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Jean-Claude Lattès

Les éditions Jean-Claude Lattès (JC Lattès) sont une maison d'édition française appartenant au groupe Hachette Livre et dont le siège social se situe au 17 rue Jacob à Paris (6e).

 


Dépendance day, Caroline Vié

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 22 Avril 2015. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Récits

Dépendance Day, février 2015, 212 pages, 17 € . Ecrivain(s): Caroline Vié Edition: Jean-Claude Lattès

 

Alzheimer ; les démences ; séniles, ou un peu moins. On les lit parfois – plutôt peut-être en essais ; on les regarde – plutôt en documentaires. Mais, progressivement, ça gagne du terrain, parce que c’est la vie de nos vieux parents, de cette voisine, pourtant pas si mamie que ça ; parce qu’à la fin, c’est nous, nos imaginaires, nos projections, que la chose attaque. Sinistre et mortifère fin de jeu de dominos. Alzheimer. Terreur à portée de nous tous.

Le livre de Caroline Vié – son roman ? – son récit probablement, pose là devant nos yeux, des destins de femmes – trois générations, et la moitié d’une autre. « Sous le marronnier du jardin, trois générations réunies… » chantait Francesca Solleville, d’une dure, mais, ensoleillée vie de femmes.

De mère en fille, ici, toutes, à un moment, voient se poindre l’hydre des cauchemars ; celle de la mémoire à trous, puis en lambeaux infimes. Une vie, des apprentissages, des manières, des usages, des savoirs, bien sûr – ce poème, cette chanson ; ces visages et ces lieux, qui se défont, goutte après goutte, et détricotent la charpente jusqu’au quasi rien final. Pernicieux mal, qui tue autrement que la mort franche.

Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong-Cuong

Ecrit par Laurence Biava , le Mardi, 10 Mars 2015. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Pardonnable, impardonnable, janvier 2015, 337 pages, 19 € . Ecrivain(s): Valérie Tong-Cuong Edition: Jean-Claude Lattès

 

Après L’Atelier des miracles, Valérie Tong-Cuong revient avec un roman choral qui explore les cheminements souterrains empruntés par tous les membres d’une famille vers le pardon.

Un après-midi d’été, un enfant – Milo –, entraîné à vélo dans une pente par sa tante Marguerite, chute gravement au pied d’une route de campagne. C’est le drame, ou plutôt les drames. Tandis qu’il se bat pour survivre, c’est toute sa famille qui vole en éclats. Armée de ce prétexte qui constitue le fil rouge de son histoire, Tong-Cuong fait en sorte que chacun de ses protagonistes cherche le coupable, s’invective, dans ce désordre où l’enfant semble tout désigné pour expliquer les désordres des adultes. Dans ce ballet finalement assez sordide où défilent des individus tous moins innocents ou plus ambivalents les uns que les autres (d’où le titre ?) – parents, grand-mère, jeune tante en charge de l’enfant – on devine aisément les règlements de compte, les rancoeurs, les guéguerres intestines et surtout cette lancinante question qui nous suspend au récit… L’amour que tous portent à Milo suffira-t-il à endiguer malaise et tragédie ?

Une histoire à tenir debout, Régine Salvat

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Samedi, 28 Février 2015. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Une histoire à tenir debout, 299 pages, 18,30 € . Ecrivain(s): Régine Salvat Edition: Jean-Claude Lattès

 

Une traversée des apparences

Comment parler du livre de Régine Salvat sans évoquer l’émotion violente et incompressible qui nous étreint en le lisant, sans évoquer la présence à chaque mot, de RémY, pendant notre lecture.

RémY (avec un Y !), un être doté d’une grande intelligence, sensible, magnanime et qui a su gagner tant de combats contre sa maladie, à différentes étapes, pour apprendre à lire, à écrire, quand sa maladie l’entravait, qui a refusé le plus longtemps possible le fauteuil roulant, pratiqué l’aïkido et qui a décidé tel un samouraï de suivre cette éthique exemplaire qu’il admirait : « la droiture est le pouvoir de décider une certaine ligne de conduite en accord avec la raison, sans hésiter ; mourir lorsqu’il faut mourir, combattre quand il faut combattre ; “le courage est la vertu des héros…” c’est un réel courage de vivre lorsqu’il est juste de vivre et de mourir seulement lorsqu’il est juste de mourir ». Des phrases qu’il avait soulignées dans son livre préféré. « Rémy c’était mon Gandhi, et plus encore », disait de lui son ami Loïs.

Le dico des dictionnaires, Jean Pruvost

Ecrit par Pauline Fouillet , le Lundi, 09 Février 2015. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Revues

Le dico des dictionnaires, octobre 2014, 527 pages, 23 € . Ecrivain(s): Jean Pruvost Edition: Jean-Claude Lattès

 

Jean Pruvost est un passionné des mots et des dictionnaires. Chez lui, ces ouvrages de tous styles, époques ou tailles emplissent les pièces. A tel point qu’il a dû acheter l’appartement mitoyen pour les ranger !

En tant que dicophile et lexicographe, il nous propose ici un dictionnaire amoureux avec exactement 71 définitions, vues à travers leurs histoires, leurs anecdotes et les divers dictionnaires existant. Mais surtout, il leur relie d’autres liens et mots : « Il en va ainsi de nos vieux dictionnaires. On attrape un mot, une définition, un exemple, et il faut aller plus loin. Un univers s’ouvre, labyrinthique ». C’est ainsi qu’à partir de la définition du terme chien, on en arrive à la définition d’autres mots plus ou moins excentriques comme crocodile.

Parfois, l’auteur nous entraîne à travers des « rappels » historiques d’autres époques, d’autres univers… Ainsi, tout un article est destiné à la place faite dans les dicos à la femme. Souvent la même d’ailleurs qu’elle occupe dans la société… comme un miroir de l’époque en cours.

Les hommes n’appartiennent pas au ciel, Nuno Camarneiro

Ecrit par AK Afferez , le Jeudi, 27 Novembre 2014. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue portugaise, Roman

Les hommes n’appartiennent pas au ciel, octobre 2014, traduction (Portugal) de Brigitte Jensen, 253 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Nuno Camarneiro Edition: Jean-Claude Lattès

 

Premier roman d’un jeune écrivain portugais, Les hommes n’appartiennent pas au ciel est un début littéraire qui ne manque pas d’intriguer.

Déjà, la prémisse de l’entreprise romanesque, telle qu’elle est dressée par la quatrième de couverture, est ambitieuse : réunir, autour du passage de deux comètes en 1910 qui plongent le monde dans l’effroi et la folie, trois figures fantasmées de trois écrivains qui ont marqué notre siècle – Kafka, Pessoa et Borges. Mais voilà le premier point d’achoppement : Camarneiro prend bien soin de brouiller les pistes et de ne jamais identifier les protagonistes. Si les prénoms de (Jorge) Borges et (Fernando) Pessoa, ainsi que les lieux qui leur sont associés (respectivement, Buenos Aires et Lisbonne), correspondent bien à ce qui est dit des personnages, il n’en est pas de même pour Kafka : son prétendu « double » dans le roman est un immigré européen prénommé Karl qui nettoie les vitres des gratte-ciels de New York. Rien à voir avec l’écrivain.