Identification

Actes Sud

Tout s’effondre, Chinua Achebe (2ème critique)

Ecrit par Victoire NGuyen , le Lundi, 07 Avril 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman

Tout s’effondre, nouvelle traduction de l’Anglais (Nigeria) par Pierre Girard, octobre 2013, 225 pages, 21,80 € . Ecrivain(s): Chinua Achebe Edition: Actes Sud

De son immense œuvre, Tout s’effondre occupe une place à part. Publié en 1958, c’est le roman qui a fait connaître Chinua Achebe et l’a propulsé sur la scène littéraire internationale puisque l’œuvre a été traduite en une cinquantaine de langues et vendue à des dizaines de millions d’exemplaires.

De plus, son intrigue présente l’histoire de la colonisation de l’Afrique par les Européens en adoptant le point de vue africain. Chinua Achebe met en scène un personnage littéraire de première importance, Okonkwo,  car il porte l’histoire de l’Afrique de son apogée à sa chute au travers les vicissitudes de sa propre destinée.

En effet, dès l’ouverture du roman, Okonkwo dont le nom signifie « feu qui dévore tout » jouit d’une position sociale de prestige dans le village ibo d’Umuofia. Il est un riche fermier. Chef de son clan, il surveille ses trois épouses et règle les conduites de ses enfants selon les attentes du clan. Façonné par une société traditionnelle agraire, il respecte les rites des saisons, pratique les sacrifices pour honorer la mémoire de ses ancêtres et attirer la protection des dieux tutélaires du clan. Enfant du clan, il est aussi l’un des sages qui officient à l’établissement des règles pour maintenir le village dans l’observance des traditions.

Baleine, Paul Gadenne

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 04 Avril 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Baleine, mars 2014, 34 pages, 10 € . Ecrivain(s): Paul Gadenne Edition: Actes Sud

 

Publié en 1949 dans la revue Empédocle par Albert Camus, Baleine fait partie du fonds Actes Sud depuis 1982 et vient d’être réédité fort opportunément dans la collection Les inépuisables.

Cette courte nouvelle de Paul Gadenne atteignant en tout point la perfection mérite en effet sans conteste de traverser le temps, et sa lecture ne peut qu’inciter le lecteur à découvrir – ou redécouvrir – l’œuvre essentiellement romanesque d’un grand écrivain malheureusement méconnu.

Baleine, c’est l’irruption du miracle dans le monde en décomposition de l’immédiat après-guerre marqué par l’horreur du « cataclysme européen » dans un monde privé d’espoir. Une histoire de foi et de rencontre avec l’autre, avec l’Autre. Une histoire d’Amour. Une révélation.

Un petit « cercle d’endormis » devise mollement, avachi dans les coussins d’un café enfumé et mal éclairé, « captif des velours et des soies », quand soudain une nouvelle rapportée par la gazette du coin secoue un instant cette torpeur : le cadavre d’une baleine blanche s’est échoué dans les sables à quelques kilomètres de là !

Trois ruptures, Rémi de Vos

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 01 Avril 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

Trois ruptures, Actes Sud-Papiers, mars 2014, 80 pages, 12 € . Ecrivain(s): Rémi de Vos Edition: Actes Sud

 

Concerto pour couple


La pièce de Rémi de Vos pourrait être le texte de trois pièces autonomes comme le laisse entendre d’une certaine façon la liste des personnages proposant une distribution avec trois comédiens féminins et masculins, avec son titre distinctif chaque fois : Sa chienne ; Pompier ; et Un enfant. A chaque titre correspond une fable.

Dans Sa chienne, il est question d’un repas succulent préparé par la femme, qui tourne mal puisque la femme annonce qu’elle veut quitter l’homme, lui expliquant qu’elle ne supportait plus sa chienne, Diva.

Dans la deuxième pièce, l’homme avoue à sa compagne qu’il est tombé amoureux du pompier Steve et que leur couple doit surmonter cette nouvelle situation.

Théorie de la carte postale, Sébastien Lapaque (2ème critique)

Ecrit par Lionel Bedin , le Jeudi, 20 Mars 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Théorie de la carte postale, février 2014, 112 pages, 10 € . Ecrivain(s): Sébastien Lapaque Edition: Actes Sud

On le sait : les idées et les questions viennent en marchant… Au début du récit, un homme flâne dans les rues du Quartier Latin et se demande comment, parmi ses projets d’écriture – « des projets, il n’avait que cela, des livres qu’il voulait écrire et des livres qu’il n’écrirait jamais » – il pourrait avancer dans sa Théorie de la carte postale, un livre à « l’image encore un peu floue. Il en possédait la mélodie, mais en cherchait l’harmonie ».

Tout au long de ce petit livre amusant, qui part dans plusieurs directions – exemples de cartes postales retrouvées, textes réels et textes à inventer, histoire de l’aéropostale… – il s’agit d’une réflexion en cours, dans le but d’écrire un livre sur la carte postale… – nous suivrons le marcheur-auteur dans ses recherches et réflexions. Qu’est-ce qu’une carte postale ? Qu’est-ce qu’elle n’est pas ? Quelle est son utilité, ou sa finalité ? Quelle est la poésie qui sourd d’une carte postale ? Écrire une carte postale est-il un « acte de résistance » ? Est-ce qu’on écrit une carte postale avec des idées ou avec « des mots, des jolis mots de tous les jours » ? Écrire une carte postale, est-ce un devoir ou un jeu ? Un emploi ou un passe-temps ? Quand l’écrire, où, à qui, comment, pourquoi ? « Au verso, Chambord, la chapelle Sixtine, le Corcovado, Guernica, la Joconde (…) ; au recto, pain, carottes, huiles d’olive, lait, câpres, moutarde, citrons, tomates, côtes d’agneau ».

Les Bonnes Gens, Laird Hunt

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 18 Mars 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Les Bonnes Gens (Kind One), traduit de l’américain par Anne-Laure Tissut, février 2014 256 p. 21,80 € . Ecrivain(s): Laird Hunt Edition: Actes Sud

 

1910. Au crépuscule de sa vie, une femme se souvient. Elle s’appelle Ginny Lancaster. Autrefois, elle était surnommée « Scary Sue ». Scary, qui vient de sa cicatrice (« scar », en anglais), un cercle rouge sombre au-dessus de l’os de sa cheville, qu’elle se fait un malin plaisir à entretenir. « Dès que la cicatrice se mettait à se résorber, elle commençait à lui donner un ou deux coups bien sanglants ». Scary, aussi, comme celle qui fait peur.

A quatorze ans, quelques années avant la guerre de Sécession, Ginny se marie avec un cousin éloigné, Linus Lancaster. Il lui a promis une grande propriété, une vie de princesse, mais elle se retrouve dans une ferme isolée du Kentucky, dans un élevage de porcs. C’est bien à eux seuls que le maître des lieux est capable de témoigner quelques égards. Sinon, c’est un être abject. Un tyran domestique. Un véritable porc qui maltraite ses esclaves noirs et sa femme.

Prenant prétexte d’une hypothétique stérilité de Ginny, il se met à abuser sexuellement de ses deux domestiques, Cleome et Zinnia, qu’il appelle ses « filles ».