Identification

Jean-Claude Lattès

Les éditions Jean-Claude Lattès (JC Lattès) sont une maison d'édition française appartenant au groupe Hachette Livre et dont le siège social se situe au 17 rue Jacob à Paris (6e).

 


D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Lundi, 21 Mars 2016. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

D’après une histoire vraie, novembre 2015, 479 pages, 20 € . Ecrivain(s): Delphine de Vigan Edition: Jean-Claude Lattès

 

Après le Renaudot qui a consacré ce roman comme l’un des meilleurs crus de l’année 2015, que dire de plus sur ce bijou littéraire à la confluence de la fiction et l’autofiction, rythmé par le suspense d’un thriller psychologique et saupoudré d’une fine description des sentiments qui sonne si juste, que l’on a l’impression d’avoir vécu les mêmes expériences que l’auteur ? Eh bien si, nous pouvons encore nous arrêter sur ce roman qui ouvre des voies multiples à explorer : la vie des romans est-elle si différente de la réalité ? N’avons-nous pas tous en nous une « L. » qui nous vampirise et qui nous empêche de nous réaliser ? Et accessoirement, comment se remettre d’un succès et rester créatif face à la peur de la page blanche ?

Dans cette « fiction », Delphine de Vigan se met en scène : le personnage principal s’appelle Delphine, a connu un succès retentissant grâce à un livre écrit sur sa mère (Rien ne s’oppose à la nuit) et sort avec un critique littéraire renommé (François Busnel). Jusque-là, le roman semble démarrer sur un mode autobiographique. Mais, il se passe peu à peu des choses étranges. Elle rencontre une femme prénommée « L. », très soignée et attentionnée lors d’une soirée. Elles deviennent très vite amies et inséparables. L. la fascine car elle semble parfaite, le genre de femme que Delphine n’est pas (et aurait peut-être aimé être).

La faille, Isabelle Sorente

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mardi, 01 Septembre 2015. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

La faille, septembre 2015, 520 pages, 20 € . Ecrivain(s): Isabelle Sorente Edition: Jean-Claude Lattès

 

Lucie de l’amère mort

Comme Musset résumant Lorenzaccio dès la première scène de sa pièce, Isabelle Sorente dévoile l’intrigue de son roman dans ses deux premières pages. Car La faille, qui se déroule entre 1988, année où Mina et Lucie se rencontrent, et 2014, qui voit la mort du pervers manipulateur que Lucie a épousé, est savamment construit.

Dès leur premier regard – Mina la narratrice a presque 16 ans et Lucie la fille aux cheveux d’or 12 – elles savent que leur amitié appartiendra à l’espèce rare de celles qui durent toute la vie. Une de ces amitiés passionnées qui ressemblent à de l’amour. « Les yeux de Lucie, à vrai dire, n’étaient pas bleus, ils avaient la couleur d’un lac en automne, reflétant un ciel gris ».

Lucie est à la fois sombre et lumineuse, esclave et libre. D’une beauté sidérante, « sauf sous un certain angle, quand elle tirait ses cheveux en queue-de-cheval, alors ses paupières rondes et ses sourcils très pâles la faisaient ressembler à un batracien ».

L’homme-sirène, Carl-Johan Vallgren

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 24 Août 2015. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Roman

L’homme-sirène, février 2015, traduit du suédois par Martine Desbureaux, 310 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Carl-Johan Vallgren Edition: Jean-Claude Lattès

 

Terriblement noir, mais captivant, ce roman pourrait tout aussi bien être classé dans les romans pour ados, car il s’agit d’une histoire qui les concerne directement. L’histoire d’une collégienne, Petronella, dit Nella et son petit frère collégien lui aussi, Robert : deux enfants qui ont tout pour en baver. Un père en prison, mais c’est pire quand il en sort, une mère alcoolique qui ne s’occupe pas du tout d’eux, pas d’argent et quasi pas d’amis. Le petit frère, surnommé Robbie, lui est carrément devenu le souffre-douleur d’une bande de tortionnaires un peu plus âgés. Il cumule les tares et ces brimades quotidiennes n’arrangent rien. Sa sœur fait tout ce qu’elle peut pour le défendre, le soutenir et s’en occuper à la place des parents défectueux. Pire que défectueux, des parents qui en rajoutent dans les problèmes au lieu de les régler. Les tortionnaires en question, surtout leur chef, Gérard, ne se contentent pas de harceler Robbie, leurs petits jeux qui n’ont rien de drôle, deviennent de plus en plus cruels, cela vire à la persécution pure et dure et Nella devient victime à son tour d’humiliations et de chantage, quand d’autres exactions de la bande prennent un tournant bien plus compliqué.

L’invention des ailes, Sue Monk Kidd

Ecrit par Pauline Fouillet , le Mercredi, 19 Août 2015. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

L’invention des ailes, traduit de l'américain par Laurence Kiefé janvier 2015, 464 pages, 22 € . Ecrivain(s): Sue Monk Kidd Edition: Jean-Claude Lattès

 

Avec une grande finesse et beaucoup de tendresse, Sue Monk Kidd nous offre une nouvelle fois un superbe roman très touchant.

Nous sommes en 1803 en Caroline du Sud. Ce début de roman, cette année, signifie pour Sarah Grimké, fille de bonne famille, le début du désespoir, de l’interrogation. Elle a 12 ans et comme le veut la tradition, sa mère lui offre sa propre esclave, la petite Handful, 11 ans. Devant toute la haute société féminine de la ville, Sarah va refuser son cadeau, causant ainsi un immense affront à sa mère et marquant entre elles le début des hostilités.

Mais Sarah n’a que 12 ans et ce début de lutte, cette arrogance ne lui sont pas accordés. Alors Handful va devenir son ombre, comme prévu… ou plutôt comme cette première l’imagine. Plus que son bras droit, Sarah va faire d’Handful son amie. Une amie à qui elle offrira des possibilités…

Dépendance day, Caroline Vié

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 22 Avril 2015. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Récits

Dépendance Day, février 2015, 212 pages, 17 € . Ecrivain(s): Caroline Vié Edition: Jean-Claude Lattès

 

Alzheimer ; les démences ; séniles, ou un peu moins. On les lit parfois – plutôt peut-être en essais ; on les regarde – plutôt en documentaires. Mais, progressivement, ça gagne du terrain, parce que c’est la vie de nos vieux parents, de cette voisine, pourtant pas si mamie que ça ; parce qu’à la fin, c’est nous, nos imaginaires, nos projections, que la chose attaque. Sinistre et mortifère fin de jeu de dominos. Alzheimer. Terreur à portée de nous tous.

Le livre de Caroline Vié – son roman ? – son récit probablement, pose là devant nos yeux, des destins de femmes – trois générations, et la moitié d’une autre. « Sous le marronnier du jardin, trois générations réunies… » chantait Francesca Solleville, d’une dure, mais, ensoleillée vie de femmes.

De mère en fille, ici, toutes, à un moment, voient se poindre l’hydre des cauchemars ; celle de la mémoire à trous, puis en lambeaux infimes. Une vie, des apprentissages, des manières, des usages, des savoirs, bien sûr – ce poème, cette chanson ; ces visages et ces lieux, qui se défont, goutte après goutte, et détricotent la charpente jusqu’au quasi rien final. Pernicieux mal, qui tue autrement que la mort franche.