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La Grande Ourse

Légère et court-vêtue, Antoine Jaquier

Ecrit par Guy Donikian , le Jeudi, 06 Juillet 2017. , dans La Grande Ourse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Légère et court-vêtue, avril 2017, 228 pages, 20 € . Ecrivain(s): Antoine Jaquier Edition: La Grande Ourse

La légèreté apparente de certains textes a toutes les difficultés à celer la légitime ambition de leur auteur. Légère et court-vêtue n’échappe pas à ce propos, Antoine Jaquier a toute l’adresse requise pour y parvenir : une intrigue plutôt bien ficelée, des rebondissements qui intiment l’ordre au lecteur de poursuivre, et des situations inattendues qui ne laissent pas de surprendre, le tout servi par une écriture qui allie maîtrise et innovations. Mais s’il n’y avait que « cela », Légère et court-vêtue ressemblerait somme toute à tout autre ouvrage ; Antoine Jaquier sait utiliser son talent pour distiller quelques critiques de notre époque qui deviennent logiques et évidentes, des critiques qui ont toute leur place dans des dialogues souvent savoureux.

Mélodie travaille dans le milieu de la mode, elle vit à Lausanne, aime les chats et éprouve pour Tom, un photographe de mode, un amour inconditionnel ou presque. Elle subit pourtant les travers de son amant qui « l’oublie souvent », qui lui pose des lapins à l’occasion de différentes rencontres. Deux choses l’intéressent par-dessus tout : la photographie pour quoi il a une vraie passion, et le jeu, qui le met souvent sur la paille, au point de négliger les aspirations de Mélodie. Ainsi après une nuit passée au Casino, et alors qu’il a perdu, quand Mélodie lui demande s’il veut bien de faire un tour dans un club échangiste, il répond : « Tu fais chier, Mélodie, tu penses vraiment qu’à ça… ». Et la note de l’hôtel sera réglée par Mélodie puisqu’il a perdu au jeu…

L’âge de l’héroïne, Quentin Mouron

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 30 Juin 2016. , dans La Grande Ourse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’âge de l’héroïne, juin 2016, 144 pages, 15 € . Ecrivain(s): Quentin Mouron Edition: La Grande Ourse

 

 

Berlin, arrondissement de Pankow, quartier de Prenzlauer Berg, de nos jours.

Franck, énigmatique mélange de détective et de collectionneur de livres anciens, se balade, entre deux lignes de coke, dans la librairie du Nouveau Monde, véritable « paradis du bibliophile ». Après avoir fait « virevolter [Mlle Schulz, la vieille libraire] dans les coins, sur les “éditions originales”, sur les “autographes”, sur les “beaux papiers” », Franck quitte la librairie, laissant derrière lui une douairière satisfaite et trois billets de cinq cents euros sur le comptoir en échange d’un volume de Tanzaï et Néadarné, roman de Crébillon fils, édition de Chou-Chu-La (1734), Seul Imprimeur de Sa Majesté chinoise pour les langues étrangères.

Peu après son arrivée à l’hôtel, le détective-collectionneur constate avoir oublié sa chevalière sur la table de la librairie. Malgré l’heure tardive, il y retourne :

Ciao connard, Florian Eglin

Ecrit par Guy Donikian , le Mercredi, 20 Avril 2016. , dans La Grande Ourse, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman

Ciao connard, mars 2016, 139 pages, 15 € . Ecrivain(s): Florian Eglin Edition: La Grande Ourse

 

Le titre du livre ne dit pas tout, loin s’en faut, il n’est en fait qu’une des réparties de l’un des deux protagonistes. C’est un huis clos, mais un huis clos bien singulier, puisqu’il réunit un bourreau et son supplicié. Et ce tête-à-tête a lieu dans une bibliothèque qui est celle du supplicié. « Connard » est le mot qu’emploie le supplicié pour désigner, à plusieurs reprises, son bourreau.

Le début du récit se situe au moment où le narrateur nous apprend que son ventre, sa « cavité abdominale », est ouvert et partiellement délesté d’une grande partie de son contenu, ses intestins, qu’il décrit par le menu. L’absurdité de la situation est accrue par la capacité du narrateur à décrire ses intestins, posés sur une table à côté de lui, puis d’autres organes qui seront tranquillement prélevés au fur et à mesure de l’évolution de ce qui apparaît comme une expérience. Le bourreau suit en fait les indications que précise un livre, celui d’un auteur qui a lui aussi commis ce type d’expérience. Le foie sera particulièrement apprécié, puisque qu’il sera préparé pour être dégusté…

Trois gouttes de sang et un nuage de coke, Quentin Mouron

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 23 Octobre 2015. , dans La Grande Ourse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Trois gouttes de sang et un nuage de coke, juin 2015, 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Quentin Mouron Edition: La Grande Ourse

 

« Le pick-up noir est stationné à l’angle de la rue Parker et de la rue Mount Auburn. Le vieux Jimmy Henderson a laissé tourner le moteur et il finit d’engloutir la part de pizza au peperoni achetée dans le resto qui fait l’angle. L’habitacle sent la friture, le sang frais, le tabac froid. Des emballages de nourriture et de boisson jonchent le sol. Un morceau de carcasse de cerf enveloppé dans du plastique est posé sur le siège passager. Un fusil de chasse – Winchester calibre 12 à pompe – est appuyé contre le tableau de bord. Suspendu au rétroviseur, un déodorant en forme de Christ crucifié.

La rue Mount Auburn est calme. L’épicerie vient de fermer et la nuit est tombée. […] Jimmy allume ses phares. Il va repartir quand il aperçoit la silhouette d’un homme vers Mount Auburn depuis le bout de la rue Parker. Un homme qui n’est pas de ceux que l’on croise à Watertown. […] L’homme s’arrête à la hauteur du pick-up. “Bonsoir” balbutie Jimmy. L’homme s’incline légèrement ».

Qui a tué Jimmy Henderson ?

L’Amant de Prague, Monique Ayoun

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 03 Mars 2015. , dans La Grande Ourse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Amant de Prague, février 2015, 176 pages, 15,50 € . Ecrivain(s): Monique Ayoun Edition: La Grande Ourse

 

« Ma vie est l’hésitation avant la naissance. Peut-être que mon enfance a été trop courte, le temps passe et on passe avec lui sans but ni raison… Parfois l’étonnement devant ces nuages incolores et absurdes… Où est l’éternel printemps ? »

Franz Kafka

 

A l’âge de dix-huit ans, Peter quitte son pays, la Tchécoslovaquie, avec toute sa famille, pour échapper aux bolchéviques. Garçon solitaire aux multiples facettes, il a un certain penchant pour l’alcool, la philosophie, la politique et l’histoire, surtout celle de son pays. Quand il rencontre Carla à Paris, c’est le coup de foudre. Toutefois, leur passion se métamorphose rapidement et leur relation devient kafkaïenne. L’admiration que lui voue Carla n’y change rien. L’alcool aidant, il brille en société :