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Actes Sud

Du pétrole sur l’eau, Helon Habila

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 04 Juillet 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman

Du pétrole sur l’eau, traduit de l’Anglais (Nigeria) par Elise Argaud, avril 2014, 289 pages, 22,80 € . Ecrivain(s): Helon Habila Edition: Actes Sud

 

La malédiction de l’or noir


Rufus est un jeune journaliste qui accepte une mission périlleuse, celle de retrouver une anglaise, enlevée par les rebelles, et de la ramener à son mari.

« Les jours précédents, il avait vu son visage accolé à celui de son épouse dans les journaux et à la télévision. Un ingénieur britannique travaillant pour une compagnie pétrolière, dont la femme, sortie seule, n’était jamais revenue – elle avait dû être enlevée par les rebelles ».

Accompagné de son ami et mentor, Zaq, un journaliste expérimenté et alcoolique, Rufus entame une descente du delta du Niger sur la piste de ces kidnappeurs. La description des vingt premières pages est retentissante tant par son style que par son contenu. En effet, Helon Habila se sert des mots comme d’un appareil photographique. Ses mots colorent de noir la nature du pays de l’or noir : le Nigéria. Même si le terme « écocide » n’est jamais prononcé, le lecteur ne peut que constater le désastre causé par le pétrole et les torchères à la nature et aux hommes.

Silo Origines (tome 2), Hugh Howey

Ecrit par Virginie Neufville , le Mercredi, 02 Juillet 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, Science-fiction, La Une Livres, USA, Roman

Silo Origines (tome 2), traduit de l’anglais (USA) par Laure Manceau, mai 2014, 564 p. 23,50 € . Ecrivain(s): Hugh Howey Edition: Actes Sud

 

Ce second tome n’est pas la suite, mais un préquel du tome 1, répondant à certaines questions soulevées dans le premier roman.

Nous sommes en 2049. Donald Keene est un député démocrate débutant, bosseur invétéré et amoureux de son épouse, même s’il ne la voit pas aussi souvent qu’il le voudrait. Son sénateur et mentor Thurman lui demande de participer à un projet de grande ampleur, la conception de silos géants censés accueillir des milliers de personnes en cas de menace planétaire. Donald obéit, et en architecte de formation, crée un mini univers enseveli, complet, en collaboration avec son ex et informaticienne Anna Thurman.

Au fil des mois, le discours du vieux sénateur change. Donald comprend lentement, trop lentement peut-être, que le projet Silo n’est pas une solution « au cas où », mais bel et bien un nouveau départ. Les cinquante silos construits dans le désert et supervisés par le Silo 1 abriteront la nouvelle Humanité.

Les lois de la frontière, Javier Cercas

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 20 Juin 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Espagne

Les lois de la frontière, traduit de l’espagnol par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic, janvier 2014, 352 pages, 23,50 € . Ecrivain(s): Javier Cercas Edition: Actes Sud

 

Les zones de fluctuation

Un écrivain engagé par une maison d’édition doit écrire un livre sur un personnage controversé prénommé Zarco. Délinquant multirécidiviste et célèbre pour ses braquages dans les années 70, Zarco suscite dans l’inconscient collectif des habitants de Gérone une certaine ambivalence teintée d’admiration. Lui et sa bande parcourent la ville en commettant délit sur délit jusqu’à ce fameux été 1978 où la police met un terme à la survie de la bande. Mais Zarco n’a pas dit son dernier mot…

Marqué comme tout le monde par cet événement, l’écrivain entame une enquête et convoque les personnalités qui ont connu Zarco afin de recueillir leurs souvenirs sur la relation que ce dernier entretenait avec ses proches. Parmi les témoins comme l’ancien inspecteur de police qui avait connu la bande à l’apogée de sa violence, le directeur de la prison où Zarco avait exécuté sa peine, il va aussi rencontrer l’avocat qui avait défendu Zarco. Ce dernier était un des membres de la bande mais aussi un des plus proches amis de Zarco impliqués dans les braquages de l’été 1978.

Ada, Masaki Yamada

Ecrit par Virginie Neufville , le Mercredi, 18 Juin 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Japon

Ada, traduit du japonais par Anne Regaud-Wildenstein, avril 2014, 370 pages, 23 € . Ecrivain(s): Masaki Yamada Edition: Actes Sud

 

Ada Lovelace (1815-1852) est considérée dans le monde informatique comme une pionnière. On lui doit le langage dit ADA. L’auteur l’utilise dans son récit pour en faire la fille mal aimée et incomprise de Lord Byron, le grand poète anglais, lui-même instigateur d’un roman inconnu en son époque mais devenu emblématique du roman gothique par la suite, Frankenstein, de Mary Shelley. En effet, cette dernière l’aurait écrit à la demande du poète.

Pourquoi parler de Frankenstein dans Ada ? Parce que le monstre créé dans l’imagination de Mary Shelley est le véritable fil conducteur du roman éponyme, qui se compose en multiples chapitres, en multiples récits, en multiples personnages.

« L’histoire de Frankenstein est un récit fondamental. Sous certains aspects, c’est un archétype enraciné au plus profond de la psyché des hommes ». Au fur et à mesure le lecteur y trouve une certaine cohérence, amplifiée par des passages répétitifs mais qui ont valeur de recadrer le récit parfois « spiralitique ».

Voyages avec l’absente, Anne Brunswic

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 06 Juin 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Voyages avec l’absente, mai 2014, 196 pages, 20 € . Ecrivain(s): Anne Brunswic Edition: Actes Sud

 

C’est un récit particulier que nous livre Anne Brunswic, celui d’une tentative d’explication, d’éclairage de la vie de sa mère, Françoise Tuchband, disparue en 1959 lorsque la narratrice avait huit ans. Le récit est articulé autour de lettres, imaginaires, écrites à cette mère absente, et s’appuie également sur des archives familiales, celles de son père, Henri Brunswic. Pourtant, le cadre purement familial est loin d’être l’unique thème de ce récit. Pendant la Seconde guerre mondiale, l’histoire de la famille d’Anne Brunswic passe en effet par Bruxelles, un séjour à Paris, puis en Bretagne. Le franchissement de la ligne de démarcation précède l’embarquement vers le Portugal, puis Londres comme destination finale.

Anne Brunswic évoque aussi les origines de sa famille maternelle en Lituanie, ce qui est prétexte à un examen de l’histoire de cette partie de l’Europe, si souvent sujette à des changements de frontière, de nom, d’appartenance politique.