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Editions Autrement

 

 

Autrement – 33 ans, l’âge de la maturité 

40 collections créées depuis 1975 (dont 20 actives aujourd’hui) mêlant, en forte convergence, sciences humaines, littérature et ouvrages pour enfants : ce qui nous mobilise depuis l’origine, c’est essayer de comprendre la société dans laquelle nous vivons, de la décrypter, et parfois même de la transformer.

 

 

Deviens ce que tu es. Pour une vie philosophique, Dorian Astor (2ème critique)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Vendredi, 28 Avril 2017. , dans Editions Autrement, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Deviens ce que tu es. Pour une vie philosophique, 161 pages, 14,90 € . Ecrivain(s): Dorian Astor Edition: Editions Autrement

 

Deviens ce que tu es est l’une des injonctions les plus célèbres de la philosophie, attribuée à Nietzsche alors qu’en réalité elle a été inventée par le poète grec Pindare. Promesse marketing redoutable, elle a été utilisée comme slogan par la marque Lacoste et détrône aujourd’hui le moins vendeur et plus introspectif, Connais-toi toi-même de Socrate.

Si la formule « deviens ce que tu es » est séduisante de prime abord, elle n’en demeure pas moins difficile à décoder. Comment devenir ce que l’on est quand on ne sait pas qui on pourrait être ? C’est pour cette raison que Dorian Astor, spécialiste de Nietzsche, nous apporte un éclairage stimulant sur ce que pourrait signifier cette phrase « piège » à travers son essai Deviens ce que tu es, Pour une vie philosophique.

Deviens ce que tu es, Pour une vie philosophique, Dorian Astor

Ecrit par Guy Donikian , le Vendredi, 28 Octobre 2016. , dans Editions Autrement, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Deviens ce que tu es, Pour une vie philosophique, septembre 2016, 161 pages, 14,90 € . Ecrivain(s): Dorian Astor Edition: Editions Autrement

 

Chacun connaît cette injonction célèbre « deviens ce que tu es », et chacun l’attribue généralement à Nietzsche. C’est pourtant le poète grec Pindare qui l’écrivit il y a vingt cinq siècles, et elle fut reprise et commentée par Socrate, Rousseau, Deleuze, et fut le socle sur quoi le surhomme de Nietzsche devait se fonder.

Commenter cette injonction consiste tout d’abord à refaire l’histoire des commentaires qu’elle a suscités pour en saisir toute l’épaisseur acquise dans le temps, et repérer les strates accumulées d’un penseur à l’autre, d’un siècle à l’autre. Cela conduit aussi à poser la question de la connaissance de soi, car le « deviens ce que tu es » suppose qu’on ne connaisse pas ce que l’on est. Après avoir dépassé ce questionnement, avec notamment le « connais-toi toi-même », que Socrate avait fait sien et pour qui la connaissance de soi peut aboutir à la sagesse, Dorian Astor propose quelques pistes qu’il ouvre pour les refermer ; ainsi se demander ce que l’on devient en devenant ce que l’on est ne peut souffrir un juste milieu comme le disait Pascal cité par l’auteur :

Rendez-vous à Crawfish Creek, Nickolas Butler

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 24 Octobre 2016. , dans Editions Autrement, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Rendez-vous à Crawfish Creek, octobre 2015, trad. anglais (USA) Mireille Vignol, 313 pages, 19 € . Ecrivain(s): Nickolas Butler Edition: Editions Autrement

 

Nickolas Butler (1979) a gagné ses lettres de noblesse littéraires auprès de tous les amateurs d’americana avec Retour à Little Wing (2014, réédité cet automne dans la collection Points), un grand, très grand roman sur l’Amérique profonde chérie de Springsteen, Mellencamp ou Jurado, pas celle des cinglés de la gâchette persuadés que quiconque ne bâfre pas ses trois livres de viande par jour et n’a pas un flingue dans chaque pièce de la maison est un barbare à civiliser ou éradiquer. Ce roman est, au même titre que les meilleures des chansons des trois musiciens cités en comparaison, une sorte de flambeau qui peut accompagner longtemps qui s’y est attaché.

Cet automne, l’actualité de Nickolas Butler est double. Outre la réédition en collection de poche de Retour à Little Wing (on ne le dira jamais assez : un roman à lire et chérir), il y a la publication de son premier recueil de nouvelles, Rendez-vous à Crawfish Creek. Soit dit en passant, on peut remarquer la confiance, voire la foi de l’éditeur français en ce jeune auteur américain, puisque ce recueil est traduit environ cinq mois après sa publication en anglais.

Atlas de la France mystérieuse, Fabrice Colin

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Mercredi, 18 Novembre 2015. , dans Editions Autrement, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Atlas de la France mystérieuse, mai 2015, 143 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Fabrice Colin Edition: Editions Autrement

 

Voici le livre idéal pour préparer l’hiver en frissonnant délicatement autour d’histoires mystérieuses qui hantent l’inconscient collectif français. Fabrice Colin, auteur de SF, y décortique 40 énigmes qui ont fait vibrer l’hexagone à toutes les époques, avec élégance et pertinence.

« Nous aimons douter. Nous aimons penser que le monde est plus vaste que ce qu’il paraît. Parfois même, nous en voulons à la science de nous priver de nos rêves ».

Essayer de comprendre nos mystères, c’est une autre façon de se découvrir et de se connaître. C’est aussi s’aventurer dans un voyage à travers le temps, où les superstitions évoluent selon les époques. Les lieux hantés sont une manière détournée de nous rappeler qu’ils ont une mémoire et que d’autres personnes y ont vécu avant nous. Le livre commence par l’histoire célèbre de la dame blanche de Palavas-les-Flots qui fait éviter un accident de voiture à des étudiants et qui disparaît subitement alors que les portes du véhicule sont fermées.

La vie prodigieuse de Garnet Ferrari, Marie Manilla

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Jeudi, 05 Novembre 2015. , dans Editions Autrement, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

La vie prodigieuse de Garnet Ferrari, Traduit de l’américain par Sabine Porte mars 2015, 585 pages, 24 € . Ecrivain(s): Marie Manilla Edition: Editions Autrement

 

Ce premier roman traduit en français de Marie Manilla est une histoire enchanteresse et pleine de poésie qui sublime la différence. Garnet Ferrari, dotée d’une chevelure rousse peu commune et de taches de vin qui recouvrent tout son corps façon mappemonde, n’est pas du tout le joli bébé joufflu tant attendu. Alors que ses parents s’astreignent à faire le deuil de leur fille idéalisée, sa grand mère Nonna y décide d’y voir la réincarnation de Sainte Garnet, une guérisseuse légendaire sicilienne. Ces taches de vin ne peuvent pas être le fruit du hasard. Nonna est terriblement superstitieuse : le moindre grain de sable et elle y voit le signe d’un mauvais sort. Elle ne peut imaginer la vie sans amulettes. Sa petite-fille a le pouvoir d’accomplir des miracles, notamment soigner toutes les maladies de peau (eczéma, poireaux, verrues, rien ne lui résiste…) et elle le fait savoir. Son vilain petit canard a le pouvoir de réenchanter le monde ! Entre les superstitions siciliennes à l’accent chantant, l’envie de sauver les apparences à l’américaine et l’humour « volcanocynique », ce livre nous amuse.