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Héloïse D'Ormesson

Héloïse Le Fèvre d'Ormesson, née le 10 octobre 1962, est éditrice et a donné son nom à sa maison d'édition.

Elle est la fille de Jean d'Ormesson.

 


Passages du désir, Cécile Huguenin

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mercredi, 22 Novembre 2017. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Passages du désir, juin 2017, 224 pages, 19 € . Ecrivain(s): Cécile Huguenin Edition: Héloïse D'Ormesson

 

Le désir flambe ou attise ou redonne souffle à l’existence, tel est peut-être le point de départ de ce roman aux forts accents dellyens. Ce qu’il arrive à la biographie de Clara Davidson est un vrai concentré d’ingrédients romanesques : elle n’a jamais connu son père ; on lui a fait don d’une sœur adoptive Julia ; elle est veuve et vierge du « beau, tendre, intelligent » Victor ; elle est partie en Afrique, à Zanzibar, ouvrir une maison d’hôtes pour femmes… et un jeune photographe, Titus, part à sa recherche, parce que la dame, la soixantaine avancée, a disparu. Pourquoi ?

La construction narrative, quelque peu appuyée, donne voix à Titus, puis au Journal de Clara, entreprend cinq actes, et un final, censés éclairer une intrigue échevelée. Quand deux destins croisent en Afrique profonde, la vie tout simplement.

En effet, sous la trame romanesque, se cachent nombre de non-dits, de tabous familiaux, de contraintes. La vie n’a pas été simple pour la jeune Clara, corsetée par une mère très belle, Serena, folle de beauté et de mode, heureusement tempérée par la gentille présence de Julia, un double pour l’héroïne.

Faubourg des minuscules, Édouard Bernadac

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Vendredi, 08 Septembre 2017. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Roman

Faubourg des minuscules, mai 2017, 199 pages, 17 € . Ecrivain(s): Édouard Bernadac Edition: Héloïse D'Ormesson

 

« Puis, il y eut un été où les étoiles se mirent à briller en plein jour. Des étoiles à bicyclette, des étoiles à pied, des étoiles dans les bus, dans les cafés et les magasins, des étoiles partout dans les rues inondées de soleil. Et quand Paris se mit à regorger d’étoiles filantes, on les rassembla. Des trains d’étoiles partirent se consumer très loin, à l’abri des regards, au fond de forêts obscures. Il n’y eut plus d’étoiles à midi ».

La voix qui écrirait ceci serait celle d’un enfant qui regarderait ses futurs parents grandir. Il verrait le monde par en-dessous, en images, le monde dans un cadre. Au niveau des jambes des femmes qui peignaient en 1944 leurs mollets, couleur caramel, une ligne noire tracée entre les muscles jumeaux. Pour imiter la vie d’avant, la vie encore et ses occurrences. Paris en été, Paris « sous cloche », page 13, faubourg Saint-Antoine, le faubourg des artisans où les pliures des mains sont concrètes, là précisément où de rares Parisiens viennent déposer leurs meubles brisés. Et d’autres, des meubles saisis, à vendre.

Marie Malcaras est belle, insolente, méfiante, elle est pressée. Une chaise à réparer.

Les années Solex, Emmanuelle de Boysson

Ecrit par Stéphane Bret , le Mercredi, 01 Mars 2017. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les années Solex, février 2017, 218 pages, 18 € . Ecrivain(s): Emmanuelle de Boysson Edition: Héloïse D'Ormesson

 

Juliette Monin, lycéenne des années soixante finissantes se rend en vacances chez Camille, sa cousine, en Alsace. La famille de Camille, engoncée dans un conservatisme provincial passablement étouffant, où il n’est question que de respectabilité, de bonne éducation pour les jeunes filles, d’un mariage de raison, de préférence avec un garçon bien né, et bénéficiant d’une « bonne situation », est en butte aux velléités d’émancipation de Camille, jugée passablement dévergondée par ses parents et Juliette elle-même. C’est l’époque de la pop music, des vestes afghanes en peau, des pantalons pattes d’eph. On lit Salut les Copains, Rock and Folk, on écoute langoureusement les Aphrodite’s Child, on parle de la drogue sans oser en consommer… Dans cette Alsace bourgeoise quelque peu hors du temps, Juliette tombe amoureuse de Patrice Landerneau, un jeune lycéen révolté, décidé à en finir avec le système, à s’émanciper.

Juliette cherche en fait, au-delà d’une émancipation révolutionnaire très problématique, à favoriser les forces de vie, à se diriger vers la voie authentique qu’elle devine en la compagnie de Patrice :

Entre les notes de Bach, Jean-Pierre Grivois

Ecrit par Stéphane Bret , le Mardi, 27 Septembre 2016. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Biographie

Entre les notes de Bach, juin 2016, 348 pages, 22 € . Ecrivain(s): Jean-Pierre Grivois Edition: Héloïse D'Ormesson

 

Comment s’insinuer dans l’intimité d’un grand musicien ? En recréant son parcours, à partir de données biographiques et musicologiques, et en se mettant à la place de l’intéressé pour nous délivrer le récit, celui de sa vie. C’est ce que parvient à faire de façon fort plaisante Jean-Pierre Grivois dans son ouvrage Entre les notes de Bach. Le lecteur parvient très vite à déceler les grands traits de l’éducation de Jean-Sébastien, ses grandes orientations morales, et donc religieuses, car à l’époque, l’une ne peut difficilement être évoquée sans l’autre. Ainsi, de sa foi luthérienne : « Nous connaissions par cœur les textes des chorals de Luther et de ses disciples. Les mélodies sur lesquelles nous les chantions, répétées si souvent, m’envoûtaient ». Très vite, au cours de son parcours de musicien, le devoir de la défense et illustration de la foi va s’imposer comme une priorité permanente : « Certes, l’étude de Luther et la théologie m’intéressaient, mais surtout de leur relation à la musique, des correspondances entre la Bible, les écrits et la pensée religieuse de Luther ; les mélodies des chorals ».

Cette conviction lui permet, entre autres, d’être nommé maître de chapelle à Köthen en 1717, car le Prince énonce que la sauvegarde de la liberté de conscience lui est chère, ainsi qu’à tous ses sujets, ce qui séduit Bach…

Lucie ou la vocation, Maëlle Guillaud

Ecrit par Thomas Besch-Kramer , le Mardi, 16 Août 2016. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Lucie ou la vocation, août 2016, 176 pages . Ecrivain(s): Maëlle Guillaud Edition: Héloïse D'Ormesson

 

On se demande, à lire les belles phrases courtes, précises et documentées de Maëlle Guillaud, si son roman n’est pas infusé d’une réalité qu’elle a peut-être connue…

Lucie et Mathilde, Juliette l’espiègle aussi, forment un binôme dans la Congrégation des religieuses parisiennes ; les corps se transforment, s’empâtent ; la foi et l’idée de la foi sont meurtries par le chaud-froid des humiliations/récompenses de la mère supérieure.

Le texte est donc réel, sans effets de réel (Barthes) mais rempli d’une simplicité à l’évocation des mobiles intérieurs : « Maman, j’ai choisi cette vie. Je suis au plus près du Seigneur, de Son amour » (p.72).

Aussi, on note des touches de réalité romantique quand le paysage extérieur reprend les doutes à propos d’une vocation : « Les murs sont muets. Et le désir frappé d’exil. Elle est épuisée » (p.76).