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Editions du Cygne


Les éditions du Cygne :

http://www.editionsducygne.com/

 


On ne part pas, Arnaud Le Vac

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 22 Septembre 2017. , dans Editions du Cygne, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

On ne part pas, juillet 2017, 56 pages, 10 € . Ecrivain(s): Arnaud Le Vac Edition: Editions du Cygne

« Une page d’Homère et de Lucrèce, de David et de Dante, de Shakespeare et de Góngora, de Hölderlin et de Rimbaud. Le jour est autre, la nuit aussi. La singularité fait la différence, l’exception se vérifie.

Tout cela se passe sous nos yeux : vous êtes disponible à vous-même plus que jamais, à l’autre par-delà vous-même. Une page déroule et enroule votre voix comme une plage de musique et un chant le temps sous vos yeux ».

On ne part pas pourrait aussi s’appeler on ne meurt pas, tant ce jeune écrivain, éditeur et poète* s’impose par sa singularité, sa différence, son art brillant de rendre une phrase lumineuse, simplement lumineuse et musicale, comme si la main de Rimbaud s’était posée sur la sienne. On ne part pas est un chant du temps qui épouse chacun de nos mouvements, la main tourne les pages, l’œil fixe les lignes, l’oreille attentive écoute, et on peut aussi tenter l’expérience inverse : l’oreille tourne les pages, la main fixe les lignes, l’œil écoute et la beauté jaillit. C’est ce que l’on appelle l’expérience poétique dans ce qu’elle a de plus nécessaire, de plus vital, et ce tout petit livre déploie ses éclats luxuriants en toute sagesse. L’écriture d’Arnaud Le Vac est d’une grande limpidité, tout y est net et précis, presque transparent, c’est la ligne claire qui l’occupe.

Bétonnière ivre, Károly Fellinger

Ecrit par Sanda Voïca , le Mercredi, 27 Janvier 2016. , dans Editions du Cygne, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Poésie

Bétonnière ivre, novembre 2015, traduction du hongrois et préface de Károly Sándor Pallai, 104 pages, 14 € . Ecrivain(s): Károly Fellinger Edition: Editions du Cygne

 

Une poésie de la communication

Le traducteur, Károly Sándor Pallai, dans sa préface, fait une vraie étude de cette poésie, soulignant dès le début que « Comme toute poésie de qualité, l’œuvre de Károly Fellinger relève aussi d’univers multiples, d’axes interprétatifs pluriels ». Etude très pénétrante, les traits de la poésie de Károly Fellinger apparaissant au traducteur sont surtout « la portée métaphysique et philosophico-théologique », « sa quête intense qui le mène au-delà de la perception, des frontières cognitives, des connaissances ». Et surtout : « Dans ce recueil, le monde semble évoluer dans un vague précaire, dans l’incertitude et le suspens. Les profondeurs, les étendues poétiques et la dimension de l’abstraction philosophique de la présence et de la nature de Dieu sont jalonnées par la banalité de l’ordinaire et du quotidien […] ». Mais aussi « Fellinger sonde, explore, explicite et nuance merveilleusement les dimensions inhérentes à l’évident et au banal, il nous offre une cartographie de l’existence dans son intégralité, y compris l’univers mental et spirituel ». Et je fais des efforts pour ne pas citer d’autres phrases de cette préface, si compréhensive – pour laisser aussi sa découverte au lecteur.

Et comme l’interprétation reste libre, voilà aussi la nôtre.

Je de l’Ego « Narration entaillée », Vincent Motard-Avargues

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Jeudi, 03 Septembre 2015. , dans Editions du Cygne, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Je de l’Ego « Narration entaillée », mars 2015, 91 pages, 12 € . Ecrivain(s): Vincent Motard-Avargues Edition: Editions du Cygne

 

Je de l’Ego titre l’une des parties de cet opus signé Vincent Motard-Avargues, où se déclinent les multiples identités éclatées de Noé Vida l’anti-héros, rassemblant les vies de ses Je sans moi.

Bilan d’une vie, ou d’une non-vie ? Compte-rendu poétique fictionnel d’une résonance sensible en nos temps qui courent, où tous nos repères tombent, armatures socio-professionnelles, familiales, psychologiques etc.

À l’instar du célèbre jeu de construction au succès toujours d’actualité, l’identité d’un « Je de l’Ego » assemble ici les éléments – brique à brique – de ses différents moi, pour les reconstruire si possible dans un parcours chaotique en lignes brisées et dans une ascèse poétique qui ne manque ni de lucidité ni de causticité en fin de compte. Dresser par la vertu d’une veine poétique ajustée un constat désabusé de l’existence peut (r-)éveiller la conscience.

Je de l’Ego, Narration entaillée, Vincent Motard-Avargues

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Jeudi, 09 Juillet 2015. , dans Editions du Cygne, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Je de l’Ego, Narration entaillée, mars 2015, 91 pages, 12 € . Ecrivain(s): Vincent Motard-Avargues Edition: Editions du Cygne

 

Narration entaillée, Je de l’Ego, l’image d’un radar en guise de première de couverture illustre heureusement le chant du cygne (nom de la maison qui a publié le livre) / le champ poétique ici livré par Vincent Motard-Avargues.

Des morceaux d’existence disloquée comme des rémanences rétiniennes sur/sous les paupières mi-closes d’une vie pour l’heure adossée / en arrêt / en sursis.

« La fête sauvage électronique bat son plein. Les basses fréquences font trembler le sable de cette forêt proche de l’océan.

Sous l’emprise d’un acide, Noé Vida ne peut plus bouger d’un cil.

Adossé à un pin, sa vie lui revient brutalement, par flashs syncopés, hachés. Ses multiples identités, ses Je sans moi ».

Et Noé Vida porte bien son nom.

Ce que nous portons, Dorianne Laux

Ecrit par Vincent Motard-Avargues , le Jeudi, 30 Avril 2015. , dans Editions du Cygne, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Poésie

Ce que nous portons, 2014, traduit de l’anglais (USA) par Hélène Cardonna, 64 pages, 10 € . Ecrivain(s): Dorianne Laux Edition: Editions du Cygne

 

Voila un recueil de poèmes en vers, sobres, sans fioritures. Soixante pages de la vie d’une femme. Américaine. Dont les voisins ne savent sans doute pas grand-chose. L’essentiel. La base superficielle de son appartenance à leur communauté. Possible qu’ils ignorent son talent de poète.

« Digression ! Digression ! Digression ! »

Il arrive peut-être plus vraisemblablement que ces voisins, ces inconnus familiers, la voient chasser des chats qui se disputent sous sa fenêtre, en pleine nuit, quasi nue. Ou bien est-ce elle qui rêve ? ou l’a-t-elle fait un autre jour,  une autre nuit, cette danse du balai qui miaule et feule ?

Parfois, la poète peut confondre les jours, les nuits ; la vie tourne en rond, le réel se rêve, ou l’inverse, peu importe ; mais dans ces heures-là, elle affronte sa solitude affective, ce qui, sans paradoxe, la rend complice des autres, tous les autres.

Elle est cette femme, seule, qui, parfois, roule sur la route déserte d’un village paumé, perdu dans la chaleur, sa solitude. Et qui décrit sa vie, la vie, dans ses moindres détails, comme la liste exhaustive du vide qu’on tente vaguement, vainement, de combler.