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L'Âge d'Homme

L'Âge d'Homme est une maison d'édition fondée en 1966 à Lausanne par l'éditeur d'origine yougoslave Vladimir Dimitrijevic. Son siège est aujourd'hui situé à Paris.

D'abord connue pour sa diffusion d'auteurs slaves grâce à la collection « Classiques slaves », l'Âge d'Homme diversifie sa ligne éditoriale avec le temps, publiant des revues, des travaux universitaires, des ouvrages de fiction et plusieurs auteurs suisses dont Charles-Ferdinand RamuzLéon SavaryGaston Cherpillod et Charles-Albert Cingria ou français dont Pierre Gripari et Alain Paucard.

Des années 1960 à 1980, L'Âge d'Homme était l'un des principaux éditeurs francophones d'écrivains dissidents soviétiques, avec des auteurs comme Alexandre Zinoviev.

Durant les guerres civiles en Yougoslavie, la maison d'édition publie plusieurs ouvrages soutenant la Serbie.

L'Âge d'Homme publie de nombreux essais consacrés à des thèmes politiques, historiques, culturels ou philosophiques d'auteurs en général très à droite comme Alain de BenoistPierre Marie GalloisFreddy BuacheÉric WernerIbn Warraq ou Alexandre Del Valle. Mais il a aussi publié plusieurs volumes d'Octave Mirbeau : trois tomes de saCorrespondance générale, ses Combats littérairesL'Abbé Jules et Sébastien Roch, ainsi que le monumental Dictionnaire Octave Mirbeau.

La maison d'édition s'est également engagée dans la défense de poètes tels que Lucien Noullez, Ferenc Rákóczy ou Monique Laederach.

En 2007, la maison d'édition comptait environ 3 000 titres à son actif.


La Confession d’un voyou suivi de Pougatcheff, Sergueï Essenine

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mardi, 16 Septembre 2014. , dans L'Âge d'Homme, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Russie, Poésie

La Confession d’un voyou (1921) suivi de Pougatcheff (1921)traduit du russe par Marie Miloslawsky et Franz Hellens, préface de Franz Hellens . Ecrivain(s): Sergueï Essenine Edition: L'Âge d'Homme

Sergueï Essenine fait partie de ces poètes russes dont le lyrisme enflamme et illumine nos représentations – plus ou moins imaginaires – de l’enthousiasme révolutionnaire d’octobre 17, l’exaltation politique et artistique que l’on aime y découvrir. Une Révolution qui consuma aussi les poètes, musiciens, cinéastes, peintres dont elle avait elle-même fait ses icônes. Pour la poésie, son nom brille aux cotés de ceux d’Anna Akhmatova et de Vladimir Maïakovski. Au-delà de la légende qui nimbe pour beaucoup d’entre nous ces poètes à la fois adulés et maudits, de leur vivant même, quelques traducteurs nous permettent de découvrir vraiment leur œuvre.

Il faut dire que Sergueï Essenine, mort à tout juste 30 ans, rassemble bien des éléments de la mythologie du « Poète » : une œuvre inscrite dans l’histoire de son temps, une vie qui semble vouée toute entière à l’œuvre et qui n’aura pas le temps de s’épuiser dans les honneurs ou l’oubli. Né dans les dernières années du XIXe siècle, sont œuvre s’affirme au moment même où la Révolution prend son essor. Il côtoiera quelques-unes des grandes figures cosmopolites de l’époque (il fut brièvement le mari d’Isadora Duncan lorsque celle-ci vint dans la toute jeune Union Soviétique) et sa vie s’achèvera par un suicide plus ou moins suspect.

Le coup de foudre, Frank Wedekind

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Jeudi, 01 Mai 2014. , dans L'Âge d'Homme, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Nouvelles

Le coup de foudre, traduit de l’allemand par Etienne Barilier, février 2013, 159 pages, 12 € . Ecrivain(s): Frank Wedekind Edition: L'Âge d'Homme

 

Mourir d’aimer


Frank Wedekind est connu pour sa pièce Lulu ou la boite de Pandore dont a été tiré le livret de l’opéra d’Alban Berg, Lulu, et le film de Pabst, Loulou.

Sous le titre prometteur Le coup de foudre sont réunies neuf nouvelles qui parlent essentiellement des ravages de l’amour avec un mélange de délicatesse, de cruauté et de cynisme dont pourraient bien s’inspirer nombre d’écrivains contemporains (des deux sexes pour ceux qui n’ont pas le bonheur d’être hermaphrodites) s’ils cherchaient à déchiffrer autre chose que les plis de leur nombril.

D’amour et, surtout, de la condition des femmes à la fin du 19è siècle.

Film ist., La pensée visuelle selon Gustav Deutsch, Livio Belloï

Ecrit par Alhama Garcia , le Dimanche, 16 Mars 2014. , dans L'Âge d'Homme, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Film ist., La pensée visuelle selon Gustav Deutsch, juillet 2013, 25 € . Ecrivain(s): Livio Belloï Edition: L'Âge d'Homme

 

Si l’on en croit les « vues » d’un site web bien connu, nous sommes relativement peu nombreux à avoir regardé les quelques extraits disponibles de Film ist. 7-12, de Gustav Deutsch. De quoi s’agit-il, et quel est le sens de l’ouvrage que lui consacrent Livio Belloï et les Editions l’Âge d’Homme ?

Architecte de formation, Gustav Deutsch s’intéresse à partir des années 90 au procédé du found footage, qui consiste à chercher dans l’immense stock d’archives du cinéma depuis ses origines des éléments choisis pour recréer à travers un montage élaboré un sens autre que celui du support dont ils ont été extraits.

Gustav Deutsch n’est pas le seul ni le premier à se lancer dans un tel projet. Le concept de montage est en quelque sorte consubstantiel au cinéma dans sa genèse historique. Le simple fait de coller à la suite deux bobinos de nitrate de cellulose de trois minutes offre au « spectateur » par la succession-juxtaposition des deux fragments un sens supplémentaire à celui des fragments isolés. Très rapidement, les bobinos eux-mêmes ont été coupés pour y intégrer des éléments discontinus mais qui du fait de leur contiguïté créaient une continuité narrative.

Cinquante poèmes en do mineur, Julien Dunilac

Ecrit par Alhama Garcia , le Lundi, 10 Mars 2014. , dans L'Âge d'Homme, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Cinquante poèmes en do mineur, Editions L’Age d’Homme, Lausanne, coll. Contemporains, juin 2013, 112 pages, 13 € . Ecrivain(s): Julien Dunilac Edition: L'Âge d'Homme

 

Tout le recueil est écrit en vers courts, entre deux et neuf syllabes. Portant une attention particulière à des poèmes dont la métrique courte permet l’émergence d’un rythme – quel qu’il soit – le vers, quand il se déroule sur moins de huit syllabes, semble se priver d’un atout essentiel. Il rappele également que le rythme, dans sa dimension originelle déjà perçue par les philosophes grecs avant Platon, est essentiellement la conscience du flux, plus que le retour régulier du battement.

En avançant dans la lecture, on découvre, comme en surimpression, au-delà du retour des toniques, un rythme caché. Nous restons toujours dans le vers libre ; même si deux vers de six font un alexandrin ; même si trois vers successifs totalisent 9 syllabes, et que ce soit là, précisément, la limite du vers le plus long. Il se produit au fil des textes une sorte de coalescence entre les vers, à ceci près qu’il ne s’agit pas de la réunion de phonèmes distincts, mais de regroupement logique d’unités de sens que sont les groupes de syllabes. Autrement dit, on ne retrouve pas ici une juxtaposition verticale de mots empilés, lecture agaçante s’il en est, et si fréquente dans la poésie brève, mais un fil conducteur souple d’une phrase à l’autre, une construction à la fois habile et naturelle.

La Lune assassinée, Damien Murith

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 11 Février 2014. , dans L'Âge d'Homme, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La Lune assassinée, août 2013, 109 pages, 16 € . Ecrivain(s): Damien Murith Edition: L'Âge d'Homme

 

La Femme, Césarine. Le Mari, Pierre. La Vieille, elle a l’œil. Et au milieu, il y a la « Garce ». Au fil du rasoir, en filigrane, tout est dépeint avec éclat, brio, précision et poésie. Un texte qui résonne comme une claque dans un silence étouffant. Le ton est lancé dès les première lignes, l’atmosphère y est écrasante :

« Le village, comme une teigne, avec ses maisons basses que mangent les vents, avec ses granges vides où l’on se pend, avec ses bêtes maigres, avec l’odeur du moisi qui rampe le long des ruelles, avec son auberge où l’on boit sa rage, sa haine, avec son clocher qui griffe la croûte grasse du ciel, et son cimetière, rectangle jaune et gris où reposent les os, avec ses chemins de poussière, ses sentiers de misère où poussent la ronce et l’ortie, et plus loin, l’usine, de briques, de fer, de sueur, avec la peur de l’autre, l’étranger à qui l’on entrouvre la porte, une lame cachée dans le dos, et le diable qui rôde, la nuit, sur les toits, et les chapelets qui s’égrènent, au coin des poêles, on prie la Sainte Vierge car dehors, les ombres guettent, avec ses gens, usés, râpés, cassés, la figure creuse, la douleur muette, traînant derrière eux un siècle d’âmes vaines, et encore plus loin, tout autour, la plaine, à l’infini, comme les restes d’une promesse ».