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Les éditions du Rocher

 

Créées le 1er novembre 1943, les éditions du Rocher sont liées de 1943 à 1965 à leur principal fondateur, Charles Orengo (1913-1974). Elles font partie des rares maisons nées sous l’Occupation, rescapées et toujours vivantes aujourd’hui.

 

Billie Morgan, Joolz Denby

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Vendredi, 16 Juin 2017. , dans Les éditions du Rocher, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Billie Morgan, avril 2017, trad. Thomas Bauduret, 391 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Joolz Denby Edition: Les éditions du Rocher

 

 

« Ce récit constitue mes mémoires ; la vérité, telle qu’elle existe dans mon souvenir ». Par cette simple phrase placée en épigraphe, Joolz Denby nous indique que l’on entre de plain-pied dans le récit de l’histoire de Billie Morgan, l’héroïne de son livre. Billie est née dans une famille presque ordinaire de Bradford, dans le West Yorkshire. Billie est la cadette d’une fratrie de deux filles. Elle a les cheveux bruns de son père qui a déserté le foyer conjugal. Aux yeux de sa mère, blonde décolorée, elle n’est pas féminine et « a le don de [se] faire détester ». Billie, qui doit son nom à Lady Day, la chanteuse, se demande d’ailleurs, tout le temps : « qu’est ce que j’ai fait pour que papa nous abandonne ? Pour qu’il cesse de m’aimer ? ». Une lourde et sourde culpabilité qui va marquer le destin de cette gamine de Bradford. Bradford qu’elle aime même si ça n’est pas Londres, Bradford où a vu le jour le peintre David Hockney.

JFK Une histoire sexuelle, Georges Ayache

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 06 Juin 2017. , dans Les éditions du Rocher, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Histoire

JFK Une histoire sexuelle, mai 2017, 212 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Georges Ayache Edition: Les éditions du Rocher

 

Mais qu’aurait-il fallu pour que ce livre soit réussi ? Pour qu’il soit utile et pourquoi pas, passionnant ? Beaucoup de choses, plus généralement d’axes, et des routes dessinées autrement, et pratiquées de manière approfondie et méthodique.

Le contexte historico-éditorial était pourtant particulièrement favorable : on célèbre cette année le centenaire de la naissance de JFK. Des publications sur cette période de l’histoire américaine ne peuvent qu’être bienvenues ; l’Histoire, du coup, est attendue, à présent que le temps a fait son œuvre, et a laissé reposer les tempêtes des évènements. On sait certes plein de choses sur JFK et sa destinée – ne dit-on pas que c’est un des sujets sur lesquels on aurait le plus écrit depuis Dallas. Mais, justement, dans toutes ces sources de qualité diverses, dans ce qui a bâti deux légendes, la rose et la noire, le lecteur est friand d’en – non pas seulement savoir – mais connaître davantage, pour peu que ce soit fiable, novateur, et pour tout dire, sérieux. Dans les montagnes d’écritures – mais aussi de bobines – sur JFK, nous sommes – nous demeurons – les uns et les autres en attente d’une face non explorée ou mal, pour – enfin – arriver en haut, là où la réflexion peut trouver son utile place, pour les lendemains du monde dans lequel nous vivons, Amérique Trumpiste, comprise.

Journal du ghetto de Lodz, 1939-1943, Dawid Sierakowiak

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 07 Novembre 2016. , dans Les éditions du Rocher, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Histoire

Journal du ghetto de Lodz, 1939-1943, septembre 2016, trad. Mona de Pracontal, photographies exemplaires Mendel Grossman, Henryk Ross, 348 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Dawid Sierakowiak Edition: Les éditions du Rocher

 

Du livre écrit en polonais par un jeune Juif, de ses quinze à dix-neuf ans, nous pouvons lire une traduction de traduction. Du Journal initial subsistent cinq cahiers, aux titres révélateurs : Lodz est occupée, Une faim continuelle, Nous vivons dans une peur constante, La bête assoiffée de sang, Il n’y a pas d’issue.

Du 28 juin 1939 au 15 avril 1943, le jeune Dawid a tenu son journal, relatant de manière précise les événements du ghetto et ceux qui parvenaient de l’extérieur.

Dans une langue claire, minutieuse, très descriptive, Dawid nous conte la vie passée au ghetto entre quête continuelle de nourriture et de travail, sa famille logée au troisième étage dans des conditions de promiscuité et de saleté extrêmes : le père, voleur invétéré même de la chiche nourriture de ses proches, la mère combative et adorée, la sœur Nadzia.

Le sérieux bienveillant des platanes, Christian Laborde

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 21 Septembre 2016. , dans Les éditions du Rocher, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le sérieux bienveillant des platanes, août 2016, 132 pages, 14 € . Ecrivain(s): Christian Laborde Edition: Les éditions du Rocher

« Le “Tarbais” c’est la Rolls du haricot, enfant d’une terre limoneuse, caillouteuse à souhait, juste ce qu’il faut d’argile. Si la terre avait été trop argileuse, la peau du haricot eût été plus épaisse, sa chair plus farineuse. Rien de tout ça, il est parfait, le haricot tarbais. Et s’il est si fondant, c’est parce qu’il n’a jamais cessé, en grandissant, d’avoir chaud au cul. Il a profité à fond, en effet, de la tiédeur des galets du gave ».

Le sérieux bienveillant des platanes ressemble au délicieux haricot « Tarbais », caillouteux à souhait, fondant comme l’accent qui l’habite. Un accent qui vient des cols pyrénéens où se postait l’écrivain pour voir passer avec son père les héros du Tour de France. Un roman qui a profité de la douceur des galets qui roulent sous sa langue, un roman qui a chaud au verbe. Roman « slamé », que l’on lit, comme l’on écoute les chansons gasconnes de Bernard Lubat, ou que l’on fredonne celles de Claude Nougaro, le boxeur troubadour de Toulouse. Le sérieux bienveillant des platanes est un roman du retour aux sources, au village, à Paulhac. Tom y vient pour enterrer son grand-père, son Pépé – un mot sans électricité, sans chahut, sans violence, un mot doux, une caresse –, sous les yeux et les mots de la douce Joy, sa princesse, clandestine, libre de faire ce qu’elle souhaite et de faire corps avec Tom. Un retour, et un passage dans l’accélérateur à particules des souvenirs, où les mots valsent en trois temps, les trois temps du roman.

Noirs dans les camps nazis, Serge Bilé

Ecrit par Guy Donikian , le Jeudi, 09 Juin 2016. , dans Les éditions du Rocher, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire

Noirs dans les camps nazis, Le Rocher poche, mars 2016, 168 pages, 6,50 € . Ecrivain(s): Serge Bilé Edition: Les éditions du Rocher

 

L’inimaginable monstruosité des atrocités commises par les nazis ne peut se comprendre à la lumière d’une seule explication. Il faudra sans doute encore accumuler de nombreux essais pour saisir tous les mécanismes qui ont concouru pour une « solution finale » qui vit industrialiser la mort comme jamais auparavant. Serge Bilé participe avec cet essai à la compréhension de ces mécanismes, de ces logiques simplistes mais efficaces pour la mort industrialisée de tout un peuple. Il s’agit en l’occurrence de la déportation des Noirs dans les camps de concentration et d’extermination de l’Allemagne nazie. Africains, Antillais, Américains, furent aussi victimes des nazis.

C’est en Namibie que tout a commencé, un pays voisin de l’Afrique du Sud. Les premiers colons allemands y débarquent en 1870, alors que ce pays est composé d’une mosaïque de peuples, dont les Ovambo, Kavango, Nama et Herero. La désunion qui règne alors entre ces peuples va grandement faciliter l’installation des colons allemands. Le sous-sol recèle des richesses dont le cuivre et les diamants qui vont attiser les convoitises, et Bismarck va nommer un gouverneur pour administrer le territoire et ses richesses : Heinrich Goering, le père de Hermann Goering, l’un des plus hauts dignitaires nazis.