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Flammarion

Le groupe Flammarion est le quatrième groupe d'édition français et comprend plusieurs maisons d'édition dont celle qui a donné son nom au groupe, fondée en 1876. Le groupe comprend également des entreprises de distributionvente et impression.

Il appartient depuis 2000 au groupeitalien RCS MediaGroup et son PDG est depuis cette date Teresa Cremisi.


Le charme des penseurs tristes, Frédéric Schiffter

Ecrit par Arnaud Genon , le Vendredi, 15 Novembre 2013. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Le charme des penseurs tristes, août 2013, 165 pages, 17 € . Ecrivain(s): Frédéric Schiffter Edition: Flammarion

 

Triste drille

Le bonheur, nous disent les philosophes antiques, est le souverain bien, le but ultime de nos actions. La joie, selon les uns, en est un degré inférieur ou, selon les autres, constitue une forme d’existence supérieure au bonheur. En conséquence de quoi, la mélancolie, qui s’y oppose, s’en trouve généralement dépréciée. Cependant, la mélancolie mène à l’art, elle est considérée pour beaucoup – pensons à Proust – comme « la mère des muses » et le mélancolique, qui se caractérise par « un ralentissement de son être », a le pouvoir de mettre la réalité à distance, ce que ne peut le joyeux « dont la conscience s’oublie dans le présent ». Si les livres des penseurs tristes n’offrent « aucune consolation ou espérance », exercent-ils tout au moins un pouvoir de séduction, un véritable charme capable d’aérer notre esprit « en en chassant le Sérieux ». Car contrairement à ce que nous fait croire la doxa, « les penseurs tristes […] ne sont pas pour autant des penseurs de la tristesse [et] nous rendent le sourire ». Et c’est sur dix d’entre eux que Frédéric Schiffter se penche dans le présent essai, de Socrate à Roland Jaccard, figures qui « forment une aristocratie transhistorique de l’ennui – montrant par là l’éternité de la maladie du temps ».

Le dernier été d’un jeune homme, Salim Bachi

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 01 Octobre 2013. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Roman, Maghreb

Le dernier été d’un jeune homme, 25 septembre 2013, 270 pages, 18 € . Ecrivain(s): Salim Bachi Edition: Flammarion

 

 

En cette année du centenaire de la naissance de l’illustre écrivain, Salim Bachi offre un deuxième regard algérien sur Camus avec Le dernier été d’un jeune homme. Un hommage moins critique que celui rendu par Salah Guemriche dans Aujourd’hui Meursault est mort, mais qui n’a rien des célébrations monolithiques habituelles. C’est en outre un roman à part entière même s’il s’appuie sur l’œuvre de Camus publiée dans la Pléiade*, sur ses correspondances et ses notes prises au cours de son voyage vers l’Amérique du Sud, et sur les biographies d’Olivier Todd et de Michel Onfray. Pour tenter de comprendre le « personnage énigmatique » de l’écrivain et son œuvre, Salim Bachi s’intéresse surtout à la psychologie de l’homme marqué par son enfance algérienne, à son environnement familial, aux événements qui ont forgé son âme adolescente, aux livres qui ont enflammé son imaginaire… Et, très habilement, il lui confie le « je » de la narration, procédé romanesque idéal pour donner à ses propos des accents de sincérité convaincants.

Le cas Eduard Einstein, Laurent Seksik

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 01 Octobre 2013. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le cas Eduard Einstein, septembre 2013, 294 pages, 19 € . Ecrivain(s): Laurent Seksik Edition: Flammarion

 

Laurent Seksik connaît bien Albert Einstein, le père d’Eduard, dont il a rédigé une biographie, et les fils et les pères sont souvent son affaire, comme en atteste La légende des fils, un de ses – beaux – et précédents romans. Médecin, la notion de « cas » fait évidemment partie de son univers. Mais, est-ce vraiment cela qui explique la réussite de ce roman-ci ? Fallait-il seulement l’expertise biographique et scientifique pour – à ce point – emporter le lecteur dans la noria à la fois sobre et dense des émotions qu’on garde une fois le livre refermé…

Voyage terrible que celui qu’on commence, accompagnant une mère, abandonnée de son mari, « déposant » au fond d’un asile de Zurich un fils psychotique, probablement schizophrène : Eduard (« ses grands yeux clairs toujours perdus dans le vide »), le cadet d’Albert Einstein et de Mileva. On est en 1930 ; il n’en sortira plus : « Jusqu’alors, elle n’avait pas pleuré. Elle n’était pas encline à la tristesse. Seule, la peur occupait ses pensées, une frayeur immense, une terreur de mère ».

La longue attente de l’ange, Melania G. Mazzucco (2ème critique)

Ecrit par Anne Morin , le Mercredi, 18 Septembre 2013. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Italie

La longue attente de l’ange, traduit de l’italien par Dominique Vittoz, 4 septembre 2013, 446 pages, 22 € . Ecrivain(s): Melania G. Mazzucco Edition: Flammarion

 

La lutte de Jacob – Jacomo est le prénom du Tintoret –… si ce tableau ne figure pas au nombre des toiles peintes par le Tintoret à la Scuola Grande San Rocco, sans doute est-ce celle qu’il crée, pas à pas, dans l’œuvre de Melania Mazzucco, La longue attente de l’ange.

L’ange… sa fille, Marietta née de ses amours avec Cornélia, une prostituée allemande, qui viendra le chercher dans une ultime vision, non dans un ciel d’Ascension mais dans une plongée dans l’eau saline, sournoise et omniprésente à Venise :

« Madame Marietta disait que Venise est une ville sans racines, dangereuse et secrète, car personne ne peut voir ni connaître sa partie la plus importante, ce qui la soutient, ses fondations en somme, qui sont englouties et cachées comme nos pensées les plus troubles et nos désirs inavouables » (p.221).

Marietta, à la fois trop présente et désincarnée. N’est-elle pas l’Etincelle du peintre, celle qui aussi bien, également, peut faire jaillir le feu et son idée, l’imagination et l’image ? Même après s’être résolu à la marier, le Tintoret la veut près d’elle, aussi installe-t-il le jeune couple dans un appartement situé au-dessus du sien, la réplique du sien :

La longue attente de l’ange, Melania G. Mazzucco

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 07 Septembre 2013. , dans Flammarion, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Italie

La longue attente de l’ange, traduit de l’Italien par Dominique Vittoz, 4 septembre 2013, 445 pages, 22 € . Ecrivain(s): Melania G. Mazzucco Edition: Flammarion

 

Le roman du Tintoret


Publié en 2008 en Italie sous le titre La Lunga Attesa dell’ Angelo, ce roman est pour la première fois traduit en français par Dominique Vittoz et publié chez Flammarion.

Il s’agit d’un récit de la vie du peintre célèbre Jacopo Robusi, dit Le Tintoret, qui a vécu à Venise de 1518 à 1594. Il est considéré comme l’un des Maîtres de la peinture italienne de la Renaissance. Les critiques et historiens d’art l’associent au courant maniériste de l’école vénitienne.

Le roman commence vers la fin de vie du peintre. Âgé, celui-ci est sur son lit de mort. Il est en proie à la fièvre depuis quinze jours. La structure du roman suit la progression de la maladie menant le Maître inexorablement vers la mort.