roman, Le Sang des papillons. Nous sommes en Argentine en 1976. Tamara, très jeune enfant, voit son père se faire emmener de force vers un probable lieu de détention ou d’exécution, elle ne le sait pas encore. Très vite, le roman, qui a la particularité de n’inclure que très peu de dialogues directs, s’imprègne du sentiment de la peur, de l’omniprésence de la mort. Après avoir évoqué la situation d’un lieu à Buenos Aires, La ESMA, l’auteure rappelle ce que ce lieu a représenté pour les Argentins qui y furent internés : un centre de torture, d’internement. Vivian Lofiego précise les méthodes de répression :

« Ces terres donnèrent une fleur atroce. Une fois que les prisonniers avaient été interrogés, humiliés, torturés, on les assassinait. (…) En réalité, ils montaient dans les vols de la mort. Endormis, nus on les jetait, on les précipitait en plein vol dans le fleuve. On appela ce crime une forme chrétienne de mort ».

La guerre des fesses, Jean-Claude Kaufmann

Ecrit par Laurence Biava , le Mercredi, 05 Mars 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

La guerre des fesses, octobre 2013, 264 pages, 16 € . Ecrivain(s): Jean-Claude Kaufmann Edition: Jean-Claude Lattès

Dans cet essai, Jean-Claude Kaufmann nous entraîne dans une surprenante géopolitique du derrière où s’opposent l’hémisphère Nord, victime d’une invraisemblable injonction à la minceur extrême, et le Sud, qui ne le conçoit – le derrière ! – que bien rebondi. Il y a une contre-offensive des rondeurs et la fesse ronde est l’emblème de cette contestation. Face à des siècles de fesses minces, il y a une envie d’exprimer plus de sensualité, de volupté, ainsi qu’un refus de la froideur et de la sécheresse du Nord. Voici donc un affrontement original pour la domination culturelle du monde !

Cet essai intéressant et formateur tente de déterminer ce qu’est la beauté, ses critères et comment se définira le désir. Qu’en est-il ? La société ne peut pas fonctionner avec plusieurs modèles. Elle a besoin d’un code restrictif. Or, pendant des siècles, l’Occident blanc et chrétien a dominé le monde et a finalement imposé l’ultra-minceur comme norme de beauté. Face à la montée en puissance des pays émergents, il semblerait que cette domination touche aujourd’hui à son apogée. Kaufmann assène que certaines parties de l’anatomie ont été méprisées dès les débuts de la « civilisation chrétienne ». Au Moyen Age, le visage a été valorisé comme attribut de la beauté divine. A l’opposé, les fesses restent la « partie honteuse » et moquée qu’il faut priver du regard. Chaque contexte historique produit ainsi des silhouettes de référence.

Que ton règne vienne, Xavier de Moulins

Ecrit par Gilles Brancati , le Mardi, 04 Mars 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Que ton règne vienne, février 2014, 220 pages, 18 € . Ecrivain(s): Xavier de Moulins Edition: Jean-Claude Lattès

 

 

Saint-Exupéry disait qu’un livre est achevé quand il n’y a plus rien à retirer. Xavier de Moulins a parfaitement réussi cet exercice et nous propose un roman sobre sans être dépouillé. Ses phrases courtes donnent le rythme qui convient à l’histoire qu’il nous raconte et dans laquelle il nous entraîne. Il y a de très belles pages comme la 155. C’est l’histoire de gens ordinaires, sans pathos, sans fioritures inutiles, sans surcharge. Ce qui leur arrive pourrait nous arriver et pourtant on n’a pas envie de lâcher, on s’y attache. L’alternance des chapitres datés font passer du présent, date de la reconstruction de Paul, à son passé et aux évènements qui l’ont conduit à sa dégringolade. Jusqu’à la page 150 on attend, on espère un basculement, une tragédie, enfin un de ces rebondissements qui relance. Il viendra. On le pressent, puis on se dit que non, puis finalement, que si, c’était bien ça. La construction est donc réussie.

Faire l’aventure, Fabienne Kanor

Ecrit par Laurence Biava , le Jeudi, 20 Février 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Faire l’aventure, janvier 2014, 364 pages, 18 € . Ecrivain(s): Fabienne Kanor Edition: Jean-Claude Lattès

 

 

C’est une belle histoire d’amour que raconte ce livre odyssée « d’apprentissage » qui mène le lecteur du Sénégal aux côtes de l’Europe. Un livre écrit dans une langue audacieuse pour des personnages qui vont prendre tous les risques, sans s’armer de garde-fous. Ils s’entêtent à avancer, à marcher. C’est le voyage extraordinaire de Biram et de Marème dont les discours globaux renvoient aux calendes grecques ceux « des anciens combattants ». Les deux héros empruntent chacun à leur façon les chemins de l’aventure : Le premier quittera les côtes sénégalaises pour Tenerife et Lampedusa, la jeune femme ira à Paris et à Rome. Ils se retrouveront en Sicile comme des étrangers qui ne partagent plus rien sauf des souvenirs d’enfance, ceux de leur premier amour, caresseront des rêves de chance, anticiperont la peur et l’impatience de tout de ce qu’il reste à accomplir. Les deux héros feront l’aventure comme on fait l’amour quand on rêve de posséder le monde, debout face à l’océan.

Ça finit comme ça, Kathleen MacMahon

Ecrit par David Campisi , le Lundi, 10 Février 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Ça finit comme ça, traduit de l’anglais (Irlande) par Carole Delporte, octobre 2013, 394 p. 12,50€ . Ecrivain(s): Kathleen MacMahon Edition: Jean-Claude Lattès

 

Il y a des histoires intéressantes mal servies par une traduction chancelante, pauvre et triste.

Ça finit comme ça est un roman qui aurait pu être intense et fort, mais qui se contente de briller par l’amour platonique qu’il met en scène. Loin d’être mauvais, ce récit aurait mérité un meilleur traitement. Tous les anciens journalistes ne peuvent être d’excellents romanciers.

Ça finit comme ça met en scène Bruno. Bruno atterrit en Irlande et n’a dès lors nulle part où aller. Licencié de chez Lehman Brothers, il est parti à la recherche de ses racines sur l’île verte où siffle le vent des légendes pour fuir les élections américaines de 2008. Victime de la crise, victime de lui-même, il débarque avec son idée typiquement américaine que tout est toujours possible. En Irlande personne ne l’attend. Il est là pour son projet un peu fou de dresser son arbre généalogique.

Annie attend à Dublin, sur les plages, là où elle est née, dans le vent qui fouette l’écume. Elle regarde l’horizon découpé de cargos immenses. La nuit tombe sur sa vie chaque jour un peu plus tôt. Elle est architecte, et elle déteste les américains irlandais.