Le livre ne s’annonce, ni comme un essai, ni comme une recherche historique, ni comme un roman. Au lecteur de décider, ou – c’est probable – de ne pas trancher ; les 3 facettes conviennent parfaitement et font l’originalité et la richesse de cet ouvrage.
Le dernier roi des juifs est tout à la fois ; chacun y puisera des savoirs, un dépaysement, une réflexion sur le monde, à travers la vie classiquement déroulée dans son champ chronologique, de ce Marcus Julius Agrippa, élevé dans les ors romains, proche des plus puissants, descendant d’Hérode, devenu, sur le tard, roi de Palestine et des Juifs de la Diaspora.
Un voyage imaginaire, d’abord, plein de sons, de visions – « au pays de… » ; magnifique film (pas un mauvais péplum) d’où l’on sort, réjoui, réchauffé de la lumière du Palatin, éclaboussé de traversées en galère, avec en bouche, des goûts (« fin du fin, le loir et les tétons de truie nappés de garum »), fasciné par l’arrivée devant Tibériade, frissonnant de peur dans Alexandrie en proie au pogrom – le premier de toute l’Histoire… émotions, affects, déchaînement des passions dignes des Atrides (et, pas moins de Racine ; on croise Bérénice) ; personnages forts, tous historiques, mais que JC Lattès façonne, manipule, construit en toute liberté ; pas de doutes, on a avec ce livre le « la » du bon roman ; trame, conventions, rythme !