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Julliard, Seghers et Nil

Maison d'édition dirigée depuis 1995 par Betty Mialet et Bernard Barrault. Spécialisés dans la littérature française contemporaine, tous deux tentent de rapprocher dès que possible les livres et le cinéma. www.Julliard.fr

 


Sex Toy, Jean-Marie Gourio

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Lundi, 01 Octobre 2012. , dans Julliard, Seghers et Nil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Sex Toy, Août 2012, 209 p. 17 € . Ecrivain(s): Jean-Marie Gourio Edition: Julliard, Seghers et Nil

Avez-vous déjà suffoqué en lisant un livre ? Avez-vous déjà été obligé de lever le nez pour souffler, inspirer, souffler ?

Sex Toy a été une lecture très, très éprouvante. Peut-être même la pire dont j’ai fait l’expérience (avec, sans doute, American Psycho ou Last Exit).

Je dis souvent qu’on lit avec ce qu’on est, ce qu’on a. Aurais-je été si ébranlé si je n’avais pas trois enfants, dont une aînée de 11 ans qui rentre au collège ? Non, bien sûr que non.

Pour tout dire, je l’ai commencé sans trop savoir (j’avais fait une demande en juin sur une description rapide). Je n’ai pas lu le courrier des éditions Julliard qui accompagnait le livre. Jean-Marie Gourio, c’était suffisant, non ? Merde, ce type nous a fait pleurer de rire avec ses Brèves de comptoir. J’ai ouvert le livre, sans même lire la quatrième de couv’. Voilà ce que j’ai lu :

En exergue, une comptine :

« Promenons-nous dans les bois

Pendant que le loup n’y est pas »

Le dernier roi des juifs, Jean-Claude Lattès

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 11 Juillet 2012. , dans Julliard, Seghers et Nil, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Roman

Le dernier roi des juifs, Editions Nil, mars 2012, 305 p. avec les annexes (historique, chronologie, carte), 20 € . Ecrivain(s): Jean-Claude Lattès Edition: Julliard, Seghers et Nil

Le livre ne s’annonce, ni comme un essai, ni comme une recherche historique, ni comme un roman. Au lecteur de décider, ou – c’est probable – de ne pas trancher ; les 3 facettes conviennent parfaitement et font l’originalité et la richesse de cet ouvrage.

Le dernier roi des juifs est tout à la fois ; chacun y puisera des savoirs, un dépaysement, une réflexion sur le monde, à travers la vie classiquement déroulée dans son champ chronologique, de ce Marcus Julius Agrippa, élevé dans les ors romains, proche des plus puissants, descendant d’Hérode, devenu, sur le tard, roi de Palestine et des Juifs de la Diaspora.

Un voyage imaginaire, d’abord, plein de sons, de visions – « au pays de… » ; magnifique film (pas un mauvais péplum) d’où l’on sort, réjoui, réchauffé de la lumière du Palatin, éclaboussé de traversées en galère, avec en bouche, des goûts (« fin du fin, le loir et les tétons de truie nappés de garum »), fasciné par l’arrivée devant Tibériade, frissonnant de  peur dans Alexandrie en proie au pogrom – le premier de toute l’Histoire… émotions, affects, déchaînement des passions dignes des Atrides (et, pas moins de Racine ; on croise Bérénice) ; personnages forts, tous historiques, mais que JC Lattès façonne, manipule, construit en toute liberté ; pas de doutes, on a avec ce livre le « la » du bon roman ; trame, conventions, rythme !

Royal romance, François Weyergans

Ecrit par Sophie Adriansen , le Lundi, 07 Mai 2012. , dans Julliard, Seghers et Nil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Royal Romance, mars 2012, 206 p. 19,30 € . Ecrivain(s): François Weyergans Edition: Julliard, Seghers et Nil

 

Le Royal Romance est un cocktail (« moitié gin, un quart Grand Marnier, un quart fruit de la passion, un soupçon de grenadine », page 22), celui que préfère Justine, la très jeune femme dont s’éprend follement Daniel, le narrateur.

Justine est comédienne, elle vit au Québec ; Daniel est écrivain et, si ses activités l’amènent à voyager beaucoup de par le monde, sa résidence principale est à Paris, et elle abrite femme et enfants.

« J’adorais passer mes journées avec Justine. On ne faisait rien d’autre qu’être ensemble » (page 137).

Dans une prose jubilatoire, mettant en scène un héros qui semble ne pas croire à sa félicité, qu’elle soit amoureuse ou professionnelle, à laquelle il assiste comme en spectateur, François Weyergans, seul écrivain à avoir reçu le prix Renaudot et le prix Goncourt nous rappelle-t-on, conte la romance de Daniel et Justine, « passion aussi sexuelle que sentimentale » (page 101) faite d’échanges bien réels mais aussi de distance palliée par la technologie, romance torturée et pétrie de doutes, de craintes, de regrets.

Charly 9, Jean Teulé

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 27 Avril 2011. , dans Julliard, Seghers et Nil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Charly 9 de Jean Teulé 2011, 232 p. 19 €. . Ecrivain(s): Jean Teulé Edition: Julliard, Seghers et Nil

Poisson d'avril ! Il y a au moins une raison de se délecter avec Charly 9. Au milieu du livre, on saura pourquoi les facétieux accrochent des poissons dans le dos le 1er Avril. Cela remonte aux lendemains de la Saint-Barthélémy.

Le chapitre 2 du livre est très court :


-2-

Dimanche 24 Août 1572

(Saint-Barthélémy)


Bien sûr, mille autres motifs de plaisirs éclabousseront les lectures. Bonheur des mots, d'époque et d'aujourd'hui, savants et crus, et inversement. Jubilation détendue à chaque ligne. Étonnements et suspensions. Voilà un livre gai. On respire. On sourit. On oublie.

Madame Tabard n'est pas une femme, Elsa Flageul

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 03 Avril 2011. , dans Julliard, Seghers et Nil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Madame Tabard n’est pas une femme – 126 pages, 16 € . Ecrivain(s): Elsa Flageul Edition: Julliard, Seghers et Nil

Elsa Flageul a le sens du titre. Son premier roman, paru il y a deux ans, s’intitulait " J’étais la fille de François Mitterrand ". Pour son deuxième opus, elle nous intrigue d’emblée avec cette drôle d’annonce énigmatique : " Madame Tabard n’est pas une femme ".

Si Madame Tabard n’est pas une femme, qu’est-elle donc ?

Il y a deux réponses possibles.

Hannah a six ans quand, un soir, on sonne à la porte de l’appartement dans lequel elle vit avec sa mère, Alma. Elle ouvre et apparaît un homme qu’elle ne connaît pas là, en lunettes de soleil. Il lui déclare qu’il vient voir sa mère. Elle lui demande qui elle doit annoncer et il lui réplique, dans un grand éclat de rire : « Fabienne Tabard ».

Hannah va chercher sa mère. Son visage s’éclaire et s’empourpre. Elle comprend tout de suite que la Madame Tabard en question est Antoine.