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Flammarion

Le groupe Flammarion est le quatrième groupe d'édition français et comprend plusieurs maisons d'édition dont celle qui a donné son nom au groupe, fondée en 1876. Le groupe comprend également des entreprises de distributionvente et impression.

Il appartient depuis 2000 au groupeitalien RCS MediaGroup et son PDG est depuis cette date Teresa Cremisi.


Autopsie d’un père, Pascale Kramer

Ecrit par Theo Ananissoh , le Samedi, 06 Février 2016. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Autopsie d’un père, janvier 2016, 173 pages, 17 € . Ecrivain(s): Pascale Kramer Edition: Flammarion

 

Gabriel, journaliste, s’est suicidé en avalant « neuf morceaux assez gros d’un verre à moutarde ». Clara, sa seconde épouse, en informe Ania, fille unique de Gabriel. Ania a coupé les ponts avec son père depuis plusieurs années. Gabriel, jusqu’à un temps récent, passait pour un intellectuel de gauche. Dans le village de V. où il a une maison de campagne, un immigré comorien a été tabassé à mort sans raison par deux jeunes du coin. Gabriel, qui ne supporte pas ou plus « ce brassage », a pris publiquement la défense des deux meurtriers, scandalisant ainsi tout le monde ou presque. Son émission de radio lui est retirée. Est-ce cela qui l’a poussé au suicide ? La mère d’Ania, il convient de le noter, est d’origine iranienne. Et Ania elle-même a épousé puis divorcé d’un Serbe dont elle a un garçon sourd prénommé Théo.

« Gabriel en voulait à sa génération et à lui-même d’avoir laissé ce monde-là s’imposer, par négligence ou idéalisme. Ania, elle, avait cherché refuge dans ce brassage. Elle y consolait ses insuffisances. Elle avait même un temps fréquenté les mosquées et les hammams… »

Guérissable, Thomas Chapelon

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Vendredi, 27 Novembre 2015. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Guérissable, Flammarion/Poésie, septembre 2015, 179 pages, 16 € . Ecrivain(s): Thomas Chapelon Edition: Flammarion

 

Guérissable comprend trois sections (Guérissable, Mélopée de l’équilibre et Du noir et des couleurs) réunies dans la très belle collection Poésie de Flammarion. Comme dans Pulsation lente précédemment, publié aux Editions L’Arachnoïde (2014) et dans un style reconnaissable, Thomas Chapelon poursuit sa quête du rythme. Un rythme dont le tempo s’apparenterait à la musique, le jazz peut-être. Les mots sont disposés sur la feuille avec beaucoup de blanc pour laisser passer le souffle, l’air s’infiltre tels des spasmes saisissants à la recherche d’un incréé :

« un démantèlement

Des nerfs         capitonnés

De l’hiver reclus »

S’énumèrent aussi l’amitié, les trahisons, les vêtements comme les gens accrochés dans la friperie du monde, et partout toujours

Péchés Capitaux, Jim Harrison

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 02 Novembre 2015. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Péchés Capitaux, septembre 2015, trad. de l’anglais (USA) par Brice Matthieussent, 350 pages, 21 € . Ecrivain(s): Jim Harrison Edition: Flammarion

 

Depuis 1971, l’œuvre de Jim Harrison (1937) s’étoffe environ tous les deux ans d’un nouvel ouvrage, et, force est de l’admettre, après en avoir lu sept ou huit, dont les inévitables Sorcier, Dalva, La Route du Retour ou encore Légendes d’Automne, on peut avoir l’impression d’avoir eu un bon aperçu de son œuvre et se dire qu’on va passer à autre chose. A vrai dire, depuis la parution des Aventures d’un Gourmand Vagabond et, l’année suivante, d’une autobiographie, on avait un peu l’impression que Harrison lui-même avait fait le tour de la question et qu’on était trop paresseux pour aller y voir… Puis, à force de néanmoins lire environ tous les deux ans dans la presse spécialisée que le dernier Harrison est un excellent roman, on se dit qu’on va craquer et s’en lire un. Autant le préciser de suite : il m’est impossible de comparer avec un quelconque de ses romans publiés durant les années 2000, mais j’ai l’impression que Péchés Capitaux est 1° un tout grand roman même aux normes de Harrison ; 2° une fameuse cure de jouvence par rapport à ses thématiques habituelles ; 3° un roman-somme ludique. En somme, une perle rare.

Juste avant l’oubli, Alice Zeniter

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Jeudi, 17 Septembre 2015. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Juste avant l’oubli, août 2015, 304 pages, 19 € . Ecrivain(s): Alice Zeniter Edition: Flammarion

 

Franck aime Emilie, il voudrait fonder une famille avec elle. Mais Emilie n’a qu’une idée en tête, quitter l’enseignement, reprendre une thèse sur un de ses auteurs fétiches. La vie de Franck va basculer le jour où il demande à Emilie de lui faire un enfant et qu’elle dit vouloir faire une thèse.

Contrairement à ses potes, Franck n’est pas un « loup des steppes indomptables ». C’est plutôt un genre de garçon ultra-sensible, à l’écoute de l’autre, et d’une grande émotivité. Cette sensibilité extrême est un paradoxe pour quelqu’un qui travaille comme infirmier et est confronté à longueur de journée à la souffrance des autres. Mais c’est aussi ce qui fait de lui un être très attachant. Car on s’attache à ce personnage fragile et tendre, finalement personnage central du livre dans la mesure où c’est son évolution qu’on suit à travers la destruction de son couple.

En toile de fond, le personnage dominant du livre : l’auteur dont Emilie a fait l’objet de sa thèse et qui la fascine littéralement comme il a passionné de très nombreux lecteurs, au point que les universitaires lui consacrent chaque année un colloque sur l’île où il avait élu domicile quelques années avant sa mort. Donnell s’y serait suicidé, laissant un dernier roman inachevé. Cet élément en lui-même ayant contribué à le rendre un peu plus mystérieux et intéressant sans doute.

Un amour impossible, Christine Angot

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Lundi, 07 Septembre 2015. , dans Flammarion, Les Livres, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Un amour impossible, août 2015, 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Christine Angot Edition: Flammarion

 

Christine Angot livre ici un roman très construit et parfaitement abouti, où la folie trouve son contrepoint dans l’explication rationnelle. La diégèse s’étend de façon linéaire sur deux générations, celle de la mère, Rachel, juive, qui vit, travaille et tombe amoureuse à Châteauroux, celle de la fille, Christine, « née de père inconnu », qui naît à Châteauroux, emménage à Reims, puis à Paris. La mère et la fille se répondent l’une à l’autre, leur histoire étant ponctuée régulièrement par les lettres du père, Pierre, et ses rares apparitions, pendant les vacances.

On trouve dans ce roman un grand nombre d’ingrédients qui font le succès d’un roman populaire, au bon sens du terme. D’abord, le travail, contrainte importante et vitale, pour la femme et pour l’homme – elle, modeste employée de la Sécurité sociale, prenant peu à peu des responsabilités grâce à son sérieux et à sa ténacité, lui trouvant un poste intéressant à Strasbourg, au service traduction du Conseil de l’Europe – ; d’emblée le tableau est planté, la différence de « monde » social, qui va jouer un rôle décisif tout au long du roman.