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Jean-Claude Lattès

Les éditions Jean-Claude Lattès (JC Lattès) sont une maison d'édition française appartenant au groupe Hachette Livre et dont le siège social se situe au 17 rue Jacob à Paris (6e).

 


L’exil d’Ovide, Salim Bachi (par Emmanuelle Caminade)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 16 Novembre 2018. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Maghreb, Récits, Cette semaine

L’exil d’Ovide, octobre 2018, 190 pages, 17 € . Ecrivain(s): Salim Bachi Edition: Jean-Claude Lattès

 

Dans ce dernier livre mêlant l’autobiographie, le récit de voyage et l’essai, Salim Bachi, auteur algérien ayant quitté son pays encore en proie à la guerre civile et lieu de ses premières désillusions amoureuses pour renaître écrivain à Paris avec Le chien d’Ulysse (Gallimard, 2001), nous entraîne dans une promenade littéraire en compagnie d’Ovide marquée du sceau de l’exil et plombée par le soleil noir de la mélancolie.

Seul dans son appartement parisien déserté par sa famille, l’auteur s’échappe dans son esprit et son imaginaire, arpentant avec le poète antique, mais aussi avec Joyce et Pessoa, les villes de Rome ou de Lisbonne dans lesquelles il eut l’occasion de séjourner, évoquant au passage d’autres exilés célèbres comme Alfred Döblin, Thomas Mann ou Stefan Zweig. Et son errance labyrinthique rebondissant d’un exil à l’autre le mène à Grenade où, parti en 2005 sur les traces de Federico Garcia Lorca, il avait frôlé la mort et traversé une grave crise dont témoigne son Autoportrait avec Grenade (éditions du Rocher, 2005), avant de reprendre un long parcours essentiellement romanesque et de fonder une nouvelle famille.

Les hautes lumières, Xavier de Moulins (par Marjorie Rafécas-Poeydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Jeudi, 04 Octobre 2018. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les hautes lumières, octobre 2017, 377 pages, 19 € . Ecrivain(s): Xavier de Moulins Edition: Jean-Claude Lattès

 

La hargne d’avoir un enfant n’est-elle pas la meilleure façon de tuer un couple ? Ce roman décrit le parcours à bout de souffle de Nina, coiffeuse de Bondy, et Tahar, chauffeur de taxi marocain, désarmés face à la procréation. On assiste à un choc culturel, entre la vision occidentale qui médicalise les problèmes d’infertilité de façon froide et administrative et la culture marocaine où la famille de Tahar est prête à donner un enfant de leur chair, pour créer le bonheur de ce couple et désenrayer enfin la fatalité. Mais faut-il vouloir à tout prix défier le destin ?

Entre les pics d’hormones et les lourdeurs administratives pour adopter un enfant, Nina devient obsessionnelle et se sent enfermée dans ce destin cloisonné par son utérus mal formé. L’auteur nous surprend par sa description si réaliste de ce que ressent une femme en plein bouleversement hormonal provoqué par la FIV. Broyée par l’engrenage de la procréation sans poésie, Nina se sent comme une vache bovine. A chaque piqûre, elle « est brutalement ramenée à sa condition. Elle se traite de grosse mère en grimaçant devant son reflet. (…) – Meuh ! Elle rigole pour de vrai devant la glace, pleure pour de vrai, nerveuse comme un pur-sang dans un corps de baleine ».

Les fureurs invisibles du cœur, John Boyne

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mercredi, 29 Août 2018. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, La rentrée littéraire

Les fureurs invisibles du cœur, août 2018, trad. anglais Sophie Aslanides, 592 pages, 23,90 € . Ecrivain(s): John Boyne Edition: Jean-Claude Lattès

 

Les fureurs invisibles du cœur, ce sont d’abord celles de Cyril, le narrateur qui dresse un portrait sans complaisance de la société irlandaise des années 40 et des décennies suivantes.

Dés la première scène le ton est donné : enceinte à 16 ans, la mère de Cyril est publiquement bannie et elle doit quitter sa famille et s’exiler à Dublin sans un sou en poche.

Abandonné dès sa naissance, Cyril est confié par une nonne bossue à Charles, un homme d’affaires qui fraude le fisc, et à sa femme, Maude, romancière qui pense que le succès littéraire est vulgaire, ce qui ne l’empêche pas de passer ses journées derrière sa machine à écrire, noyée dans un rideau de fumée car elle grille clope sur clope.

Maude et Charles Avery élèvent Cyril de façon à ce qu’il ne manque de rien mais ne ratent pas une occasion de lui rappeler qu’adopté, il n’est pas un véritable Avery. Et c’est bien le drame de Cyril, il ne sait pas d’où il vient, qui il est, ni pourquoi, contrairement aux autres garçons, il n’aime pas les filles.

Les papillons noirs, Caroline Gutmann

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mercredi, 15 Août 2018. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les papillons noirs, mai 2018, 320 pages, 19 € . Ecrivain(s): Caroline Gutmann Edition: Jean-Claude Lattès

 

Caroline Gutmann nous offre avec ce livre un vigoureux récit de résilience. Les « papillons noirs » qui peuplent son esprit et gênent sa vision sont les symptômes d’un envahissement de son cerveau par un méningiome, tumeur bénigne qui advient, par malchance, plusieurs dizaines d’années après une chimiothérapie. L’héroïne, très inspirée de l’autobiographie de l’auteure, a une longue histoire avec la maladie et aspire à toute force à appartenir au monde des bien portants.

Libérée de toute charge professionnelle et familiale pendant le temps des examens et du traitement, elle se trouve à même d’explorer des pans de son histoire familiale paternelle qui lui étaient encore inconnus : Jean Gutmann, son père, resté à elle étranger, à la fois admiré et détesté, Gustave Hinstin (nom dérivé de celui d’Einstein), son arrière-grand-père, enseignant aux penchants homosexuels et mentor de Lautréamont, l’autre grand-père, le docteur Fernand Lamaze, inventeur de « l’accouchement sans douleur », le général Adolphe Hinstin, l’arrière-grand-oncle, et le cousin issu de germain Charles Hinstin, surnommé par Joseph Kessel « Le Zombie », installé au Cameroun dans les années 1930, qui reprend ensuite l’entreprise Citroën fondée par son père en région parisienne avant de s’expatrier à Kaboul, sont les figures marquantes qui reprennent vie au fil des pages.

La femme qui ne vieillissait pas, Grégoire Delacourt

Ecrit par Christelle d’Herart-Brocard , le Mardi, 26 Juin 2018. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La femme qui ne vieillissait pas, février 2018, 256 pages, 18 € . Ecrivain(s): Grégoire Delacourt Edition: Jean-Claude Lattès

 

De façon linéaire, factuelle, à la fois réaliste et poétique, la narratrice déroule son récit de vie, qui au fil des années se stratifie de souvenirs heureux et d’expériences douloureuses mais fondatrices. Sa rencontre avec André, son mariage et la naissance de leur fils s’arriment aux premiers, alors que la perte de sa mère à l’âge de 13 ans déterminera, de manière viscérale, son rapport au monde. Et puis il y a Fabrice, l’ami, l’artiste, le photographe. Son projet est ambitieux, de longue haleine, puisqu’il cherche à matérialiser le temps qui passe, à mesure qu’il s’inscrit sur les corps et visages de ceux qui, chaque année, accepteront de s’exposer à « l’œil de la photographie ». La narratrice, Martine, devenue Betty, puisqu’elle a souhaité changer de nom, se prête volontiers au jeu de l’artiste, qui voit en elle sa muse, à la grâce et la beauté étrangement inaltérables. De son côté, Betty conçoit cette expérience comme une sorte d’exutoire, un face-à-face nostalgique avec sa mère, dont l’image s’est figée à l’âge de 35 ans, après qu’elle a été renversée par une Ford Taunus, à la sortie d’un cinéma. Alors que s’égrènent les années et que la vie s’enrichit de joies et peines ordinaires, une constante s’impose, qui, si dans un premier temps, enorgueillit l’intéressée et fascine son entourage, finit par susciter une curiosité suspicieuse : Betty ne vieillit pas, comme en témoignent tous ses portraits.