Identification

Jean-Claude Lattès

Les éditions Jean-Claude Lattès (JC Lattès) sont une maison d'édition française appartenant au groupe Hachette Livre et dont le siège social se situe au 17 rue Jacob à Paris (6e).

 


Les Augustins, Mélisa Godet

Ecrit par Laurence Biava , le Mardi, 28 Octobre 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les Augustins, juin 2014, 251 pages, 15 € . Ecrivain(s): Mélisa Godet Edition: Jean-Claude Lattès

 

Mélisa Godet a écrit un premier roman très maîtrisé : c’est un récit choral qui redonne la voix aux sans-papiers. Dans cette galerie de personnages qui évoluent en tribu, il y a Malika, l’héroïne principale : journaliste, l’entreprise « La boîte à info », pour laquelle elle travaille, lui demande une série de reportages sur le squat de la rue des Augustins. Intégrée dans cet univers d’abord totalement inconnu, elle se lie aux habitants et partage avec eux leur quotidien. Ainsi, au contact de Lino, Marc, Gabor, Jacquotte et quelques autres, toujours très émouvants, la jeune journaliste allume son magnéto et découvre les derniers recours, ainsi qu’une vie alternative dans laquelle elle plonge également, une forme de système D du quotidien.

Au travers du prisme narratif de chaque personnage (1 chapitre = 1 personnage différent), on découvre dans ses grandes largeurs la vie très hétérogène du squat des Augustins, géré par une association militant pour le droit au logement des plus démunis. Et la jeune Malika investit alors ce monde sur lequel, il est vrai, la société ne jette surtout que des regards méprisants. De surcroît, en redonnant une parole aux squatteurs, elle trouvera les réponses à ses propres questions.

La cavalcade africaine, Mandy Retzlaff

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Vendredi, 24 Octobre 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman

La cavalcade africaine, traduit de l’anglais par Perrine Chambon, septembre 2014, 280 pages, 22,00 € . Ecrivain(s): Mandy Retzlaff Edition: Jean-Claude Lattès

 

Patrick Retzlaff, arrière-petit-fils du baron Moritz Hermann von Münchausen propriétaire d’une remarquable écurie, est installé depuis 1965 en Rhodésie, un pays qu’il aime à la folie et où, comme son propre père avant lui, son objectif est d’exploiter une grande ferme dans ce que l’on a surnommé « le grenier à blé de l’Afrique ». Mais sa véritable passion, comme un fil tendu entre les générations, est l’élevage et le dressage de chevaux. Sa future femme ne pourra être qu’une personne partageant ses goûts et c’est naturellement que quelques années plus tard, lui, Mandy son épouse, ainsi que leurs trois enfants, emménageront en 1992 à Crofton, dans la ferme de River Ranch avec leurs quatre chevaux, le tout au milieu du bush d’un pays rebaptisé le Zimbabwe. Un domaine paradisiaque (le terme revient souvent sous la plume de Mandy Retzlaff) qu’ils souhaitent un jour transmettre à leurs enfants.

« Défricher le bush pour y bâtir une ferme, c’est un peu comme monter un cheval : vous ne pouvez pas le forcer à vous obéir, vous ne pouvez que lui demander. Comme le cheval, la terre a son caractère bien à elle. Elle peut être obstinée. Elle peut être rebelle. Mais elle peut également vous apporter de grandes joies et vous dévoiler ses secrets si vous apprenez à collaborer avec elle » (p.41).

Une constellation de phénomènes vitaux, Anthony Marra

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 02 Octobre 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire

Une constellation de phénomènes vitaux (A constellation of vital phenomena). Traduction de l'américain Dominique Defert Août 2014. 444 p. 22 € . Ecrivain(s): Anthony Marra Edition: Jean-Claude Lattès

 

Dans le fatras de rentrée, d’une qualité très inégale, il y a des trésors inattendus. Ce livre en est assurément un des plus beaux. Roman au grand souffle, qui rappelle les sagas célèbres, « Une constellation de phénomènes vitaux » captive et fascine, bien après sa lecture encore. La vie, l’amitié, la mort, la lâcheté, l’ignominie, l’amour en temps de guerre. On a connu aux USA, en Russie, en Espagne à travers la littérature. La Tchétchénie manquait et ce livre élève une ode à ce pays martyr – ne finissant jamais le cercle infernal d’une guerre à l’autre.

Quelle virtuosité dans ce roman ! L’histoire des quelques personnages se passe sur un jeu en abymes de temporalité. La narration première s’étend sur 5 journées d’Akhmed, Sonja, Havaa, et quelques autres – perdus dans les couloirs de l’hôpital N°6, sorte de navire fantôme abandonné de la plupart de ses occupants (il reste 3 membres du personnel sur plusieurs centaines !), sauf les blessés qui affluent en permanence, estropiés, explosés, déchiquetés. Sonja est la seule médecin compétente dans ce radeau de la Méduse, amputant, cousant, courant. L’hôpital N°6 comme métaphore d’un pays, d’un monde qui disparaît, s’efface, ne subsiste plus que par le souvenir de ses habitants.

Blond cendré, Éric Paradisi

Ecrit par Stéphane Bret , le Mercredi, 01 Octobre 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Blond cendré, septembre 2014, 249 pages, 18 € . Ecrivain(s): Éric Paradisi Edition: Jean-Claude Lattès

 

Le roman d’Eric Paradisi met en scène deux personnages au temps de l’Italie fasciste : Maurizio est coiffeur dans le ghetto de Rome, Alba est une militante, elle transmet des messages de la Résistance au péril de sa vie. Ils se rencontrent à Rome et tombent amoureux l’un de l’autre. Les autorités allemandes décident la déportation des Juifs italiens, par le biais de rafles organisées à grande échelle. Maurizio est déporté à Auschwitz ; il survit en devenant coiffeur, le barbier de sa baraque. Il se souvient d’Alba, de la couleur de ses cheveux, le blond cendré, dont il a conservé une mèche. Au retour des camps, Maurizio décide d’émigrer vers l’Argentine en 1948, pour tenter de fuir l’Europe, meurtrie par la guerre, n’ayant pas encore mesuré toute la dimension spécifique et unique de la Shoah.

Pourtant, Maurizio s’applique à exercer correctement son métier, ce qu’il parvient excellemment à faire, se constituant une clientèle fidèle qui fait prospérer son salon. Il perpétue l’amour de cette femme, Alba, et repense à ce qu’aurait pu être sa vie avec Alba :

La légende de Loosewood Island, Alexi Zentner

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 08 Septembre 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire, Canada anglophone

La légende de Loosewood Island, traduit de l’anglais par Marie-Hélène Dumas, août 2014, 320 p. 22,00 € . Ecrivain(s): Alexi Zentner Edition: Jean-Claude Lattès

 

Les livres d’Alexi Zentner, écrivain américano-canadien, se définissent, selon les propres termes de l’auteur, comme des romans s’inscrivant dans un Mythical realism par opposition au réalisme magique latino-américain dont Julio Cortázar ou Gabriel García Márquez sont les plus brillants représentants. Dans La légende de Loosewood Island, l’auteur invente donc et une île imaginaire au large des côtes du Maine revendiquée à la fois par les États-Unis et le Canada, et la légende attachée au premier occupant de cette île, un certain Brumfitt Kings, débarqué d’Irlande en 1720 dans ce coin au milieu de nulle part, peintre au talent reconnu dans le monde entier et pêcheur de homards.

La légende (et non le mythe) trouve son origine dans le journal tenu par Brumfitt, où celui-ci relate la merveilleuse apparition d’une femme offerte en cadeau par la mer, étrange créature, « habillée d’une robe faite de corail et de coquilles d’huîtres, avec un collier de perles ». Sa future épouse « apportait en dot les richesses de l’océan, mais le prix que toutes les générations de Kings auraient à payer, l’une après l’autre, était celui-ci : un fils ».