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Série Noire (Gallimard)

D’ombres et de flammes, Pierric Guittaut

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 09 Juillet 2016. , dans Série Noire (Gallimard), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman

D’ombres et de flammes, mai 2016, 299 pages, 18 € . Ecrivain(s): Pierric Guittaut Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Il y avait eu cette Fille de la pluie, que la CL avait beaucoup aimée, déjà grandement marquée du sceau de l’originalité, et voilà ce D’ombres et de flammes. Pierric Guittaut n’écrit visiblement pas les polars de tout le monde ; fussent les impeccables productions de la Série noire Gallimard. Cet homme écrit de forts beaux et prenants romans, à part entière et constamment à part ; il se trouve qu’en plus, ce sont des polars.

L’homme vit en Berry, versant solognot ; pays des « jeteux de sorts ». Solitudes forestières, landes, bruyères, eau d’étangs improbables, et brume jusqu’à pas d’heures. Légendes et nature hautement inquiétantes, imbriquées forcément ; bêtes – peut-être, esprits – sans doute ; sorciers – toujours…

Le titre – sonorités d’un bon vieux western, ce qu’est aussi ce livre – aurait pu être un simple « part d’ombre », résumant le héros, major de gendarmerie, Remangeon, qu’une mutation quasi disciplinaire (et déjà maléfique) rabat pile dans son village natal de Sologne : « Treize années depuis sa dernière visite ; treize, comme pour confirmer le sort mauvais qui s’acharne sur moi… »

Une plaie ouverte, Patrick Pécherot

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 20 Novembre 2015. , dans Série Noire (Gallimard), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman

Une plaie ouverte, septembre 2015, 272 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Patrick Pécherot Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Si on aime le roman noir historique qui a trait à l’histoire française contemporaine, impossible de passer à côté de Patrick Pécherot depuis qu’à l’orée des années 2000 il s’est lancé dans sa trilogie du Paris de l’Entre-deux-guerres avant d’enchaîner sur la Première Guerre mondiale avec Tranchecaille et les milieux anarchistes du début du XXème siècle (L’homme à la carabine). On recule encore un peu avec cette Plaie ouverte qui s’étend de la Commune de Paris à 1905 en passant par l’Affaire Dreyfus.

Ici donc, on s’attachera aux pas de Marceau, communard proche des milieux artistiques de l’époque lancé à la recherche, obsessionnelle, du mystérieux Dana. Révolutionnaire ? Membre du peloton d’exécution qui a œuvré rue Haxo pendant la Semaine sanglante ? Truand et truqueur ? Nul ne sait qui est vraiment cet homme dont on dit qu’il aurait fui vers l’Amérique.

« C’est une sacrée histoire que celle-là. Vraiment. Pourtant, espérer qu’il la raconte serait aussi vain qu’attendre le retour d’un mort. L’homme, s’il a existé ailleurs que dans la fumée d’une pipe ou les sornettes d’un vieux, on se contentera d’en chercher la trace. Rien, ou presque, ne garde son empreinte. À croire qu’il marchait sur des semelles de vent. Comme l’autre, qu’il aurait connu jadis et qui, pareillement, a tout brûlé derrière lui ».

Et ils oublieront la colère, Elsa Marpeau

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 06 Mars 2015. , dans Série Noire (Gallimard), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres

Et ils oublieront la colère, janvier 2015, 240 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Elsa Marpeau Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Dans une petite commune de l’Yonne, le cadavre d’un homme gisant près d’un lac est retrouvé. Cet homme, Mehdi Azem, professeur d’histoire dans un lycée de Sens, s’était lancé dans l’écriture d’un livre sur les tontes de femmes au moment de l’Épuration. Pour le capitaine de gendarmerie Garance Calderon, le meurtre d’Azem est lié à ses recherches. Élevée dans la région par ses grands-parents, Calderon soulève donc le voile qui pèse sur certains événements dissimulés depuis soixante-dix ans et peut-être aussi sur son propre passé.

Et ils oublieront la colère est avant tout une histoire de femmes ou plutôt deux histoires de femmes – celle de Marianne durant l’Occupation et celle de Garance – qui se font écho d’un siècle à l’autre. Des femmes fortes, fières et rebelles, de celles qui séduisent et effraient les hommes et qui en paient parfois le prix. Cet entrelacement de la séduction, de l’amour, de la violence et de la mort qui étaient déjà au cœur de précédents romans d’Elsa Marpeau est très certainement la qualité essentielle de Et ils oublieront la colère. Elsa Marpeau aime en effet à fouiller la psyché de ses personnages féminins, à déballer leurs conflits intérieurs et leurs blessures et elle le fait bien.

L’ange gardien, Jérôme Leroy

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 26 Novembre 2014. , dans Série Noire (Gallimard), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman

L’ange gardien, septembre 2014, 332 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Jérôme Leroy Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Trois ans après Le Bloc, Jérôme Leroy propose un nouveau thriller politique situé dans une France en passe de basculer à l’extrême-droite.

On est là quelques années ou quelques mois avant les événements contés dans Le Bloc. Berthet, tueur à la solde de l’Unité, organisation occulte, sorte d’État dans l’État, est entré en disgrâce. On veut le tuer. Peut-être parce qu’il en sait trop, sûrement parce que son obsession pour la jeune Kardiatou Diop, ministre médiatique et icône de la diversité, qu’il protège secrètement depuis des années, fait de lui un obstacle pour les futurs plans de l’Unité. De son côté, Martin Joubert, ancien prof de lettres devenu écrivain, dépressif, désargenté, homme aux convictions de gauche pigeant pour un journal en ligne penchant à l’extrême-droite va être amené à croiser le chemin de Berthet et de son ancienne élève, Kardiatou Diop.

Dernière récolte, Attica Locke

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 10 Septembre 2014. , dans Série Noire (Gallimard), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Dernière récolte (The Cutting Season), traduit de l’anglais (USA) par Clément Baude, mai 2014, 416 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Attica Locke Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Marée Noire, premier roman remarqué d’Attica Locke, laissait entrevoir de belles qualités chez cette jeune auteure – en particulier dans ses évocations de la lutte en faveur des droits civiques des Noirs aux États-Unis – mais souffrait par ailleurs de défauts patents, notamment une intrigue pour le moins confuse. C’est donc avec curiosité que l’on attendait ce deuxième livre, histoire de meurtre dans une plantation de Louisiane devenue musée et dans laquelle, une fois encore, Attica Locke entend faire entrer le présent en résonnance avec le passé.

En effet, Caren Gray, héroïne de cette Dernière récolte, descendante d’esclaves attachés à la plantation Belle Vie, revenue en ces lieux afin de les gérer pour la famille Clancy, se trouve confrontée au meurtre d’une immigrée clandestine employée dans les champs de canne à sucre loués par une grande entreprise sucrière autour de Belle Vie. Alors que la police cherche le coupable idéal, Caren soulève peu à peu un voile derrière lequel se bousculent bien des souvenirs enfouis et une histoire beaucoup moins lisse que celle que présente la troupe d’acteurs de la plantation dans son spectacle destiné aux touristes.