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Héloïse D'Ormesson

Héloïse Le Fèvre d'Ormesson, née le 10 octobre 1962, est éditrice et a donné son nom à sa maison d'édition.

Elle est la fille de Jean d'Ormesson.

 


La vie contrariée de Louise, Corinne Royer

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 03 Août 2012. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

La vie contrariée de Louise, 2012, 231 p. 18 € . Ecrivain(s): Corinne Royer Edition: Héloïse D'Ormesson

 

Années 2010. Chambon-sur-Lignon dans le département de Haute-Loire et la région d’Auvergne. James Nicholson, la quarantaine, de nationalité américaine, débarque au « One Toutou ». Son objectif, rencontrer Louise Sorlin, sa grand-mère. La rencontre n’aura pas lieu. Louise décède peu avant, à la résidence des Sycomores.

Il hérite de ses petites affaires, et notamment, d’un cahier rouge.

« Il caressa le cahier en murmurant : Louise est morte. Les mots du petit cahier rouge, il pourrait se résoudre à les entendre mais il ne pourrait pas les lire ».

Chaque soir, Nina, serveuse dans le petit hôtel, monte dans sa chambre pour lui en faire lecture. Le passé se reconstruit. Pièce après pièce, le puzzle prend forme. Le cahier rouge devient un trait d’union entre le passé et le présent. Les lieux n’ont pas changé. Les dernières protagonistes s’éteignent peu à peu à la résidence des Sycomores, et, avec leur décès, l’horizon de la vérité s’éloigne, le mystère s’épaissit.

Le contenu du silence, Lucia Etxebarria

Ecrit par Guy Donikian , le Vendredi, 06 Juillet 2012. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Le contenu du silence, juin 2012, 400 pages, 23 € . Ecrivain(s): Lucia Etxebarria Edition: Héloïse D'Ormesson

Gabriel vit à Londres. Sa vie semble toute tracée, puisqu’il a un bon job, et puisqu’il doit épouser Patricia, deux paramètres qui lui permettent de ne pas se poser les questions dérangeantes qu’un passé tourmenté ne peut que lui imposer. Mais cette vie volontairement étriquée va basculer quand Gabriel apprend que sa sœur, Cordelia, dont il n’a pas de nouvelles depuis dix ans, serait l’une des victimes d’un suicide collectif de la secte « Thule Solaris » à Ténérife. « Après dix années d’espoirs maladroits et obstinés, qui lui faisaient guetter en vain un coup de téléphone ou chercher dans la boîte une lettre jamais écrite, après dix années passées à chercher son visage à chaque fois qu’il retournait à Edimbourg », ainsi s’exprime-t-il quand il se remémore la longue absence de sa sœur.

Il quitte donc Londres et Patricia, sa fiancée, pour élucider ce qui s’est réellement passé. Commence alors une enquête qu’il va mener avec Héléna, l’amie de sa sœur. Et là, la rencontre sera déterminante pour lui. Héléna sera celle qui va lui permettre de mieux comprendre ce que fut la vie de sa sœur volontairement exilée sur l’île, mais aussi celle par qui la remise en question de sa vie professionnelle et amoureuse devient possible, celle grâce à qui il sera capable de mettre des mots sur ce qu’il tenait inconsciemment dans le flou :

L'affinité des traces, Gérald Tenenbaum

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 12 Juin 2012. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

L’affinité des traces, Mars 2012, 231 pages, 18 € . Ecrivain(s): Gérald Tenenbaum Edition: Héloïse D'Ormesson

 

Quelles sont-elles donc, ces traces, données dès le titre de ce beau livre fier ? Traces géographiques et tout autant ethniques, ramifiant le sable du Sahara, mais aussi – autre dimension – celles qui plongent jusqu’à l’autre bout de l’Histoire, dans le noir d’encre des grands camps de Pologne. Elles sont, ces traces, comme ces colliers berbères, formées d’un peu de tout, de perles de couleur et d’éclats martelés, un rien inquiétants, de pièces de métal. Elles disent – murmurent, plutôt, comme le vent du désert – le sable et le Hoggar, la langue des Targui, le bruit, et le silence assourdissant d’un champignon nucléaire, la chèche indigo, la fierté touareg…

Le livre – étrange et magnifique sujet – se laisse lire, bercé par le chaloupé de la Méhari, nous aimantant par une écriture à la fois précise et poétique, infiniment respectueuse de son objet, glissant ça et là un peu de cette langue Tamasheq, dont, hélas, il nous manquera le son rauque et lent qui la porte, et la musique du tambour en peau de chèvre – l’ettabel – symbole de son peuple. « Adafor », le coussin, « Issem n mem », comment t’appelle-t-on ?

Une année à Venise, Lauren Elkin

Ecrit par Anne Morin , le Dimanche, 29 Avril 2012. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Une année à Venise, Avril 2012, trad. USA par Jean Lineker, 334 p. 22 € . Ecrivain(s): Lauren Elkin Edition: Héloïse D'Ormesson

Oscillant entre la terre ferme et l’eau, entre la certitude, les certitudes, une vie toute tracée où n’affleurent même pas les questions, et l’incertitude, les questions sans réponse, le flottement. Entre Charles, son fiancé éditeur américain de l’upper middle class, et Marco, le batelier vénitien qui s’invente une histoire de vengeance, fuyant avenir et passé, Catherine hésite, Catherine balance : « je suis allée à Venise parce que Venise est un libro d’ore. Un livre d’heures. Un livre doré » (p.14).

Au fond d’elle-même, en quête d’elle-même, des failles s’ouvrent, profondes, où elle s’interroge. D’un côté, New York, le nouveau monde, engoncé dans un monolithisme étouffant, de l’autre Venise, l’ancien monde, berceau flottant, épave ? Les deux, peut-être, où passé et avenir se rejoignent, se joignent et se distendent, se distancient.

Doctorante, Catherine s’interroge sur ses racines. Dans une ville qui prend pied sur l’eau, elle ne choisit pas par hasard pour aimer y vivre, le seul quartier ferme : le Dorsoduro. Par l’eau – et Marco servira de passeur –, Catherine et Neva, une Croate en quête de la scuola segreta de ses ancêtres, ré-inventeront une très ancienne synagogue entre immersion et émersion aux magnifiques mosaïques : « Je savais que c’était à Venise, et dans un endroit improbable » dira Neva (p.136).

Dieu surfe au Pays Basque, Harold Cobert

Ecrit par Sophie Adriansen , le Jeudi, 08 Mars 2012. , dans Héloïse D'Ormesson, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Dieu surfe au Pays basque. 8 mars 2012. 160 p. 15 € . Ecrivain(s): Harold Cobert Edition: Héloïse D'Ormesson

C’est l’histoire d’un drame personnel, d’une injustice du quotidien. Un fait capable de ravager un couple, de détruire à jamais, au-delà des rêves d’enfant, les possibilités d’enfant ; un fait, pourtant, banal, statistiquement banal.

Le narrateur et la femme se rencontrent, s’aiment, se marient, veulent devenir trois. Rien de plus normal. Elle a déjà connu une grossesse avec un autre, mais le bébé n’a pas vécu plus de cinq jours à l’air libre. Il faudra composer avec cet antécédent, les menaces qu’il contient, on passera outre. Le test est positif, la chambre programmée, l’échographie des trois mois planifiée. 48h avant celle-ci, elle perd du sang. A l’hôpital, on annonce la fausse-couche. Celle-ci se soldera par un curetage, après des heures d’une « boucherie » aux méthodes « moyenâgeuses » - bien qu’orchestrée dans le cadre hospitalier.

Si rien n’est épargné au lecteur, ni le sang, ni l’achat des serviettes hygiéniques, Harold Cobert ne s’épargne pas non plus en tant que narrateur, ne taisant rien des douleurs physiques, des rêves détruits en vol, des larmes. Il dit tout de sa paternité en danger, de sa virilité égratignée - et cela, finalement, ne le rend que plus homme. Il évite toutefois l’écueil des grands épanchements, et privilégie la sobriété au lyrisme.