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Flammarion

Le groupe Flammarion est le quatrième groupe d'édition français et comprend plusieurs maisons d'édition dont celle qui a donné son nom au groupe, fondée en 1876. Le groupe comprend également des entreprises de distributionvente et impression.

Il appartient depuis 2000 au groupeitalien RCS MediaGroup et son PDG est depuis cette date Teresa Cremisi.


L’écrivain national, Serge Joncour

Ecrit par Laurence Biava , le Mercredi, 27 Août 2014. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

L’écrivain national, août 2014, 386 pages, 21 € . Ecrivain(s): Serge Joncour Edition: Flammarion

 

De l’invention de nos vies

C’est un roman époustouflant, très tenu, incontestablement maîtrisé de bout en bout. On a la vague impression qu’il est à lire au premier degré. En tout cas, il mêle tous les genres, c’est sans doute la raison pour laquelle il ne s’essouffle jamais : en instillant une sorte d’intrigue, il se fait d’abord roman à suspense – il comporte quelques moments angoissants ! –, puis roman d’amour. Est-il auto-fictif ? (a priori ?), il raconte l’histoire d’un écrivain qui sort de son cadre et c’est assez fascinant de voir à quel point cet écrivain est tenté par autre chose que l’écriture proprement dite !

Le jour où il arrive en résidence d’écriture pour un mois dans une petite ville du centre de la France (le Morvan), Serge – c’est le nom du narrateur – découvre dans la gazette locale qu’un certain Commodore, vétéran du Vietnam et maraîcher à la retraite, filou, trafiquant, que l’on dit richissime, a disparu sans laisser de traces, au moment où il avait donné son accord à des industriels pour la construction d’une usine à bois (détail important). Les soupçons – plus que des soupçons d’ailleurs – se portent sur deux jeunes néo-ruraux venus d’Europe de l’Est, Aurélik et Dora, locataires du Commodore, chez qui on retrouve des sommes improbables.

Une année qui commence bien, Dominique Noguez

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 19 Juin 2014. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Une année qui commence bien, 2013, 383 pages, 20 € . Ecrivain(s): Dominique Noguez Edition: Flammarion

 

Parler de soi. C’est-à-dire parler d’un amour impossible. Amour construit non « par des réalités » mais « par des manques ». Non par « des plaisirs » mais par « des désirs ». Restituer les grandes et farouches et douloureuses lueurs d’un amour déçu, vécu dans l’absence de partage, dans l’idéalisation, dans l’espoir sans cesse recommencé, qui finit par se confondre avec les minutes, avec la façon qu’elles ont de passer, au travers de soi, arrachant des bouts de rien, des bouts de rêves, des bouts de tout.

Espoir que tout change et que la clairière brûlée (étendue intérieure, mais qui finit par épouser de ses contours sans contours l’ensemble du visible, de ce en quoi l’on est amené à vivre) à laquelle nous soumet l’autre idéalisé et aimé laisse place à une douce brume d’abandon de soi, de véritable vie à deux, fût-elle le fait d’un seul instant.

Les dernières nouvelles du martin-pêcheur, Bernard Chambaz

Ecrit par Zone Critique , le Vendredi, 13 Juin 2014. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les dernières nouvelles du martin-pêcheur, janvier 2014, 19 € . Ecrivain(s): Bernard Chambaz Edition: Flammarion

 

La cause littéraire vous présente aujourd'hui un nouvel article de son partenaire Zone Critique

 

Eté 2011, Bernard Chambaz enfourche son vélo pour traverser les Etats-Unis d’Est en Ouest. Un voyage raconté à l’aide de sa mémoire dans son dernier livre : « je suis parti avec l’idée que la traversée n’avait un sens réel que si j’en faisais ce livre ». 5000 km retracés dans Les dernières nouvelles du martin-pêcheur. Un oiseau plus que symbolique pour l’écrivain… Rencontre.

15 Janvier 2014

L’oiseau, cet « être joyeux » avec lequel Bernard Chambaz avoue avoir un « lien fort ». Le martin-pêcheur qui renvoie inévitablement au prénom de son fils Martin, disparu il y a plus de 20 ans, laissant le couple « orphanos ». Orphanos, ceux qui ont perdu un enfant. Une traversée où l’écrivain se souvient de son fils, tantôt respirant dans l’herbe le sourire bagué, tantôt en train de pédaler comme lui. Le vélo appelé « kingfisher » dans le roman, c’est « sa drogue douce » avoue l’écrivain : « cela produit des endorphines qui tendent à rendre heureux ». Une transcendance qui l’aide à rejoindre Martin.

Retour à Reims, Didier Eribon

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 28 Mai 2014. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Récits

Retour à Reims, 248 pages, 8,20 € . Ecrivain(s): Didier Eribon Edition: Flammarion

 

Venger sa race


Le libraire de mon quartier avait rangé l’ouvrage de Didier Eribon dans son rayon « littérature », tout en m’avouant qu’il avait hésité à le faire, comprenant que Retour à Reims n’était pas une banale autobiographie relatant le parcours depuis l’enfance de son auteur. Il s’agit bien plutôt d’inscrire son destin (la « prédestination » sociale et sexuelle) dans un ensemble de réflexions sociologiques (le dernier mot du texte prononcé par Eribon lui-même n’est-il pas justement « sociologie » à l’adresse de sa mère) et théoriques. Le terme peut-être le plus approprié pour définir ce livre serait une auto-analyse fondée à la fois sur l’histoire familiale et ses miroirs exégétiques. Eribon d’ailleurs cite abondamment des textes qui nourrissent sa trajectoire personnelle, la façonnent intellectuellement, l’éclairent : Bourdieu, Foucauld, Sartre ou Dumézil par exemple.

Nageur de rivière, Jim Harrison

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 17 Mai 2014. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Nageur de rivière, traduit de l’américain par Brice Matthieussent, mars 2014, 257 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Jim Harrison Edition: Flammarion

 

 

Le sacre de la nature

Le nouveau récit du maestro est composé de deux textes, Au pays du sans-pareil et Nageur de rivière. Ce dernier donnera le titre à l’ouvrage. Dans les deux récits, Jim Harrison met en scène deux hommes à des âges différents de la vie. Clive, qui a la soixantaine, est décrit comme un critique, expert en peinture, conférencier et professeur. Clive a arrêté de peindre et l’auteur le considère comme un artiste raté en proie aux malheurs et à l’incompréhension de son temps :

« A soixante ans, il vivait en célibataire depuis vingt ans, mais son divorce était toujours la rupture la plus douloureuse de son existence. Il avait ensuite perdu le feu sacré, du moins le crut-il alors, et il renonça à peindre pour devenir professeur d’histoire de l’art, courtier, expert, homme à tout faire du monde de la culture. En fait, il avait laissé le temps brouiller les cartes… »