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Editions Jacqueline Chambon

Éditrice spécialisée dans la littérature étrangère de qualité, en particulier de langue allemande (Jacqueline Chambon a traduit elle-même tout Keyseling), roumaine, espagnole, russe, catalane (Quim Monzo, Seri Pamiès)… La maison possède aussi des collections de livres d'art (Rayon art), de photographie (Rayon photo), de philosophie, de critique d'art et d'histoire.

Fondée en 1987, à Nîmes, par une ancienne collaboratrice d'Actes Sud, la maison a délégué récemment ses activités financières à l'éditeur d'Arles, tout en conservant son indépendance éditoriale. Son premier succès : La Pianiste d'Elfriede Jelinek (10 000 ex.), qui fut adapté au cinéma par Michael Haneke et le film primé à Cannes.

« Docteur en philosophie et spécialiste d'Adorno, cette Nîmoise est fonciérement européenne et polyglotte. Dès 1987, l'année de la création de sa maison, elle parie sur Elfriede Jelinek, sulfureuse Autrichienne de la Pianiste. La balance est subtile entre classiques (Döblin, Fontane, von Keyserling) et modernes, son flirt avec la jeune garde en rupture de romantisme et de culpabilité, en prise sur son époque privée de rêves, insistant. » (Le Nouvel Observateur, 15 mars 2001)

En 2000, la maison est rapprochée des éditions du Rouergue pour la création d'une collection commune : Nouvelle du monde proposant des textes courts du monde entier. Les éditions Jacqueline Chambon sont aujourd'hui contrôlées à hauteur de 60 % par Actes Sud.

(Source Bibliomonde)

La lumière est plus ancienne que l'amour, Ricardo Menéndez Salmón

Ecrit par Christine Bini , le Lundi, 08 Octobre 2012. , dans Editions Jacqueline Chambon, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Espagne, La rentrée littéraire

La Lumière est plus ancienne que l’amour, traduit de l'espagnol par Delphine Valentin, septembre 2012, 192 p. 19 € . Ecrivain(s): Ricardo Menéndez Salmón Edition: Editions Jacqueline Chambon

 

 

Trois peintres, un écrivain, et l’auteur. Un peintre réel – Mark Rothko (1903-1970) – et deux peintres imaginés – Adriano de Robertis (1300-1400), et Vsévolod Semiasin (1925-2005). Un écrivain – Bocanegra – qui recevra le prix Nobel de Littérature et qui choisira de commencer son discours de Stockholm par ces mots : « Il y a trente ans, en 2010, quand j’étais encore jeune, j’ai publié un livre intitulé La Lumière est plus ancienne que l’amour ». Et l’auteur, Ricardo Menéndez Salmón, qui publie en 2010 en Espagne ce roman. Ces quatre – ou cinq – personnages ne se croisent pas, pas vraiment. Leurs trajectoires, pourtant, se rejoignent et s’entrelacent, sur une toile de fond qui mêle la recherche créatrice et les rapports au pouvoir et à la mort.

Le dernier vide-grenier de Faith Bass Darling, Lynda Rutledge

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 30 Juin 2012. , dans Editions Jacqueline Chambon, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA

Le dernier vide-grenier de Faith Bass Darling, 2012, trad. (USA) par Laure Manceau, 295 p. 22 € . Ecrivain(s): Lynda Rutledge Edition: Editions Jacqueline Chambon

Il faut en faire l'aveu d'emblée : voilà un livre choisi sur son titre ! Il devait pleuvoir, et il y avait, là derrière un goût d’Agatha ! Rien à regretter ! le titre est – poupées gigognes – une histoire à lui seul ; à la hauteur des attentes ; il nous guide, résonne tout au long, comme un jingle de qualité ; fil rouge d’un superbe premier roman, maîtrisé comme d’autres, leur dixième !

Ce qu’on découvre et qu’on aime tout de suite, c’est d’abord, signe indispensable du bon roman, un cadre : une petite ville du Texas – la province profonde d’un Maupassant de là-bas, croquée au millimètre ; paysages, quartiers, odeurs, couleurs du ciel, et – peut-on dire – humeurs : « sud-est du Texas ; ses lits de rivière vaseux, ses grands arbres, ses chemins de fer abandonnés, et ses derricks rouillés » ; quelques fortes identités, s’éclairant ça et là, comme autant de réalités sociologiques : vieilles dames, sauce anglo-texane, à peine retouchées Agatha ; pasteur épiscopalien, ayant perdu la foi ; ailleurs, quelques Baptistes ; familles pauvres qui traînent « de l’autre côté de la voie de chemin de fer » ; riches rues, un brin mystérieuses : « la demeure, fin XIXème, la plus grande et la plus ancienne de Bass » ; convoitises confites… L’air est irrespirable ; on sent au degré Celsius près la température, une brise – enfin ! On ruisselle d’heure en heure, en ce 31 Décembre 1999, seule journée du roman… unité de temps et de lieu ; atmosphère serrée d’un bon Tennessee William… à priori, plus bonhomme.

Siam, Lily Tuck

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 25 Mars 2012. , dans Editions Jacqueline Chambon, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Siam. Février 2012. Trad. USA Frédéric Joly. 222 p. 21 € . Ecrivain(s): Lily Tuck Edition: Editions Jacqueline Chambon

 

Voyage littéraire inhabituel mais assurément « Siam » est un voyage.

Lointain. Exotique. Dans une Asie du Sud-Est à peine post-coloniale, encore pleine des parfums des bungalows chics des occidentaux, des thés parfumés et des domestiques indigènes obséquieux. C’est Bangkok, en 1967, vrombissant déjà des envols lourds de menaces des bombardiers américains en mission vers le Vietnam du nord.

Comme un présage de la période noire qui s ‘ouvre, le livre commence par le départ de Claire vers la Thaïlande :

« Claire et James s’envolèrent de Boston pour Bangkok le jour de leur mariage. Vol de nuit qui dura presque vingt-quatre heures ; l’avion volant vers l’ouest ne rattrapa jamais le soleil. Il fit nuit tout le temps du voyage. »

Et pourtant, ce qui attend Claire, jeune femme fragile et émotive, c’est un vrai voyage : la découverte fascinante, obsédante, d’un pays qui la submerge de son étrangeté, de ses règles de comportement, de cette langue Thaïe qui s’apparente à des exercices de vocalises :

« Mai, mai, mai, mai – non, nouveau, brûle, bois »

Les Griffes du Passé, Walter Mosley

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 11 Décembre 2011. , dans Editions Jacqueline Chambon, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA

Les Griffes du passé (Known to evil). Nov. 2011. Trad. De l’anglais (USA) Oristelle Bonis. 355 p. 23 € . Ecrivain(s): Walter Mosley Edition: Editions Jacqueline Chambon

Walter Mosley est l’un des derniers dinosaures du roman noir américain. Il est tout droit sorti de l’univers irremplacé de l’âge d’or, celui de Raymond Chandler, de Davis Goodis, de Chester Himes. Son monde est pétri de la même pâte : la Ville, partout dévorante, létale, asphyxiée et pourtant d’une beauté écrasante. Les personnages de Mosley, depuis 20 ans et près de 20 livres, sont happés par la Ville comme des papillons par la lumière : ils s’y grillent les ailes mais n’en partiraient pour rien au monde. Le monde de Mosley est noir (dans tous les sens du terme, Walter Mosley, comme Chester Himes, est Afro-Américain) et mégapolitain.

Avec Les Griffes du Passé, on lit la deuxième enquête du nouveau héros de Mosley, Leonid McGill. Détective privé bien sûr (je vous l’ai dit, grand classique !), noir, désabusé, mais qui ne pourra jamais se défaire d’une croyance originelle en l’humanité. Malgré. Malgré tout. Et le « Tout » ce n’est pas rien !

A la recherche d’une jeune femme introuvable, Leonid va nous emmener dans un voyage improbable à travers un New York –évidemment – fascinant. Et pourtant tout a commencé par un coup de fil qui semblait annoncer une affaire des plus simples :

La bicyclette statique, Sergi Pàmies

Ecrit par Jean-Guy Soumy , le Samedi, 17 Septembre 2011. , dans Editions Jacqueline Chambon, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman, La rentrée littéraire

La bicyclette statique, Sergi Pàmies, traduit du catalan par Edmond Raillard, septembre 2011, 108 pages, 14,50 euros . Ecrivain(s): Sergi Pàmies Edition: Editions Jacqueline Chambon


Un auteur qui ose exprimer sa difficulté à lire Le Petit Prince de Saint-Exupéry ne peut qu’attirer notre attention. Dans sa jeunesse, Sergi Pàmies, né à Paris en 1960 de parents immigrés catalans, fréquentait les terrains vagues où régnaient les chefs de bande. Et chaque fois que l’on sonnait à la porte de l’appartement HLM, son père se tournait vers l’armoire dans laquelle, en dernier recours, il pourrait se dissimuler.

Le chemin est-il si éloigné de l’exil à l’écriture ? Sergi Pàmies nous livre une réponse qui file au long d’une vingtaine de nouvelles rassemblées dans La bicyclette statique. Le narrateur de Quatre nuits, apprenant qu’il a été engendré après que ses parents sont allés voir Le notti de Cabiria, retourne inlassablement voir les films de Fellini. Cherchant sur la toile le secret de sa conception. Le personnage principal de La Femme de ma vie doit à ses lacets défaits d’avoir rencontré celle qui partage son existence. Quant au héros de L’Illa Diagonal, c’est après s’être assuré contre le suicide, qu’il abandonne son terrible projet…