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Flammarion

Le groupe Flammarion est le quatrième groupe d'édition français et comprend plusieurs maisons d'édition dont celle qui a donné son nom au groupe, fondée en 1876. Le groupe comprend également des entreprises de distributionvente et impression.

Il appartient depuis 2000 au groupeitalien RCS MediaGroup et son PDG est depuis cette date Teresa Cremisi.


Il se passe quelque chose, Jérôme Ferrari

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Samedi, 11 Mars 2017. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Il se passe quelque chose, mars 2017, 160 pages, 12 € . Ecrivain(s): Jérôme Ferrari Edition: Flammarion

 

Sous le titre Il se passe quelque chose, les éditions Flammarion publient fort opportunément les vingt-deux chroniques hebdomadaires que Jérôme Ferrari écrivit pour le journal La Croix après l’attentat contre Charlie Hebdo, et pendant près de six mois, du 27 janvier au 4 juillet 2016.

On entrait à l’époque dans une ère terrifiante où la peur et le ressentiment, l’intolérance et la haine, l’emportaient sur la raison, les media et la classe politique ne faisant qu’attiser plus ou moins délibérément ces passions. Et si cet auteur plutôt discret accepta de s’exprimer publiquement, c’est que « pour la première fois depuis bien longtemps » il se sentait à nouveau « douloureusement concerné par des questions politiques » :

« Se taire quand on a le privilège, mérité ou pas, de pouvoir s’exprimer, devient une faute ; plus qu’une faute même : une obscénité ».

Les bios (très) interdites, Vincent Dedienne

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 23 Janvier 2017. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie

Les bios (très) interdites, novembre 2016, 240 pages, 17€ . Ecrivain(s): Vincent Dedienne Edition: Flammarion

 

L’art de la dérision

Vincent Dedienne est une des figures montantes de l’humour français. Révélé en 2013 au Montreux Comedy Casting, il devient, de septembre 2014 à juin 2016, le biographe non officiel des invités du Supplément, émission dominicale diffusée sur Canal plus. Les bios (très) interdites, que publient les éditions Flammarion, réunit les meilleurs textes dans lesquels le comédien réécrit les vies d’une petite centaine d’hommes et femmes politiques, d’artistes et autres personnalités qui se sont succédé sur le plateau dirigé par Maïtena Biraben puis par Ali Badou.

Sa plume, Vincent Dedienne la trempe tour à tour dans de l’acide, de la ouate ou de l’absurde – encre décalée et quelque peu surréaliste. Les rires et sourires qu’il provoque savent être tendres et émouvants, comme dans la biographie de Christiane Taubira ou mordants et décapants comme dans celle qu’il consacre à Florian Philippot, vice-président du Front National : « Votre actualité, Florian, quelle est-elle, à part de me faire passer un moment pénible ? »

Agatha Christie, le chapitre disparu, Brigitte Kernel

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 06 Octobre 2016. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Agatha Christie, le chapitre disparu, janvier 2016, 263 pages, 18 € . Ecrivain(s): Brigitte Kernel Edition: Flammarion

« Ce qui est étrange quand on regarde le passé, c’est que, si l’on se souvient fort bien de la façon dont les choses sont survenues, on oublie comment elles ont cessé »,

Agatha Christie

 

Le 3 décembre 1926, Agatha Christie se volatilise de son domicile. Au volant de sa Morris Cowley, elle prend la fuite après avoir appris l’infidélité de son mari, alors même qu’elle se trouvait encore profondément affectée par le décès de sa mère tant aimée : « Fuir ce monde, rejoindre Newlands Corner, abandonner mes forces, mon passé, mon futur dans l’étang de Silent Pool. […] Habitée par l’insupportable image du couple formé par Archie et cette Nancy Neele, je poursuivis mon chemin. Respirer devenait difficile, je haletais en raidissant mon corps. […] Hébétée, je quittai mon siège et claquai la portière. J’avançai à petits pas dans la brume et, enfin, découvris l’étendue sombre de Silent Pool. […] Quand je me réveillai, mes mâchoires tapaient l’une contre l’autre. J’étais finie, je n’avais plus qu’à attendre la mort, elle se déroulerait non comme je l’avais planifiée, dans les eaux sombres de Silent Pool, mais sur cette route, vers le lieu-dit de Newlands Corner. A moins quinze degrés, le corps humain ne tient pas longtemps. Le froid serait mon assassin ».

Le Vieux Saltimbanque, Jim Harrison

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 06 Septembre 2016. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire

Le Vieux Saltimbanque (The Ancient Minstrel), trad. américain Brice Matthieussent septembre 2016, 148 pages, 15 € . Ecrivain(s): Jim Harrison Edition: Flammarion

 

Il se trouvera sûrement quelques pisse-froid pour dire que ce dernier opus de Maître Jim n’est pas un chef-d’œuvre. Peut-être que ce n’en est pas un, mais c’est un pur moment de bonheur et c’est déjà beaucoup. Big Jim nous dit adieu comme nous l’avons toujours connu : joyeux, débonnaire, exubérant. On peut dire, en paraphrasant La Palisse, que Jim Harrison, quelques semaines avant sa mort, était toujours vivant. Et quelque chose nous dit que, même après sa mort, il le sera encore. Lui, qui répétait à l’envi que ce qu’il craignait de la mort était de ne plus boire de bons vins, va certainement s’organiser pour, au moins, écrire encore. Il nous le dit d’ailleurs : « Peut-être qu’on radotera encore dans notre cercueil ».

Le Vieux Saltimbanque est une sorte d’autobiographie. Mais avec Big Jim rien n’est comme d’habitude. Son narrateur parle à la troisième personne. « J’ai décidé de poursuivre mes mémoires sous la forme d’une novella. A cette date tardive, je voulais échapper à l’illusion de réalité propre à l’autobiographie ». Il faut dire que le vieux Jim est pour le moins secoué par son entourage quand il annonce son projet lors d’un dîner de famille !

Babylone, Yasmina Reza

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Samedi, 27 Août 2016. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Babylone, août 2016, 224 pages, 20 € . Ecrivain(s): Yasmina Reza Edition: Flammarion

 

Ce nouveau roman de Yasmina Reza, construit comme un drame qui culmine avec la citation de l’exergue « Le monde n’est pas bien rangé, c’est un foutoir. Je n’essaie pas de le mettre en ordre » (Garry Winogrand) rappelle étrangement, par certains aspects, l’histoire du meurtre par Louis Althusser de sa femme Hélène Rytmann. Dans ce roman qu’on pourrait caractériser par l’expression de « fausse amitié » ou de « la fin d’un amour », il semble que ce soit le statut de la parole qui est interrogé. Alors que Yasmina Reza est auteur dramatique (encore) plus que romancière, si l’on en juge par le nombre de titres de sa bibliographie appartenant à l’un et l’autre genre, on est frappé dans ce livre par les points de convergence stylistique qu’il présente avec une pièce de théâtre. Plusieurs faits de langue concernant les discours rapportés incitent à ce rapprochement. Tout d’abord, le style direct et incisif du dialogue théâtral se retrouve, en filigrane ou en relief, dans les phrases courtes et le registre de langue pour le moins familier du roman : « La femme doit être gaie. Contrairement à l’homme qui a droit au spleen et à la mélancolie. A partir d’un certain âge une femme est condamnée à la bonne humeur. Quand tu fais la gueule à vingt ans c’est sexy, quand tu la fais à soixante c’est chiant ».