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Le Castor Astral

Le Castor astral est une maison d'édition française indépendante.

Cofondée en 1975 par Jean-Yves Reuzeau, Chantal Chomette, Cat Dussillols et Marc Torralba, la maison concentre ses activités sur la musique, la littérature, la poésie et les essais.

La maison publie aussi bien des textes d'auteurs du milieu du xxe siècle, comme Emmanuel Bove, Michel Fardoulis-Lagrange ou René Guy Cadou que des auteurs contemporains comme Alain Absire, André-Marcel Adamek, Daniel Biga, Philippe Blasband, Roland Brasseur, Francis Dannemark, Guy Darol, Patrice Delbourg, Philippe Lacoche, Bernard Morlino, Michel Ohl, Lambert Schlechter, Hervé Le Tellier, François Tétreau, Tomas Tranströmer (prix Nobel de littérature 2011), Régine Vandamme, Miriam Van Hee et le groupe Oulipo.

La collection « Curiosa & Caetera », dirigée par Éric Poindron, édite ou réédite des livres rares ou insolites.


Le jour où Pelé, Abdelkader Djemaï

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mardi, 05 Juin 2018. , dans Le Castor Astral, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb

Le jour où Pelé, mars 2018, 136 pages, 9,90 € . Ecrivain(s): Abdelkader Djemaï Edition: Le Castor Astral

 

Après La vie (presque vraie) de l’abbé Lambert (Seuil, 2016), Abdelkader Djemaï publie son dernier roman, Le jour où Pelé.

Dans ce roman, l’auteur s’inspire d’un événement majeur de l’histoire algérienne : le 17 juin 1965, le Brésil vient affronter pour un match amical l’équipe algérienne, au Municipal d’Oran. Présidée par Ahmed Ben Bella qui assiste au match, l’Algérie est indépendante depuis trois ans. Encore fissurée par les séquelles de la colonisation, elle regroupe ses lambeaux pour se retrouver, pour suivre la course des pays libres. Ce jour inoubliable, « la nation de foot bénie par les dieux allait affronter la nation qui venait d’entrer dans le concert des pays libres » (p.93).

Noureddine est le personnage principal du roman. C’est un adolescent de 17 ans qui a grandi dans un haouch (maison avec plusieurs chambres et une cour, abritant souvent des familles différentes).

Des étoiles et des chiens, Thomas Vinau

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 23 Mai 2018. , dans Le Castor Astral, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

Des étoiles et des chiens, avril 2018, 208 pages, 15 € . Ecrivain(s): Thomas Vinau Edition: Le Castor Astral

« Que l’art ça sauve. Ça dit plus grand. Ça dit en face. Ça console. Ça transforme la brûlure en lumière. Un petit peu. Pas longtemps. Mais pour de vrai. Tellement pour de vrai que des fois c’est dur à supporter ».

Dans la lignée de 76 clochards célestes ou presque, Thomas Vinau dresse un bref portrait (une à trois pages) de 76 artistes écorchés, décalés, rebelles, l’ayant marqué, nourri ou consolé. L’auteur de La part des nuages et Le camp des autres restitue avec un lyrisme singulier leurs destinées tragiques, sublimes, imparfaites ou abîmées.

Entre le charme de l’effusion et de la foudre et la frustration du frôlement et de l’infime, cet écrivain français de 39 ans nous emporte sur son frêle esquif à la découverte d’artistes inconnus, méconnus ou célèbres tels que Amy Winehouse, Jim Harrison, Jacques Abeille, Henri Calet, Nick Flynn, Attila Jozsef, Cesare Pavese, Jean Rochefort, Carson McCullers, Jacques Higelin, Victor Hugo, Philippe Léotard, Vincent Gallo, Arno Schmidt, Amos Tutuola, Eugène Guillevic… Les mots de Thomas Vinau effleurent le parcours sinueux de ces écrivains, musiciens, peintres, acteurs ou dessinateurs telle une brise légère léchant la surface les feuilles à la fin de l’été.

Plein emploi, Jean-Claude Pirotte

Ecrit par Philippe Leuckx , le Vendredi, 16 Mars 2018. , dans Le Castor Astral, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Plein emploi, 176 pages, 15 € . Ecrivain(s): Jean-Claude Pirotte Edition: Le Castor Astral

 

 

Ouvrage posthume du romancier, poète et peintre Pirotte (1939-2014), Plein emploi propose six sections de poèmes très variés par l’écriture, par les thèmes aussi.

Dans cet ultime opus poétique, les noms d’autres poètes viennent caresser les vers, les baigner (le poète résida les derniers temps à la Mer du nord, sur la côte belge) d’une sérénité qu’il ne trouvait plus : la mort, en voisine encombrante, la maladie, à l’étage, les tracas du grand âge au vestibule, venaient tonner dans l’âme du poète. Alors les noms de Baron, Dhôtel, Fargue, Venaille, Reverdy, Perros… l’ancrent un peu plus en terre de poésie. Et Follain, sans doute le maître incontournable, de simplicité, ranime chez Jean-Claude les reliefs bénis d’une enfance toujours à prospecter, toujours à honorer de quelques vers :

L’arpenteur des ténèbres, Antoni Casas Ros

Ecrit par Christelle d’Herart-Brocard , le Mardi, 09 Janvier 2018. , dans Le Castor Astral, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’arpenteur des ténèbres, janvier 2018, 327 pages, 19 € . Ecrivain(s): Antoni Casas Ros Edition: Le Castor Astral

 

La quatrième de couverture est suffisamment explicite, prometteuse, alléchante : on imagine déjà Antoni et Anca sillonner les États-Unis et le Mexique à la recherche de Toma Emin, l’écrivain mystérieux, qui refuse d’apparaître en public. On conçoit aisément que la quête sera longue et on l’espère palpitante et atypique à l’instar de nos deux amants : Antoni n’a-t-il pas été embauché par une étrange fondation pour laquelle il devra décrire le monde selon un pur critère esthétique ? Après avoir tagué son sexe en rouge sur bon nombre de murs new-yorkais, Anca ne peut décemment pas en rester là. Nul ne doute, enfin, que leur marginalité viendra contrarier le nouveau genre de terrorisme qui s’abat sur le monde.

Au début, tout se passe sans heurt : Antoni, l’écrivain qui n’avait jamais écrit un texte ailleurs que sur une ardoise effaçable, part à la découverte du monde avec son Olivetti Valentina rouge, fort d’un contrat d’un an et d’un salaire correct et régulier. Sa seule contrainte : un texte qu’il enverra chaque semaine à son employeur. Son choix personnel : une esthétique du chaos. Il rencontre Anca, la belle et fascinante cunt artist. Ensemble ils décident de retrouver Toma Emin et d’honorer l’engagement d’Antoni par l’envoi de textes croisés sur des sujets qu’ils tirent au sort. Quant à la menace terroriste, elle demeure distante, relayée par la télévision.

Le Versant noir, Kevin Gilbert

Ecrit par Philippe Leuckx , le Vendredi, 13 Octobre 2017. , dans Le Castor Astral, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Océanie

Le Versant noir, juin 2017, trad. anglais (Australie) Marie-Christine Masset, 256 pages, 20 € . Ecrivain(s): Kevin Gilbert Edition: Le Castor Astral

 

D’une Australie blanche, conquise sur les populations aborigènes en 1788 – qu’une odieuse fête de commémoration, deux siècles plus tard, rappela en grandes pompes –, il reste pour les Aborigènes quelques réserves, des missions, des lieux de misère pour tout dire, où, parqués, ils peuvent à loisir crever de faim, de saleté, d’injustice, de haine quotidienne à leur égard. Le poète Kevin Gilbert (1933-1993) chante tout cela dans des poèmes âpres, non vindicatifs, mais emplis d’une énergie qui vise à condamner l’état de fait et à espérer – oser espérer – un changement.

Le peuple noir, voulu par les colonisateurs, déchu, infirme et inférieur, a vécu, recourant à ses propres légendes, pour supporter le réel infligé.

Notre seul combat

Est de survivre

Nos tambours de guerre sont les fracas de la mort

Et le cri de douleur des mères (p.203).