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Flammarion

Le groupe Flammarion est le quatrième groupe d'édition français et comprend plusieurs maisons d'édition dont celle qui a donné son nom au groupe, fondée en 1876. Le groupe comprend également des entreprises de distributionvente et impression.

Il appartient depuis 2000 au groupeitalien RCS MediaGroup et son PDG est depuis cette date Teresa Cremisi.


Agatha Christie, le chapitre disparu, Brigitte Kernel

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 06 Octobre 2016. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Agatha Christie, le chapitre disparu, janvier 2016, 263 pages, 18 € . Ecrivain(s): Brigitte Kernel Edition: Flammarion

« Ce qui est étrange quand on regarde le passé, c’est que, si l’on se souvient fort bien de la façon dont les choses sont survenues, on oublie comment elles ont cessé »,

Agatha Christie

 

Le 3 décembre 1926, Agatha Christie se volatilise de son domicile. Au volant de sa Morris Cowley, elle prend la fuite après avoir appris l’infidélité de son mari, alors même qu’elle se trouvait encore profondément affectée par le décès de sa mère tant aimée : « Fuir ce monde, rejoindre Newlands Corner, abandonner mes forces, mon passé, mon futur dans l’étang de Silent Pool. […] Habitée par l’insupportable image du couple formé par Archie et cette Nancy Neele, je poursuivis mon chemin. Respirer devenait difficile, je haletais en raidissant mon corps. […] Hébétée, je quittai mon siège et claquai la portière. J’avançai à petits pas dans la brume et, enfin, découvris l’étendue sombre de Silent Pool. […] Quand je me réveillai, mes mâchoires tapaient l’une contre l’autre. J’étais finie, je n’avais plus qu’à attendre la mort, elle se déroulerait non comme je l’avais planifiée, dans les eaux sombres de Silent Pool, mais sur cette route, vers le lieu-dit de Newlands Corner. A moins quinze degrés, le corps humain ne tient pas longtemps. Le froid serait mon assassin ».

Le Vieux Saltimbanque, Jim Harrison

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 06 Septembre 2016. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire

Le Vieux Saltimbanque (The Ancient Minstrel), trad. américain Brice Matthieussent septembre 2016, 148 pages, 15 € . Ecrivain(s): Jim Harrison Edition: Flammarion

 

Il se trouvera sûrement quelques pisse-froid pour dire que ce dernier opus de Maître Jim n’est pas un chef-d’œuvre. Peut-être que ce n’en est pas un, mais c’est un pur moment de bonheur et c’est déjà beaucoup. Big Jim nous dit adieu comme nous l’avons toujours connu : joyeux, débonnaire, exubérant. On peut dire, en paraphrasant La Palisse, que Jim Harrison, quelques semaines avant sa mort, était toujours vivant. Et quelque chose nous dit que, même après sa mort, il le sera encore. Lui, qui répétait à l’envi que ce qu’il craignait de la mort était de ne plus boire de bons vins, va certainement s’organiser pour, au moins, écrire encore. Il nous le dit d’ailleurs : « Peut-être qu’on radotera encore dans notre cercueil ».

Le Vieux Saltimbanque est une sorte d’autobiographie. Mais avec Big Jim rien n’est comme d’habitude. Son narrateur parle à la troisième personne. « J’ai décidé de poursuivre mes mémoires sous la forme d’une novella. A cette date tardive, je voulais échapper à l’illusion de réalité propre à l’autobiographie ». Il faut dire que le vieux Jim est pour le moins secoué par son entourage quand il annonce son projet lors d’un dîner de famille !

Babylone, Yasmina Reza

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Samedi, 27 Août 2016. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Babylone, août 2016, 224 pages, 20 € . Ecrivain(s): Yasmina Reza Edition: Flammarion

 

Ce nouveau roman de Yasmina Reza, construit comme un drame qui culmine avec la citation de l’exergue « Le monde n’est pas bien rangé, c’est un foutoir. Je n’essaie pas de le mettre en ordre » (Garry Winogrand) rappelle étrangement, par certains aspects, l’histoire du meurtre par Louis Althusser de sa femme Hélène Rytmann. Dans ce roman qu’on pourrait caractériser par l’expression de « fausse amitié » ou de « la fin d’un amour », il semble que ce soit le statut de la parole qui est interrogé. Alors que Yasmina Reza est auteur dramatique (encore) plus que romancière, si l’on en juge par le nombre de titres de sa bibliographie appartenant à l’un et l’autre genre, on est frappé dans ce livre par les points de convergence stylistique qu’il présente avec une pièce de théâtre. Plusieurs faits de langue concernant les discours rapportés incitent à ce rapprochement. Tout d’abord, le style direct et incisif du dialogue théâtral se retrouve, en filigrane ou en relief, dans les phrases courtes et le registre de langue pour le moins familier du roman : « La femme doit être gaie. Contrairement à l’homme qui a droit au spleen et à la mélancolie. A partir d’un certain âge une femme est condamnée à la bonne humeur. Quand tu fais la gueule à vingt ans c’est sexy, quand tu la fais à soixante c’est chiant ».

Championnes, Lorraine Kaltenbach, Clémentine Portier-Kaltenbach

Ecrit par Jean Durry , le Mardi, 16 Août 2016. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire, Albums

Championnes, octobre 2015, 192 pages, 35 € . Ecrivain(s): Clémentine Portier-Kaltenbach et Lorraine Kaltenbach Edition: Flammarion

 

Des sentiments mêlés. C’est ce que l’on ressent en fermant ce livre attrayant, à la présentation très soignée, révélateur de certains destins trop ignorés, et riche en illustrations recherchées et peu connues.

Premier contact : très favorable. En sept chapitres – « vétérantes » (néologisme hardi auquel on aurait volontiers substitué « pionnières »), femmes du monde, filles du peuple, enfants de la balle, touche-à-tout, discriminées, militantes –, les deux auteurs – ou faut-il dire auteures ? – tressent vingt-neuf biographies, et fixent le processus du long combat mené par les femmes pour affirmer leur légitimité pleine et entière à vivre le sport de compétition, ce domaine si longtemps identifié comme quasi exclusivement « masculin ». Elles rendent ainsi hommage à des athlètes méconnues, aux fortes personnalités, qui ont fait contre vents et marées progresser la bonne course et changer la place et le statut du sexe présumé faible dans un univers pour le moins misogyne.

Quelqu’un en vue, Inès Benaroya

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 13 Mai 2016. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Quelqu’un en vue, avril 2016, 320 pages, 19 € . Ecrivain(s): Inès Benaroya Edition: Flammarion

 

« A marcher si lentement, il lui semble qu’elle court depuis des années, toujours pressée, en perpétuel retard, à la poursuite d’un horizon qui s’éloigne à mesure qu’elle s’approche » (L’héroïne de cet ouvrage)

Le « Smart Home ». Leur nouvelle demeure peut même être commandée à distance. Vive la robotique ! Tout le quotidien de la maîtresse de maison – alias Valériane – est ainsi réglé comme du papier à musique. Epouse de Bruno – le roi de la domotique – elle a de plus en plus le sentiment de s’effacer de sa propre existence comme les traces sur le sable balayé par l’écume des vagues.

Une fois installée dans sa nouvelle maison, Valériane ignore l’obsession de son voisin d’en face, un ex-taulard en réinsertion : « Malgré lui, ses regards échouent dans la maison d’en face. Il y a toujours quelque chose à observer chez les voisins. […] Il mate et les images de leur bonheur domestique viennent se fixer sur sa rétine médusée. Alors, c’est ainsi ? Il est possible d’être heureux à ce point ? […] La maison brille comme un joyau. La banalité de leur bonheur fait écho à l’insignifiance de sa détresse. […] Il l’a à l’œil cette famille sans paroles, il la tient entre ses paupières. Ce qu’il voit est à lui. Les images appartiennent à ceux qui ont les yeux pour voir. Entre deux bouchées de biscotte au maquereau, il ricane ».