Identification

Julliard

 

Maison d'édition dirigée depuis 1995 par Betty Mialet et Bernard Barrault. Spécialisés dans la littérature française contemporaine, tous deux tentent de rapprocher dès que possible les livres et le cinéma. www.Julliard.fr

 


L’absente, Lionel Duroy

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 14 Octobre 2016. , dans Julliard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

L’absente, août 2016, 360 pages, 20 € . Ecrivain(s): Lionel Duroy Edition: Julliard

 

Qu’est-ce qui pousse un auteur, empreint du violent désir d’en finir, à se lancer dans le vide, mais aussi à se lancer dans l’écriture d’un roman pour tenter d’échapper au néant ?

Il s’adresse à lui-même, peut-être pour se convaincre, peut-être pour nous convaincre : « Si tu arrives à transformer ta détresse en une œuvre, tu seras sauvé. Écrire, ce sera comme si tu t’élevais soudain de la lourde terre pour t’accorder une autre vie qui te permettra de regarder de haut la première, celle où tu marches aujourd’hui à tâtons, stupide et aveugle… Écrire te rendra inaccessible à la bêtise et à la cruauté du monde ».

Dans son dernier roman, L’absente, le narrateur part comme un voyageur sans bagages, tournant le dos à son passé, refusant tout lien avec lui, y compris avec ses enfants. Pour Lionel Duroy, long et sinueux, plein de détours, d’imprévus, d’embûches, de rencontres inattendues plus ou moins heureuses, sera le chemin, entre le pardon et le repentir, pour parvenir à une relative et fragile sérénité.

Revenir du silence, Michèle Sarde

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Mardi, 27 Septembre 2016. , dans Julliard, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Revenir du silence, septembre 2016, 408 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Michèle Sarde Edition: Julliard

 

Faut-il mettre un genre sur un livre ?

Récit, documentaire, témoignage, biographie, recueil d’archives, le roman indiqué comme tel est ici un ensemble dynamique sans limites, une forme vivante, là toute sa puissance et sa cohérence. Mais pas seulement. Il faut s’ancrer davantage dans ces pages, s’y enfoncer, suivre les personnages à la trace, les vrais, ceux qui ont vécu, détailler les figures sur les photos sépia, les cicatrices et les papiers lacérés voire reconnaître des traits communs, peut-être même une filiation : ici les ancêtres de Michèle Sarde, famille judéo-espagnole expulsée d’Espagne par les rois catholiques, réfugiée, recueillie, issue de l’Empire ottoman.

« Un roman à clés qu’il me fallait déverrouiller moi-même pour comprendre où je voulais en venir ou plus exactement d’où je voulais venir (…). Née en France, moi je l’étais, et je le répète, afin de faire tout particulièrement plaisir à l’auteure de mes jours, au fond de son tombeau, dans un petit cimetière de la Brie. Et cette naissance-là, ma mère la considérait comme la plus grande chance qu’elle ait pu m’offrir, et le cadeau des bonnes fées, des fées authentiquement celtiques, convoquées par elle autour de mon berceau, dans l’Ille-et-Vilaine profonde ».

Dieu n’habite pas la Havane, Yasmina Khadra

Ecrit par Farid Namane , le Lundi, 19 Septembre 2016. , dans Julliard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Dieu n’habite pas la Havane, août 2016, 312 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Yasmina Khadra Edition: Julliard

 

Dieu n’habite pas la Havane, titre du dernier roman de Yasmina Khadra paru le 18 août aux éditions Julliard, est un hymne à l’amour. Dans un roman qui mêle optimisme, joie et déchéance à la fois, Don Fuego, le personnage principal, enflamme les foules en chantant chaque soir au cabaret Buena Vesta.

Ainsi, Don Fuego, de son vrai nom Juan Del Monte Jovana, se voit le roi des nuits cubaines jusqu’au jour où on lui annonce le rachat du restaurant Buena Vesta par une riche américaine. Privé de son Olympe, il erre à la recherche d’une voie de sortie quand il tombe sur Mayensi, une jeune fille mystérieuse qui débarque à la Havane sans « autorisation », à la recherche de travail. A l’âge de 60 ans, Don Fuego « succombe » sous le charme de cette muse qui lui redonne envie de monter sur scène. Amoureux à la fois de Mayensi et de sa voix, il enchaîne les fêtes jusqu’au jour du drame où cette femme révèle son vrai visage qui coïncide avec la célébration de la fête nationale cubaine. Don Fuego rechute à nouveau mais sans perdre espoir comme un Sisyphe « fidèle » à son rocher.

Les Choses Edition du Cinquantenaire, Georges Perec

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 08 Décembre 2015. , dans Julliard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les Choses Edition du Cinquantenaire, septembre 2015, 176 pages, 14 € . Ecrivain(s): Georges Perec Edition: Julliard

 

Paru en 1965, Les Choses, le premier roman de Georges Perec (1936-1982), méritait bien une réédition en grande pompe pour son cinquantenaire. Las ! Le coche a été loupé chez Jullliard : certes, un bandeau du plus beau vert annonce « 50 ans après » et l’édition est soignée (pas une seule coquille relevée, ce qui est quasi un exploit en 2015), mais rien n’accompagne le texte, qui mériterait pourtant commentaire. D’un autre côté, la position de Julliard peut se défendre : Les Choses est un roman tellement fort qu’il se suffit à lui-même, que sa lecture bouscule suffisamment de certitudes pour qu’elle s’accompagne plutôt d’une réflexion que de commentaires, aussi éclairés soient-ils.

En fait de roman, d’ailleurs, il n’en est guère question, tant les personnages sont dépourvus de motivations et, surtout, de psychologie : certes, le lecteur est confronté à un couple, formé par Sylvie et Jérôme, mais ce couple n’a pas de problèmes de couple, aucune discussion relative au sens à donner à leur existence commune. Ce couple avance comme une entité indissociable motivée par l’acquisition de « choses ».

Un mot sur Irène, Anne Akrich

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 12 Novembre 2015. , dans Julliard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Un mot sur Irène, Julliard, mai 2015, 206 pages, 18 € . Ecrivain(s): Anne Akrich Edition: Julliard

 

Léon Garry est professeur émérite à La Sorbonne. L’action commence alors qu’il est assuré d’être bientôt élu président de la prestigieuse université. Ecrivain au succès moyen, peinant à faire avancer « Le fou meurtrier », l’ouvrage sur Althusser sur lequel il est en train de travailler, il donne des cours sur le thème de « la mort de l’Auteur » (référence à l’ouvrage de Barthes portant ce titre).

Léon Garry est marié à Irène, l’une des ses anciennes étudiantes, elle-même enseignante et écrivaine célèbre, à la mode, dont la parution, chaque année à date fixe, de ses thèses fait régulièrement sensation.

Le couple vit selon des rituels relationnels peu ordinaires, au sein de quoi Irène assume et gère sans complexe, tant en privé qu’en public, l’homosexualité de son personnage.

Léon supporte plutôt bien cet état de choses, constituant la situation initiale du récit, jusqu’à l’apparition, dans sa vie conjugale, d’une nouvelle, jeune et belle étudiante, Judith, qui éclipse très vite toutes celles qui constituent le cercle des groupies d’Irène.