Identification

Flammarion

Le groupe Flammarion est le quatrième groupe d'édition français et comprend plusieurs maisons d'édition dont celle qui a donné son nom au groupe, fondée en 1876. Le groupe comprend également des entreprises de distributionvente et impression.

Il appartient depuis 2000 au groupeitalien RCS MediaGroup et son PDG est depuis cette date Teresa Cremisi.


Que faire des cons ? Pour ne pas en rester un soi-même, Maxime Rovere (par Didier Bazy)

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 01 Avril 2019. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Que faire des cons ? Pour ne pas en rester un soi-même, janvier 2019, 200 pages, 12 € . Ecrivain(s): Maxime Rovere Edition: Flammarion

 

Le sujet est si universel que l’aborder oblige à s’impliquer. Maxime Rovere prend la question avec les faits. Chacun est le con de quelqu’un – a minima. Faut faire avec. Mais comment s’en sortir sans juger ? Le philosophe sonde les rapports pas les personnes. Le philosophe marche dans les pas des géants. Spinoza-Nietzsche-Deleuze. Une trinité très concrète.

Maxime Rovere, authentique Guéroult-Goldschmidt de Spinoza, après nous avoir éblouis avec Le Clan Spinoza et transmis un Spinoza en situation, porte ici notre attention sur la connerie.

On est attiré par le sous-titre en italiques. Un bréviaire, un manuel de casuiste, pour m’éviter d’être trop con, de passer un tout petit peu moins pour un gros con ou un petit con. Une nécessité vitale : aurais-je des chances – après avoir goûté la thériaque roverienne – d’aller mieux ? C’est pas gagné. C’est pas la faute au philosophe mais bien plutôt au critique crasse qui s’auto-victimise connement.

Un loup pour l’homme, Brigitte Giraud (par Didier Bazy)

Ecrit par Didier Bazy , le Vendredi, 29 Mars 2019. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Un loup pour l’homme, 250 pages, 19 € . Ecrivain(s): Brigitte Giraud Edition: Flammarion

 

Un livre d’une vie. C’est l’auteure qui le dit. On la croit. Parce qu’il n’y a pas de raison de croire le contraire. On espère quand même que Brigitte Giraud a d’autres vies. Y a pas de raison qu’il n’y ait pas d’autres livres. Des livres à venir. Car il n’y a que deux sortes de grands livres. Les livres à venir et les livres à relire. Le reste, massif, ne relève-t-il pas de l’éphémère écume du présent ?

Guerre d’Algérie. « La » guerre d’Algérie… Du dedans. Un certain dedans. Y a eu quand même Tombeau pour cinq cent mille soldats, et Eden, Eden, Eden, de Pierre Guyotat, triple paradis interdit de 1970 à 1981, triplement préfacé par Sollers le très connu, Barthes le non moins connu et Leiris – à connaître.

Y a quand même eu aussi La Question de Alleg chez Minuit. C’est dire que l’art est parfois « dans le coup ». Et souvent en avance. Mais bon. Tout le monde ne suit pas. Chacun ses petits soucis.

Econome et efficace, Brigitte Giraud touche. C’est là sa marque de fabrique. Discrète, à la juste conjonction de Calaferte et de Despentes, la parcimonieuse des mots génère – lapalissade ou truisme – a minima – un débordement de sens.

Le bon moment, La science du parfait timing, Daniel Pink (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Mercredi, 13 Mars 2019. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Le bon moment, La science du parfait timing, janvier 2019, 320 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Daniel Pink Edition: Flammarion

 

Penseur hors normes, plume avisée autant dans ce qui nous motive que dans nos sciences vécues socialement, l’auteur s’intéresse, et nous fait participer, avec brio, à la science du « parfait timing ».

L’ouvrage, progressif, nous fait choisir, presque par la pratique et l’exemple, le moment opportun pour la prise de décision, démontrant que l’emploi du temps idéal pour agir est décisif ; avec une origine précise, pour une cause identique avec la même intention, le résultat diffère en fonction du timing.

L’ouvrage se veut, par la démonstration, « boîte à outils » du temps, comme par exemple « faire du sport le matin, booster l’humeur, instaurer une routine sportive, gagner en masse musculaire ».

Les clichés sont régulièrement démontés dans cet essai où « la pause-vigilance peut nous aider à nous défaire de l’emprise du coup de mou de l’après-midi », où les « micro-éruptions d’activités » s’avèrent efficaces plutôt que suggérées négativement.

Le livre est clairsemé de graphiques ayant force de démonstration à séquencer la journée en fonction de l’activité.

Trois Filles d’Eve, Elif Shafak (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mardi, 19 Février 2019. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman

Trois Filles d’Eve, janvier 2018, trad. anglais Dominique Goy-Blanquet, 480 pages, 22 € . Ecrivain(s): Elif Shafak Edition: Flammarion

Trois femmes, trois notions de Dieu

Le roman est divisé en quatre parties, chacune comportant plusieurs chapitres titrés. Péri est le centre de cette dense fiction. C’est une jeune femme turque qui a grandi dans une famille istanbuliote où Dieu est un sujet de permanents affrontements entre le père Mensur et la mère Selma. Le papa est sceptique vis-à-vis de la religion, alors que la mère est une musulmane qui prend la religion pour refuge. Leurs disputes fomentées par la religion influencent l’éducation de Péri qui choisit d’étudier Dieu à Oxford dans les années 2000.

À Oxford, elle s’inscrit aux séminaires du professeur Azur qui enseigne sur Dieu. Controversé, celui-ci divise la communauté universitaire à cause de ses comportements et sa pédagogie. Grace à ses séminaires, Péri creuse la question de Dieu qui l’intrigue depuis l’enfance et approche davantage ses convictions et ses contradictions. L’étudiante turque tient un journal de Dieu où elle transcrit ses pensées sur la divinité et la religion. A l’université, elle noue une amitié avec Shirin, une Iranienne, et Mona, une égypto-américaine, venues elles aussi d’ailleurs pour étudier la notion de Dieu. Chacune représente une définition de Dieu : « Trois jeunes musulmanes à Oxford. La pécheresse (Shirin), la Croyante (Mona), et la Déboussolée (Péri) », p.398.

Sérotonine, Michel Houellebecq (par Jean-Paul Gavard-Perret)

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Lundi, 28 Janvier 2019. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Sérotonine, janvier 2019, 352 pages, 22 € . Ecrivain(s): Michel Houellebecq Edition: Flammarion

 

Gilets jaunes, gilets verts

Qui connaît l’œuvre de Michel Houellebecq ne sera pas étonné par son nouveau roman en droite ligne de ses « domaines de la lutte ». L’auteur annonçait il y a près de deux ans qu’il renonçait au roman et à la critique politique et sociale au profit de l’amour, enfin d’en toucher le fond ou l’essentiel. Voire…

Certes, de l’amour il est bien question : c’est même la clé du livre. Mais il est recouvert de substrats. Pour les montrer, l’auteur fait preuve de toute sa verve et son autodérision. Poreux à son époque, il anticipait là (car le livre fut écrit avant) l’épisode des gilets jaunes de France par la jacquerie de ses gilets verts normands qui partent en guerre contre le consumérisme d’un capitalisme effréné. Le tout dans une sauce où, et volontairement, rien n’est épargné aux lecteurs surtout lorsqu’il s’agit de la choquer par une sexualité non tempérée via et par exemple la pédophilie ou la zoophilie dont son ingénieur agronome dépressif est la victime.