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Héloïse D'Ormesson

Héloïse Le Fèvre d'Ormesson, née le 10 octobre 1962, est éditrice et a donné son nom à sa maison d'édition.

Elle est la fille de Jean d'Ormesson.

 


Le Destin de Laura U, Susana Fortes

Ecrit par Stéphane Bret , le Samedi, 02 Juillet 2016. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Espagne

Le Destin de Laura U, traduit de l’espagnol par Nicolas Véron, mai 2016, 202 pages, 20 € . Ecrivain(s): Susana Fortes Edition: Héloïse D'Ormesson

 

Ce pourrait être le récit d’une saga familiale, dans la tradition la plus convenue du genre : le récit d’une ascension sociale, ou d’une décadence provoquée par la génétique familiale. Il n’en est rien. Dès le début du roman le docteur Ulloa contracte mariage le 25 juillet 1917 conformément au souhait de son père, le comte de Gondomar, seigneur de Salvatierra.

Quelque temps plus tard, le frère aîné du docteur, Jacobo, part avec son épouse pour Cuba, dans le but d’y diriger une plantation que possède la famille Ulloa de Andrade dans la province de Camagüey. À Vilavedra, localité de Galice, dans le nord-ouest de la péninsule ibérique, Juana, domestique, est le témoin direct de la vie familiale des Ulloa.

Et c’est vers une plongée dans des univers passablement inquiétants et pervers que nous entraîne Susana Fortes. Le rôle de la peur, comme moteur de conduite, y est omniprésent ; il dicte maints comportements et attitudes des membres de la famille Ulloa : ainsi, Rafael Ulloa se souvient-il avec douleur, des sentiments que lui inspirait son père :

Madison Square Park, Abha Dawesar

Ecrit par Zoe Tisset , le Jeudi, 21 Avril 2016. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Asie, Roman

Madison Square Park, avril 2016, trad. anglais Laurence Videloup, 336 pages, 21 € . Ecrivain(s): Abha Dawesar Edition: Héloïse D'Ormesson

 

« Cela fait presque cinq ans que je vis à New York avec un blanc dans une seule pièce et mes parents ne sont pas au courant ; ils espèrent encore me voir épouser un gars du pays qu’ils auront choisi. Je me sens plus éloignée d’eux que je ne le suis de l’Inde. Je frissonne ». Uma est enceinte, elle va être mère, mais s’est-elle dégagée de l’emprise d’un couple de parents, plus que batailleurs ? « Je raccrochai aussi au nez de mon père. Je le revoyais en train de frapper ma mère au visage ; la revoyais, elle, tombant violemment en arrière, obligée d’amortir sa chute en se protégeant de son bras malade, celui qu’il lui avait déjà cassé. Et le lendemain, il agissait comme si tout était normal ». Uma est encore une petite fille en même temps qu’une femme. Deux récits et deux temps s’entremêlent dans ce livre, il y a le présent et ce qui fut l’enfance et l’adolescence d’Uma. L’enfant qui s’annonce oblige celle-ci à choisir les points d’union et de désunion entre ces deux temps. Quoi qu’il en soit, elle ne peut plus scinder sa vie en deux, à l’image de ces deux téléphones qu’elle possède, un pour Thomas et les amis et un autre pour ses parents.

Je mourrai une autre fois, Isabelle Alonso

Ecrit par Zoe Tisset , le Mercredi, 23 Mars 2016. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Je mourrai une autre fois, février 2016, 320 pages, 19 € . Ecrivain(s): Isabelle Alonso Edition: Héloïse D'Ormesson

 

« L’histoire telle qu’elle s’écrit, telle que l’écrivent les vainqueurs, a fait de nous des oubliés, des cocus de première classe ». Le ton est donné, l’auteur, après L’Exil est mon pays, où elle racontait le quotidien d’une enfant immigrée arrivée d’Espagne (sa propre histoire), veut rendre hommage à ses ancêtres, les républicains. Ceux qui se sont battus pour la démocratie et dont les corps « gisent encore sans sépulture dans les fossés où eut lieu leur exécution ». A travers la petite histoire d’une famille espagnole au début du XXème siècle, on traverse la grande histoire, le quotidien de ceux qui vont s’engager pour lutter contre les « Fachas ». Nous sommes d’abord plongés dans l’univers familial de la famille d’Angel Alcalà Llach : « Pouvoir nous donner du lait à tout moment sans qu’il tourne, caille ou aigrisse comble ma mère. Elle se délecte de tout ce qui est moderne. Moderne comme la glacière, un pesant meuble de bois et marbre dont l’intérieur doublé de métal, isole son contenu des hauts et des bas du thermomètre ». Famille avec une conscience politique aigüe au point de déguiser les enfants en journaux, au nom de la liberté de la presse. « Déguisée en journal, tu imagines ? Ni en princesse cucul la praline, ni en sainte nitouche, ni en bergère gnangnan. En journal ! C’est autre chose ! J’étais celle qui apportait les nouvelles du monde !

Schlott, Eléona Uhl

Ecrit par Zoe Tisset , le Mardi, 15 Mars 2016. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Schlott, janvier 2016, 159 pages, 14 € . Ecrivain(s): Eléona Uhl Edition: Héloïse D'Ormesson

 

Etre dans la tête et le corps d’une femme éprise de deux vies. Deux mondes parallèles qui se croisent et s’entremêlent sans que jamais l’une abolisse vraiment l’autre. Deux personnalités d’un même bloc qui s’énoncent et se racontent au supposé médecin et psychiatre. « Moi, je subis vos pressions ainsi que vos ennuyeuses interrogations, celles qui, de toute manière, ne vous mèneront à rien. A rien de bien ». Comprendre, essayer d’atteindre et de sentir comme celle qui a perdu la surface plane et unifiée du monde réel.

Dans ce roman, nous sommes tourmentés par deux consciences et deux âmes qui s’approchent, se flairent et se reniflent, sans parvenir à s’apprivoiser et à se réconcilier. « Comment j’avais vu tout ça ? Depuis l’extérieur, et planquée derrière mon arbre en fleur (…). Je n’avais qu’elle en tête, la belle demoiselle. Vous avez raison, très cher, j’étais obsédée par cette femme qui, contrairement à moi, était dévergondée et lumineuse à la fois ». Peu à peu, de l’observation de l’autre on passe à une véritable obsession, puis à une possession traversée de scarifications, le corps ne s’appartient plus. Qui est qui ? Mélange d’humanité et d’animalité comme ce félin devenu Bernadette ou Mme Schlott. « Ces monstres me plaquèrent au sol sans aucune pitié, blessant mes poignets, ficelant mes chevilles (…) Un miaulement jaillit de je ne sais où et décolla, pareil à un féroce rugissement. Je venais de miauler ».

Fox-trot, Michel Quint

Ecrit par Gilles Brancati , le Mardi, 02 Février 2016. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Fox-trot, Octobre 2015, 328 pages, 20 € . Ecrivain(s): Michel Quint Edition: Héloïse D'Ormesson

C’est du Michel Quint, donc on ne s’ennuie pas. Le style est un peu déroutant au début, en tout cas pour moi, mais on s’y fait très vite.

L’Histoire sert-elle de toile de fond à l’intrigue ou est-ce le contraire ? Je suis partagé. On retrouve des personnages ordinaires projetés dans des histoires qui les dépassent, dans lesquelles ils font ce qu’ils peuvent et qui leur procurent une excitation tant ils se sortent de leur quotidien. Il leur manque parfois des états émotionnels comme s’ils traversaient des évènements extraordinaires avec tranquillité.

Ici, c’est l’affaire Stavisky qui éclabousse la classe politique, la montée des extrémismes nationaux (Croix de feu, ligues…). Charles accepte sans enthousiasme, à la demande de son cousin le commissaire divisionnaire Demeyer et du maire de Lille, Roger Salengro, d’espionner l’une d’elles. Il va rencontrer des personnages, voyous ou notables, assez peu fréquentables et virevolter au milieu de ses amours. Lisa, trapéziste au Sphinx, dont il est amoureux, bien que ne l’ayant vue que deux fois, Nelly, couturière, follement éprise de lui, et Henriette, la femme de son directeur d’école et donc, adultère. Charles résiste mal aux charmes des femmes et le visage de Lisa le hante. Il avait besoin d’une égérie, c’est elle.