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Carnets du dessert de lune

 

Fondées en 1995, dans la mouvance des éditions L’horizon Vertical qu’animait Antonello Palumbo, Les Carnets du Dessert de Lune publient des livres de différents formats, où se retrouvent aphorismes, carnet de dessins, chroniques, contes, journal, micro fictions, nouvelles, poésie, prose, roman, recettes de cuisine, récit.

Plus de 160 titres publiés depuis ce jour de février 95 où naquirent et s’associèrent ces trois mots, Dessert, Lune, Carnet à propos desquels 10 ans plus tard, 46 auteurs tentèrent d’en percer le secret dans un ouvrage collectif « Carnet d’un Dessert de Lune à 46 pieds au-dessus du niveau de la mer du Nord. »

 

Et aussi les arbres, Isabelle Bonat-Luciani

Ecrit par Patrick Devaux , le Vendredi, 24 Août 2018. , dans Carnets du dessert de lune, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Roman

Et aussi les arbres, mai 2018, 76 pages, 13 € . Ecrivain(s): Isabelle Bonat-Luciani Edition: Carnets du dessert de lune

 

Tous les sens de l’auteur sont en éveil à écouter, entendre, distinguer, ressentir à fleur de souvenir jusqu’au trouble qui mêle le haut et le bas, la cime et la racine de l’être, la sève de vivre : « Le ciel a débarrassé le plancher. Il est dans ma tête. Au fin fond. Toujours ça revient ». Les mots sont « tagués » les uns aux autres « pour tenir loin des désordres. Pour tenir loin des solitudes ».

Souvenir d’un premier amour ? Certes. Mais sans « Il était une fois » parce que l’évènement tourne en boucle.

Avec un ton faussement anodin, des choses importantes sont dites, toujours avec cette façon un peu explicative, voire professorale : « Parfois elle lui disait que pour aimer il valait mieux ne jamais rien savoir ».

Avec retours sur l’adolescence, l’image des parents, de la mère plus particulièrement, du corps qui se modifie, la vie en évolution parle à travers le temps qui se souvient de façon obsessionnelle : « Les gens marchent mais c’est dans ton image qui fissure le sol » ou encore : « Lorsque j’approche de ton absence, il y a ce toi bien trop immobile pour regarder ».

Les samedis sont au marché, Thierry Radière, Virginie Dolle

Ecrit par Balval Ekel , le Mardi, 22 Mai 2018. , dans Carnets du dessert de lune, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Les samedis sont au marché, Thierry Radière, Virginie Dolle, octobre 2017, 52 pages, 12 € . Ecrivain(s): Thierry Radière Edition: Carnets du dessert de lune

 

D’une expérience commune à beaucoup d’entre nous – le marché du samedi matin – Thierry Radière tire vingt-huit tableaux originaux, proses poétiques touchantes et souvent prétextes à sourire, malgré l’incommensurable nostalgie dont elles sont lestées.

La promenade en famille parmi les étals suscite rêveries et questionnements interrogeant dès le titre par exemple la notion d’appartenance : « les samedis sont au marché » et « chaque personne devant son marchand oublie d’où il vient »  pour se fondre cette seule fois de la semaine dans une foule bigarrée. Un peu comme dans le poème de Prévert, Cortège, Thierry Radière associe étrangers et locaux, adultes et enfants, êtres humains et chiens ou rats, femme nomade et homme sédentaire, poètes, chanteuses et bouchers, extra-terrestres et terriens mais surtout rêveurs mélancoliques et réalité prosaïque du marché de province.

Légende de Zakhor, Pierre Autin-Grenier

Ecrit par Philippe Leuckx , le Jeudi, 21 Septembre 2017. , dans Carnets du dessert de lune, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Légende de Zakhor, trad. allemand Rüdiger Fischer, trad. italien Fabio Scotto, trad. anglais Derek Munn, 104 p. 13 € . Ecrivain(s): Pierre Autin-Grenier Edition: Carnets du dessert de lune

 

Décédé en 2014, Pierre Autin-Grenier auteur d’une vingtaine d’ouvrages depuis 1980 aligne ici dix récits brefs, traduits pour cette édition en trois langues (italien, anglais, allemand). L’édition de 1996 (L’arbre à paroles) ne donnait à lire que les traductions anglaise et italienne.

La patte du styliste donne un supplément d’âme et de légèreté à ces Chroniques des faits (pour reprendre l’un des textes du présent volume et le titre de l’un de ses ouvrages à L’Arbre, en Aisne) : petits riens ordinaires, rehaussés de mystère, d’inconnu, d’incongru dans le tissu des vies.

Il y a de l’Hardellet sans doute dans cette manière de faire fleureter poésie et incertitude.

C’est parce qu’on ignorait d’où il venait, quand précisément, et comment surtout il était arrivé parmi nous qu’une couronne d’or maintenant en permanence illuminait son visage, que sa voix, disait-on, pouvait troubler l’eau des sources (p.81).

Exode, Daniel De Bruycker, Maximilien Dauber

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 26 Avril 2017. , dans Carnets du dessert de lune, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Exode, mars 2017, 80 pages, 16 € . Ecrivain(s): Daniel De Bruycker, Maximilien Dauber Edition: Carnets du dessert de lune

De magnifiques photos de Maximilien Dauber pour cet écrin de désert où la poésie de Daniel De Bruycker vient se fondre et se confondre avec les pierres, le ciel, le sable.

 

Tout ici était saisissant –

le sol, l’espace, les ombres

et, plus encore, d’être du nombre.

 

Dans le désert, nous sommes transportés, nuées, ombres, nous avançons dans la lecture comme on marche, lentement, avec cette sensation que l’espace s’ouvre tout autour et en nous et le sentiment de se dissoudre dans cette immensité. Nous nous sentons de plus en plus petits, insignifiants, à chercher des signes qui se font et se défont, désert que nul langage ne saurait contenir.

Quand bien même, Isabelle Bonat-Luciani

Ecrit par Thierry Radière , le Mercredi, 08 Juin 2016. , dans Carnets du dessert de lune, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Quand bien même, mai 2016, 75 pages, 12 € . Ecrivain(s): Isabelle Bonat-Luciani Edition: Carnets du dessert de lune

 

Quand bien même est le premier recueil que publie Isabelle Bonat-Luciani. Il s’agit d’un ensemble de poèmes narratifs et incarnés dont la particularité est de combiner vers libres et prose poétique. Tout commence par la découverte d’un carnet, qu’on peut imaginer comme étant l’élément déclencheur de cette écriture frénétique :

« Ce carnet est là.

Il ne sert à rien je n’ose pas le toucher

Il est là

Il est là à ne servir à rien

Il est là au cas où ».

Contrairement à ce que pense la narratrice, ce carnet va lui servir à mettre noir sur blanc ce qu’elle n’est jamais parvenue à dire jusqu’à maintenant. Elle choisit la poésie comme mode d’expression. Cela lui permet de jouer avec ses sens, les mots, les images, les souvenirs et les désirs sans aucune retenue :