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Wombat

 

À travers leur collection principale, intitulée « Les insensés », les éditions Wombat se consacreront à défendre les meilleurs auteurs de littérature humoristique, à raison de huit titres par an environ. Cette collection poursuit le travail éditorial déjà entrepris par Frédéric Brument depuis dix ans à travers une vingtaine d’ouvrages parus au Dilettante et chez Rivages. On y éditera les grandes plumes de l’école nonsensique du New Yorker aux États-Unis (Robert Benchley,Will Cuppy, S. J. Perelman, James Thurber...) ou de celle, « bête et méchante », d’Hara- Kiri en France (Delfeil de Ton, Roland Topor...), sans oublier le précurseur canadien Stephen Leacock et quelques voisins excentriques d’outre-Manche (W. E. Bowman, Spike Milligan, Gideon Defoe...). Littérature parodique, pastiche, satire, absurde, nonsense, humour noir seront les maîtres mots du Wombat, avec un seul objectif : le ricanement. Les couvertures (et parfois les textes) seront illustrées par des dessinateurs de renom.

Éditions Wombat 3, rue Simart 75018 Paris Tél. : 06 59 35 18 04

La Saga de Jeanne d’Arc, Mark Twain (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 21 Mai 2019. , dans Wombat, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

La Saga de Jeanne d’Arc, avril 2019, trad. anglais (USA) Patrice Ghirardi, 576 pages, 25 € . Ecrivain(s): Mark Twain Edition: Wombat

 

Double surprise au programme de cette recension. Parcourant les collections humoristiques et satiriques des éditions Wombat, à la recherche d’un prochain livre hilarant et caustique, surgit un titre consacré à Jeanne d’Arc ; les Wombats seraient-ils tombés sur la tête… et dans un bénitier ? Étrange. La curiosité s’installe. Là, deuxième rebondissement : l’auteur de cette saga est Mark Twain. Tom Sawyer au milieu des batailles de la Guerre de Cent Ans. Voilà bien un objet littéraire non identifié à découvrir.

Avec une certaine méfiance et attendant la chute, inévitable, dans un autre registre, la lecture débute. Mais nulle trace d’humour, pas la moindre ironie, le célèbre conteur se consacre bel et bien à retracer l’épopée de cette jeune fille au destin extraordinaire. D’un bout à l’autre de son épais roman, un chant d’amour se fait entendre et finit par emporter le lecteur par ses poignants effets.

Lala pipo, Hideo Okuda

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Vendredi, 23 Septembre 2016. , dans Wombat, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Lala pipo, Nouvelles Éditions Wombat, août 2016, trad. japonais Patrick Honnoré, Yukari Maeda, 288 pages, 22 € . Ecrivain(s): Hideo Okuda Edition: Wombat

 

Lala pipo, entendre et comprendre non pas le nom d’une prostituée ou d’une nouvelle Lolita, mais « A lot of people », mal prononcé en japonais, a été publié en 2005 au Japon, puis adapté au cinéma en 2009 par Tetsuya Nakashima, avec comme acteur principal Hiroshige Narimiya, idole de toute une génération de teen-agers nippons. Le roman, constitué de six chapitres qui peuvent se lire comme autant de nouvelles, chacune introduisant un nouveau personnage, la dernière bouclant sur la première en une construction circulaire parfaite, explore la vie et les déviances sexuelles de plusieurs Tokyoïtes.

Mais pas n’importe lesquels. Hideo Okuda, avec malice et une ironie mordante, choisit ses héros parmi les laissés-pour-compte de la réussite à la japonaise, les « Okatu » ou « Hikikomori » rétifs à tout contact social, les femmes au foyer ou exerçant de petits boulots peu payés, un écrivain de nanars érotiques en mal d’inspiration, ou les seconds couteaux de l’industrie du sexe dans le quartier très « tendance » de Shibuya.

Le Démon de l’île solitaire, Edogawa Ranpo

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 09 Novembre 2015. , dans Wombat, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Japon

Le Démon de l’île solitaire, mai 2015, trad. japonais par Miyako Slocombe, 320 pages, 23 € . Ecrivain(s): Edogawa Ranpo Edition: Wombat

 

Un vrai régal ce roman, vraiment surprenant, un polar frisson d’une grande classe, au style limpide et très agréable à lire, qui parut d’abord en feuilleton dans les années 1929-1930 et qui n’a pas pris une ride, grâce peut-être aussi à une excellente traduction. On se laisse en tout cas très facilement happé par un suspense en tension permanente, avec un plaisir d’enfant, chaque énigme résolue ouvrant la porte à de nouveaux mystères. Minoura, le narrateur, est entraîné malgré lui dans cette histoire rocambolesque qui fera de lui un détective autodidacte, en tombant follement amoureux de celle qui sera la première victime d’un tueur énigmatique et ceci dans une chambre close, rappelant Le mystère de la chambre jaune.

Enquête, aventure, chasse au trésor et épouvante, le démon de l’île solitaire est un subtil mélange d’ambiances noires et romantiques, qui rappellent effectivement tout à la fois Conan Doyle, l’île du Docteur Moreau et Edgard Poe, le tout à la sauce japonaise. C’est tout à fait volontaire de la part de l’auteur, de son vrai nom Tarô Hirai, dont le pseudonyme fait référence justement à Edgard Poe. L’auteur aborde ici des sujets sensibles centrés sur le corps, comme la monstruosité, l’handicap physique, le rejet et l’homosexualité.

Le Cerveau à sornettes, Roger Price

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 23 Juin 2015. , dans Wombat, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, USA

Le Cerveau à sornettes, avril 2015, trad. de l’anglais (E-U) par Frédéric Brument, 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Roger Price Edition: Wombat

 

 

En toute logique, il faudrait éviter de parler du présent livre de Roger Price (1918-1990), puisqu’il s’agit du manifeste « évitiste » absolu. D’un autre côté, respecter la logique lorsqu’il est question des écrits de Roger Price, humoriste de son état, tiendrait quasi de l’absurde. Pas celui de Camus. Celui d’Alphonse Allais.

Reprenons. Préfacé par un Georges Perec de toute évidence sous le charme en 1967, Le Cerveau à Sornettes (In One Head and Out the Other en version originale, 1951) connaît une nouvelle traduction et donc une nouvelle jeunesse aux éditions Wombat, qui le présentent comme un « chef-d’œuvre nonsensique », « un des livres les plus frappadingues de la littérature comique anglo-saxonne » – ce qui a de quoi allécher tout amateur de mauvais esprit.

Bienvenue à Mariposa, Stephen Leacock

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 01 Décembre 2014. , dans Wombat, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Canada anglophone

Bienvenue à Mariposa, octobre 2014, traduit de l’anglais (Canada) par Thierry Beauchamp, graphisme, illustration et postface de Seth, 288 pages, 29 € . Ecrivain(s): Stephen Leacock Edition: Wombat

 

Une couverture or, orange, blanche et noire recouvre un volume épais. L’œil est attiré. Elle représente une ville stylisée. Vous voilà au cœur de Mariposa, une ville fictive de l’Ontario, au début du XXe siècle. La main saisit puis ouvre le livre : bienvenue dans l’univers de Stephen Leacok et de ses personnages, citoyens d’une bourgade impayable, touchante et loufoque, à la fois, hors du temps et bien de son temps.

« Par exemple, je suis certain que Billy Rawson, le télégraphiste de Mariposa, aurait facilement pu découvrir le radium. Dans le même ordre d’idées, il suffit de lire les annonces nécrologiques de M. Gingham, l’entrepreneur de pompes funèbres, pour savoir que le poète qui sommeille toujours en lui aurait pu écrire des vers sur la mort beaucoup plus intéressants que ceux de La Thanatopsis de Cullen Bryant, et qu’il aurait choisi un titre moins susceptible de choquer les mœurs des lecteurs. C’est lui-même qui me l’a confié ».