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Flammarion

Le groupe Flammarion est le quatrième groupe d'édition français et comprend plusieurs maisons d'édition dont celle qui a donné son nom au groupe, fondée en 1876. Le groupe comprend également des entreprises de distributionvente et impression.

Il appartient depuis 2000 au groupeitalien RCS MediaGroup et son PDG est depuis cette date Teresa Cremisi.


Lettre à un enfant à naître, Haïm Cohen (par Sandrine Ferron-Veillard)

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Vendredi, 31 Mai 2019. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Lettre à un enfant à naître, mars 2019, 160 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Haïm Cohen Edition: Flammarion

 

Ce qui rendrait l’homme si spécifique serait l’érotisation de l’acte sexuel. Et sa néoténie (bien que d’autres espèces partagent cette caractéristique). « Il est possible de déconnecter totalement la procréation de la sexualité ».

L’homme ?

Au commencement, il est une cellule née d’un désir, d’un amour, d’une pulsion, d’une rencontre, quelle qu’elle soit. Puis deux, puis quatre, puis huit puis seize. Des milliers de cellules. Ce sont 39 gènes dits « architectes », les mêmes pour toutes les espèces, qui ordonneront à des gènes dits « ouvriers » de construire, de modeler les tissus et les organes, de placer telle partie du corps en précisant la direction. 21000 gènes. Une cascade de réactions ciblées qui mèneront à toi, au terme de 287 jours. De la première cellule apparue sur terre à nous tous. Universalité et origine communes sont au cœur de la vie.

Un sacré gueuleton, Jim Harrison (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 14 Mai 2019. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Un sacré gueuleton, novembre 2018, trad. anglais (USA) Brice Matthieussent, 374 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Jim Harrison Edition: Flammarion

 

Jim Harrison est mort le 26 mars 2016, dans sa « résidence d’hiver », en Arizona. Il est rare que, deux ans et demi après son départ, un écrivain adresse à ses lecteurs un salut aussi plein de vie.

Pour diverses raisons, les livres de Jim Harrison se vendaient mieux en France que dans son pays natal. La postérité dira s’il n’y eut pas quelque malentendu dans cette réception (le chef-d’œuvre écrit en neuf jours qu’est Légendes d’automne est ce qu’il y a de moins « harrisonien » chez Jim Harrison). Mais il est indéniable que la France l’aimait et il le lui rendait bien. Son itinéraire gastronomique le conduisait de Paris à Collioure en passant par Lyon, Arles et le Morvan. Il ne faisait pas partie de ces Américains qui, en période de brouille diplomatique, achètent des flacons de vins français pour les vider à l’égout (imagine-t-on une manière de protester plus stupide ?). Certes, le vin français acheté par Jim Harrison au long des ans a également fini à l’égout, mais non sans un certain nombre d’étapes, de transformations – de sublimations.

Eros Capital, Les lois du marché amoureux, François de Smet (par Guy Donikian)

Ecrit par Guy Donikian , le Mardi, 14 Mai 2019. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Eros Capital, Les lois du marché amoureux, janvier 2019, 320 pages, 21 € . Ecrivain(s): François de Smet Edition: Flammarion

 

On se souvient tous des propos d’une vulgarité sans nom d’un certain Donald Trump dans une vidéo où il déclarait éhontément : « Grab’m by the Pussy ». C’était en 2005, les propos d’un futur président… Cette citation fait partie de celles qu’utilise François de Smet dans cet Eros Capital, dont l’objet n’est rien moins que de démonter les thèses romantiques des unions amoureuses quelles qu’elles soient et de démontrer des équivalences a priori surprenantes : le mariage romantique et la relation sexuelle rétribuée ont un dénominateur commun qui n’est autre qu’un échange économico-sexuel.

Chez l’épouse bourgeoise l’échange est implicite alors qu’il est clair chez la putain avec un billet de 50 euros. Quand Trump fait cette déclaration, il choque évidemment nos éthiques en même temps qu’il nous remémore des réalités étouffées par une morale qui n’aura fait qu’entériner des nécessités sociales et économiques.

Que faire des cons ? Pour ne pas en rester un soi-même, Maxime Rovere (par Didier Bazy)

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 01 Avril 2019. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Que faire des cons ? Pour ne pas en rester un soi-même, janvier 2019, 200 pages, 12 € . Ecrivain(s): Maxime Rovere Edition: Flammarion

 

Le sujet est si universel que l’aborder oblige à s’impliquer. Maxime Rovere prend la question avec les faits. Chacun est le con de quelqu’un – a minima. Faut faire avec. Mais comment s’en sortir sans juger ? Le philosophe sonde les rapports pas les personnes. Le philosophe marche dans les pas des géants. Spinoza-Nietzsche-Deleuze. Une trinité très concrète.

Maxime Rovere, authentique Guéroult-Goldschmidt de Spinoza, après nous avoir éblouis avec Le Clan Spinoza et transmis un Spinoza en situation, porte ici notre attention sur la connerie.

On est attiré par le sous-titre en italiques. Un bréviaire, un manuel de casuiste, pour m’éviter d’être trop con, de passer un tout petit peu moins pour un gros con ou un petit con. Une nécessité vitale : aurais-je des chances – après avoir goûté la thériaque roverienne – d’aller mieux ? C’est pas gagné. C’est pas la faute au philosophe mais bien plutôt au critique crasse qui s’auto-victimise connement.

Un loup pour l’homme, Brigitte Giraud (par Didier Bazy)

Ecrit par Didier Bazy , le Vendredi, 29 Mars 2019. , dans Flammarion, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Un loup pour l’homme, 250 pages, 19 € . Ecrivain(s): Brigitte Giraud Edition: Flammarion

 

Un livre d’une vie. C’est l’auteure qui le dit. On la croit. Parce qu’il n’y a pas de raison de croire le contraire. On espère quand même que Brigitte Giraud a d’autres vies. Y a pas de raison qu’il n’y ait pas d’autres livres. Des livres à venir. Car il n’y a que deux sortes de grands livres. Les livres à venir et les livres à relire. Le reste, massif, ne relève-t-il pas de l’éphémère écume du présent ?

Guerre d’Algérie. « La » guerre d’Algérie… Du dedans. Un certain dedans. Y a eu quand même Tombeau pour cinq cent mille soldats, et Eden, Eden, Eden, de Pierre Guyotat, triple paradis interdit de 1970 à 1981, triplement préfacé par Sollers le très connu, Barthes le non moins connu et Leiris – à connaître.

Y a quand même eu aussi La Question de Alleg chez Minuit. C’est dire que l’art est parfois « dans le coup ». Et souvent en avance. Mais bon. Tout le monde ne suit pas. Chacun ses petits soucis.

Econome et efficace, Brigitte Giraud touche. C’est là sa marque de fabrique. Discrète, à la juste conjonction de Calaferte et de Despentes, la parcimonieuse des mots génère – lapalissade ou truisme – a minima – un débordement de sens.