Identification

Jean-Claude Lattès

Les éditions Jean-Claude Lattès (JC Lattès) sont une maison d'édition française appartenant au groupe Hachette Livre et dont le siège social se situe au 17 rue Jacob à Paris (6e).

 


La légende de Loosewood Island, Alexi Zentner

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 08 Septembre 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire, Canada anglophone

La légende de Loosewood Island, traduit de l’anglais par Marie-Hélène Dumas, août 2014, 320 p. 22,00 € . Ecrivain(s): Alexi Zentner Edition: Jean-Claude Lattès

 

Les livres d’Alexi Zentner, écrivain américano-canadien, se définissent, selon les propres termes de l’auteur, comme des romans s’inscrivant dans un Mythical realism par opposition au réalisme magique latino-américain dont Julio Cortázar ou Gabriel García Márquez sont les plus brillants représentants. Dans La légende de Loosewood Island, l’auteur invente donc et une île imaginaire au large des côtes du Maine revendiquée à la fois par les États-Unis et le Canada, et la légende attachée au premier occupant de cette île, un certain Brumfitt Kings, débarqué d’Irlande en 1720 dans ce coin au milieu de nulle part, peintre au talent reconnu dans le monde entier et pêcheur de homards.

La légende (et non le mythe) trouve son origine dans le journal tenu par Brumfitt, où celui-ci relate la merveilleuse apparition d’une femme offerte en cadeau par la mer, étrange créature, « habillée d’une robe faite de corail et de coquilles d’huîtres, avec un collier de perles ». Sa future épouse « apportait en dot les richesses de l’océan, mais le prix que toutes les générations de Kings auraient à payer, l’une après l’autre, était celui-ci : un fils ».

Toute ressemblance avec le père, Franck Courtès

Ecrit par David Campisi , le Samedi, 30 Août 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Toute ressemblance avec le père, août 2014, 440 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Franck Courtès Edition: Jean-Claude Lattès

 

Difficile, en lisant Toute ressemblance avec le père, de ne pas y voir une sorte de filiation ou d’héritage littéraire inconscient avec Une vie française de Jean-Paul Dubois ou, s’il nous est permis de traverser le spectre culturel, avec un film comme Le premier jour du reste de ta vie de Rémi Bezançon. Car c’est de cela qu’il s’agit, au fond ; raconter la fresque immense d’une famille au fil des âges, des épreuves, des aventures, du temps qui passe, des orages qui explosent, de la pluie qui trempe, du soleil qui écrase. Une fresque vivante, douloureuse et riche racontée dans un roman-fleuve qui couvre la vie entière de nombreux personnages – certains ne feront que passer, d’autres seront des fantômes, d’éphémères joies, de terribles menaces, d’improbables destins. Tous ces personnages auront pourtant un dénominateur commun : il s’appelle Mathis, et il nous est livré avec l’étiquette d’anti-héros sur le front. Nul avec les femmes – enfin, certaines, enfin, pas toujours – il boit trop, fréquente les mauvaises personnes, se pose les mauvaises questions, prend toujours les mauvais chemins et cherche à construire sa vie en empilant les mauvaises idées. Pourquoi pas.

On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt (2 articles)

Ecrit par Laurence Biava, Patryck Froissart , le Vendredi, 22 Août 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

On ne voyait que le bonheur, août 2014, 364 pages, 19 € . Ecrivain(s): Grégoire Delacourt Edition: Jean-Claude Lattès

 

Les voix du dedans


Grégoire Delacourt, en cette rentrée littéraire 2014, s’aventure pour son quatrième roman dans une histoire très sombre et violente, qui fait la part belle à la tragédie familiale. Orchestré en trois mouvements, entre la France et le Mexique, On ne voyait que le bonheur met à nu les ressorts morbides d’un foyer miné par les mensonges, l’apparence, et les non-dits.

Est dessiné le portrait d’un homme, Antoine, lâche, peureux, qui n’a jamais osé. Qui est le narrateur ? Un bon employé consciencieux chargé de détecter les fraudes pour une compagnie d’assurances. Antoine indemnise – lâchement – la vie des autres. Son père, chimiste, séducteur et mal aimant, l’a toujours délaissé, assez totalement, même. Il s’est montré pernicieux, souvent odieux à son égard. Le père d’Antoine a refait sa vie mais il est atteint d’un cancer du colon dont il finira par décéder… Parce que, lorsqu’il était enfant, la mère d’Antoine a quitté le foyer brutalement après le décès accidentel d’une de ses sœurs jumelles. Elle lui a dit au moins à deux reprises : « A quoi ça sert l’amour ? ».

Années lentes, Fernando Aramburu

Ecrit par Frédéric Aribit , le Jeudi, 21 Août 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espagne, Récits

Années lentes, traduction de l’espagnol par Serge Mestre, avril 2014, 260 pages, 18 € . Ecrivain(s): Fernando Aramburu Edition: Jean-Claude Lattès

 

Peu de littératures sans doute sont aussi inventives que la littérature ibérique pour faire coïncider l’originalité d’une forme et la singularité d’un récit. Et ce n’est pas l’œuvre de Bernardo Atxaga, l’autre grand basque des lettres espagnoles, qui pourrait servir de contre-exemple. Naître en 1959, du côté de Saint-Sébastien, alors que l’Espagne franquiste vient d’être adoubée par l’ONU, n’arrange probablement rien lorsqu’on ne veut pas marcher sur les sentiers battus. 1959, année éloquente : c’est aussi celle de la création d’ETA.

On comprend que les années de jeunesse de Fernando Aramburu soient profondément travaillées par les questions identitaires, la répression franquiste, la lutte armée, les actions clandestines. Comment être ou redevenir basque, quand langue et drapeaux sont interdits ? Mais de cette matière à récit, si proche de nous et déjà d’une autre époque à la fois, il a su tirer un roman audacieux qui alterne et télescope le témoignage historique, subtilement grevé de biographèmes, et le scrupule romanesque : « La littérature d’abord ; et puis, s’il reste un peu de place, la vérité ensuite ». La vérité ? oh, le vilain gros mot.

Datura, François Bellec

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 30 Juin 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Datura, mai 2014, 450 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): François Bellec Edition: Jean-Claude Lattès

Second volet des aventures de François Costentin, cartographe dieppois, après L’arbre de nuit, Datura emmène le lecteur sur la route des Indes au début du XVIIe siècle. Le héros a abandonné la France pour se consacrer à son rêve, devenir pilote pour le compte de la Casa da India, une institution créée à Lisbonne en 1503, qui s’occupait de la navigation et du commerce avec l’Orient et assurait le monopole royal sur ce commerce.

Une fois promu pilote sous le nom de Francisco da Costa, il retourne à Goa en 1620 afin de poursuivre sa carrière sur les routes maritimes reliant les comptoirs portugais, mais aussi pour retrouver les deux femmes, l’une Indienne, l’autre une « senhora » portugaise dont il est épris et qui lui ont donné chacune un enfant.

Disons-le tout de suite, l’intrigue romanesque qui sert de fil rouge au roman, et qui fleure gentiment l’eau de rose, manque de sel, un comble pour un roman d’aventures maritimes. Ce n’est pas forcément elle qui retient le plus l’attention du lecteur. En revanche, l’amiral François Bellec est un orfèvre pour nous conter les vicissitudes des périples en mer, nous familiariser avec les techniques de navigation en employant un vocabulaire précis, souvent dans son jus d’origine, toujours étayé par des références aux écrits de l’époque ainsi qu’à des documents plus anciens. On regrettera à cet égard que le lexique d’une quarantaine de termes en fin d’ouvrage ne soit pas plus étoffé. C’est tout dire.