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Flammarion

Le groupe Flammarion est le quatrième groupe d'édition français et comprend plusieurs maisons d'édition dont celle qui a donné son nom au groupe, fondée en 1876. Le groupe comprend également des entreprises de distributionvente et impression.

Il appartient depuis 2000 au groupeitalien RCS MediaGroup et son PDG est depuis cette date Teresa Cremisi.


Le vieil orphelin, Serge Moati

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Jeudi, 17 Avril 2014. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Récits

Le vieil orphelin, octobre 2013, 414 pages, 21 € . Ecrivain(s): Serge Moati Edition: Flammarion

 

Le vieil orphelin de Serge Moati paru en octobre 2013 aux éditions Flammarion se présente comme un récit autobiographique. C’est cela et c’est bien plus que cela, car parfois il invente, se scrute, il regarde sa vie en surplomb avec une certaine tendresse et un humour certain. L’auteur nous présente des faits mais il ne cherche pas la neutralité.

L’affect, l’émotion, dominent dans une écriture à fleur de peau, à fleur de sensibilité. Jamais il n’est dupe de ses illusions. L’histrion s’efface ici devant l’homme blessé. Il quitte l’habit du personnage pour nous dévoiler une personne. Il se livre sans concessions, se démasque avec une grande lucidité derrière le rire qui sans cesse atténue son propos. Alors plongeons dans le bain : « J’ai soixante-sept ans. Et j’ai onze ans. On a toujours l’âge de son deuil. L’inconscient ne vieillit pas. C’est déjà ça. Mais c’est angoissant ».

Entrons dans un appartement cossu du sixième arrondissement. Nous sommes dans le salon et nous découvrons deux personnages installés dans un profond et confortable canapé propice à la confidence.

Le silence des rails, Franck Balandier

Ecrit par Victoire NGuyen , le Lundi, 14 Avril 2014. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le silence des rails, février 2014, 212 pages, 12 € . Ecrivain(s): Franck Balandier Edition: Flammarion

Là-bas, au camp de Struthof

Le roman de Franck Balandier relate la terrifiante histoire de vie d’un homme, Etienne Lotaal, qui est déporté dans le camp de concentration et d’extermination de Struthof en Alsace. Son tort ? Il était homosexuel vivant à Paris sous l’Occupation. Pour ce fait, il a d’abord été en transit dans la prison de Fresnes avant d’être mis dans un train à bestiaux pour l’ultime destination : « Le 22 juillet 1942, c’est à mon tour de partir ». Il est inutile de s’attarder sur le voyage vers la mort : la page 39 donne une description qui se passe de tout commentaire. De plus, l’hommage à Primo Levi est perceptible à travers les mots choisis dont le dessein est de mettre en évidence la rencontre avec l’autre, soldats de l’autre camp, kapos ou chiens Cerbère et l’hébétude des déportés :

« Le hurlement des soldats dehors. Le bruit des portes que l’on tire. Des sifflets. L’aboiement des chiens. Et puis le voyage qui reprend. Le cri des rails. On dirait qu’ils pleurent. A cause de nous, peut-être.

Quand on ouvre enfin les portes, c’est l’été. Tout le vert des arbres et toute la lumière. Comme un éclair. Quand on ouvre les portes. Je crois même que les oiseaux. Je crois même que. Je crois ».

Le Mystère Fulcanelli, Henri Lœvenbruck

Ecrit par Stéphane Chemin , le Mardi, 18 Février 2014. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Mystère Fulcanelli, octobre 2013, 450 pages, 21 € . Ecrivain(s): Henri Lœvenbruck Edition: Flammarion

Livre après livre, le romancier Henri Lœvenbruck sait comment tirer les fils d’une bonne histoire. Immédiatement, ceux qui savent et apprécient les délires d’intrigues du biker le plus cool de la littérature frenchie, pensent Rasoir d’Ockham, Les Cathédrales du vide, L’Apothicaire. Pas du roman de garage tout ça ! Pour les novices, prenez un bol d’Histoire, mettez-y une pincée d’humour, une bonne louche de gros œuvre, adjoignez-y une solide documentation, secouez le tout, saupoudrez d’imagination, décorez d’un zeste de mystère et servez sur tranches bien chaud…

Ce coup-ci, les marrons étaient chauds depuis plus d’un siècle ! Bon, pour les brêles en ésotérisme, Le Mystère Fulcanelli est aussi connu du bon peuple que la somme exacte des bâtonnets dans Rain Man. Ça n’empêche pas de s’intéresser, et même les billes en « fulcanellisme » avancé peuvent apprécier ce livre qu’Henri Lœvenbruck a mis plusieurs années à écrire. Fulcanelli, c’est l’arlésienne. Au 20e siècle, de nombreux chercheurs, des passionnés, des érudits, des exégètes se sont cassé et les dents et le cabochon à vouloir découvrir la véritable identité de ce mystérieux alchimiste du 19e siècle. La faute à un homme : son assistant, son apprenti, son « padawan », l’homme par qui le mystérieux monsieur F. prend corps (et plume) sur le papier : Eugène Canseliet.

La garçonnière, Hélène Grémillon

Ecrit par Alexis Brunet , le Mercredi, 18 Décembre 2013. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La garçonnière, septembre 2013, 354 pages, 20 € . Ecrivain(s): Hélène Grémillon Edition: Flammarion

 

Une scène d’ouverture accrocheuse, où un médecin est accusé du meurtre de sa femme par quelques policiers véreux, puis une série de pages où la suite des évènements tarde à venir. Pour autant, il ne faudrait en rester là.

Hélène Grémillon plante lentement le décor, les personnages, et divulgue peu à peu l’intrigue. Argentine, Buenos-Aires. Les années suivant la dictature militaire menée par le général Videla durant les années 80, et qui a laissé de profondes séquelles. Faute de procès, anciens bourreaux en liberté ont repris leur petite vie, comme si de rien n’était, et se mêlent à leurs concitoyens, parmi lesquels d’anciennes victimes. Tel Miguel, pianiste de renom, effroyablement torturé par la junte militaire durant des jours, des semaines, comme il le révèle point par point à Vittorio, son psychanalyste, n’omettant pas de lui glisser que durant ces horreurs, bon nombre de psychanalystes étaient au service de l’armée.

Le charme des penseurs tristes, Frédéric Schiffter

Ecrit par Arnaud Genon , le Vendredi, 15 Novembre 2013. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Le charme des penseurs tristes, août 2013, 165 pages, 17 € . Ecrivain(s): Frédéric Schiffter Edition: Flammarion

 

Triste drille

Le bonheur, nous disent les philosophes antiques, est le souverain bien, le but ultime de nos actions. La joie, selon les uns, en est un degré inférieur ou, selon les autres, constitue une forme d’existence supérieure au bonheur. En conséquence de quoi, la mélancolie, qui s’y oppose, s’en trouve généralement dépréciée. Cependant, la mélancolie mène à l’art, elle est considérée pour beaucoup – pensons à Proust – comme « la mère des muses » et le mélancolique, qui se caractérise par « un ralentissement de son être », a le pouvoir de mettre la réalité à distance, ce que ne peut le joyeux « dont la conscience s’oublie dans le présent ». Si les livres des penseurs tristes n’offrent « aucune consolation ou espérance », exercent-ils tout au moins un pouvoir de séduction, un véritable charme capable d’aérer notre esprit « en en chassant le Sérieux ». Car contrairement à ce que nous fait croire la doxa, « les penseurs tristes […] ne sont pas pour autant des penseurs de la tristesse [et] nous rendent le sourire ». Et c’est sur dix d’entre eux que Frédéric Schiffter se penche dans le présent essai, de Socrate à Roland Jaccard, figures qui « forment une aristocratie transhistorique de l’ennui – montrant par là l’éternité de la maladie du temps ».