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Editions Tarabuste

 

Créées en 1986 et animée par Djamel Meskache et Claudine Martin, les éditions Tarabuste se distinguent par la qualité des textes édités (avec un certain faible pour Calaferte) mais surtout par la qualité de leur travail d'édition.
Ils travaillent en autodiffusion. et participent à de nombreux salons.
Ils sont à l'initiative des rencontres Arts et Poésie de Saint-Benoît, (14ème édition en septembre 2000).
A leur actif, plusieurs collections : Doute B.a.t. / Enième / Folio /Alluviales / Linguales /Point de vue et, plus récemment, la collection "Au revoir les enfants" destinée aux jeunes lecteurs, ainsi que la revue Triages (Juin 2000 20*21,5, 500 ex., 150 p., 150F).

Une collection prestigieuse qui fait honneur à la commune.

Éditions Tarabuste, rue du Fort, 36170 Saint-Benoît-du-Sault téléphone : +33 (0)2 54 47 66 60 / fax : +33 (0)2 54 47 67 65

 

La Boussole aux dires de l’éclair, exercices sur des lieux, Jean-Paul Bota

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 24 Octobre 2017. , dans Editions Tarabuste, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

La Boussole aux dires de l’éclair, exercices sur des lieux, 247 pages, 18 € . Ecrivain(s): Jean-Paul Bota Edition: Editions Tarabuste

 

La Boussole aux dires de l’éclair : Jean-Paul Bota dans la lignée de Cy Twombly

Jean-Paul Bota conduit une œuvre exigeante, importante. Dans le sillage d’Octavio Paz, il pourrait proclamer : « Contre le silence et le vacarme, j’invente la Parole, liberté qui s’invente elle-même et m’invente, chaque jour ». Et ce avec une sensibilité si haute, face à tout ce qui – pour sa vie – est audible, face à tout ce qui – pour sa vie – est visible, que l’on ne peut que songer au poème de Rutger Kopland, Jeune laitue, extrait de Souvenirs de l’inconnu (poème traduit du néerlandais par Paul Gellings) : « Je suis capable de tout supporter, / des haricots qui se dessèchent, / des fleurs mourantes, l’arrachage / d’un carré de pommes de terre / j’y assiste sans larmes, pour ça / je suis vraiment un dur. // Mais la jeune laitue en septembre, / qu’on vient de planter, encore molle, / dans des couches humides, non ».

Ta résonnance, ma retenue, Serge Ritman

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Vendredi, 06 Octobre 2017. , dans Editions Tarabuste, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Ta résonnance, ma retenue, avril 2017, 320 pages, 22 € . Ecrivain(s): Serge Ritman Edition: Editions Tarabuste

 

Avec Serge Ritman l’amour ne change pas, ne change plus. Il est resté le même depuis le jour où la poète le rencontra. Il dut payer cher pour son amour : l’abîme le guettait par la disparition de celle qui en était non l’objet mais le sujet. L’auteur un temps put célébrer la transhumance des esprits, les métamorphoses du cosmos vers la lumière. Au fil du temps l’amour terrestre est devenu spirituel, deux énergies « célestes » s’y cristallisent puisqu’un des protagonistes n’est plus et empêche de plonger les mains dans la farine des matins.

Mais l’auteur nous apprend que derrière les portes du temps il existe d’autres portes jusqu’au vertige comme au grand vide de la félicité. C’est pourquoi l’ensemble des poèmes se succèdent par saccades pour rejoindre la frontière des « ténèbres radieuses ». L’oxymore n’est pas ici qu’une simple figure de style. Au milieu des couleurs de l’instant le passé seul est l’or du temps. Disparue, l’amante demeure. Pour autant Ritman ne pétrarquise pas. La douleur de la séparation temporelle a dérivé sous d’autres cieux.

Jamais mieux, Jean-Pierre Georges

Ecrit par Pierre Perrin , le Mercredi, 17 Août 2016. , dans Editions Tarabuste, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Jamais mieux, 2016, 160 pages, 15 € . Ecrivain(s): Jean-Pierre Georges Edition: Editions Tarabuste

 

Ce dixième titre… C’est drôle ! Il y a vingt ans, paraissait au Dé bleu Je m’ennuie sur terre. C’était déjà un dixième titre – que voilà rétrogradé à la quatrième place « du même auteur » de Jamais mieux. Lecteur, avec Georges, la circonspection est de rigueur, ne serait-ce que pour ne pas pisser de rire. Car il y a vingt ans, Je m’ennuie sur terre paraissait un long poème en vers brefs, non ponctués, avec une majuscule à chaque début de strophe dont la longueur variait de un à seize vers, le tout entremêlant des réflexions caustiques et des fragments de récit immobile en vers. Or depuis, Jean-Pierre Georges a jeté le vers aux oubliettes. Il fait référence, dans Aucun rôle dans l’espèce (Tarabuste, 2003), « à l’époque où je ne savais pas encore qu’il n’y a pas de grands poètes ». Et, s’il écrit, dans Jamais mieux, « il fut un temps où je rêvais d’un “achevé d’imprimer par l’Imprimerie Floch à Mayenne” » il oublie la parution de La Plainte dans La Nouvelle Revue française de septembre 1988, entre des pages d’Octavio Paz et de Karen Blixen. Il y notait déjà : « Je n’ouvre aucun livre car je sais ce que j’y trouverai ; au pire l’insoutenable rhétorique au mieux la banale confirmation ». C’est là qu’il a trouvé sa voie, entre le poème en prose, assez voisin de Jean-Claude Martin, et ces sentences drôles, cruelles, désabusées. Emprunté à Cioran, son exergue offre une fusée éclairante : « On ne peut rien dire de rien. C’est pourquoi il ne saurait y avoir de limite au nombre de livres ».

Que n’ai-je, Jean-Claude Martin

Ecrit par Pierre Perrin , le Jeudi, 02 Juin 2016. , dans Editions Tarabuste, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Que n’ai-je, février 2016, 104 pages, 13 € . Ecrivain(s): Jean-Claude Martin Edition: Editions Tarabuste

« On croit souvent que la poésie n’est qu’une petite ritournelle rimant plus ou moins, ou quelque chose de très linguistique et de très ennuyeux, sur laquelle des messieurs très linguistiques et très ennuyeux colloquent. Je ne pratique ni l’une, ni l’autre. J’essaye de faire tenir en quelques lignes – dans des poèmes dits “en prose” qui ne dépassent jamais une page – des rencontres, des moments, des éclats, des éclatements, des éclairs, des éclaircies, des impressions, des petites choses vues, des grandes choses entr’aperçues : du ciel, de l’eau, des avions, des êtres humains, du temps qui passe, des émotions, des histoires […] C’est un peu un journal, sans être un journal. Ce sont, recréés, des moments de ma vie. J’espère qu’ils peuvent aussi toucher des moments de la vôtre ». C’est sur le site de la Maison des écrivains qu’on trouve cette approche écrite en 1999 mais valide encore et toujours, précise le poète.

Le titre de ce recueil est emprunté à Guillaume Apollinaire qui le fait rimer avec neige, dans Alcools, paru voilà un siècle, déjà. Et c’est bien en une centaine de proses brèves, à raison d’en moyenne une dizaine de lignes par page, que Jean-Claude Martin propose un petit tour dans la réalité, sans illusions. « Et, en soulevant les lignes des poèmes, comme les lames des persiennes, n’apparaîtra qu’un ciel tout blanc, froid comme un mur ». Cependant, dès le premier poème, la magie se met en place. En effet : « Le jour filtre à travers les volets. C’est miracle que si peu de clarté fasse tant de lumière ».

Grand Poème Prose, Claude Minière

Ecrit par Arnaud Le Vac , le Mardi, 09 Septembre 2014. , dans Editions Tarabuste, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Grand Poème Prose, Collection Brèves Rencontres, juin 2014, 110 pages, 10 € . Ecrivain(s): Claude Minière Edition: Editions Tarabuste

« N’avez-vous jamais dans la nature, sur le Campo Santo, au bord du ruisseau, murmuré c’est là ? Quelque chose, tout, est là. Le murmure, intérieur et extérieur à la fois, ne veut pas dire “je suis ici” mais bien “c’est là”. C’est ».

Le Grand poème en prose de Claude Minière tend l’arc de la poésie en son œuvre comme jamais, elle en est aussi le recueil le plus abouti. C’est à la lecture un grand livre que vous ouvrez entre vos mains. Du premier nom prononcé, « le dragon », aux derniers mots, « grand poème en prose plié » qui clôturent le recueil et donnent le titre au livre, un véritable jeu de papiers se déploie entre vos doigts.

Minière, convoquant dans les premières pages Dante et Parménide, précise à ses lecteurs de quoi il va en être : « Les mots les plus simples vous arrivent sur les lèvres, à travers le ventre, ils vous arrivent du fond des temps, et voici le début de l’éternité : il y a quelque chose plutôt que rien et c’est un rien à l’évidence de justice. Comme enfoncer une porte ouverte ». La poésie pour Minière ne saurait être sans impliquer en tout premier lieu le rapport à l’art : « Comme souvent les artistes hachurent une zone de la toile ou du papier et créent un espace dans l’espace. La première lettre d’une phrase est une rayure et un départ ». Une rayure nous dit Minière, et un départ. Le poème commence.