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Julliard, Seghers et Nil

Maison d'édition dirigée depuis 1995 par Betty Mialet et Bernard Barrault. Spécialisés dans la littérature française contemporaine, tous deux tentent de rapprocher dès que possible les livres et le cinéma. www.Julliard.fr

 


Un tango en bord de mer, Philippe Besson

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mercredi, 24 Septembre 2014. , dans Julliard, Seghers et Nil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, La rentrée littéraire, Théâtre

Un tango en bord de mer, Théâtre, éd. Julliard, septembre 2014, 76 pages, 9 € . Ecrivain(s): Philippe Besson Edition: Julliard, Seghers et Nil

 

 

Un huis clos romantique dont la sensualité & la violence du dialogue ouvrent par la parole échangée la scénographie d’un véritable « tango en bord de mer ».

Un tango sur la scène du théâtre, confrontation & joutes verbales, une rencontre ambivalente de deux ex-amants dont l’amour passionné, en partage quelques années auparavant, s’est cristallisé en ressentis amers ou ressentiments / rancœurs ravivés par des retrouvailles imprévues, nostalgie…

Une danse sensuelle & provocante, dont il semble parfois que la tension du dialogue va rompre les amarres de l’oubli, pour chavirer les digues où s’est retranché le désir de continuer de vivre & d’aimer en tentant de refermer les blessures amoureuses.

L'étrange affaire du pantalon de Dassoukine, Fouad Laroui

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Samedi, 06 Juillet 2013. , dans Julliard, Seghers et Nil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Maghreb, Nouvelles

L’étrange affaire du pantalon de Dassoukine, Julliard, octobre 2012, 169 pages, 17,50 € . Ecrivain(s): Fouad Laroui Edition: Julliard, Seghers et Nil

 

Le prix Goncourt de la nouvelle a fort opportunément récompensé en mai 2013 L’étrange affaire du pantalon de Dassoukine, un recueil de nouvelles original à la fois drôle et profond, tendre et grave et d’une grande inventivité d’écriture.

Fouad Laroui ne se contente pas en effet d’y déboulonner les codes et les clichés et d’y dénoncer le culte des apparences en mettant en scène de courtes histoires quotidiennes, illustrant l’absurdité du monde au travers de situations cocasses et de chutes inattendues. Il s’attache surtout à y mettre en scène le langage, disloquant sa cohérence de surface, ses automatismes rassurants, creusant de multiples décalages langagiers en jouant sur les sons et les graphies comme sur l’ambiguïté du sens des mots, sur la variété des langues et les anachronismes, utilisant les ressources de la ponctuation, des incises et des caractères italiques, désarticulant la syntaxe, brouillant l’identité narrative et imbriquant sans cesse dialogues et monologues…

Sex Toy, Jean-Marie Gourio

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Lundi, 01 Octobre 2012. , dans Julliard, Seghers et Nil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Sex Toy, Août 2012, 209 p. 17 € . Ecrivain(s): Jean-Marie Gourio Edition: Julliard, Seghers et Nil

Avez-vous déjà suffoqué en lisant un livre ? Avez-vous déjà été obligé de lever le nez pour souffler, inspirer, souffler ?

Sex Toy a été une lecture très, très éprouvante. Peut-être même la pire dont j’ai fait l’expérience (avec, sans doute, American Psycho ou Last Exit).

Je dis souvent qu’on lit avec ce qu’on est, ce qu’on a. Aurais-je été si ébranlé si je n’avais pas trois enfants, dont une aînée de 11 ans qui rentre au collège ? Non, bien sûr que non.

Pour tout dire, je l’ai commencé sans trop savoir (j’avais fait une demande en juin sur une description rapide). Je n’ai pas lu le courrier des éditions Julliard qui accompagnait le livre. Jean-Marie Gourio, c’était suffisant, non ? Merde, ce type nous a fait pleurer de rire avec ses Brèves de comptoir. J’ai ouvert le livre, sans même lire la quatrième de couv’. Voilà ce que j’ai lu :

En exergue, une comptine :

« Promenons-nous dans les bois

Pendant que le loup n’y est pas »

Le dernier roi des juifs, Jean-Claude Lattès

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 11 Juillet 2012. , dans Julliard, Seghers et Nil, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Roman

Le dernier roi des juifs, Editions Nil, mars 2012, 305 p. avec les annexes (historique, chronologie, carte), 20 € . Ecrivain(s): Jean-Claude Lattès Edition: Julliard, Seghers et Nil

Le livre ne s’annonce, ni comme un essai, ni comme une recherche historique, ni comme un roman. Au lecteur de décider, ou – c’est probable – de ne pas trancher ; les 3 facettes conviennent parfaitement et font l’originalité et la richesse de cet ouvrage.

Le dernier roi des juifs est tout à la fois ; chacun y puisera des savoirs, un dépaysement, une réflexion sur le monde, à travers la vie classiquement déroulée dans son champ chronologique, de ce Marcus Julius Agrippa, élevé dans les ors romains, proche des plus puissants, descendant d’Hérode, devenu, sur le tard, roi de Palestine et des Juifs de la Diaspora.

Un voyage imaginaire, d’abord, plein de sons, de visions – « au pays de… » ; magnifique film (pas un mauvais péplum) d’où l’on sort, réjoui, réchauffé de la lumière du Palatin, éclaboussé de traversées en galère, avec en bouche, des goûts (« fin du fin, le loir et les tétons de truie nappés de garum »), fasciné par l’arrivée devant Tibériade, frissonnant de  peur dans Alexandrie en proie au pogrom – le premier de toute l’Histoire… émotions, affects, déchaînement des passions dignes des Atrides (et, pas moins de Racine ; on croise Bérénice) ; personnages forts, tous historiques, mais que JC Lattès façonne, manipule, construit en toute liberté ; pas de doutes, on a avec ce livre le « la » du bon roman ; trame, conventions, rythme !

Royal romance, François Weyergans

Ecrit par Sophie Adriansen , le Lundi, 07 Mai 2012. , dans Julliard, Seghers et Nil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Royal Romance, mars 2012, 206 p. 19,30 € . Ecrivain(s): François Weyergans Edition: Julliard, Seghers et Nil

 

Le Royal Romance est un cocktail (« moitié gin, un quart Grand Marnier, un quart fruit de la passion, un soupçon de grenadine », page 22), celui que préfère Justine, la très jeune femme dont s’éprend follement Daniel, le narrateur.

Justine est comédienne, elle vit au Québec ; Daniel est écrivain et, si ses activités l’amènent à voyager beaucoup de par le monde, sa résidence principale est à Paris, et elle abrite femme et enfants.

« J’adorais passer mes journées avec Justine. On ne faisait rien d’autre qu’être ensemble » (page 137).

Dans une prose jubilatoire, mettant en scène un héros qui semble ne pas croire à sa félicité, qu’elle soit amoureuse ou professionnelle, à laquelle il assiste comme en spectateur, François Weyergans, seul écrivain à avoir reçu le prix Renaudot et le prix Goncourt nous rappelle-t-on, conte la romance de Daniel et Justine, « passion aussi sexuelle que sentimentale » (page 101) faite d’échanges bien réels mais aussi de distance palliée par la technologie, romance torturée et pétrie de doutes, de craintes, de regrets.