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Flammarion

Le groupe Flammarion est le quatrième groupe d'édition français et comprend plusieurs maisons d'édition dont celle qui a donné son nom au groupe, fondée en 1876. Le groupe comprend également des entreprises de distributionvente et impression.

Il appartient depuis 2000 au groupeitalien RCS MediaGroup et son PDG est depuis cette date Teresa Cremisi.


Péchés Capitaux, Jim Harrison

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 02 Novembre 2015. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Péchés Capitaux, septembre 2015, trad. de l’anglais (USA) par Brice Matthieussent, 350 pages, 21 € . Ecrivain(s): Jim Harrison Edition: Flammarion

 

Depuis 1971, l’œuvre de Jim Harrison (1937) s’étoffe environ tous les deux ans d’un nouvel ouvrage, et, force est de l’admettre, après en avoir lu sept ou huit, dont les inévitables Sorcier, Dalva, La Route du Retour ou encore Légendes d’Automne, on peut avoir l’impression d’avoir eu un bon aperçu de son œuvre et se dire qu’on va passer à autre chose. A vrai dire, depuis la parution des Aventures d’un Gourmand Vagabond et, l’année suivante, d’une autobiographie, on avait un peu l’impression que Harrison lui-même avait fait le tour de la question et qu’on était trop paresseux pour aller y voir… Puis, à force de néanmoins lire environ tous les deux ans dans la presse spécialisée que le dernier Harrison est un excellent roman, on se dit qu’on va craquer et s’en lire un. Autant le préciser de suite : il m’est impossible de comparer avec un quelconque de ses romans publiés durant les années 2000, mais j’ai l’impression que Péchés Capitaux est 1° un tout grand roman même aux normes de Harrison ; 2° une fameuse cure de jouvence par rapport à ses thématiques habituelles ; 3° un roman-somme ludique. En somme, une perle rare.

Juste avant l’oubli, Alice Zeniter

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Jeudi, 17 Septembre 2015. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Juste avant l’oubli, août 2015, 304 pages, 19 € . Ecrivain(s): Alice Zeniter Edition: Flammarion

 

Franck aime Emilie, il voudrait fonder une famille avec elle. Mais Emilie n’a qu’une idée en tête, quitter l’enseignement, reprendre une thèse sur un de ses auteurs fétiches. La vie de Franck va basculer le jour où il demande à Emilie de lui faire un enfant et qu’elle dit vouloir faire une thèse.

Contrairement à ses potes, Franck n’est pas un « loup des steppes indomptables ». C’est plutôt un genre de garçon ultra-sensible, à l’écoute de l’autre, et d’une grande émotivité. Cette sensibilité extrême est un paradoxe pour quelqu’un qui travaille comme infirmier et est confronté à longueur de journée à la souffrance des autres. Mais c’est aussi ce qui fait de lui un être très attachant. Car on s’attache à ce personnage fragile et tendre, finalement personnage central du livre dans la mesure où c’est son évolution qu’on suit à travers la destruction de son couple.

En toile de fond, le personnage dominant du livre : l’auteur dont Emilie a fait l’objet de sa thèse et qui la fascine littéralement comme il a passionné de très nombreux lecteurs, au point que les universitaires lui consacrent chaque année un colloque sur l’île où il avait élu domicile quelques années avant sa mort. Donnell s’y serait suicidé, laissant un dernier roman inachevé. Cet élément en lui-même ayant contribué à le rendre un peu plus mystérieux et intéressant sans doute.

Un amour impossible, Christine Angot

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Lundi, 07 Septembre 2015. , dans Flammarion, Les Livres, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Un amour impossible, août 2015, 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Christine Angot Edition: Flammarion

 

Christine Angot livre ici un roman très construit et parfaitement abouti, où la folie trouve son contrepoint dans l’explication rationnelle. La diégèse s’étend de façon linéaire sur deux générations, celle de la mère, Rachel, juive, qui vit, travaille et tombe amoureuse à Châteauroux, celle de la fille, Christine, « née de père inconnu », qui naît à Châteauroux, emménage à Reims, puis à Paris. La mère et la fille se répondent l’une à l’autre, leur histoire étant ponctuée régulièrement par les lettres du père, Pierre, et ses rares apparitions, pendant les vacances.

On trouve dans ce roman un grand nombre d’ingrédients qui font le succès d’un roman populaire, au bon sens du terme. D’abord, le travail, contrainte importante et vitale, pour la femme et pour l’homme – elle, modeste employée de la Sécurité sociale, prenant peu à peu des responsabilités grâce à son sérieux et à sa ténacité, lui trouvant un poste intéressant à Strasbourg, au service traduction du Conseil de l’Europe – ; d’emblée le tableau est planté, la différence de « monde » social, qui va jouer un rôle décisif tout au long du roman.

Tacite, Pascal Boulanger

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Jeudi, 30 Avril 2015. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Tacite, Pascal Boulanger, Flammarion, 2001, 109 pages . Ecrivain(s): Pascal Boulanger Edition: Flammarion

 

Comment rendre par la poésie ce réel le plus désabusé de nos contemporains sur notre époque ? Comment dire ses obsessions, ses faux-semblants dans lesquels nous vivons, feignant d’avancer alors que nous nous enferrons de plus en plus dans le nihilisme ?

En réalité, pour Pascal Boulanger, la poésie est ce lieu où se réfléchit l’histoire mais une histoire toujours en devenir, jamais certaine, jamais fixée, et ce serait plutôt dans un refus obstiné du nihilisme contemporain que l’écriture de Pascal Boulanger, portant un regard d’une extrême lucidité, cherche avant tout à célébrer l’humain pour peut-être tenter de le sauver. C’est une poésie du réel ancrée au cœur de l’émotion et non l’inverse, une émotion, celle du poète, à dire toujours et sans ménagement la difficile ascension de l’homme, sa difficulté à sortir de son état d’être rampant dans le verger. Derrière les défaites toujours plus nombreuses de la pensée et de l’action, où en sommes-nous dans la fraternité et la terreur toujours complices ? Paroles intemporelles et qui résonnent très fort dans notre actualité ! Ce texte écrit en 2001 réactive et prolonge, dès les premiers vers, la vulnérabilité de ce monde plongé dans l’angoisse, tentant de se donner tous les courages, espérant encore une lumière quelque part :

Paradis éphémères. À travers l’Orient, Donald Richie

Ecrit par Lionel Bedin , le Mercredi, 25 Mars 2015. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Récits

Paradis éphémères. À travers l’Orient, janvier 2015, traduit de l’anglais (USA) par Anne-Sylvie Homassel, 195 pages, 21 € . Ecrivain(s): Donald Richie Edition: Flammarion

 

Donald Richie nous avait déjà bien intéressé, il y a quelques années, dans Les honorables visiteurs (Éd. du Rocher, 2001), récit dans lequel il évoquait les relations entre Japon et Occident à travers les portraits de ses honorables visiteurs comme Pierre Loti, Charlie Chaplin, Jean Cocteau ou William Faulkner. Cette fois c’est lui-même qu’il met en scène et à lui-même qu’il se confronte à l’occasion de quelques pérégrinations au cours des années 2000 dans un Orient que le voyageur d’aujourd’hui et de demain pourrait bien ne plus rencontrer.

Les paradis fragiles ou éphémères que décrit Donal Richie sont peut-être en voie de disparition. Si Donald Richie aime voyager c’est parce qu’il préfère la différence. C’est aussi parce qu’en voyage nous abandonnons une personnalité que la familiarité nous rendait rance – nous-même. Et parce que le voyage est une incessante surprise et qu’il procure une excitation qui vous met dans l’état de comprendre à tout moment quelque chose dont nous ne sommes, chez nous, capables de faire l’expérience qu’une fois par mois. Mais ça n’est pas gagné pour autant, souvent le visiteur voit ce qu’il s’attend à voir. Donald Richie, en voyageur averti, est parti voir, écouter, sentir, ressentir.