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L'Âge d'Homme

L'Âge d'Homme est une maison d'édition fondée en 1966 à Lausanne par l'éditeur d'origine yougoslave Vladimir Dimitrijevic. Son siège est aujourd'hui situé à Paris.

D'abord connue pour sa diffusion d'auteurs slaves grâce à la collection « Classiques slaves », l'Âge d'Homme diversifie sa ligne éditoriale avec le temps, publiant des revues, des travaux universitaires, des ouvrages de fiction et plusieurs auteurs suisses dont Charles-Ferdinand RamuzLéon SavaryGaston Cherpillod et Charles-Albert Cingria ou français dont Pierre Gripari et Alain Paucard.

Des années 1960 à 1980, L'Âge d'Homme était l'un des principaux éditeurs francophones d'écrivains dissidents soviétiques, avec des auteurs comme Alexandre Zinoviev.

Durant les guerres civiles en Yougoslavie, la maison d'édition publie plusieurs ouvrages soutenant la Serbie.

L'Âge d'Homme publie de nombreux essais consacrés à des thèmes politiques, historiques, culturels ou philosophiques d'auteurs en général très à droite comme Alain de BenoistPierre Marie GalloisFreddy BuacheÉric WernerIbn Warraq ou Alexandre Del Valle. Mais il a aussi publié plusieurs volumes d'Octave Mirbeau : trois tomes de saCorrespondance générale, ses Combats littérairesL'Abbé Jules et Sébastien Roch, ainsi que le monumental Dictionnaire Octave Mirbeau.

La maison d'édition s'est également engagée dans la défense de poètes tels que Lucien Noullez, Ferenc Rákóczy ou Monique Laederach.

En 2007, la maison d'édition comptait environ 3 000 titres à son actif.


Mémoire et image. Regards sur la Catastrophe arménienne, Marie-Aude Baronian

Ecrit par Arnaud Genon , le Vendredi, 04 Octobre 2013. , dans L'Âge d'Homme, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire

Mémoire et image. Regards sur la Catastrophe arménienne, 2013, 180 p. 19 € . Ecrivain(s): Marie-Aude Baronian Edition: L'Âge d'Homme

 

 

Le génocide arménien de 1915, le premier du XXe siècle, « se distingue à la fois par sa fonction inauguratrice et par sa non-reconnaissance qui n’en est pas moins son accomplissement et sa “réussite” » note Marie-Aude Baronian, dès les premières pages de son essai. L’oubli dont il souffre et l’impunité dont il a bénéficié fit de lui un « mode d’emploi à l’usage du parti nazi ». Mais penser la mémoire du génocide aujourd’hui amène à distinguer cette Catastrophe de celle qui lui succèdera. Il est vrai, en ce qui concerne la Shoah, que les images ont participé à la prise de conscience visuelle de l’horreur et à la transmission mémorielle alors que le génocide arménien se confronte, lui, à une perte de mémoire, due justement à l’absence de la circulation d’images. C’est sur cet aspect particulier que le présent ouvrage se penche. Comment se transmet la Mémoire d’un génocide sans images ? Que dire « de la traduction et des représentations visuelles de la Catastrophe » proposées par des artistes arméniens contemporains tels que Atom Egoyan, Gariné Torossian ou Mekhitar Garabedian ?

Il y eut un jour et il y eut une nuit, Abdijamil Nourpeissov

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 21 Juin 2013. , dans L'Âge d'Homme, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Russie, Roman

Il y eut un jour et il y eut une nuit, traduit du russe par Athanase Vantchev de Thracy, janvier 2013, 530 pages, 25 € . Ecrivain(s): Abdijamil Nourpeissov Edition: L'Âge d'Homme

 

Entre l’odyssée et la fresque élégiaque

 

Ce magnifique roman est scindé en deux parties narratives. L’auteur évoque dans la première séquence intitulée « Il y eut un jour » la relation difficile et conflictuelle entre Jadiguer, « Un homme de haute taille, au visage basané » et « au caractère de chien », et son épouse Bakizat, qui s’est mariée par dépit après avoir été rejetée par Azim, l’ami commun des deux. Tout au long de cette partie, le lecteur sent monter la tension dramatique et tragique. Quelque chose gronde, les blocs de glace vont forcément se fissurer sous les pieds de nos protagonistes.

L’écriture est dense et introspective. En effet, Abdijamil emploie le deuxième pronom personnel du singulier lorsqu’il s’apprête à « entrer » dans la tête du personnage intéressé pour restituer sa pensée au lecteur. Ce procédé façonne toute la grammaire du roman. C’est sa liturgie.

Triptyque lybien, Alessandro Spina

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 17 Mai 2013. , dans L'Âge d'Homme, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Italie, Histoire

Triptyque Libyen, traduit de l’Italien par Gérard Genot, 2013, 262 pages, 19 € . Ecrivain(s): Alessandro Spina Edition: L'Âge d'Homme

 

 

Une fresque historique en trois panneaux

 

Triptyque Libyen est un récit composé de trois nouvelles. La première est la plus longue. Elle s’intitule Le jeune maronite. Elle constitue en quelque sorte la trame principale du récit. Il s’agit de l’histoire d’un jeune arabe chrétien et les péripéties de sa vie, pris dans le tourbillon de l’histoire libyenne ainsi que ses rencontres avec des personnages secondaires qui tissent et impulsent une dynamique à l’histoire. Les deux nouvelles suivantes, Les noces d’Omar et Le visiteur nocturne, mettent l’accent non seulement sur le regard occidental et en particulier italien sur les autochtones pendant la période coloniale, mais aussi sur les tensions et crispations de la part des libyens en réaction à l’administration coloniale et ses répressions.