Identification

Sonatine

Les éditions Sonatine sont une maison d'édition française indépendante adossées au Cherche Midi fondées en 2008 par François Verdoux.


911, Shannon Burke

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 20 Août 2014. , dans Sonatine, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA, Roman

911 (Black Flies) traduit de l’anglais (USA) par Diniz Galhos, juin 2014, 208 pages, 16 € . Ecrivain(s): Shannon Burke Edition: Sonatine

 

« Nos voisins de Manhattan ont des boulots, ils votent, ils paient leurs impôts. Les gens qu’on a ici, c’est de la racaille. Des parasites. Et dès que quelqu’un essaie de les aider, ils se mettent à hurler, jamais un merci. Je leur souhaite tous de crever. Je leur souhaite tous de se prendre une putain de balle dans le foie et de crever de la mort la plus douloureuse qui soit. Mais s’ils souffrent, s’ils sont mes patients, je les soignerai mieux que Verdis. […] Ma façon de voir les choses, c’est que, pour préserver l’objectivité et la distance professionnelle qui s’imposent, le mieux pour un ambulancier, c’est de détester ses patients ».

Quand, au début des années 1990, le jeune Ollie Cross, recalé à l’examen d’entrée en fac de médecine, trouve un travail d’ambulancier et se trouve affecté à la station 18, sur la 136ème rue, au cœur de Harlem, il pénètre dans un monde effarant à plus d’un titre. D’une part parce que l’extrême pauvreté de ce ghetto en fait un lieu d’une violence extrême prompte à se retourner contre tout représentant d’une quelconque autorité officielle, secouristes compris. D’autre part parce que les ambulanciers expérimentés qui l’accueillent oscillent entre un recul frisant l’indifférence, à l’image de Rutkovsky, l’équipier d’Ollie, une agressivité et un racisme assumé comme LaFontaine, ou une empathie peut-être trop importante pour Verdis.

Nu dans le jardin d’Eden, Harry Crews

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 09 Décembre 2013. , dans Sonatine, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Nu dans le jardin d’Éden (Naked in Garden Hills, 1969), traduit de l’anglais (USA) par Patrick Raynal, novembre 2013, 236 pages, 19 € . Ecrivain(s): Harry Crews Edition: Sonatine

 

Livre devenu quasiment une légende urbaine, un mythe, tant, après qu’il a complètement cessé d’être édité aux États-Unis, il était devenu introuvable, Nu dans le jardin d’Éden (Naked in Garden Hills) débarque en France grâce à Patrick Raynal – qui avait édité Harry Crews en France à la Série Noire – et aux éditions Sonatine.

Nu dans le jardin d’Éden est seulement son deuxième roman, en date de 1969, mais il y a déjà dedans tout ce qui fait la singularité de Harry Crews : des personnages de freaks (deux d’entre eux viennent d’ailleurs directement d’une fête foraine) attirés par le pouvoir, l’argent, mais surtout la reconnaissance et un semblant de sens à donner à leurs vies, des corps malmenés par les autres mais aussi et surtout par eux-mêmes, un vernis grotesque qui sert à toucher du doigt l’essence de l’homme ; un homme qui est loin de l’innocence édénique mais qui possède bel et bien son libre arbitre et qui est loin d’être dénué de vice.

Ta mort sera la mienne, Fabrice Colin

Ecrit par Yann Suty , le Lundi, 08 Avril 2013. , dans Sonatine, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman

Ta mort sera la mienne, mars 2013, 350 pages, 20 € . Ecrivain(s): Fabrice Colin Edition: Sonatine

 

 

La logique d’un massacre. Ta mort sera la mienne met tout de suite les nerfs de son lecteur à rude épreuve. Un homme, habillé d’une combinaison de cuir, le visage dissimulé par un casque de moto, se livre à un massacre dans un motel de luxe dans les plaines de l’Utah. Toutes les personnes présentes (des étudiants en séminaire) sont éliminées avec une précision méthodique et une absence de pitié. Nul refuge ne semble être possible. Le tueur voit tout. Le tueur est ultra efficace. Une balle, un mort. Il effectue ses gestes de manière robotique, comme s’il était un véritable Terminator.

La tension est aussi créée par le style syncopé de l’auteur, fait de phrases courtes, tranchantes, qui étouffe le lecteur, l’empêche de reprendre son souffle. L’utilisation du présent renforce l’effet.

On n’est pas loin de James Ellroy ou de Chuck Palanhiuk dans le phrasé. Une fièvre se dégage et qui, c’est à souligner, ne faiblira quasiment pas tout au long du roman.

Toi, Zoran Drvenkar

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 12 Janvier 2013. , dans Sonatine, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Langue allemande, Roman

Toi, traduit de l’allemand par Corinna Gepner, octobre 2012, 567 p. 22 € . Ecrivain(s): Zoran Drvenkar Edition: Sonatine

 

Un serial-killer insaisissable, cinq adolescentes aux prises avec des mafieux pas commodes, une fuite vers la Norvège, des scènes de bagarre tarantinesques, des meurtres en pagaille et de la drogue comme Mac Guffin. Voilà déjà réunis les ingrédients d’un bon thriller, tout à fait dans les règles de l’art. Un parmi d’autres, vous direz-vous. Certes, mais voilà un thriller de choix, un roman très noir pour les amateurs de grande littérature. Toi a du style, de l’élégance et surtout une composition des plus incroyables.

Zoran Drvenkar installe son lecteur dans le récit palpitant fait par le Voyageur, de ses premiers crimes ; un premier niveau de lecture déjà prenant, bien vite mis de côté pour confronter le lecteur à une série de personnages adolescents hauts en couleur. Un groupe de filles vraiment bien vu où se dévoile chaque personnalité dans un chapitre dédié, deux garçons liés d’amitié et au monde du crime de différente façon.

Snuff, Chuck Palahniuk

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 03 Octobre 2012. , dans Sonatine, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire

Snuff, trad. de l’américain par Claro, 20 septembre 2012, 216 p. 16,50 € . Ecrivain(s): Chuck Palahniuk Edition: Sonatine

 

Amis de la poésie palahniukienne, bonjour !

Avec Snuff, l’espoir renaît. L’espoir après Pygmy, le précédent Palahniuk, cet ersatz de roman, une catastrophe, sans doute l’un des pires livres écrit ces dernières années. Impossible à achever même avec la meilleure volonté du monde. Comment un éditeur a osé publier cette « chose » ? Sans doute parce qu’elle était signée Chuck Palahniuk et quand on est un auteur de cette renommée, une véritable rock-star, on peut tout se permettre. Et même de faire de la daube. Et même de prendre son public par-dessus la jambe.

Mais on est prêt à lui pardonner. Car avant, il y a eu quelques sacrées pépites. Un humour très noir, des situations trash jusqu’à la nausée, un style syncopé qui peut produire des merveilles : Fight club, Survivant, Choke, Berceuse. Ou des résultats plus inégaux : A l’estomac, Peste. Ou alors la mayonnaise ne prend pas : Pygmy, Journal intime.