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Presses de la Cité

Les Presses de la Cité sont une maison d'édition française créée en 1944 par Sven Nielsen. Fils et petit-fils de libraires, venu à Paris en 1924, Sven Nielsen s'était spécialisé dans l'exportation de livres français à l'étranger avant de se lancer dans l'édition.

 

Réveiller les lions, Ayelet Gundar-Goshen

Ecrit par Anne Morin , le Mercredi, 29 Novembre 2017. , dans Presses de la Cité, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Israël

Réveiller les lions, septembre 2017, trad. hébreu Laurence Sendrowicz, 413 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Ayelet Gundar-Goshen Edition: Presses de la Cité

 

Lui, Ethan, est médecin, elle, Liath, est policière. Sirkitt est Erythréenne et n’aurait jamais dû entrer dans leur vie. Il suffit de ce que l’on appelle – très vite, pour ne plus y penser – un concours de circonstances, pour que le chemin de ces trois personnages dévie de son cours, prenne un autre sens.

Ethan, muté depuis peu à l’hôpital de Beer Sheva pour n’avoir pas voulu fermer les yeux sur la corruption de son maître et professeur de médecine, décide après une journée éreintante de lancer son 4X4 sur une piste en plein désert et en pleine nuit, une nuit de pleine lune. Et il percute quelque chose qui se révèle être un homme Noir. Après examen de l’accidenté, décidant qu’il ne peut plus rien pour lui, il laisse l’homme agonisant et prend la fuite.

Le lendemain, une Erythréenne sonne à sa porte, lui rapportant le portefeuille qu’il a laissé tomber près du mourant. S’ensuit une sorte de chantage : elle se taira, mais chaque nuit il devra soigner, dans un hôpital de fortune installé dans un hangar désaffecté en plein désert, les nombreux sans papiers arrivés par des canaux plus ou moins douteux et qui manquent du minimum de soins.

Le Marié de la Saint-Jean, Yves Viollier

Ecrit par Mélanie Talcott , le Mercredi, 14 Juin 2017. , dans Presses de la Cité, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Marié de la Saint-Jean, avril 2017, 304 pages, 19 € . Ecrivain(s): Yves Viollier Edition: Presses de la Cité

 

Il y a l’Histoire qui s’écrit avec une majuscule, faite de dates, de faits, de circonstances, de drames et de commémorations. Dans la mémoire collective, celle-ci s’inscrit comme une réalité passée qui ne peut se rejouer. On finit même par oublier cette Histoire, quand non l’interpréter comme il nous convient. Et puis, il y a l’autre, celle qui se raconte avec un h minuscule, l’histoire de l’histoire de l’histoire. Et celle-là, on ne l’oublie pas tant elle nous touche de par son universalité.

C’est à son récit croisé que s’attache Yves Viollier dans son dernier livre Le Marié de la Saint-Jean où il se révèle un excellent conteur, en nous plongeant dans l’intimité de deux familles et le contraste de deux cultures, l’une circonscrite à la Vendée et à des traditions que l’on aimerait pérennes et qui malheureusement ne le sont plus, l’autre ouverte sur l’Asie du Sud-Est et les conflits qui ont jeté sur les routes de l’exil, où la mort souvent les attendait, des milliers de personnes. Cette Histoire-là se répète au gré de notre impuissance et indifférence, preuves en sont tous les conflits actuels dont on ne retient souvent que les crispations médiatiques. Par contre, celle vécue réellement par Zhida et ses frères, outre l’émotion qu’elle suscite, nous renvoie à celle qui nous constitue chacun intimement.

Une nuit, Markovitch, Ayelet Gundar-Goshen

Ecrit par Anne Morin , le Jeudi, 02 Février 2017. , dans Presses de la Cité, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Israël

Une nuit, Markovitch, août 2016, trad. hébreu Ziva Avran, Arlette Pierrot, Laurence Sendrowicz, 476 pages, 23 € . Ecrivain(s): Ayelet Gundar-Goshen Edition: Presses de la Cité

 

Yaacov Markovitch, le transparent, celui qu’on ne voit pas, qu’on ne remarque pas, sur qui les regards glissent, n’a qu’un ami, Zeev Feinberg, son opposé : Si Yaacov est mince, fluet, insipide, pâle aux yeux pâles et se fond dans le paysage, Zeev est un colosse à moustache luxuriante, grand amateur de femmes :

« Yaacov Markovitch, pour vous servir !

(…) Bref, son intervention tomba comme un cheveu sur la soupe. Le lieutenant-commandant le toisa d’un regard identique à celui du médecin de campagne qui examine un prélèvement de selles, puis reprit le fil de sa conversation » (p.36).

Le premier est prêt à tout pour son seul ami, le seul qui l’ait remarqué et pour qui il donnerait sa vie. Après avoir été surpris par le mari de Rachel, boucher grand égorgeur de moutons, Feinberg et Yaacov qui a tenté de détourner l’attention du mari sont expédiés de toute urgence en Europe par le lieutenant-commandant ami de Feinberg. Nous sommes au temps de la montée du nazisme, des Juifs célibataires sont envoyés en Europe pour y épouser – en mariage blanc – et ramener en Palestine de jeunes femmes Juives européennes.

Quand nous étions heureux, Rebecca Coleman

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 06 Juin 2015. , dans Presses de la Cité, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Quand nous étions heureux, juin 2014, traduit de l’Américain par Mélanie Blanc-Jouveaux, 91 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Rebecca Coleman Edition: Presses de la Cité

 

La fin de l’innocence

Le titre en français Quand nous étions heureux est déjà suggestif puisqu’il évoque un temps révolu et donc forcément nostalgique. Cependant, l’essence du roman réside dans le titre en Anglais Heaven should fall. Le positionnement de deux termes antagonistes « Heaven » et « Fall » met en exergue la dimension morale et métaphysique du roman. Le ciel comme l’Espérance et le Salut sont ici confrontés à la Chute et donc à la Perdition. Le lecteur comprend alors qu’il n’y a probablement pas de rachat ni de rédemption possible pour les protagonistes de ce roman.

Quand nous étions heureux est un récit qui suit l’évolution du couple que Jill forme avec Cade. Tous deux fragilisés par des histoires familiales complexes et violentes se raccrochent l’un à l’autre. Jill vit son idylle avec Cade, un garçon qui rêve de devenir politicien. Mais la vie en décide autrement : Jill par insouciance ou par fatalisme, tombe enceinte et Cade est alors forcé de devenir père malgré lui. Cependant Rebecca Coleman ne s’intéresse pas vraiment à des romans de gare. En effet, elle oriente sa problématique vers un drame plus grave. Cade et Jill auraient pu s’en sortir s’ils n’avaient pas décidé de revenir vivre dans la ferme familiale du jeune homme.

Le bar du caïman noir, Denis Humbert

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 10 Juillet 2013. , dans Presses de la Cité, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Le bar du caïman noir, juin 2013, 280 pages, 19 € . Ecrivain(s): Denis Humbert Edition: Presses de la Cité

 

« Regina », voilà un bien beau nom pour un hameau sordide, perdu au bord du fleuve, quelque part en Guyane.

« Une église, une mairie-école et quelques cases créoles… », et l’épicerie Gomès devant laquelle des hommes venus des alentours se retrouvent chaque matin, boivent et échangent les nouvelles.

Plus loin, à l’écart de tout, le bar du Caïman noir, autre nœud de rencontres, louche, interlope celui-là, lieu de plaisirs tristes, où, le soir surtout, ça danse, ça se soûle, ça se bat parfois, où quelques amérindiennes en voie d’acculturation viennent monnayer leurs charmes, où se croisent orpailleurs clandestins, fonctionnaires métropolitains impatients d’être affectés ailleurs, aventuriers au passé trouble, épaves au passé occulte qui ont choisi d’échouer dans ce trou vaseux pour se faire oublier.

Voilà pour le décor, baignant dans la moiteur, la pluie, la boue et le mal être.